La Chronique Agora http://la-chronique-agora.com Analyse macro économie contrarienne Wed, 21 Feb 2018 15:18:08 +0000 fr-FR hourly 1 Profitez de la volatilité pour passer à l’achat ! http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-achat/ http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-achat/#respond Wed, 21 Feb 2018 12:30:39 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44977 volatilité

Vous pouvez mettre à profit le sursaut de volatilité en pratiquant la seule stratégie qui vaille : acheter bas ce qui est le plus volatil pour revendre plus haut.

Nous avons vu hier que le sursaut de volatilité de ces derniers jours a été tel qu'il a signé la fin de la stratégie short VIX qui prévalait depuis deux ans.

Pour les investisseurs dépendants aux injections d'anesthésiants des banques centrales, la sanction a été sévère. Les marchés sortent de leur camisole de fausse monnaie et de taux négatifs et font désormais comme bon leur semble.

La volatilité est revenue.

Nous allons voir aujourd'hui pourquoi ce grand retour peut être une bonne nouvelle pour vous.

Faut-il jouer le VIX à la hausse ?

La question brûle les lèvres des investisseurs qui attendaient depuis des années le retour de la volatilité. Après avoir eu raison trop tôt durant des années, est-il temps de mettre en place une stratégie haussière sur le VIX, par quelque moyen que ce soit ?

Mon conseil est clair : non.

Comme je vous l'expliquais hier, être haussier sur le VIX coûte cher, très cher. Chaque jour qui passe est une perte même si la volatilité est constante.

Rien ne dit que le niveau actuel de volatilité (qui, vous en conviendrez, n'est déjà pas négligeable) va continuer d'augmenter.

De manière générale, il est très compliqué pour un particulier de mettre en place des stratégies profitables lorsque le temps coûte de l'argent. Timer le marché est un exercice difficile (voire impossible si l'on en croit les statistiques), et partir avec un tel handicap réduit drastiquement les chances de succès.

Ce n'est pas pour rien que l'émission de produits dérivés avec érosion de la valeur-temps est si profitable pour les banques. Que la stratégie soit gagnante ou non, le passage du temps est une certitude... Statistiquement, les acheteurs de ces produits sont perdants.

Jouer le VIX à la hausse présente donc deux difficultés. Rien ne dit qu'il augmentera, et sa stabilité vous ruinerait... sans même parler de l'hypothèse où le VIX amorcerait une décrue !

Pas la peine donc de prendre des risques inconsidérés avec ce type de stratégies dérivées : la volatilité retrouvée vous offre déjà une belle opportunité intrinsèque sur les marchés actions.

Retrouvez les zones d'achat

Nous avons eu tendance à l'oublier ces dernières années : sur les marchés actions, la stratégie normale est d'acheter bas pour revendre haut.

A force de QE et autres assouplissements quantitatifs, investir en Bourse est devenu "acheter haut pour revendre plus haut". Ce type de comportement caractérise une phase de hausse maniaque.

Une plus grande volatilité marque en fait un retour au fonctionnement normal des marchés. Il n'est pas catastrophique de perdre (ou prendre) 4% sur une journée. Il n'est pas anormal qu'un indice ne fasse "que" 10% de hausse par an.

Vous avez, en tant qu'investisseur particulier, un avantage considérable sur les grosses mains : vous pouvez ne rien faire.

Si les marchés prennent 5% en une journée et que vous avez du cash, rien ne vous oblige à courir après le papier. Si le marché fonctionne correctement, il est très probable que les cours rejoindront leur niveau d'origine dans une journée, une semaine, un mois... Inutile de se précipiter.

Un professionnel doit absolument "faire quelque chose" avec ses actifs sous gestion. La fébrilité des marchés en est la conséquence. En tant que particulier, ne voyez pas l'inaction dans les phases de hausse comme un regret, mais plutôt comme la preuve que vous n'êtes pas soumis aux mêmes contraintes que les professionnels. Profitez-en.

La même remarque s'applique à la baisse. Lors des phases de sauve-qui-peut, toutes les valeurs de la cote sont généralement emportées par un même mouvement baissier.

Que l'on parle de valeurs surévaluées ou de valeurs massacrées, toutes subissent plus ou moins la même sanction.

Quelle différence à long terme ? Les valeurs sous-cotées rebondissent vite et fort. Les valeurs auparavant sur-cotées, après avoir perdu les faveurs des investisseurs, peuvent pour toujours rester au tapis.

Ce sont donc pour vous les phases de baisse qui représentent les meilleurs points d'entrée à long terme.

La volatilité n'est pas du risque

La presse économique fait généralement le lien entre volatilité et risque.

Les professionnels savent bien qu'il n'en est rien. Une volatilité accrue présente plus d'opportunités. Le fait que les particuliers aient des moins bonnes performances lors des phases volatiles est la conséquence de leurs mauvaises pratiques (acheter après les hausses et vendre après les baisses).

