La Chronique Agora http://la-chronique-agora.com Analyse macro économie contrarienne Sat, 24 Feb 2018 18:30:51 +0000 fr-FR hourly 1 Langues de bois inclusives http://la-chronique-agora.com/hommes-politiques-serieux/ http://la-chronique-agora.com/hommes-politiques-serieux/#respond Sat, 24 Feb 2018 18:30:51 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45036 Nicolas Cage

Nous poursuivons notre tour d'horizon des déclarations et des actes les plus saugrenus de nos chers politiciens avec un vaste sujet : novlangue et aporie du sens...

Ecriture inclusive

Commençons léger avec la nouvelle lubie progressiste : l'écriture inclusive, autrement appelée langage "non sexiste". Faire disparaître les genres dans la graphie du vocabulaire choisi, pratique à laquelle se sont oposé.e.s les académicien.ne.s français.e.s (n'hésitez pas à me corriger si je me suis raté !). Apparemment, au-delà du gage donné au progressisme, Christophe Castaner n'en n'a rien à secouer.

On se doute bien qu'il n'est pas le seul, mais que ne ferait-on pas pour être dans le coup ?

Dé-surcomplexification du jargon technocratique

Vous vous souvenez que les politiciens et la haute fonction publique sont friands d'expressions fumigènes du type "budget insincère" et autres "phobies administratives". Nous sommes désormais habitués à nous méfier de ce genre de formules. Mais au-delà de leurs velléités d'enfumage, nos dirigeants et nos fonctionnaires ne peuvent parfois tout bonnement pas faire simple. Et quand c'est plus fort que vous, ça a vite fait de donner des choses comme ça :

Si vous n'êtes pas sujet aux migraines, la suite figure sur le site de la Direction générale du Trésor.

La "normalité" selon les étatistes...

Que feraient les politiciens sans l'argent des autres ? Pas grand-chose, pour la plupart. C'est pourquoi les étatistes se fendent rarement d'explications pour justifier le fait d'aller un peu plus loin dans la spoliation. On en vient même à se demander si, dans leur esprit, elle n'aurait pas remplacé le droit de propriété en tant que droit naturel.

Ainsi, pour François Bayrou, "c'est anormal de taxer de la même manière l'argent investi dans l'économie réelle et l'argent qui dort". Par ailleurs :

Au vu de quels arguments ? On ne le saura jamais. Au mieux, le maire de Pau répondra que c'est "normal", vu que cet actif "dort".

Or, comme je l'expliquais dans mon livre :

"Si l'or permet effectivement de sortir de l'économie, la croyance selon laquelle l'achat d'or empêche l'argent de circuler dans l'économie repose néanmoins sur un raisonnement erroné.

Toute forme d'épargne contribue par nature au ralentissement de la circulation de la monnaie dans l'économie.

L'or ne saurait endosser aucune responsabilité vis-à-vis de ce phénomène mécanique. Au moment de toute transaction portant sur un bien aurifère, l'acheteur verse une somme d'argent au vendeur qui la réinjectera dans le circuit économique (rémunération de ses salariés, etc.)

Pour prendre un exemple concret, l'achat d'or a les mêmes répercussions que l'achat d'un bijou par Monsieur à l'attention de Madame. La différence entre les deux dépenses tient au fait que la première a lieu pour acquérir un bien qui a vocation à être caché du public alors que la seconde vise à détenir un bien dont l'objet est d'être exposé aux yeux de tous.

Les deux types d'achat sont par ailleurs susceptibles d'engendrer des dépenses connexes du type TVA, assurance, coûts de stockage, ISF, impôt sur la cession, soit autant de coûts qui sont synonymes d'injection supplémentaire d'argent dans l'économie."

Peut-être François Bayrou serait-il mieux avisé de laisser l'or "dormir" tranquille et de remettre son compte Twitter en sommeil.

Les alertes à l'"ultralibéralisme", où quand les mots sont vidés de leur sens

Dans un précédant billet, j'avais distingué la philosophie politique qu'est le libéralisme, de l'ultra-libéralisme, cette notion épouvantail aux contours nébuleux dont personne ne se revendique. Force est de constater que ces termes continuent à être employés à tort et à travers. Et malheureusement, cela n'est pas près de s'arrêter.

A tout seigneur, tout honneur : commençons avec Jean-Claude Mélenchon, 58 ans de mandats électifs cumulés au compteur et expert ès libéralisme.

On aimerait bien savoir à quoi fait référence Jean-Luc Mélenchon, alors que la France d'Outre-mer vit dans sa grande majorité sous perfusion étatique.

Mais à en croire nos représentants politiques, il n'y a pas que La Réunion qui soit ravagée par le cyclone libéral. Pour Guillaume Peltier, vice-président du groupe LR à l'assemblée nationale et adepte des propos nuancés, "tout est libéralisé à outrance". Voyez donc :

Mais encore n'est-on que dans le "libéralisme". Vous vous imaginez à quelles calamités la France serait promise si elle adoptait un budget "ultra-libéral"... et en même temps "de gauche" ? Non ? Eh bien, moi non plus. Ou alors, peut-être aurait-on affaire au genre de cataclysmes qui se produisent lorsque quelqu'un essaye de diviser par zéro, comme c'est parfois le cas de Christian Jacob :

Pas facile de "doubler un camion par la gauche et par la droite", comme le fait remarquer le twittos Vae Vix.

En matière de confusion, on notera également que certains journalistes ne donnent pas leur part aux chiens...

Bref, vous l'aurez compris, le libéralisme est un bouc-émissaire rêvé. Or, malgré ce que bien du monde voudrait nous faire croire, il y a à peu près autant de rapport entre la liberté et les terribles conséquences économiques et sociales qu'on lui prête, qu'entre... mettons le nombre de personnes mortes en tombant dans une piscine et le nombre de films dans lesquels a joué Nicolas Cage...

... ou encore, entre la consommation de fromage par habitant et le nombre de personnes mortes en s'emmêlant dans leurs draps, si vous préférez.

Source : http://tylervigen.com/spurious-correlations

Inculture crasse, ou mystification politique ? A vous de trancher, cher lecteur. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'avec la rubrique suivante, on passe encore un cran au-dessus.

Les jardiniers de l'ambiguïté

Je vous ai déjà parlé de la tendance à dire tout et son contraire qui a caractérisé la stratégie d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, avec le résultat que l'on sait. Visiblement, cette méthode a fait des émules dans l'entourage proche du président. Je vous laisse admirer cette splendide sortie de Bruno Le Maire :

Avec des propos aussi équivoques, toutes les sensibilités sont effectivement susceptibles de trouver leur compte dans le discours du gouvernement.

Si vous avez du mal avec les déclarations de ministres, rassurez-vous, Daniel Tourre est là pour faire les sous-titres : "n'importe quelle connerie plutôt que de faire face à la démagogie fiscale de l'ex-gauche." C'est plus clair ?

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La transaction du siècle et sa boussole magique http://la-chronique-agora.com/transaction-siecle-boussole-bitcoin/ http://la-chronique-agora.com/transaction-siecle-boussole-bitcoin/#respond Sat, 24 Feb 2018 18:00:48 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45039 bitcoin

Cette semaine, Bill Bonner proposait quelque chose d'ambitieux :

La transaction du siècle.

Evidemment, étayer une telle suggestion méritait des développements. Bill  a donc écrit un triptyque sur le sujet.

  1. Le principe du retour à la moyenne qui avait sous-tendu les deux  "transactions de la décennie"
  2. Le principe du retour à la normale de ce qui est anormal
  3. Une boussole pour repérer ce qui est anormal et adapter sa stratégie

Le dernier article a fait naître une remarque d'un de nos lecteurs sagaces* :

"Votre boussole, est géniale. J'ai juste peur des saboteurs qui placeraient des aimants à côté de la boussole. Avec les statistiques bidons, qui affolent la boussole, dur de s'y retrouver."

C'est vrai. L'ingérence des planificateurs incompétents est telle que d'énormes masses sont susceptibles d'affoler notre boussole.

La seule chose que nous sachions est que pour le moment, les taux longs continuent à monter aux Etats-Unis ce qui, à terme, pourrait se révéler destructeurs pour les zombies.

Nous ne doutons pas que nos grands planificateurs omniscients banquiers centraux ne vont pas tarder à réagir... mais nous ne savons pas vers quelle catastrophe ils préfèrent nous diriger : l'hyperinflation ou l'effondrement déflationniste.

Peut-on réguler ce qu'on ne comprend pas et ne connaît pas ? Le récent interview de Bruno Le Maire sur le bitcoin doit vous convaincre que oui.

Bruno Lemaire y montre que sa profonde ignorance du sujet n'entrave pas ses velléités de réglementation.

Si – contrairement à Bruno Le Maire – vous souhaitez réfléchir sur ce que sont réellement les cryptomonnaies et la blockchain et en quoi cela peut nous être utile, je vous invite à me rejoindre à une conférence qui se déroulera le samedi 7 avril à Biarritz.

Cette conférence inédite est organisée par un de nos lecteurs clairvoyants qui est chirurgien ophtalmologiste.

Il a réuni un panel de personnalités pour réfléchir, débattre et agir autour de ce que nous pressentons être une étape considérable dans l'évolution des échanges : le bitcoin et les cryptomonnaies. Une révolution comparable à celle qu'a amenée Internet dans la façon d'échanger des informations...

Vous pourrez discuter et échanger librement avec des intervenants spécialisés, tous directement impliqués dans le secteur des cryptos :

Des orateurs, blogueurs et penseurs, mais aussi investisseurs de la première heure, programmeurs, fondateurs de sites dédiés au bitcoin (H16, Damien Theillier, Yorick de Mombynes, Adli Takkal Bataille, moi-même... et bien d'autres : vous pouvez en trouver la liste complète ici.

Attention, il n'y a que 200 places...

A la semaine prochaine pour de nouvelles chroniques financières !

* mention inutile, tous nos lecteurs sont sagaces

 

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Les lamentables bricolages de Mario Draghi http://la-chronique-agora.com/zombies-mario-draghi-bce/ http://la-chronique-agora.com/zombies-mario-draghi-bce/#comments Fri, 23 Feb 2018 12:54:33 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45027 Draghi et les zombies

La réduction des rachats obligataires de la BCE engendre un dommage collatéral imprévu : la remontée des taux longs aux Etats-Unis qui menace les zombies.

Si les taux longs montent aux Etats-Unis, c'est de la faute de la Banque centrale européenne, nous expliquait Bloomberg hier.

Pour résumer : les achats de Mario Draghi ont asséché le marché obligataire européen ; les investisseurs institutionnels (zinzins) en mal d'investissements liquides et pas risqués ont alors acheté des bons du Trésor américain ; Mario Draghi réduit ses achats ce qui laisse plus de titres en euro disponibles sur le marché ; du coup les zinzins de l'Eurozone délaissent l'obligataire américain et reprennent des titres domestiques.

Les signaux envoyés par la BCE coïncident avec la montée des taux longs aux Etats-Unis

En réalité, les rachats de Draghi étaient si massifs qu'ils excédaient la capacité d'émission obligataire de certains gouvernements ; le mouvement des zinzins vers la zone dollar a donc été important. Bloomberg évoque le chiffre de 1 200 milliards de dollars d'achat européen.

Le volume du marché obligataire européen culminait à plus de 3 500 milliards d'euros début 2015 avant que la BCE n'intervienne. Il s'est maintenant réduit à 1 600 milliards d'euros.

L'avancée technologique la plus importante
de ces 58 dernières années

Ce n'est PAS le bitcoin…

... Mais sans elle, aucune cryptomonnaie ne pourrait exister.

Ses applications sont infinies – tout comme les possibilités de profits :

Ces 3 valeurs à elles seules pourraient vous rapporter jusqu'à +7 520% de plus-values.

Pour tout savoir, cliquez ici – mais n'attendez pas pour agir : cette technologie est à un tournant de son évolution… et devrait connaître une envolée spectaculaire en 2018.

Le QE de Draghi a donc aussi forcé les taux à la baisse aux Etats-Unis. La survie des zombies incapables d'honorer leurs dettes dépend de taux longs bas. Il semble bien que, pour le moment, les zombies américains soient plus en danger que les zombies européens.

L'indice action S&P 500 commence à prendre acte du changement du marché obligataire. Avec des rendements à 10 ans à plus de 2,8%, les actions, perçues comme très (trop ?) chères, chutent.

Evolutions comparées du rendement du bon du Trésor à 10 ans et de l'indice S&P500

Que va faire Jerome Powell ? Aura-t-il le courage de ne pas agir et de laisser faire le marché ? Les zombies vont-ils enfin mourir ?

Personne n'a la réponse à ces questions (et certainement pas les zombies de l'Office of Financial Research censé alerter le public en cas de danger, comme l'explique Bill Bonner).

Mais trois choses sont sûres :

  • L'instabilité des marchés financiers progresse.
  • La survie du système financier parasitaire actuel dépend des taux bas.
  • Vous n'avez rien à gagner à laisser votre argent exposé à ces risques pour une rémunération minable.

[NDLR : Comment mettre votre épargne au service de l'économie productive, retrouver de la rémunération, acquérir des valeurs en croissance à des ratios cours sur bénéfices inférieurs à cinq ? Tout est expliqué ici.]

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Les banques face aux fintechs http://la-chronique-agora.com/banques-concurrence-fintechs/ http://la-chronique-agora.com/banques-concurrence-fintechs/#respond Fri, 23 Feb 2018 12:30:08 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45000 les banques en concurrence avec les fintechs

L'industrie bancaire est l'une des moins efficace au monde. Elle doit donc se réformer ou succomber aux assauts de la concurrence – et vous en profitez déjà (mais pas assez).

Nous avons vu que l'effritement des rentes du monde bancaire se poursuit. Sans parler des menaces qui planent sur leurs revenus traditionnels, les banques sont de toute façon condamnées à devenir plus attractives, pour conserver leurs clients face à la concurrence des néobanques et des GAFA et pour ne pas voir les meilleurs talents leur échapper au profit d'acteurs plus innovants.

S'il y a bien une pratique tenace dans le secteur financier – en particulier le milieu bancaire –, c'est celle qui consiste à prendre les clients pour des pigeons. En France, le summum a peut-être été atteint avec "Tofix", le prêt à taux variable de Dexia qui... variait en fonction du cours du franc suisse. Si ce nom ne vous dit rien, vous pouvez être sûr que de nombreuses collectivités locales se souviennent de cette splendide innovation marketing.

Les clients ne sont plus que des pigeons

Depuis, les banques ont dû revoir leurs ambitions à la baisse et tout au plus font-elles du conseil en investissement sans pour autant faire remplir de questionnaire MIF à leurs clients. D'ailleurs, si vous êtes en perte sur un placement qui vous a été recommandé par votre conseiller (bancaire ou non), sachez que le médiateur de l'AMF s'est récemment prononcé en faveur d'une plaignante qui n'avait jamais rempli ce questionnaire, après quoi la banque en question l'a indemnisée à concurrence de la moins-value qu'elle avait enregistrée.

Le Figaro

L'incurie professionnelle n'étant pas vraiment la stratégie la plus rentable à long terme, les banques se rabattent sur d'autres facilités.

Frais bancaires : la pente est de moins en moins forte !

Les frais bancaires ont une fâcheuse tendance à augmenter tous azimuts. Mais aujourd'hui, je viens vers vous avec une "bonne nouvelle" : à en croire une étude du comparateur de tarifs Panorabanques publiée mi-décembre, les frais bancaires n'augmenteront en moyenne "que de 0,25%" en 2018, pour se monter à 194,30 €, contre 193,80 € en 2017. (On notera toutefois qu'une étude de l'UFC-Que choisir publiée début janvier relève une augmentation plus importante sur 2017, à 2,2% en moyenne, soit 211 € par compte.)

frais bancaires annuels

Sur les trois dernières années, la progression est sensible mais elle tend à diminuer... merci la concurrence des néobanques ? Sans aucun doute, puisque la loi Macron sur la mobilité bancaire semble n'avoir eu qu'un effet limité. Mais pour l'UFC-Que Choisir, tout reste à faire : "la guerre des prix n'a pas eu lieu", déplore-t-elle.

On notera au passage que l'on doit les baisses de 2014 et 2015 non pas aux forces du marché mais à la réglementation, du fait du plafonnement de certaines commissions d'intervention. Bercy a d'ailleurs remis le couvert le 12 décembre 2017, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF – un organisme public) ayant été missionné par Bruno Le Maire pour réfléchir à l'amélioration du modèle de frais d'incidents générés par les clients en difficulté, une manne face à laquelle les banques se lèchent les babines.

Frais cachés : les banques prises la main dans le sac

Début décembre, l'Observatoire des tarifs bancaires de la Banque de France publiait son rapport 2017 sur les tarifs bancaires. Le focus était cette fois-ci porté sur les frais qui ne figurent pas sur les brochures tarifaires.

Le document fait apparaître que les banques étant très observées au niveau des frais relatifs aux opérations courantes, elles ont une fâcheuse tendance à faire apparaître uniquement ces derniers dans leurs brochures tarifaires, les opérations peu courantes y étant bien moins souvent référencées. C'est pourtant ces dernières qui font l'objet des plus fortes augmentations tarifaires annuelles... Le site Billetdebanque relève qu'il s'agit notamment des coûts de recherche de facturettes (+7%), de remplacement de carte bancaire (+5,32%) ou encore de modification du plafond d'utilisation de la carte (+3,25%).

Bref, si vous faites partie de ceux qui se font allumer, vous n'avez pas vraiment d'excuse pour ne pas changer de banque, l'environnement réglementaire et concurrentiel n'ayant jamais été aussi favorable.

Banques traditionnelles : une addiction mortelle aux frais ?

Je voudrais partager avec vous le constat de Jay Sidhu, cofondateur de BankMobile, une banque sans agence et sans frais qui a séduit 1,8 million de clients en trois ans outre-Atlantique, en particulier au sein de la jeunesse américaine.

frais bancaires, les banques en sont accros

Fin janvier, il tenait les propos suivants en réponse à Frédéric Oudéa, le N°1 de la Société Générale, dans le cadre du Paris Fintech Forum :

"Les banques sont accros aux commissions, aux frais, c'est comme une drogue ! Or ces frais vont être attaqués par les nouveaux entrants. Si on enlève les commissions, les agences ne seront plus rentables".

Comme l'explique Delphine Cuny sur La Tribune, BankMobile "se rémunère sur les prêts et surtout les commissions d'interchange payées par les commerçants lors des paiements par carte", soit un business model complètement différent, avec des coûts beaucoup plus restreints (pas d'agence) et une expérience client beaucoup plus satisfaisante.

Pour Jay Sidhu, la banque est "le secteur le moins efficace du monde". Sa vocation est donc de se réformer ou de mourir.

Les produits bancaires low-cost, c'est pour bientôt ?

Les banques sont évidemment conscientes du fait que leur structure de coûts joue en leur défaveur face aux fintechs. La tendance est donc à la fermeture d'agences. Ainsi la Société Générale a-t-elle annoncé fin novembre qu'elle allait fermer 300 agences supplémentaires à horizon 2020, ce qui amènera mécaniquement la banque à procéder à de nouvelles suppressions de postes.

Outre le fait de se serrer la ceinture en se concentrant sur les activités les plus rentables, les banques revoient également leurs marges à la baisse sur les crédits immobiliers de manière à appâter le chaland.

immobilier

C'est l'une des raisons qui expliquent que les taux de crédit restent relativement stables en dépit de la remontée des taux sur la dette d'Etat.

Par ailleurs, pour répondre à la concurrence des offres en ligne, les banques pourraient bien un jour avoir à franchir le Rubicon de la diminution des frais sur un de leurs produits phares.

low cost

C'est en tout cas l'avis de Hugues Magron (associé conseil secteur assurances chez Deloitte) que l'on peut lire sur cBanque :

"Tout dépend des conditions de marché. A l'image de ce qui se passe sur le marché du compte courant, avec l'arrivée des néobanques. Quand les grands acteurs doivent réagir, alors ils lancent des offres défensives attractives en matière de tarification, comme Eko au Crédit Agricole. Lorsque les épargnants rechercheront massivement des assurances-vie nouvelle génération et à frais réduits, les banques s'adapteront..."

Voilà pour ce qui est des réponses tarifaires. Prochainement, nous verrons si les banques traditionnelles ont progressé sur la voie de leur transformation numérique.

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L’organisme le plus absurde du Deep State ? http://la-chronique-agora.com/ofr-deep-state/ http://la-chronique-agora.com/ofr-deep-state/#respond Fri, 23 Feb 2018 12:05:26 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45024 OFR - l'Office for Financial Research

L'Office for Financial Research, qui dépend de la Fed, est censé alerter le public en cas de danger pour le système financier et donc prévenir toute catastrophe.

"Apollon ! Apollon !
Dieu vraiment terrible pour moi,
Tu m'as perdue sans retour
Et j'ai deux fois éprouvé tes coups."
– Dans Agamemnon, d'Eschyle, Cassandre se lamente d'avoir connu Apollon.

Enfin une vraie amélioration en provenance de Washington !

Durant la panique qui a suivi la crise financière de 2008, le Congrès américain a créé le Bureau de recherches financières (OFR, en anglais : Office of Financial Research).

Le principe était le suivant : ce groupe sonnerait l'alarme en cas de danger imminent pour le système financier.