La volatilité est intrinsèquement bonne pour vous car elle vous offre la possibilité d'entrer à bas prix sur des titres et d'en sortir lors des krachs à la hausse.

Pour vous en convaincre, considérez les deux titres suivants.

A et B cotent, en moyenne, 100 €. Tous leurs ratios sont identiques. A oscille tous les mois entre 95 € et 105 €. B oscille toutes les semaines entre 80 € et 120 €.

Sur quelle action pouvez-vous faire le plus de gains ? Sur B, bien sûr. A condition d'acheter bas et de vendre haut.

Si vous êtes spéculateur, vous pouvez faire plus d'allers/retours sur la valeur.

Si vous êtes un investisseur prudent, B peut entrer dans votre zone d'achat et votre zone de vente alors même que A reste dans une zone neutre sur laquelle vous ne pouvez pas prendre position dans un sens ni dans l'autre.

Le regain de volatilité des indices ne doit donc pas vous faire peur : il représente pour vous une opportunité.

Bienvenue dans l'ancien monde

Ceux qui ont commencé à investir après 2011 peuvent avoir l'impression qu'un marché est nécessairement haussier et monotone.

Les vétérans ont pu être tentés de penser que les six dernières années étaient la nouvelle norme, et qu'il serait impossible de se dépêtrer de l'action des banques centrales.

Faisons notre mea culpa, nous avons parfois été tentés de jeter l'éponge et de participer au grand jeu des chaises musicales offert par l'argent gratuit et les taux négatifs. Qu'il est dur, en effet, de voir un comportement aberrant se prolonger sans sanction durant six longues années !

Le retour à la réalité des marchés actions représente donc une excellente nouvelle. Il va désormais être possible d'investir intelligemment plutôt que passivement. Les entreprises profitables et leurs actionnaires seront récompensés. Les structures-zombie, qui masquent leur baisse d'activité par des rachats d'action à crédit, seront laminées.

L'investissement va de nouveau nécessiter de se plonger dans l'activité réelle des entreprises et de savoir se positionner de manière contra-cyclique. La phase moutonnière est terminée.
[Pour profiter à fond de la volatilité et enchaîner les gains à court terme, reposez-vous sur notre spécialiste : un e-mail quotidien… pour une opportunité par jour, et c'est tout ! Cliquez ici pour en savoir plus.]

Accrochez vos ceintures, et bons investissements !

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La Transaction du Siècle 2/3 http://la-chronique-agora.com/strategie-achat/ http://la-chronique-agora.com/strategie-achat/#respond Wed, 21 Feb 2018 12:00:02 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44982 stratégie d'investissement

Sur quoi fonder une stratégie d'investissement durable et adaptée au XXIème siècle ? Sur un retour à la normale de ce qui est anormal.

Nous avons vu précédemment l'idée de "retour à la moyenne" et la stratégie reposant sur acheter ce qui était historiquement très bas pour vendre ce qui est historiquement très haut.

Les marchés actuels sont tout sauf normaux.

Dans cette partie, nous allons développer une boussole... pour nous aider à déterminer où nous nous trouvons et où nous allons.

Sur la planète Terre, nous pouvons nous orienter grâce au nord magnétique. Pour l'investissement, c'est la force la plus fiable de la finance – le retour implacable à la "normale" – qui nous sert de nord magnétique.

Et dans notre quête de la normale, nous sommes peut-être tombé, presque par hasard, sur ce qui pourrait être la Transaction de la Décennie. Nous allons y revenir.

Retour à la moyenne

Comme le décrivent les économistes, le retour à la moyenne consiste simplement à reconnaître la tendance qu'ont les choses à rester dans un canal que nous définissons comme "normal".

Les arbres n'atteignent pas 3 000 m de haut. Les gens ne courent pas à 160 km à l'heure. On n'a rien sans rien.

Cette normale existe parce que les choses tendent à suivre certains schémas, formes et enchaînements familiers.

Lorsque les gens sortent le matin, ils savent généralement s'il faut porter un manteau d'hiver ou un short. La température n'est pas de 45°C un jour et 0° le lendemain.

Evidemment, de temps en temps, des choses bizarres se produisent. Et parfois, les choses changent de manière fondamentale. Mais généralement, quand les gens disent "cette fois c'est différent"... c'est qu'il est temps de parier sur "la normale".

Ce phénomène – le retour à la moyenne – a été soigneusement testé et étudié dans le monde de l'investissement. Il semble être applicable à tout ou presque – les actions, les obligations, les stratégies, les marchés, les secteurs... et ainsi de suite.

Mais avançons. Qu'y a-t-il d'inhabituel dans le graphique ci-dessous ? Qu'y a-t-il de si anormal que la moyenne est susceptible de se retourner contre lui ?

Performance de l'investissement et dette mondiale graphique dow jones or obligations pib investisseurs

Vous noterez que la dette mondiale n'était que de 30 000 milliards de dollars en 1994. A présent, elle se monte à 230 000 milliards de dollars. Ces 200 000 milliards de dollars de crédit supplémentaire sont probablement le tourbillon qui a envoyé les valeurs dans la stratosphère, dans le haut du graphique à droite.

Ces coups de vent ont fait grimper les actions et autres actifs à des sommets jamais vus auparavant. Le Dow a dépassé les 26 000 points. Des maisons ont été mises sur le marché à plus de 100 M$. L'or a dépassé les 1 900 $ l'once.

Mais alors que les actions et les obligations semblent avoir le vent en poupe, on dirait que ce même vent souffle en pleine face de l'économie... rendant son avancée quasi-impossible.

L'économie réelle – telle que décrite par le PIB au bas du graphique – s'est développée de manière assez normale, mais à un rythme de plus en plus lent.

Son augmentation régulière et laborieuse ne donne aucune indication du chaos qui se déroule au-dessus d'elle. L'économie réelle et le monde financier sont aussi différents que l'oeil d'un cyclone et les nuages d'orage qui tourbillonnent au-dessus de lui.

On remarque une autre chose : jusqu'au milieu des années 90... puis à nouveau entre 2008 et 2012... l'investisseur moyen n'a en fait rien obtenu pour compenser le risque additionnel qu'il y avait à mettre son argent dans les actions (le graphique ci-dessus comprend les dividendes). Il aurait aussi bien pu laisser son argent dans les bons du Trésor US.

En théorie, il est censé pouvoir gagner du rendement – par rapport au cash pur – en prêtant son argent au gouvernement américain (si l'on prend le bon du Trésor US à 10 ans comme point de référence). Il devrait gagner plus encore – une prime (c'est-à-dire plus que ce qu'il gagnerait grâce à des T-Bonds sans risque) – en investissant dans les actions. Cette prime est censée le rémunérer pour le risque de voir ses actions baisser à un moment qui ne lui convient pas.

En pratique, nous découvrons que les bons du Trésor "sans risque" lui ont rapporté moins que rien. Il a gagné moins sur les bons du Trésor américain que ce que l'or (qui ne verse aucun intérêt) lui aurait rapporté – sur toute cette période de 48 ans.

Les actions, parallèlement, ne lui ont rien rapporté pendant les 24 premières années. Après quoi elles ont explosé à la hausse, avec la dette, jusqu'à ce que la crise financière les remette en ligne avec l'or.
[NDLR : Furtivement, l'or a repris sa hausse et si vous voulez profiter de son futur nouveau marché haussier, c'est maintenant qu'il vous faut agir. Tout est expliqué ici.]

En 2008, l'investisseur moyen gagnait à nouveau moins sur les actions – en dépit de tous les risques et problèmes liés à l'investissement boursier – que sur l'or. Cela a continué ainsi jusqu'en 2012, quand ses investissements en actions ont grimpé en flèche.

Mais il y a un moment pour investir en actions... et un moment pour en sortir. Sans être extra-lucide, on peut tout de même détecter quand une chose n'est pas normale. Et lorsqu'une chose n'est pas normale... c'est qu'elle attend simplement de le redevenir.

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Le scandale du « crédit participatif » http://la-chronique-agora.com/credit-participatif/ http://la-chronique-agora.com/credit-participatif/#comments Wed, 21 Feb 2018 11:39:46 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44985 crédit partcipatif épargne

En matière d'épargne, des gens incompétents souhaitent nous dicter notre conduite mais oublient de faire la police là où ce serait nécessaire.

Vous savez peut-être que le gouvernement actuel se démène pour "orienter" l'épargne des Français.

Les fourmis gauloises ne mettraient pas assez d'argent au service de l'économie productive, préférant l'immobilier, l'épargne sans risque au travers des livrets et de l'assurance-vie (la dette d'Etat) et délaissant les entreprises.

Le Figaro sur ce sujet :

"Le gouvernement veut mobiliser les bas de laine des Français pour en faire les armes de la reconquête économique. Une bataille menée en deux temps. A l'automne, la Loi de Finances a supprimé l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et créé le prélèvement fiscal unique (PFU) - autrement dit la flat tax– à 30% des revenus de placements financiers. Au printemps, la loi Pacte portée par Bruno Le Maire devra, selon le premier ministre Edouard Philippe, 'promouvoir l'épargne longue, davantage investie en actions, (pour) consolider le capital de nos entreprises'."

Cette vision est étrange.

D'une part, elle montre l'aveuglement de nos interventionnistes. Si les Français se reportaient massivement sur les actions, l'Etat aurait du mal à financer ses déficits. Avant de pousser les Français vers les actions, le gouvernement devrait avoir la lucidité de faire le ménage dans son budget. L'assurance-vie en euros (la dette d'Etat donc) représente 1 620 milliards d'euros, à comparer à une dette publique d'environ 2 000 milliards d'euros.

D'autre part, ces mêmes interventionnistes poussent les épargnants vers une classe d'actifs (les actions) dont tout le monde sait qu'elle est actuellement surévaluée. Le B-A BA de l'investissement consiste pourtant à acheter bas.