Il était temps. Plus rien à craindre désormais ! Les autorités nous diraient quand il est sûr d'acheter... et quand il faut s'enfuir en courant.
[NDLR : Un tel exploit est impossible... ou presque : un initié de la CIA a mis sur un place un système permettant d'anticiper les grands mouvements boursiers – pour en tirer profit avant la foule. Cliquez ici pour tout savoir]

Mais que voyons-nous là ?

Aujourd'hui, 10 ans plus tard, les actions sont trois fois plus chères. La dette est elle aussi bien plus élevée. A elles seules, les autorités ont emprunté 10 000 milliards de dollars supplémentaires.

Une survie inutile

L'OFR a pourtant été spécifiquement chargé de nous avertir des pics de volatilité qui s'annoncent. Et nous voilà... sans le moindre avertissement.

Que se passe-t-il ? Le Wall Street Journal nous en dit plus :

"Quasiment une décennie et près de 500 millions de dollars plus tard, l'agence a lutté pour se faire une place à Washington. Des projets majeurs ont été retardés ou limités. Le moral a souffert, entre les luttes de territoire avec d'autres régulateurs et l'opposition de la part des républicains. Et l'une de ses initiatives les plus ambitieuses – le développement d'une base de données enregistrant les contrats financiers – n'est pas allée plus loin qu'un rapport de 16 pages demandant 'des sessions de collecte d'informations' parmi ses constituants".

Et voilà que le Grand Perturbateur, Donald J. Trump, semble avoir l'OFR dans le collimateur.

Le Wall Street Journal à nouveau :

"L'historique de mauvaises performances de l'OFR a fait de lui une cible facile. En novembre, les officiels du département du Trésor ont dit aux employés de l'OFR que le budget de l'agence serait réduit d'un quart, et ses effectifs de plus d'un tiers."

Quoi ? Un quart seulement ? Pourquoi ne pas le supprimer tout entier ?

La vitrine du site de l'Office of Financial Research

Les désastres prévisibles n'arrivent jamais

La mise en place même de l'OFR dénote une naïveté confondante au sujet des marchés. Cela revient à donner le bâton pour se faire battre... voire la seringue pour se faire euthanasier.

En réalité, que font ces 1 000 économistes diplômés qui disent travailler pour la Fed ?

Ne serait-il pas raisonnable de s'attendre à ce qu'ils vérifient la pression dans la chaudière, de temps en temps... et nous rancardent avant que tout le bazar n'explose ?

Si vous pouviez rassembler une équipe de ronds-de-cuir gouvernementaux pour vous signaler quand les marchés sont sur le point de péter un câble, pourquoi ne pas également leur demander quelles valeurs grimpent... pendant combien de temps encore... et jusqu'où ?

Tant qu'on y est, pourquoi ne pas leur demander de vous mettre en contact avec l'esprit de feu votre grand-mère ?

S'ils étaient vraiment capables de dire quand une bulle est sur le point d'exploser, ne pourrait-on pas s'attendre à ce que ça finisse par se savoir... peut-être par le biais des courtiers gérant leurs comptes personnels ? Ils pourraient alors évacuer la pression, de manière à ce que l'explosion ne se produise jamais... non ?

Oh, cher lecteur... quel crétin du Congrès a voté pour une chose aussi absurde ?

Si l'on pouvait voir arriver les désastres, ils ne se produiraient jamais.

Vous avez acheté un billet sur le Titanic ?

Changez-le !

Et qui resterait investi en actions sachant qu'elles vont baisser ?

Oh, et ce mariage... avec cette strip-teaseuse de Vegas qui a des goûts de luxe...

... Il ne se serait jamais produit !

Il y a déjà des milliers d'analystes et de chercheurs boursiers à plein temps. Sans compter les millions d'amateurs.

Chaque jour, ces gens – les génies comme les crétins – étudient les chiffres et les cieux, à la recherche d'indices. A coup sûr, si un orage se préparait, ces observateurs le verraient, non ?

Pourtant, le brouillard s'épaissit... les nuages s'obscurcissent... et les journaux disent que le chômage baisse. Selon la Fed, "une poussée de croissance mondiale synchronisée" ne fait que commencer.

Le président américain dit que tout est parfait... "magnifique"... et va en s'améliorant.

Tous ces patriotes et poltrons n'iraient pas jusqu'à nous décevoir, si ?

La fin peu enviable des sonneurs d'alarme

Quant aux pauvres statisticiens et météorologues... que peuvent-ils bien penser ?

Ils sont humains eux aussi, après tout.

Peut-être observent-ils des chiffres plutôt effrayants. Mais... ma foi... les réductions d'impôt des républicains commencent à faire effet ! Et ces gigantesques augmentations de dépenses pour la défense ne peuvent qu'être bonnes pour Raytheon et GE, n'est-ce pas ?

"Hé, je ne suis qu'un fonctionnaire, moi. Et il faudrait que je risque ma tête, à dire au président qu'il raconte n'importe quoi ?

"Je ne vais quand même pas contredire les plus grands génies de la planète à la Fed ! J'ai un bon job. J'ai l'école privée des enfants à payer, moi ! Je dois penser à ma famille !

"En plus, on n'est jamais sûr, avec tous ces trucs. Greenspan a dit que les bulles étaient indétectables. Il a peut-être raison sur ce coup.

"Si je lance publiquement une alerte à la bulle... qu'est-ce que ça donnerait ? Je me ferais sans doute virer. La fin de ma carrière. Même si le truc explose en faisant des dégâts à des kilomètres à la ronde, personne n'appréciera le fait que je les ai prévenus.

"Ils m'accuseront d'être 'négatif'... et 'alarmiste'. Les institutions ne voudront plus de moi. Je serai considéré comme un cinglé.

"Parce que tout le monde sait que les ingénieurs de la Fed et du Trésor peuvent gérer la situation. Tout le monde sait qu'ils surveillent les données et qu'ils s'assureront qu'il n'y aura jamais d'explosion majeure... ou de dépression... ou de crise du crédit.

"Parce que, bon, s'il y a une grosse explosion de la bulle maintenant, ça veut dire que ce n'est qu'une bande de prétentieux incompétents, non ?

"Ca veut dire qu'ils avaient tous tort. Personne ne veut entendre ça. Je serai traité comme un lépreux... comme un négationniste... ou quelqu'un qui ne croit pas au changement climatique.

"Il faudra que je trouve un job de prof d'économie dans un lycée de banlieue. Mes enfants devront aller en école publique...

"Et je terminerai comme cette Grecque, là, celle qui annonçait toujours des mauvaises nouvelles, Alessandra, ou quelque chose comme ça. Personne ne l'a crue. Après quoi je me ferai violer dans un temple... et puis je connaîtrai une fin affreuse...

"Non merci".

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Le quiz du futur grand krach http://la-chronique-agora.com/taux-directeurs-krach/ http://la-chronique-agora.com/taux-directeurs-krach/#respond Thu, 22 Feb 2018 13:50:14 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45009 krach et taux directeurs, le quizz

Le monde financier est-il devenu suffisamment bizarre pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets ?

Commençons par un petit quiz, cher lecteur.

Rappelez vos souvenirs concernant la crise du crédit subprime.

Considérons que le début officiel de cette crise fut le 9 août 2007 : gel par BNP Paribas des retraits de ses clients dans trois de ses fonds.

-1- Combien de temps s'est-il écoulé entre le moment où la Fed a commencé à relever ses taux directeurs et le moment où la crise a éclaté ?

Six mois, un an, deux ans ?

-2- A quel niveau de taux directeurs les crédits subprime ont-il explosé en vol ?

2,5%, 3%, 5%, plus ?

-3- Quel était le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans ?

1%, 2%, 3%, 4%, plus ?

-4- Quel était alors l'endettement mondial

110 000 milliards de dollars, 150 000 milliards de dollars, 200 000 milliards de dollars ?

Voici les réponses.

La Fed a relevé ses taux directeurs de 2004 à 2006 durant un peu moins de deux ans, les passant de 1% à 5%. Lorsque les premiers signaux alarmants sont apparus, elle a arrêté ses hausses. Le rendement du bon du Trésor américain a légèrement dépassé 5% avant de redescendre en 2007 vers 4,5%. L'endettement mondial était d'un peu moins de 140 000 milliards de dollars.

La bulle de mauvais crédits entassés depuis 2001 s'est effondrée sous l'effet de la hausse des taux.

ERIC LEWIN

"En 1987,
Un vétéran de la Bourse m'a révélé LE secret qui pourrait changer la vie de milliers de retraités, présents et futurs...

Il l'appelait :

Le Plan Brongniart"

Admettons que – même dans le monde délirant des banquiers centraux et des économistes interventionnistes – les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Question subsidiaire à mon quiz du jour :

Combien de temps et quels taux faudra-t-il cette fois pour que la pyramide de crédits pourris s'effondre ?

Un indice, la pyramide de crédits pourris atteint maintenant 233 000 milliards de dollars.

Donc a priori, c'est moins de temps et ça va craquer à un taux inférieur...

Evolution des taux directeurs de la Fed depuis 2000

Ceci étant dit, Jerome Powell est différent de Ben Bernanke et Janet Yellen. Ce n'est pas un académicien, il a une expérience dans la banque. C'est un initié.

Bernanke et Yellen vivaient dans leur monde illusoire de grands planificateurs, prétendant contrôler les marchés financiers et l'économie.

Le discours inaugural de Powell n'a pas mentionné "les marchés" mais la responsabilité de la Fed (1) concernant "la stabilité du système financier et l'intégrité du système de paiement". Il estime également que (2) "le système financier est maintenant bien plus solide qu'il ne l'était avant la crise financière qui débuta il y a environ une décennie".

Powell est-il donc un imposteur lui aussi, ou un insider très bien renseigné ? Ce peut-il que malgré la croissance des crédits étudiant, du crédit automobile subprime, des crédits à la consommation, le système financier de 2018 soit plus solide que celui de 2007 ?

Les taux directeurs montent depuis décembre 2015. Déjà plus de deux ans mais seulement 1,5%...

Les mêmes causes produisent les mêmes effets...

Ce qui est anormal retourne à la normale...

Ce qui est anormal, aujourd'hui, c'est la pyramide de dettes. Elle retournera au néant, d'une façon ou d'une autre. Voilà ce qui doit guider votre stratégie. Et j'attire votre attention dans la chronique de Bill sur ce que représente l'or.

(1) We play a key role in ensuring the stability of our financial system, and the integrity of our payment system.
(2) our financial system is now far stronger and more resilient than it was before the financial crisisthat began about a decade ago. We intend to keep it that way.

 

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Les banques entre concurrence et rentes confisquées http://la-chronique-agora.com/banques-concurrence-rentes-fintechs/ http://la-chronique-agora.com/banques-concurrence-rentes-fintechs/#respond Thu, 22 Feb 2018 13:15:44 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45003 banques en concurrence avec les fintechs

L'idée d'acheter des produits financiers en dehors des banques chemine dans les esprits. Aux Etats-Unis, PayPal et Amazon sont les deux noms qui reviennent.