Incompétence déclarée

Si vous consultez la déclaration de patrimoine d'Edouard Philippe, vous pourrez constater que le Premier ministre ne possède aucune action, aucune, même pas dans un fonds d'assurance-vie. Idem pour Bruno Le Maire. Rien – zéro – nada – même pas une participation dans le garage du beau-frère, ou le restaurant d'une cousine...

Comme d'habitude c'est "faites ce que je dis mais pas ce que je fais" et nos parasitocrates n'ont aucun enjeu dans les orientations forcées qu'ils donnent : gouvernement, autorités de contrôle et industrie financière ne risquent en effet rien en cas de krach des marchés actions.

L'avancée technologique la plus importante
de ces 58 dernières années

Ce n'est PAS le bitcoin…

... Mais sans elle, aucune cryptomonnaie ne pourrait exister.

Ses applications sont infinies – tout comme les possibilités de profits :

Ces 3 valeurs à elles seules pourraient vous rapporter jusqu'à +7 520% de plus-values.

Pour tout savoir, cliquez ici – mais n'attendez pas pour agir : cette technologie est à un tournant de son évolution… et devrait connaître une envolée spectaculaire en 2018.

A La Chronique, nous nous méfions de l'épargne "intermédiée", c'est-à-dire confiée à des banques ou assureurs "trop gros pour faire faillite", donc irresponsables, et protégés par des textes de loi comme la loi Sapin. Ces textes ne sont pas faits dans l'intérêt de l'épargnant ou du simple déposant mais dans celui de l'industrie financière. Nous sommes au coeur du capitalisme de copinage.

En revanche, nous nous sommes intéressés au financement participatif – qui permet d'investir en direct dans les entreprises – que ce soit en capital ou en crédit et nous avons développé un service sur ce thème.

La règle de ces investissements est simple : des intermédiaires (sites internet) agréés par l'AMF soumettent des dossiers d'entrepreneurs cherchant à lever des fonds et les épargnants y souscrivent directement. Notre but est d'apporter un service de sélection de dossiers pour atténuer au mieux les risques de ce type d'investissements.

Pour en connaître plus sur ce club d'investissement sans intermédiaires, c'est ici.

En prêts, notre portefeuille actuel comporte 23 lignes, a une maturité moyenne de 46 mois et rapporte 6,50% par an.

Toutefois, nous nous sommes rendu compte que des institutionnels assoiffés de rendement venaient chasser sur ces terres. Comme nous interrogions un intermédiaire sur le fait qu'un dossier était financé dans un laps de temps très bref, nous avons reçu cette explication :

"... Nos projets connaissent effectivement des durées de collectes extrêmement courtes. Il se peut que lorsque vous ouvriez l'e-mail le projet soit alors déjà collecté. Nous réfléchissons actuellement à différentes solutions pour vous permettre d'accéder plus aisément aux dossiers.

Un fonds institutionnel prête effectivement sur nos dossiers depuis début janvier, mais ne prend uniquement que 50% sur les dossiers de financement supérieurs à 100 000 €."

Le financement participatif est donc en train d'être siphonné par des institutionnels en quête désespérée de rendements dont ils sont privés par les manoeuvres de la Banque centrale européenne.

C'est bien regrettable que le gouvernement ne se penche pas sur ce dévoiement et sur les manoeuvres de la BCE plutôt que d'inventer de nouvelles usines à gaz avec ses amis banquiers et assureurs dont les rentes sont mises à mal par les fintechs.

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VIX : La volatilité réveille les zombies http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-tracker-xiv/ http://la-chronique-agora.com/vix-volatilite-tracker-xiv/#comments Tue, 20 Feb 2018 12:55:35 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44958 tracker xiv

Le retour de la volatilité peut avoir fait quelques dégâts dans les bilans des banques qui vivent de leurs activités de marché et avaient misé gros sur sa baisse.

Durant les deux premières semaines de février les indices ont évolué dans le rouge. Nikkei, Nasdaq, CAC 40 : le sell-off n'a épargné aucune place boursière. Ce qui pouvait passer pour une saine correction rend désormais les opérateurs nerveux.

Krach ? Pas krach ? Tous les analystes se penchent sur leur boule de cristal pour savoir si la purge a vocation à continuer.

Psychologie des hedge funds, réaction des banques centrales, stratégies implémentées dans les algorithmes de trading... les facteurs sont nombreux. Seul l'avenir nous dira si les indices passent d'ici la fin du mois le seuil symbolique des 20% de perte.

Dans la tourmente et l'incertitude qui entourent ces mouvements brutaux, nous voyons d'ores et déjà se dessiner une conclusion : les marchés sortent du mode de fonctionnement "zombie" qu'ils avaient adopté depuis deux ans.

La hausse des taux longs, que nous étions nombreux à anticiper fin 2017 aux Publications Agora, est désormais actée. Les opérateurs doivent maintenant choisir entre des actions surévaluées et des obligations à 10 ans dont le rendement frôle les 3%.

Or les grosses mains avaient perdu l'habitude des arbitrages. Lorsque tout monte, l'investissement est facile : il suffit d'acheter. Toutes les stratégies finissent l'année dans le vert, et tous les gérants peuvent se vanter d'avoir misé sur le bon cheval. Qu'il est facile de gagner lorsque les organisateurs de la course distribuent une médaille d'or à chaque participant !

Désormais, la fête est finie et le mot "stratégie" va reprendre tout son sens. Certains marchés vont monter tandis que d'autres baisseront. Les tendances vont s'inverser brutalement. Il y aura des gagnants et – nous avions presque oublié ce concept – des perdants.
[NDLR : Comment trouver avant les investisseurs ordinaires les gagnants de demain et engranger de fortes plus-values quoiqu'il arrive sur les marchés financiers ? Tout est expliqué ici.]

En un mot : la volatilité est de retour.

Quand le somnambule se réveille au fond du ravin

Le trade gagnant de ces deux dernières années était de miser sur l'écrasement de la volatilité. Vous connaissez certainement le VIX, l'indice d'incertitude sur les marchés.

Il représente, schématiquement, l'idée que se font les opérateurs sur l'évolution de la volatilité. Lorsque les marchés s'endorment (en stagnant, ou en suivant des tendances monotones), la volatilité baisse.

Il est possible d'investir sur la hausse ou la baisse de la volatilité par l'achat de contrats à terme, la mise en place de stratégies long/short sur des actions au comportement différent, ou tout simplement l'utilisation de trackers sur le VIX.

Les grosses mains ne se contentent bien sûr pas d'acheter des trackers comme M. Tout-le-Monde, mais ces trackers nous permettent de savoir, de manière transparente, quels résultats donnent les stratégies haussières ou baissières.

Parier sur la hausse de la volatilité depuis deux ans s'est avéré douloureux. Comme vous le savez, avoir raison trop tôt sur les marchés revient à avoir tort. Dans le cas d'une stratégie haussière sur le VIX, la punition a été double.

Non seulement le VIX est resté sage sur la période, mais à cette stabilité du sous-jacent s'est ajoutée un coût de détention des instruments financiers. Autrement dit, ceux qui misaient sur une hausse de la volatilité payaient pour attendre.

Miser sur une baisse de la volatilité, à l'inverse, était comme creuser dans une mine d'or inépuisable. Non seulement le VIX baissait, mais les instruments financiers permettaient un coût de détention négatif. Autant multiplier les prises de position et faire jouer à fond l'effet de levier pour cette stratégie immanquablement gagnante !

Entre janvier 2016 et janvier 2018, le tracker XIV, qui implémente cette stratégie baissière, est passé de 16,5 $ à 144 $ ! 870% d'augmentation en deux ans : voilà qui a fait rêver plus d'un gérant d'actifs. D'autant que les banques centrales promettent depuis la crise des subprime de tout faire pour éteindre la volatilité.

Tout allait pour le mieux dans le monde des vendeurs de volatilités. Et voici ce qui est arrivé au tracker XIV ces derniers jours :

Evolution du tracker short XIV sur trois ans

Vous ne voyez pas le point bleu représentant le creux ? Regardez attentivement : il se situe tout en bas, à 5 $. Nous sommes depuis remontés à un peu plus de 6 $.

L'instrument ne vaut pour ainsi dire plus rien. Des années de hausse ont été effacées en quelques heures.

La bourse regorge de stratégies qui fonctionnent bien jusqu'à ce qu'elles s'effondrent. Les anglophones ont une expression tout à fait adaptée à ce genre de comportement : le ramassage de pièces jaunes devant un rouleau compresseur.

Les modestes gains accumulés patiemment sont, un jour ou l'autre, compensés par une perte massive.

Quelles conséquences pour les marchés ?

Si vous pensiez, en regardant l'évolution de votre PEA ces derniers jours, avoir essuyé de lourdes pertes, vous voilà rassuré.

Les 10% cédés par les marchés actions ne sont rien en comparaison des pertes essuyées par les vendeurs de volatilité.

En tant que fidèle lecteur des Publications Agora, vous n'avez très certainement pas parié plus que de raison sur la prolongation ad vitam aeternam de la politique-somnifère des banques centrales, et vous anticipiez un regain de nervosité sur les marchés. Vous n'avez donc probablement pas souffert directement de la hausse du VIX.

En revanche, vous avez peut-être en portefeuille des valeurs bancaires qui pouvaient sembler peu chères l'année dernière. Après tout, le prix de leurs actions présentait toujours une belle décote depuis l'éclatement de la crise du crédit subprime. La hausse anticipée des taux d'intérêt pouvait laisser espérer une hausse de leur rentabilité dans les prochaines années. Deux bonnes raisons de prendre un pari contrarien et de miser sur un retour en grâce des banques.

Si tel a été le cas, méfiez-vous. L'activité de trading est, vous le savez, désormais vitale pour les banques. C'est elle qui fait les résultats, bien plus que l'activité traditionnelle de banque de détail.