Début janvier, j'évoquais trois défis auxquels sont confrontées les banques traditionnelles : la possibilité pour les emprunteurs de renégocier leur assurance de prêt immobilier, le web scraping des données clients par la concurrence et l'arrivée des GAFA sur le marché de la bancassurance. Depuis lors, le ciel s'est-il dégagé ?

Le "Big-Bang de l'assurance-emprunteur" déboulonne un peu plus les rentes bancaires

Dans un précédent article, je vous ai expliqué que les fédérations bancaires n'ont pas leur pareil pour défendre leurs bouts de gras vis-à-vis des plus hautes instances décisionnaires. Ainsi, la Fédération bancaire de l'UE a-t-elle obtenu un compromis auprès de la Commission européenne vis-à-vis de la directive DSP2.

Plus récemment, c'est le Conseil constitutionnel qui a dû se prononcer au sujet du droit pour les emprunteurs de résilier chaque année leur assurance de prêt immobilier, après que la Fédération bancaire française (FBF) a contesté la constitutionnalité de l'amendement Bourquin à la loi du 21 février 2017 devant le Conseil d'Etat.

Cette fois-ci, c'est l'épargnant qui ressort gagnant de la partie puisque "les sages" du Palais-Royal ont validé le principe de la résiliation annuelle et sa rétroactivité. Les six millions de foyers qui sont en train de rembourser leur crédit immobilier, tout comme chaque nouvel accédant à la propriété immobilière, ont donc la possibilité de mettre leur banque en concurrence sur leur assurance de prêt.

Si la FBF grince des dents, la FFA (Fédération française de l'assurance) est au contraire tout sourire car le gâteau se monte tout de même à 8,8 milliards d'euros par an. On comprend le désarroi du lobby bancaire puisque selon Les Echos, ce montant représente plus de "10% du produit net bancaire" des banques de détail des leaders du secteur. A court terme, le journal précise que : "selon une étude réalisée par Accenture, deux milliards d'euros de primes sont en risque, soit près d'un milliard de produit net bancaire..."

Après les renégociations de crédits immobiliers en cascade suite à la baisse des taux et l'obligation pour les banques de faciliter la mobilité bancaire de leurs clients (loi Macron), le "Big Bang de l'assurance-emprunteur" est sans doute le plus gros coup qu'ait subi le lobby bancaire.

Le coup de canif de l'encadrement de la domiciliation des revenus

Comme si cela ne suffisait pas, les revenus des banques ont reçu une nouvelle estocade en ce début d'année. Depuis le 1er janvier 2018, la loi encadre en effet la procédure de domiciliation des revenus en matière de financement immobilier.

Auparavant, si une banque souhaitait contraindre un épargnant à domicilier ses revenus dans ses livres, la négociation de contreparties - si elle avait lieu - se déroulait verbalement et avait par conséquent peu de chances d'être pleinement exploitée par l'emprunteur.

Désormais, pour être légale, l'offre de prêt devra spécifier la nature de "l'avantage individualisé" attribué au client (taux préférentiel, prise en charge des frais de dossier...) en contrepartie de la domiciliation des revenus de l'emprunteur, laquelle ne pourra excéder 10 ans (ou la durée du remboursement). cBanque rapporte que les banques peinent à mettre leurs offres de prêt au goût du jour... cher lecteur, êtes-vous étonné ?

Un problème d'attractivité pour recruter les talents ?

Vous ne pouvez pas l'ignorer : les fintechs ne cessent de défier les banques traditionnelles sur leurs prés carrés. Comme nous le verrons prochainement, certaines néobanques ont investi le secteur de l'assurance et ont mis un pied sur le terrain du crédit, tout cela de manière numérique bien sûr. Le secteur bancaire traditionnel semble sclérosé face à de telles innovations. Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que "les fintechs [...] drainent les talents dans leurs organisations agiles, et privent les banques traditionnelles de profils compétents", comme le relève le JDN.

Outre le caractère novateur de leur offre de produits, les fintechs présentent l'avantage de ne pas imposer le costume-cravate "gris suicide" à leurs profils commerciaux, contrainte qui rebute passablement la génération Y et les millenials.

Pour régir à l'attraction exercée par les fintechs sur les profils techniques (développeurs et programmeurs), certaines banques réagissent en cultivant une image start-up, comme la Société Générale avec son campus "Les Dunes" qui intègre "flex office, espace de relaxation, équipement dernier cri permettant de re-créer un environnent attractif à l'intérieur d'un groupe historique", explique le JDN.

On peut donc se demander ce qu'il en sera lorsque le choix qui se présentera aux jeunes diplômés devra se faire entre banques traditionnelles, néobanques... et GAFA !

Les jeunes sont prêts à confier leur épargne aux GAFA

Une étude de Bain & Company publiée début décembre et portant sur 22 pays posait la question "à qui feriez-vous le plus confiance pour votre argent" ? Voici ce qu'a répondu un échantillon d'Américains de 18 à 34 ans :

choix de banques

Les banques conservent donc une longueur d'avance sur la concurrence auprès des jeunes. Elles arrivent en première position aux Etats-Unis devant les fintechs ainsi que devant PayPal, Amazon, Apple, Google, Microsoft, Facebook et enfin Snapchat (graphique de droite).

Cependant, l'information la plus importante qui ressort de cette étude est que la brèche est ouverte (graphique de gauche) : 73% des Américains de 18 à 34 ans, 61% des 35-54 ans et 42% des personnes plus âgées sont prêtes à souscrire un produit financier auprès d'une fintech !
[NDLR : Vous n'êtes pas obligé de confier votre épargne à une banque. Découvrez ici comment vous placer avant les investisseurs ordinaires sur les gagnants de demain et engranger de fortes plus-values quoiqu'il arrive sur les marchés. Tout est expliqué ici.]

Les résultats varient bien sûr selon les pays. Sans surprise, la France est "à la traîne" avec seulement un peu plus de 30% des sondés qui se déclarent prêts à souscrire un produit financier auprès d'une fintech.

Il convient de prendre les résultats de ce sondage pour ce qu'ils sont : la photographie de l'opinion à un moment où les GAFAM n'ont encore fait que de timides incursions dans les services financiers... Car il est clair que désormais, "tout le monde est notre concurrent", comme le constatait fin novembre François Pérol, président du directoire du groupe BPCE.

Alors que certaines banques et certaines fintechs s'allient, les GAFAM-BATX se révéleront sans doute bientôt des concurrents pour tous les autres opérateurs.

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La Transaction du Siècle 3/3 http://la-chronique-agora.com/transaction-siecle-investissement-chypre/ http://la-chronique-agora.com/transaction-siecle-investissement-chypre/#comments Thu, 22 Feb 2018 12:00:29 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=45006 Chypre

Le "retour à la moyenne", ou le retour à la normale de ce qui est anormal, est une tendance éprouvée fiable. Voici comment repérer ce qui est anormal pour adapter votre stratégie.

J'ai déjeuné avec l'économiste Charles Gave il y a quelque temps. Il y a près de 40 ans – quand il était "encore jeune et créatif" –, Gave a décrit le "système des quadrants" qui permet de déterminer où nous en sommes... et ce que nous, en tant qu'investisseurs, devrions faire.

Comme une carte, le monde financier peut être divisé entre le nord, le sud, l'est et l'ouest.

Chacun de ces endroits présente des menaces et des opportunités qui lui sont propres ; mais pour arriver là où vous voulez allez, vous devez d'abord savoir où vous vous trouvez.

Les prix vont soit vers le nord, soit vers le sud... et ils le font dans un monde économie qui avance ou qui recule – vers l'est ou vers l'ouest. J'ai adapté le modèle de Gave d'une manière qui doit sans doute le faire frissonner d'horreur... mais cela devrait nous aider à comprendre et pourrait nous fournir des coordonnées utiles pour notre voyage.

La boussole de l'investisseur

Chaque quadrant a sa propre formule d'investissement. Si vous êtes dans le quadrant nord-est, par exemple, avec une véritable croissance aussi bien en bourse que dans l'économie réelle, vous achetez des actions de bonne qualité. Ce n'est pas le moment de se retrouver avec du cash ou des obligations.

Si vous êtes dans le quadrant sud-est – avec une économie en croissance mais un recul des prix – mieux vaudra avoir en majorité des obligations de grande qualité, avec un assortiment d'actions (des entreprises ayant un véritable pricing power) et de cash pour vous couvrir.

Si vous êtes dans le quadrant nord-ouest, la dernière chose à avoir est bien des obligations ou du cash. Tenez-vous en à l'or, aux matières premières et à l'immobilier – et surtout à l'or. Les actions pourraient connaître un joli rebond – les gens essayant de se protéger des obligations –, mais dans la mesure où l'économie réelle recule, tout actif qui lui est lié peut s'attendre à voir ses performances diminuer.

Quant au quadrant sud-ouest – vers lequel nous sommes en train de nous diriger à mon avis –, la chose à détenir dans ce cas de figure, c'est des liquidités... avec un petit mélange d'or, d'actions et de bons du Trésor US en guise de couverture.

Un avertissement supplémentaire : cette Boussole de l'investisseur suggère une simplicité et une précision qui n'existent pas réellement. Les quadrants ne présentent que très rarement une image aussi nette. Au lieu de ça, il y a généralement de la confusion et de l'ambiguïté... certains prix sont en hausse mais pas tous... et certains secteurs de l'économie sont en bonne santé tandis que d'autres s'effondrent.

L'idée est de sortir votre GPS et d'établir votre emplacement actuel aussi précisément que possible. Et si vous ne savez pas où vous êtes, le meilleur endroit pour votre argent, c'est le cash. C'est donc notre principale position. L'or (la forme ultime du cash) est une autre de nos principales positions.
[NDLR : Justement, l'or recommence – furtivement – à progresser. Découvrez ici comment démultiplier sa hausse en investissant maintenant.]

Le cash est une assurance contre la bizarrerie. Mais certaines formes de cash peuvent être bizarres elles aussi.

De 700 av. J.C. environ jusqu'à l'annonce de Richard Nixon en août 1971, l'or était la devise "normale" du monde. Le dollar post-1971 est anormal. Détenir de l'or est un parti sur le retour à la moyenne, un pari que le monde reviendra un jour à la devise normale de la vie civilisée.

Quoi d'autre ? Comment se positionner pour tirer parti d'un retour à la normale ?

La Transaction du Siècle

Un côté de la Transaction du Siècle nous ferait parier contre la ligne rouge ("dette mondiale") sur le graphique d'hier. C'est-à-dire que vous vendriez les actifs financiers qui dépendent actuellement de nouvelles augmentations du crédit – les actions et les obligations, en d'autres termes.