Or la plupart des enseignes tablaient sur un écrasement continu de la volatilité. Il y a beaucoup à craindre sur la performance des banques sur le trimestre en cours. Ce retournement de tendance fera des perdants et l'évolution de la valeur du XIV de Crédit Suisse nous montre que les pertes vont être massives.

Autant ne pas être là lorsque l'addition sera présentée aux actionnaires !

Le tableau est heureusement moins sombre pour les particuliers, pour qui le grand retour de la volatilité n'est pas nécessairement négatif. Rendez-vous demain pour voir comment vous pouvez même en tirer profit.

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Les futurs hommes clés de la deuxième crise de l’euro http://la-chronique-agora.com/luis-de-guindos-mario-draghi-crise-euro/ http://la-chronique-agora.com/luis-de-guindos-mario-draghi-crise-euro/#respond Tue, 20 Feb 2018 11:45:33 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44964 Mario Draghi

Une deuxième crise de l'euro couve. La Banque centrale européenne et le système monétaire vont être mis à mal. Préparez votre épargne à encaisser le choc.

Alors que je ruminais un article sur l'orientation de l'épargne des Français, article émaillé d'âneries qui suscitaient ma grogne, ma collègue Cécile Chevré, de La Quotidienne de la Croissance, me lance au travers du bureau cette question : "Simone, vous suivez l'histoire de la succession de Mario Draghi à la Banque centrale européenne" ?

Heu, mmmmm, non.

Erreur. Grave erreur ! C'est vrai qu'il faut toujours avoir un oeil sur la Parasitocratie pour tenter de s'armer contre le prochain racket qui nous menace. Le mandat de banquier central de Mario Draghi s'achève en octobre 2019.

Un banquier central est un bipède extrêmement bien payé et ne payant pas d'impôts (du fait de son statut de fonctionnaire international), chargé de couvrir les bêtises des banques "trop grosses pour faire faillite" qui ont le privilège de prêter à intérêt de l'argent qui n'existe pas.

Ce bipède est censé veiller sur la "stabilité monétaire" et a un objectif d'inflation.

***** CIA : classé confidentiel *****

Cet outil confidentiel élaboré par les services secrets américains pourrait tout changer pour vos investissements.

Un initié de la CIA vous explique comment faire : cliquez ici pour tout savoir.
(Attention : ces informations sont exclusives et pourraient disparaître du jour au lendemain. N'attendez pas pour les appliquer.)

Le premier objectif est impossible à atteindre dans un système où la monnaie est du crédit disponible en quantité illimitée. Quant à l'inflation, c'est une escroquerie intellectuelle qui consiste à nous faire croire qu'une augmentation générale des prix serait bonne pour les consommateurs que nous sommes tous. En réalité, c'est un impôt qui ne dit pas son nom.

Mario Draghi, grand racketteur des fourmis

Mario Draghi nous a rackettés en forçant les taux d'intérêt à la baisse et en se livrant à des rachats de titres financiers sur les marchés et même en placement privé, de 80 milliards d'euros à 40 milliards d'euros par mois.

La baisse des taux prive d'un rendement décent des millions d'épargnants européens qui capitalisent en vue de leur retraite. 10 ans de taux bas, c'est 10 ans de capitalisation et d'intérêts composés perdus qui ne seront jamais retrouvés puisque nous sommes mortels.

Les rachats de titres financiers font monter artificiellement les marchés, contraignant les investisseurs à acheter trop cher.

Le prétexte ? "Sauver l'euro". En réalité, ce n'est pas l'euro qui est sauvé par ces manoeuvres, mais un système de crédit malsain qui soutient des banques zombies gorgées de créances douteuses, et des gouvernements dispendieux dont le train de vie repose sur le crédit gratuit (ou presque).

Ma collègue Cécile Chevré a raison. La succession de Mario Draghi est importante. Le système financier actuel, tout comme les gouvernements italien et français, ne peuvent supporter une hausse des taux longs.

Une deuxième crise de l'euro sur le point d'éclater

L'Allemagne a désormais 900 milliards d'euros de créances douteuses stockées dans le système de compensation européen Target 2.

Target 2

Source : http://www.eurocrisismonitor.com/

Si tout fonctionnait bien dans la Zone euro, les courbes devraient légèrement osciller autour de l'horizontale. Ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, les déséquilibres dépassent ceux atteints lors de la première crise de l'euro en 2012.

Le lecteur cynique constatera avec un amer amusement que la BCE a un président italien et un vice-président espagnol, les deux pays les plus débiteurs vis-à-vis de l'Allemagne.

En effet, les Allemands viennent d'admettre l'espagnol Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE.

Les Echos

Luis de Guindos provient d'un pays cigale de l'Europe du Sud mais est cependant considéré comme un "faucon", c'est-à-dire partisan d'une politique monétaire stricte (par opposition à une douce colombe partisane d'une politique monétaire plus coulante).