Tout comme nous semblons avoir une occasion historique du côté de la vente (en vendant à découvert, ou tout simplement en nous tenant loin des obligations gouvernementales), du côté long, il existe un marché sous-évalué à tel point qu'à lui seul, il pourrait valoir la Transaction du Siècle. Aucun marché boursier n'a été si bas... et y a survécu.

Naturellement, quand un marché est aussi peu cher, c'est qu'il doit avoir des problèmes. Et ce sont justement de ces problèmes dont tout le monde parle.

Alors si vous dites – comme ça, en passant – à votre épouse ou à votre conseiller financier que vous investissez dans ce marché boursier, ils vous diraient immédiatement que vous devez chercher de l'aide auprès d'un professionnel... soit un conseiller financier certifié, soit un psychiatre. Peut-être les deux.

Même moi, je ne vous conseillerais pas d'acheter. Ce n'est pas facile à faire. C'est chercher les ennuis à coup sûr. Seuls les investisseurs les plus intrépides et les plus aventureux devraient ne serait-ce que l'envisager.

De toute façon, qui sera encore là dans 100 ans pour me dire comment tout ça a tourné ?

Rappelez-vous que la Transaction du Siècle, tout comme les Transactions de la Décennie, est un outil d'apprentissage... pour nous aider à comprendre comment les choses fonctionnent.

Nous ne sommes pas dans la même catégorie que de sérieux conseils boursiers.

Ainsi, maintenant que vous êtes dûment averti, devinez quel marché est si outrageusement bas... si anormalement, terriblement, absurdement bas... qu'il vaut la peine d'être inclus dans la Transaction du Siècle ?

Chypre.

Je peux déjà entendre les hoquets d'incrédulité.

Chypre est une perdante. Son marché boursier a perdu 99,986% depuis son sommet en 2007. En d'autres termes, si vous aviez investi 1 000 € dans des valeurs chypriotes il y a neuf ans, vous auriez aujourd'hui 10 centimes. La crise de 2008-2009 a frappé Chypre de plein fouet. Le PIB a chuté de 28%. Le chômage a augmenté à 11%. Aujourd'hui, la moitié des prêts d'entreprise sont en souffrance.

Le graphique ci-dessous est particulièrement instructif. Il nous montre à quoi ressemble un retour à la moyenne. Et il nous dit, clairement, qu'il n'y a pas à s'inquiéter d'une surévaluation des valeurs chypriotes en ce moment.

Bourse de Chypre

Plus il est difficile d'investir dans quelque chose, généralement, meilleures sont les chances de succès. Actuellement, personne ne gagne beaucoup d'argent en tentant de vendre des valeurs chypriotes à des investisseurs étrangers. Alors si vous voulez perdre de l'argent sur des valeurs chypriotes, vous allez devoir le faire tout seul.

Et maintenant ?

Reste quand même la question : que devriez-vous faire de votre argent maintenant ?

Nous venons d'entamer la huitième année de la deuxième décennie du XXIème siècle. Et nous sommes dans la 30ème année de bizarrerie des cours boursiers soutenus par les banques centrales. Si les deux prochaines décennies ressemblent aux trois dernières, les choses vont devenir encore plus étranges. Déjà stratosphériques, les actions et les obligations gouvernementales iront plus haut encore.

Mais parier sur le fait que la bizarrerie va se poursuivre, après autant d'anormalité pendant aussi longtemps, est dangereux.

Quoi qu'on puisse en dire d'autre, attendre une correction revient un peu à attendre le plombier. Il arrivera invariablement quand vous penserez qu'il ne viendra plus.

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Profitez de la volatilité pour passer à l’achat ! http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-achat/ http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-achat/#respond Wed, 21 Feb 2018 12:30:39 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44977 volatilité

Vous pouvez mettre à profit le sursaut de volatilité en pratiquant la seule stratégie qui vaille : acheter bas ce qui est le plus volatil pour revendre plus haut.

Nous avons vu hier que le sursaut de volatilité de ces derniers jours a été tel qu'il a signé la fin de la stratégie short VIX qui prévalait depuis deux ans.

Pour les investisseurs dépendants aux injections d'anesthésiants des banques centrales, la sanction a été sévère. Les marchés sortent de leur camisole de fausse monnaie et de taux négatifs et font désormais comme bon leur semble.

La volatilité est revenue.

Nous allons voir aujourd'hui pourquoi ce grand retour peut être une bonne nouvelle pour vous.

Faut-il jouer le VIX à la hausse ?

La question brûle les lèvres des investisseurs qui attendaient depuis des années le retour de la volatilité. Après avoir eu raison trop tôt durant des années, est-il temps de mettre en place une stratégie haussière sur le VIX, par quelque moyen que ce soit ?

Mon conseil est clair : non.

Comme je vous l'expliquais hier, être haussier sur le VIX coûte cher, très cher. Chaque jour qui passe est une perte même si la volatilité est constante.

Rien ne dit que le niveau actuel de volatilité (qui, vous en conviendrez, n'est déjà pas négligeable) va continuer d'augmenter.

De manière générale, il est très compliqué pour un particulier de mettre en place des stratégies profitables lorsque le temps coûte de l'argent. Timer le marché est un exercice difficile (voire impossible si l'on en croit les statistiques), et partir avec un tel handicap réduit drastiquement les chances de succès.

Ce n'est pas pour rien que l'émission de produits dérivés avec érosion de la valeur-temps est si profitable pour les banques. Que la stratégie soit gagnante ou non, le passage du temps est une certitude... Statistiquement, les acheteurs de ces produits sont perdants.

Jouer le VIX à la hausse présente donc deux difficultés. Rien ne dit qu'il augmentera, et sa stabilité vous ruinerait... sans même parler de l'hypothèse où le VIX amorcerait une décrue !

Pas la peine donc de prendre des risques inconsidérés avec ce type de stratégies dérivées : la volatilité retrouvée vous offre déjà une belle opportunité intrinsèque sur les marchés actions.

Retrouvez les zones d'achat

Nous avons eu tendance à l'oublier ces dernières années : sur les marchés actions, la stratégie normale est d'acheter bas pour revendre haut.

A force de QE et autres assouplissements quantitatifs, investir en Bourse est devenu "acheter haut pour revendre plus haut". Ce type de comportement caractérise une phase de hausse maniaque.

Une plus grande volatilité marque en fait un retour au fonctionnement normal des marchés. Il n'est pas catastrophique de perdre (ou prendre) 4% sur une journée. Il n'est pas anormal qu'un indice ne fasse "que" 10% de hausse par an.

Vous avez, en tant qu'investisseur particulier, un avantage considérable sur les grosses mains : vous pouvez ne rien faire.

Si les marchés prennent 5% en une journée et que vous avez du cash, rien ne vous oblige à courir après le papier. Si le marché fonctionne correctement, il est très probable que les cours rejoindront leur niveau d'origine dans une journée, une semaine, un mois... Inutile de se précipiter.

Un professionnel doit absolument "faire quelque chose" avec ses actifs sous gestion. La fébrilité des marchés en est la conséquence. En tant que particulier, ne voyez pas l'inaction dans les phases de hausse comme un regret, mais plutôt comme la preuve que vous n'êtes pas soumis aux mêmes contraintes que les professionnels. Profitez-en.

La même remarque s'applique à la baisse. Lors des phases de sauve-qui-peut, toutes les valeurs de la cote sont généralement emportées par un même mouvement baissier.

Que l'on parle de valeurs surévaluées ou de valeurs massacrées, toutes subissent plus ou moins la même sanction.

Quelle différence à long terme ? Les valeurs sous-cotées rebondissent vite et fort. Les valeurs auparavant sur-cotées, après avoir perdu les faveurs des investisseurs, peuvent pour toujours rester au tapis.

Ce sont donc pour vous les phases de baisse qui représentent les meilleurs points d'entrée à long terme.

La volatilité n'est pas du risque

La presse économique fait généralement le lien entre volatilité et risque.

Les professionnels savent bien qu'il n'en est rien. Une volatilité accrue présente plus d'opportunités. Le fait que les particuliers aient des moins bonnes performances lors des phases volatiles est la conséquence de leurs mauvaises pratiques (acheter après les hausses et vendre après les baisses).

La volatilité est intrinsèquement bonne pour vous car elle vous offre la possibilité d'entrer à bas prix sur des titres et d'en sortir lors des krachs à la hausse.

Pour vous en convaincre, considérez les deux titres suivants.

A et B cotent, en moyenne, 100 €. Tous leurs ratios sont identiques. A oscille tous les mois entre 95 € et 105 €. B oscille toutes les semaines entre 80 € et 120 €.

Sur quelle action pouvez-vous faire le plus de gains ? Sur B, bien sûr. A condition d'acheter bas et de vendre haut.

Si vous êtes spéculateur, vous pouvez faire plus d'allers/retours sur la valeur.

Si vous êtes un investisseur prudent, B peut entrer dans votre zone d'achat et votre zone de vente alors même que A reste dans une zone neutre sur laquelle vous ne pouvez pas prendre position dans un sens ni dans l'autre.

Le regain de volatilité des indices ne doit donc pas vous faire peur : il représente pour vous une opportunité.

Bienvenue dans l'ancien monde

Ceux qui ont commencé à investir après 2011 peuvent avoir l'impression qu'un marché est nécessairement haussier et monotone.

Les vétérans ont pu être tentés de penser que les six dernières années étaient la nouvelle norme, et qu'il serait impossible de se dépêtrer de l'action des banques centrales.

Faisons notre mea culpa, nous avons parfois été tentés de jeter l'éponge et de participer au grand jeu des chaises musicales offert par l'argent gratuit et les taux négatifs. Qu'il est dur, en effet, de voir un comportement aberrant se prolonger sans sanction durant six longues années !

Le retour à la réalité des marchés actions représente donc une excellente nouvelle. Il va désormais être possible d'investir intelligemment plutôt que passivement. Les entreprises profitables et leurs actionnaires seront récompensés. Les structures-zombie, qui masquent leur baisse d'activité par des rachats d'action à crédit, seront laminées.

L'investissement va de nouveau nécessiter de se plonger dans l'activité réelle des entreprises et de savoir se positionner de manière contra-cyclique. La phase moutonnière est terminée.
[Pour profiter à fond de la volatilité et enchaîner les gains à court terme, reposez-vous sur notre spécialiste : un e-mail quotidien… pour une opportunité par jour, et c'est tout ! Cliquez ici pour en savoir plus.]

Accrochez vos ceintures, et bons investissements !

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La Transaction du Siècle 2/3 http://la-chronique-agora.com/strategie-achat/ http://la-chronique-agora.com/strategie-achat/#respond Wed, 21 Feb 2018 12:00:02 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44982 stratégie d'investissement

Sur quoi fonder une stratégie d'investissement durable et adaptée au XXIème siècle ? Sur un retour à la normale de ce qui est anormal.