Admirez au passage le traitement photographique des Echos d'un "faucon" qui, bien sûr, est méchant.

Les Echos :

"Au Parlement européen, des voix se sont inquiétées de son image de 'faucon' et de son passage chez Lehman Brothers (2006-2008). Perçu comme l'ombre fidèle du ministre de l'Economie allemand, Wolfgang Schäuble, durant les années les plus aiguës de la crise, Luis de Guindos est en effet de ceux qui, au sein de l'Eurogroupe, ont fermement revendiqué la rigueur comme seule voie possible.

Ce profil de dur ne l'empêche pas de reconnaître, aujourd'hui, que la Troïka 'aurait pu avoir plus de sensibilité politique' avec la Grèce comme avec l'Irlande, le Portugal ou bien Chypre. Grand partisan de l'intégration européenne, il arrive à la BCE avec l'intention d'oeuvrer pour un système unique de garantie des dépôts et pour la préparation de nouveaux instruments pour agir de façon anticyclique face à la possibilité de chocs asymétriques."

Notez aussi que notre faucon ibérique est passé par Lehman Brothers (tout comme Mario Draghi est passé par Goldman Sachs). Le capitalisme de copinage fonctionne toujours bien.

La dernière phase – totalement absconse pour un non-expert de la langue de bois – signifie simplement qu'en cas de crise, il faudra enrober autrement l'escroquerie de la politique monétaire consistant à créer toujours plus de crédit gratuit pour les copains.

Voici un autre commentaire, de la lettre de Saxo Banque cette fois :

"De Guindos et Lane sont, dans tous les cas, considérés comme 'neutre' en termes de positionnement de politique monétaire. De Guindos est notamment connu pour avoir affiché un fort soutien au QE qui, selon lui, n'engendre pas de risque de bulle sur les marchés financiers. De son côté, Lane maintient que la courbe de Phillips (lien entre l'inflation et le taux de chômage) est toujours une grille d'analyse pertinente."

Comme vous le savez cher lecteur, la courbe de Phillips – dont il est empiriquement prouvée qu'elle est fausse – est une autre escroquerie intellectuelle mais elle permet de justifier l'interventionnisme dont le seul objectif est le capitalisme de copinage.

Quant au fait que Guindos pense que la création de crédit gratuit de Mario Draghi n'a engendré aucune bulle financière, elle en dit long sur le faux faucon.

Ce qui est important de retenir à ce stade est que ce "faux faucon ibérique" va continuer à oeuvrer dans le sens des banques et gouvernements zombies.

Ce qui est intéressant est que l'Allemagne ne va pas tarder à se retrouver déchirée entre ses propres banques zombies (dont Deutsche Bank) et ses créances irrécouvrables de Target.

C'est une tragédie. Il va falloir à un moment choisir.

Peut-il y avoir une issue heureuse à cette désastreuse expérience monétaire mondiale qu'est le créditisme ? Non. Il y a rarement d'issue heureuse aux expériences idiotes pilotées par les interventionnistes.

Quel sera l'homme qui aura à gérer la deuxième crise de l'euro ?

Ce serait l'Allemand Jens Weidman si l'on en croit le dernier sondage de Bloomberg.

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Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Ce qui est une relativement bonne nouvelle pour les fourmis. Mais le retour de la crise de l'euro sera douloureux et ne doutez pas qu'une partie des 4 765 milliards d'euros (*) du patrimoine financier des Français sera sollicité.
[NDLR : Voici 6 mesures à prendre pour protéger votre argent avant même que cette crise qui couve n'éclate.]

(*) http://premium.lefigaro.fr/argent/2018/02/19/05010-20180219ARTFIG00257-o-va-l-epargne-des-francais.php

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La Transaction du Siècle 1/3 http://la-chronique-agora.com/transaction-bons-tresor-us-jgb/ http://la-chronique-agora.com/transaction-bons-tresor-us-jgb/#respond Tue, 20 Feb 2018 11:17:35 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44961 investissement dans les JGB

Après deux transactions de la décennie (2000-2010 et 2010-2020), voici un objectif ambitieux : une stratégie d'investissement adaptée au XXIème siècle.

Alors que j'étais en voyage en Inde il y a quelques années, la presse financière locale s'est intéressée à ce que j'avais à dire.

J'ai été invité à participer à des émissions télévisées. J'ai été interviewé dans des magazines et des journaux. Le journal local a publié un entretien sur une page complète ; ils avaient même envoyé un artiste faire mon portrait.

Je croyais qu'ils me confondaient avec quelqu'un d'autre. Je n'ai pas l'habitude qu'on me prenne autant au sérieux.

"Un économiste occidental de renom se montre morose quant à la reprise mondiale", titrait le journal.

J'ai fait passer plus ou moins le même message dans chacun de ces entretiens. Je disais que la reprise était factice, dans la mesure où elle était achetée à coup d'argent factice, et qu'elle dépendait de taux d'intérêt tout aussi factices.