Nous avons vu précédemment l'idée de "retour à la moyenne" et la stratégie reposant sur acheter ce qui était historiquement très bas pour vendre ce qui est historiquement très haut.

Les marchés actuels sont tout sauf normaux.

Dans cette partie, nous allons développer une boussole... pour nous aider à déterminer où nous nous trouvons et où nous allons.

Sur la planète Terre, nous pouvons nous orienter grâce au nord magnétique. Pour l'investissement, c'est la force la plus fiable de la finance – le retour implacable à la "normale" – qui nous sert de nord magnétique.

Et dans notre quête de la normale, nous sommes peut-être tombé, presque par hasard, sur ce qui pourrait être la Transaction de la Décennie. Nous allons y revenir.

Retour à la moyenne

Comme le décrivent les économistes, le retour à la moyenne consiste simplement à reconnaître la tendance qu'ont les choses à rester dans un canal que nous définissons comme "normal".

Les arbres n'atteignent pas 3 000 m de haut. Les gens ne courent pas à 160 km à l'heure. On n'a rien sans rien.

Cette normale existe parce que les choses tendent à suivre certains schémas, formes et enchaînements familiers.

Lorsque les gens sortent le matin, ils savent généralement s'il faut porter un manteau d'hiver ou un short. La température n'est pas de 45°C un jour et 0° le lendemain.

Evidemment, de temps en temps, des choses bizarres se produisent. Et parfois, les choses changent de manière fondamentale. Mais généralement, quand les gens disent "cette fois c'est différent"... c'est qu'il est temps de parier sur "la normale".

Ce phénomène – le retour à la moyenne – a été soigneusement testé et étudié dans le monde de l'investissement. Il semble être applicable à tout ou presque – les actions, les obligations, les stratégies, les marchés, les secteurs... et ainsi de suite.

Mais avançons. Qu'y a-t-il d'inhabituel dans le graphique ci-dessous ? Qu'y a-t-il de si anormal que la moyenne est susceptible de se retourner contre lui ?

Performance de l'investissement et dette mondiale graphique dow jones or obligations pib investisseurs

Vous noterez que la dette mondiale n'était que de 30 000 milliards de dollars en 1994. A présent, elle se monte à 230 000 milliards de dollars. Ces 200 000 milliards de dollars de crédit supplémentaire sont probablement le tourbillon qui a envoyé les valeurs dans la stratosphère, dans le haut du graphique à droite.

Ces coups de vent ont fait grimper les actions et autres actifs à des sommets jamais vus auparavant. Le Dow a dépassé les 26 000 points. Des maisons ont été mises sur le marché à plus de 100 M$. L'or a dépassé les 1 900 $ l'once.

Mais alors que les actions et les obligations semblent avoir le vent en poupe, on dirait que ce même vent souffle en pleine face de l'économie... rendant son avancée quasi-impossible.

L'économie réelle – telle que décrite par le PIB au bas du graphique – s'est développée de manière assez normale, mais à un rythme de plus en plus lent.

Son augmentation régulière et laborieuse ne donne aucune indication du chaos qui se déroule au-dessus d'elle. L'économie réelle et le monde financier sont aussi différents que l'oeil d'un cyclone et les nuages d'orage qui tourbillonnent au-dessus de lui.

On remarque une autre chose : jusqu'au milieu des années 90... puis à nouveau entre 2008 et 2012... l'investisseur moyen n'a en fait rien obtenu pour compenser le risque additionnel qu'il y avait à mettre son argent dans les actions (le graphique ci-dessus comprend les dividendes). Il aurait aussi bien pu laisser son argent dans les bons du Trésor US.

En théorie, il est censé pouvoir gagner du rendement – par rapport au cash pur – en prêtant son argent au gouvernement américain (si l'on prend le bon du Trésor US à 10 ans comme point de référence). Il devrait gagner plus encore – une prime (c'est-à-dire plus que ce qu'il gagnerait grâce à des T-Bonds sans risque) – en investissant dans les actions. Cette prime est censée le rémunérer pour le risque de voir ses actions baisser à un moment qui ne lui convient pas.

En pratique, nous découvrons que les bons du Trésor "sans risque" lui ont rapporté moins que rien. Il a gagné moins sur les bons du Trésor américain que ce que l'or (qui ne verse aucun intérêt) lui aurait rapporté – sur toute cette période de 48 ans.

Les actions, parallèlement, ne lui ont rien rapporté pendant les 24 premières années. Après quoi elles ont explosé à la hausse, avec la dette, jusqu'à ce que la crise financière les remette en ligne avec l'or.
[NDLR : Furtivement, l'or a repris sa hausse et si vous voulez profiter de son futur nouveau marché haussier, c'est maintenant qu'il vous faut agir. Tout est expliqué ici.]

En 2008, l'investisseur moyen gagnait à nouveau moins sur les actions – en dépit de tous les risques et problèmes liés à l'investissement boursier – que sur l'or. Cela a continué ainsi jusqu'en 2012, quand ses investissements en actions ont grimpé en flèche.

Mais il y a un moment pour investir en actions... et un moment pour en sortir. Sans être extra-lucide, on peut tout de même détecter quand une chose n'est pas normale. Et lorsqu'une chose n'est pas normale... c'est qu'elle attend simplement de le redevenir.

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Le scandale du « crédit participatif » http://la-chronique-agora.com/credit-participatif/ http://la-chronique-agora.com/credit-participatif/#comments Wed, 21 Feb 2018 11:39:46 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44985 crédit partcipatif épargne

En matière d'épargne, des gens incompétents souhaitent nous dicter notre conduite mais oublient de faire la police là où ce serait nécessaire.

Vous savez peut-être que le gouvernement actuel se démène pour "orienter" l'épargne des Français.

Les fourmis gauloises ne mettraient pas assez d'argent au service de l'économie productive, préférant l'immobilier, l'épargne sans risque au travers des livrets et de l'assurance-vie (la dette d'Etat) et délaissant les entreprises.

Le Figaro sur ce sujet :

"Le gouvernement veut mobiliser les bas de laine des Français pour en faire les armes de la reconquête économique. Une bataille menée en deux temps. A l'automne, la Loi de Finances a supprimé l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et créé le prélèvement fiscal unique (PFU) - autrement dit la flat tax– à 30% des revenus de placements financiers. Au printemps, la loi Pacte portée par Bruno Le Maire devra, selon le premier ministre Edouard Philippe, 'promouvoir l'épargne longue, davantage investie en actions, (pour) consolider le capital de nos entreprises'."

Cette vision est étrange.

D'une part, elle montre l'aveuglement de nos interventionnistes. Si les Français se reportaient massivement sur les actions, l'Etat aurait du mal à financer ses déficits. Avant de pousser les Français vers les actions, le gouvernement devrait avoir la lucidité de faire le ménage dans son budget. L'assurance-vie en euros (la dette d'Etat donc) représente 1 620 milliards d'euros, à comparer à une dette publique d'environ 2 000 milliards d'euros.

D'autre part, ces mêmes interventionnistes poussent les épargnants vers une classe d'actifs (les actions) dont tout le monde sait qu'elle est actuellement surévaluée. Le B-A BA de l'investissement consiste pourtant à acheter bas.

Incompétence déclarée

Si vous consultez la déclaration de patrimoine d'Edouard Philippe, vous pourrez constater que le Premier ministre ne possède aucune action, aucune, même pas dans un fonds d'assurance-vie. Idem pour Bruno Le Maire. Rien – zéro – nada – même pas une participation dans le garage du beau-frère, ou le restaurant d'une cousine...

Comme d'habitude c'est "faites ce que je dis mais pas ce que je fais" et nos parasitocrates n'ont aucun enjeu dans les orientations forcées qu'ils donnent : gouvernement, autorités de contrôle et industrie financière ne risquent en effet rien en cas de krach des marchés actions.

L'avancée technologique la plus importante
de ces 58 dernières années

Ce n'est PAS le bitcoin…

... Mais sans elle, aucune cryptomonnaie ne pourrait exister.

Ses applications sont infinies – tout comme les possibilités de profits :

Ces 3 valeurs à elles seules pourraient vous rapporter jusqu'à +7 520% de plus-values.

Pour tout savoir, cliquez ici – mais n'attendez pas pour agir : cette technologie est à un tournant de son évolution… et devrait connaître une envolée spectaculaire en 2018.

A La Chronique, nous nous méfions de l'épargne "intermédiée", c'est-à-dire confiée à des banques ou assureurs "trop gros pour faire faillite", donc irresponsables, et protégés par des textes de loi comme la loi Sapin. Ces textes ne sont pas faits dans l'intérêt de l'épargnant ou du simple déposant mais dans celui de l'industrie financière. Nous sommes au coeur du capitalisme de copinage.

En revanche, nous nous sommes intéressés au financement participatif – qui permet d'investir en direct dans les entreprises – que ce soit en capital ou en crédit et nous avons développé un service sur ce thème.

La règle de ces investissements est simple : des intermédiaires (sites internet) agréés par l'AMF soumettent des dossiers d'entrepreneurs cherchant à lever des fonds et les épargnants y souscrivent directement. Notre but est d'apporter un service de sélection de dossiers pour atténuer au mieux les risques de ce type d'investissements.

Pour en connaître plus sur ce club d'investissement sans intermédiaires, c'est ici.

En prêts, notre portefeuille actuel comporte 23 lignes, a une maturité moyenne de 46 mois et rapporte 6,50% par an.

Toutefois, nous nous sommes rendu compte que des institutionnels assoiffés de rendement venaient chasser sur ces terres. Comme nous interrogions un intermédiaire sur le fait qu'un dossier était financé dans un laps de temps très bref, nous avons reçu cette explication :

"... Nos projets connaissent effectivement des durées de collectes extrêmement courtes. Il se peut que lorsque vous ouvriez l'e-mail le projet soit alors déjà collecté. Nous réfléchissons actuellement à différentes solutions pour vous permettre d'accéder plus aisément aux dossiers.

Un fonds institutionnel prête effectivement sur nos dossiers depuis début janvier, mais ne prend uniquement que 50% sur les dossiers de financement supérieurs à 100 000 €."

Le financement participatif est donc en train d'être siphonné par des institutionnels en quête désespérée de rendements dont ils sont privés par les manoeuvres de la Banque centrale européenne.

C'est bien regrettable que le gouvernement ne se penche pas sur ce dévoiement et sur les manoeuvres de la BCE plutôt que d'inventer de nouvelles usines à gaz avec ses amis banquiers et assureurs dont les rentes sont mises à mal par les fintechs.

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VIX : La volatilité réveille les zombies http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-tracker-xiv/ http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-tracker-xiv/#comments Tue, 20 Feb 2018 12:55:35 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44958 tracker xiv

Le retour de la volatilité peut avoir fait quelques dégâts dans les bilans des banques qui vivent de leurs activités de marché et avaient misé gros sur sa baisse.

Durant les deux premières semaines de février les indices ont évolué dans le rouge. Nikkei, Nasdaq, CAC 40 : le sell-off n'a épargné aucune place boursière. Ce qui pouvait passer pour une saine correction rend désormais les opérateurs nerveux.

Krach ? Pas krach ? Tous les analystes se penchent sur leur boule de cristal pour savoir si la purge a vocation à continuer.

Psychologie des hedge funds, réaction des banques centrales, stratégies implémentées dans les algorithmes de trading... les facteurs sont nombreux. Seul l'avenir nous dira si les indices passent d'ici la fin du mois le seuil symbolique des 20% de perte.

Dans la tourmente et l'incertitude qui entourent ces mouvements brutaux, nous voyons d'ores et déjà se dessiner une conclusion : les marchés sortent du mode de fonctionnement "zombie" qu'ils avaient adopté depuis deux ans.

La hausse des taux longs, que nous étions nombreux à anticiper fin 2017 aux Publications Agora, est désormais actée. Les opérateurs doivent maintenant choisir entre des actions surévaluées et des obligations à 10 ans dont le rendement frôle les 3%.

Or les grosses mains avaient perdu l'habitude des arbitrages. Lorsque tout monte, l'investissement est facile : il suffit d'acheter. Toutes les stratégies finissent l'année dans le vert, et tous les gérants peuvent se vanter d'avoir misé sur le bon cheval. Qu'il est facile de gagner lorsque les organisateurs de la course distribuent une médaille d'or à chaque participant !

Désormais, la fête est finie et le mot "stratégie" va reprendre tout son sens. Certains marchés vont monter tandis que d'autres baisseront. Les tendances vont s'inverser brutalement. Il y aura des gagnants et – nous avions presque oublié ce concept – des perdants.
[NDLR : Comment trouver avant les investisseurs ordinaires les gagnants de demain et engranger de fortes plus-values quoiqu'il arrive sur les marchés financiers ? Tout est expliqué ici.]

En un mot : la volatilité est de retour.

Quand le somnambule se réveille au fond du ravin

Le trade gagnant de ces deux dernières années était de miser sur l'écrasement de la volatilité. Vous connaissez certainement le VIX, l'indice d'incertitude sur les marchés.

Il représente, schématiquement, l'idée que se font les opérateurs sur l'évolution de la volatilité. Lorsque les marchés s'endorment (en stagnant, ou en suivant des tendances monotones), la volatilité baisse.

Il est possible d'investir sur la hausse ou la baisse de la volatilité par l'achat de contrats à terme, la mise en place de stratégies long/short sur des actions au comportement différent, ou tout simplement l'utilisation de trackers sur le VIX.

Les grosses mains ne se contentent bien sûr pas d'acheter des trackers comme M. Tout-le-Monde, mais ces trackers nous permettent de savoir, de manière transparente, quels résultats donnent les stratégies haussières ou baissières.

Parier sur la hausse de la volatilité depuis deux ans s'est avéré douloureux. Comme vous le savez, avoir raison trop tôt sur les marchés revient à avoir tort. Dans le cas d'une stratégie haussière sur le VIX, la punition a été double.

Non seulement le VIX est resté sage sur la période, mais à cette stabilité du sous-jacent s'est ajoutée un coût de détention des instruments financiers. Autrement dit, ceux qui misaient sur une hausse de la volatilité payaient pour attendre.

Miser sur une baisse de la volatilité, à l'inverse, était comme creuser dans une mine d'or inépuisable. Non seulement le VIX baissait, mais les instruments financiers permettaient un coût de détention négatif. Autant multiplier les prises de position et faire jouer à fond l'effet de levier pour cette stratégie immanquablement gagnante !

Entre janvier 2016 et janvier 2018, le tracker XIV, qui implémente cette stratégie baissière, est passé de 16,5 $ à 144 $ ! 870% d'augmentation en deux ans : voilà qui a fait rêver plus d'un gérant d'actifs. D'autant que les banques centrales promettent depuis la crise des subprime de tout faire pour éteindre la volatilité.

Tout allait pour le mieux dans le monde des vendeurs de volatilités. Et voici ce qui est arrivé au tracker XIV ces derniers jours :

Evolution du tracker short XIV sur trois ans

Vous ne voyez pas le point bleu représentant le creux ? Regardez attentivement : il se situe tout en bas, à 5 $. Nous sommes depuis remontés à un peu plus de 6 $.

L'instrument ne vaut pour ainsi dire plus rien. Des années de hausse ont été effacées en quelques heures.

La bourse regorge de stratégies qui fonctionnent bien jusqu'à ce qu'elles s'effondrent. Les anglophones ont une expression tout à fait adaptée à ce genre de comportement : le ramassage de pièces jaunes devant un rouleau compresseur.

Les modestes gains accumulés patiemment sont, un jour ou l'autre, compensés par une perte massive.

Quelles conséquences pour les marchés ?

Si vous pensiez, en regardant l'évolution de votre PEA ces derniers jours, avoir essuyé de lourdes pertes, vous voilà rassuré.

Les 10% cédés par les marchés actions ne sont rien en comparaison des pertes essuyées par les vendeurs de volatilité.

En tant que fidèle lecteur des Publications Agora, vous n'avez très certainement pas parié plus que de raison sur la prolongation ad vitam aeternam de la politique-somnifère des banques centrales, et vous anticipiez un regain de nervosité sur les marchés. Vous n'avez donc probablement pas souffert directement de la hausse du VIX.

En revanche, vous avez peut-être en portefeuille des valeurs bancaires qui pouvaient sembler peu chères l'année dernière. Après tout, le prix de leurs actions présentait toujours une belle décote depuis l'éclatement de la crise du crédit subprime. La hausse anticipée des taux d'intérêt pouvait laisser espérer une hausse de leur rentabilité dans les prochaines années. Deux bonnes raisons de prendre un pari contrarien et de miser sur un retour en grâce des banques.

Si tel a été le cas, méfiez-vous. L'activité de trading est, vous le savez, désormais vitale pour les banques. C'est elle qui fait les résultats, bien plus que l'activité traditionnelle de banque de détail.

Or la plupart des enseignes tablaient sur un écrasement continu de la volatilité. Il y a beaucoup à craindre sur la performance des banques sur le trimestre en cours. Ce retournement de tendance fera des perdants et l'évolution de la valeur du XIV de Crédit Suisse nous montre que les pertes vont être massives.

Autant ne pas être là lorsque l'addition sera présentée aux actionnaires !

Le tableau est heureusement moins sombre pour les particuliers, pour qui le grand retour de la volatilité n'est pas nécessairement négatif. Rendez-vous demain pour voir comment vous pouvez même en tirer profit.

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Les futurs hommes clés de la deuxième crise de l’euro http://la-chronique-agora.com/luis-de-guindos-mario-draghi-crise-euro/ http://la-chronique-agora.com/luis-de-guindos-mario-draghi-crise-euro/#respond Tue, 20 Feb 2018 11:45:33 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44964 Mario Draghi

Une deuxième crise de l'euro couve. La Banque centrale européenne et le système monétaire vont être mis à mal. Préparez votre épargne à encaisser le choc.

Alors que je ruminais un article sur l'orientation de l'épargne des Français, article émaillé d'âneries qui suscitaient ma grogne, ma collègue Cécile Chevré, de La Quotidienne de la Croissance, me lance au travers du bureau cette question : "Simone, vous suivez l'histoire de la succession de Mario Draghi à la Banque centrale européenne" ?

Heu, mmmmm, non.

Erreur. Grave erreur ! C'est vrai qu'il faut toujours avoir un oeil sur la Parasitocratie pour tenter de s'armer contre le prochain racket qui nous menace. Le mandat de banquier central de Mario Draghi s'achève en octobre 2019.

Un banquier central est un bipède extrêmement bien payé et ne payant pas d'impôts (du fait de son statut de fonctionnaire international), chargé de couvrir les bêtises des banques "trop grosses pour faire faillite" qui ont le privilège de prêter à intérêt de l'argent qui n'existe pas.

Ce bipède est censé veiller sur la "stabilité monétaire" et a un objectif d'inflation.

***** CIA : classé confidentiel *****

Cet outil confidentiel élaboré par les services secrets américains pourrait tout changer pour vos investissements.

Un initié de la CIA vous explique comment faire : cliquez ici pour tout savoir.
(Attention : ces informations sont exclusives et pourraient disparaître du jour au lendemain. N'attendez pas pour les appliquer.)

Le premier objectif est impossible à atteindre dans un système où la monnaie est du crédit disponible en quantité illimitée. Quant à l'inflation, c'est une escroquerie intellectuelle qui consiste à nous faire croire qu'une augmentation générale des prix serait bonne pour les consommateurs que nous sommes tous. En réalité, c'est un impôt qui ne dit pas son nom.

Mario Draghi, grand racketteur des fourmis

Mario Draghi nous a rackettés en forçant les taux d'intérêt à la baisse et en se livrant à des rachats de titres financiers sur les marchés et même en placement privé, de 80 milliards d'euros à 40 milliards d'euros par mois.

La baisse des taux prive d'un rendement décent des millions d'épargnants européens qui capitalisent en vue de leur retraite. 10 ans de taux bas, c'est 10 ans de capitalisation et d'intérêts composés perdus qui ne seront jamais retrouvés puisque nous sommes mortels.

Les rachats de titres financiers font monter artificiellement les marchés, contraignant les investisseurs à acheter trop cher.

Le prétexte ? "Sauver l'euro". En réalité, ce n'est pas l'euro qui est sauvé par ces manoeuvres, mais un système de crédit malsain qui soutient des banques zombies gorgées de créances douteuses, et des gouvernements dispendieux dont le train de vie repose sur le crédit gratuit (ou presque).

Ma collègue Cécile Chevré a raison. La succession de Mario Draghi est importante. Le système financier actuel, tout comme les gouvernements italien et français, ne peuvent supporter une hausse des taux longs.

Une deuxième crise de l'euro sur le point d'éclater

L'Allemagne a désormais 900 milliards d'euros de créances douteuses stockées dans le système de compensation européen Target 2.

Target 2

Source : http://www.eurocrisismonitor.com/

Si tout fonctionnait bien dans la Zone euro, les courbes devraient légèrement osciller autour de l'horizontale. Ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, les déséquilibres dépassent ceux atteints lors de la première crise de l'euro en 2012.

Le lecteur cynique constatera avec un amer amusement que la BCE a un président italien et un vice-président espagnol, les deux pays les plus débiteurs vis-à-vis de l'Allemagne.

En effet, les Allemands viennent d'admettre l'espagnol Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE.

Les Echos

Luis de Guindos provient d'un pays cigale de l'Europe du Sud mais est cependant considéré comme un "faucon", c'est-à-dire partisan d'une politique monétaire stricte (par opposition à une douce colombe partisane d'une politique monétaire plus coulante).

Admirez au passage le traitement photographique des Echos d'un "faucon" qui, bien sûr, est méchant.

Les Echos :

"Au Parlement européen, des voix se sont inquiétées de son image de 'faucon' et de son passage chez Lehman Brothers (2006-2008). Perçu comme l'ombre fidèle du ministre de l'Economie allemand, Wolfgang Schäuble, durant les années les plus aiguës de la crise, Luis de Guindos est en effet de ceux qui, au sein de l'Eurogroupe, ont fermement revendiqué la rigueur comme seule voie possible.

Ce profil de dur ne l'empêche pas de reconnaître, aujourd'hui, que la Troïka 'aurait pu avoir plus de sensibilité politique' avec la Grèce comme avec l'Irlande, le Portugal ou bien Chypre. Grand partisan de l'intégration européenne, il arrive à la BCE avec l'intention d'oeuvrer pour un système unique de garantie des dépôts et pour la préparation de nouveaux instruments pour agir de façon anticyclique face à la possibilité de chocs asymétriques."

Notez aussi que notre faucon ibérique est passé par Lehman Brothers (tout comme Mario Draghi est passé par Goldman Sachs). Le capitalisme de copinage fonctionne toujours bien.

La dernière phase – totalement absconse pour un non-expert de la langue de bois – signifie simplement qu'en cas de crise, il faudra enrober autrement l'escroquerie de la politique monétaire consistant à créer toujours plus de crédit gratuit pour les copains.

Voici un autre commentaire, de la lettre de Saxo Banque cette fois :

"De Guindos et Lane sont, dans tous les cas, considérés comme 'neutre' en termes de positionnement de politique monétaire. De Guindos est notamment connu pour avoir affiché un fort soutien au QE qui, selon lui, n'engendre pas de risque de bulle sur les marchés financiers. De son côté, Lane maintient que la courbe de Phillips (lien entre l'inflation et le taux de chômage) est toujours une grille d'analyse pertinente."

Comme vous le savez cher lecteur, la courbe de Phillips – dont il est empiriquement prouvée qu'elle est fausse – est une autre escroquerie intellectuelle mais elle permet de justifier l'interventionnisme dont le seul objectif est le capitalisme de copinage.

Quant au fait que Guindos pense que la création de crédit gratuit de Mario Draghi n'a engendré aucune bulle financière, elle en dit long sur le faux faucon.

Ce qui est important de retenir à ce stade est que ce "faux faucon ibérique" va continuer à oeuvrer dans le sens des banques et gouvernements zombies.

Ce qui est intéressant est que l'Allemagne ne va pas tarder à se retrouver déchirée entre ses propres banques zombies (dont Deutsche Bank) et ses créances irrécouvrables de Target.

C'est une tragédie. Il va falloir à un moment choisir.

Peut-il y avoir une issue heureuse à cette désastreuse expérience monétaire mondiale qu'est le créditisme ? Non. Il y a rarement d'issue heureuse aux expériences idiotes pilotées par les interventionnistes.

Quel sera l'homme qui aura à gérer la deuxième crise de l'euro ?

Ce serait l'Allemand Jens Weidman si l'on en croit le dernier sondage de Bloomberg.

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Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Ce qui est une relativement bonne nouvelle pour les fourmis. Mais le retour de la crise de l'euro sera douloureux et ne doutez pas qu'une partie des 4 765 milliards d'euros (*) du patrimoine financier des Français sera sollicité.
[NDLR : Voici 6 mesures à prendre pour protéger votre argent avant même que cette crise qui couve n'éclate.]

(*) http://premium.lefigaro.fr/argent/2018/02/19/05010-20180219ARTFIG00257-o-va-l-epargne-des-francais.php

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La Transaction du Siècle 1/3 http://la-chronique-agora.com/transaction-bons-tresor-us-jgb/ http://la-chronique-agora.com/transaction-bons-tresor-us-jgb/#respond Tue, 20 Feb 2018 11:17:35 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44961 investissement dans les JGB

Après deux transactions de la décennie (2000-2010 et 2010-2020), voici un objectif ambitieux : une stratégie d'investissement adaptée au XXIème siècle.

Alors que j'étais en voyage en Inde il y a quelques années, la presse financière locale s'est intéressée à ce que j'avais à dire.

J'ai été invité à participer à des émissions télévisées. J'ai été interviewé dans des magazines et des journaux. Le journal local a publié un entretien sur une page complète ; ils avaient même envoyé un artiste faire mon portrait.

Je croyais qu'ils me confondaient avec quelqu'un d'autre. Je n'ai pas l'habitude qu'on me prenne autant au sérieux.

"Un économiste occidental de renom se montre morose quant à la reprise mondiale", titrait le journal.

J'ai fait passer plus ou moins le même message dans chacun de ces entretiens. Je disais que la reprise était factice, dans la mesure où elle était achetée à coup d'argent factice, et qu'elle dépendait de taux d'intérêt tout aussi factices.

Les prix des actions allaient chuter, disais-je. Le marché de l'immobilier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne allait chuter encore plus. Il y aurait des faillites spectaculaires – y compris pour certains pays.

La chose qui semblait le plus intéresser les lecteurs indiens... et vous aussi, j'imagine, cher lecteur... était ma nouvelle "Transaction de la Décennie".

Ceci étant dit, je ne vais pas vous livrer ici une analyse d'investissement classique ou vous donner une cible précise pour la croissance du PIB ou du Dow. Non, je vais vous parler d'histoire et de philosophie.

J'espère que ça vous conviendra.

2001-2010 : vendre les actions américaines et acheter de l'or

J'ai eu beaucoup de chance avec ma première Transaction de la Décennie, au début du millénaire. Je recommandais de vendre les actions (américaines plus particulièrement) et d'acheter de l'or. Cela a très bien marché des deux côtés.

L'or entre 2001 et 2010

L'indice Wilshire 5 000 des 5 000 actions cotées américaines entre 2001 et 2010

Les gens ont donc voulu savoir ce que serait ma transaction pour la décennie suivante. J'y ai réfléchi et ai finalement trouvé quelque chose. Je pensais que celle-ci fonctionnerait aussi...

Mais d'abord, permettez-moi de vous expliquer comment ça marche. Derrière la Transaction de la Décennie se trouve une simple observation : les choses déséquilibrées tendent à se rééquilibrer. Sur une période de 10 ans, vous avez d'assez bonnes chances qu'elles reviennent à la normale.

C'est une autre manière de décrire le phénomène du "retour à la moyenne". L'un des phénomènes les plus sûrs du monde naturel, c'est que les choses extraordinaires finissent par devenir moins extraordinaires. Et sur une période de 10 ans, vous avez d'assez bonnes chances que ce retour à la moyenne finisse par se produire.

2011 – 2020 : Vendre les bons du Trésor américain et acheter des actions japonaises

Alors quelle serait ma Transaction de la Décennie pour 2010-2020 ?

Lorsque je l'ai élaborée, le marché des bons du Trésor US était totalement déséquilibré. Les T-Bonds grimpaient depuis 1983. Les investisseurs prêtaient de l'argent au plus grand débiteur du monde, à des taux d'intérêt historiquement bas à l'époque. Cela alors que le débiteur en question était plongé dans une fièvre d'emprunt et de dépenses sans précédent dans son histoire.

Ce n'était pas normal. C'était même carrément bizarre.

Je me suis dit qu'à un moment ou à un autre avant 2020, le marché des obligations US allait se prendre une raclée. Si bien que d'un côté de la transaction... je conseillais de vendre les bons du Trésor US.

De l'autre côté de la transaction, j'ai eu plus de mal. Parce que je cherchais quelque chose à acheter. Et rien n'était bon marché.

Même l'or... dont je m'attendais à ce qu'il augmente bien plus... n'était pas bon marché. Pour autant que je puisse en juger, une once d'or achetait à peu près autant – en termes de produits de consommation – qu'il y a 700 ans... voire peut-être autant qu'il y a 2 000 ans.

L'or était déjà revenu à la moyenne, après avoir été sérieusement sous-évalué en 1999. Désormais il était très probable, ai-je pensé, qu'il devienne surévalué lorsque le système monétaire actuel commencerait à se disloquer.

Mais il s'agit là d'un phénomène différent. Ce n'est pas un retour à la moyenne – du moins pas pour l'or. C'est un retour à la moyenne pour le système monétaire – nous y reviendrons.

Ce dont j'avais besoin pour le côté "achat" de la transaction, c'était d'une chose historiquement sous-évaluée. Ce qui m'a mené aux petites valeurs japonaises, qui baissaient depuis 1989.

Telle était donc la nouvelle Transaction de la Décennie. Vendez les bons du Trésor US. Achetez les petites valeurs japonaises.
[NDLR : Concernant les valeurs françaises, connaissez-vous le "plan Brongniart" – la stratégie des vétérans de la Bourse, qu'ils appliquent avec succès (et profits !) depuis 30 ans ? Découvrez-la en cliquant ici.]

Ceci dit... je vais vous révéler une Transaction de la Décennie encore meilleure. Le problème, pour les investisseurs non-japonais, c'est que les petites valeurs peuvent grimper... mais si le yen baisse, vous pourriez perdre vos gains.

Une transaction encore plus profitable

Alors que pensez-vous de ça ?

Au lieu de vendre les bons du Trésor US, vendez les bons du gouvernement japonais (JGB).

Les JGB sont probablement encore plus surévalués que les bons du Trésor US. Et alors que les Japonais empruntent plus que jamais... alors que leur taux d'épargne décline... il semble raisonnable de parier que la dette gouvernementale japonaise baissera au moins autant que la dette US. Peut-être plus.

En achetant les petites valeurs japonaises et en vendant les obligations japonaises, vous supprimez le risque de change. Vous avez une Transaction de la Décennie encore plus profitable.

Même après avoir grimpé ces dernières années, les petites valeurs japonaises sont extraordinairement sous-évaluées. La dette gouvernementale japonaise, en revanche, est extraordinairement surévaluée.

La première chose importante que je veux faire passer, cependant, c'est que tout ça n'est qu'une idée. Elle ne vient pas se substituer à une stratégie d'investissement sérieuse.

La deuxième idée que je voudrais faire passer, c'est qu'on ne peut avoir de stratégie d'investissement sérieuse que si l'on est prêt à réfléchir profondément à des idées... et qu'on en est capable. Si vous y réfléchissez assez, vous aurez une chance raisonnable de vous en sortir avec des gains.

Parce que la plupart des gens – y compris la plupart des professionnels de l'investissement sérieux – ne réfléchissent en fait pas beaucoup.

C'est ce que je voulais dire par "philosophie" au début de cet article : il faut réfléchir longtemps et profondément à la manière dont le monde fonctionne. Et l'Histoire est à peu près le seul outil de travail que nous avons à notre disposition.

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