Les prix des actions allaient chuter, disais-je. Le marché de l'immobilier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne allait chuter encore plus. Il y aurait des faillites spectaculaires – y compris pour certains pays.

La chose qui semblait le plus intéresser les lecteurs indiens... et vous aussi, j'imagine, cher lecteur... était ma nouvelle "Transaction de la Décennie".

Ceci étant dit, je ne vais pas vous livrer ici une analyse d'investissement classique ou vous donner une cible précise pour la croissance du PIB ou du Dow. Non, je vais vous parler d'histoire et de philosophie.

J'espère que ça vous conviendra.

2001-2010 : vendre les actions américaines et acheter de l'or

J'ai eu beaucoup de chance avec ma première Transaction de la Décennie, au début du millénaire. Je recommandais de vendre les actions (américaines plus particulièrement) et d'acheter de l'or. Cela a très bien marché des deux côtés.

L'or entre 2001 et 2010

L'indice Wilshire 5 000 des 5 000 actions cotées américaines entre 2001 et 2010

Les gens ont donc voulu savoir ce que serait ma transaction pour la décennie suivante. J'y ai réfléchi et ai finalement trouvé quelque chose. Je pensais que celle-ci fonctionnerait aussi...

Mais d'abord, permettez-moi de vous expliquer comment ça marche. Derrière la Transaction de la Décennie se trouve une simple observation : les choses déséquilibrées tendent à se rééquilibrer. Sur une période de 10 ans, vous avez d'assez bonnes chances qu'elles reviennent à la normale.

C'est une autre manière de décrire le phénomène du "retour à la moyenne". L'un des phénomènes les plus sûrs du monde naturel, c'est que les choses extraordinaires finissent par devenir moins extraordinaires. Et sur une période de 10 ans, vous avez d'assez bonnes chances que ce retour à la moyenne finisse par se produire.

2011 – 2020 : Vendre les bons du Trésor américain et acheter des actions japonaises

Alors quelle serait ma Transaction de la Décennie pour 2010-2020 ?

Lorsque je l'ai élaborée, le marché des bons du Trésor US était totalement déséquilibré. Les T-Bonds grimpaient depuis 1983. Les investisseurs prêtaient de l'argent au plus grand débiteur du monde, à des taux d'intérêt historiquement bas à l'époque. Cela alors que le débiteur en question était plongé dans une fièvre d'emprunt et de dépenses sans précédent dans son histoire.

Ce n'était pas normal. C'était même carrément bizarre.

Je me suis dit qu'à un moment ou à un autre avant 2020, le marché des obligations US allait se prendre une raclée. Si bien que d'un côté de la transaction... je conseillais de vendre les bons du Trésor US.

De l'autre côté de la transaction, j'ai eu plus de mal. Parce que je cherchais quelque chose à acheter. Et rien n'était bon marché.

Même l'or... dont je m'attendais à ce qu'il augmente bien plus... n'était pas bon marché. Pour autant que je puisse en juger, une once d'or achetait à peu près autant – en termes de produits de consommation – qu'il y a 700 ans... voire peut-être autant qu'il y a 2 000 ans.

L'or était déjà revenu à la moyenne, après avoir été sérieusement sous-évalué en 1999. Désormais il était très probable, ai-je pensé, qu'il devienne surévalué lorsque le système monétaire actuel commencerait à se disloquer.

Mais il s'agit là d'un phénomène différent. Ce n'est pas un retour à la moyenne – du moins pas pour l'or. C'est un retour à la moyenne pour le système monétaire – nous y reviendrons.

Ce dont j'avais besoin pour le côté "achat" de la transaction, c'était d'une chose historiquement sous-évaluée. Ce qui m'a mené aux petites valeurs japonaises, qui baissaient depuis 1989.

Telle était donc la nouvelle Transaction de la Décennie. Vendez les bons du Trésor US. Achetez les petites valeurs japonaises.
[NDLR : Concernant les valeurs françaises, connaissez-vous le "plan Brongniart" – la stratégie des vétérans de la Bourse, qu'ils appliquent avec succès (et profits !) depuis 30 ans ? Découvrez-la en cliquant ici.]

Ceci dit... je vais vous révéler une Transaction de la Décennie encore meilleure. Le problème, pour les investisseurs non-japonais, c'est que les petites valeurs peuvent grimper... mais si le yen baisse, vous pourriez perdre vos gains.

Une transaction encore plus profitable

Alors que pensez-vous de ça ?

Au lieu de vendre les bons du Trésor US, vendez les bons du gouvernement japonais (JGB).

Les JGB sont probablement encore plus surévalués que les bons du Trésor US. Et alors que les Japonais empruntent plus que jamais... alors que leur taux d'épargne décline... il semble raisonnable de parier que la dette gouvernementale japonaise baissera au moins autant que la dette US. Peut-être plus.

En achetant les petites valeurs japonaises et en vendant les obligations japonaises, vous supprimez le risque de change. Vous avez une Transaction de la Décennie encore plus profitable.

Même après avoir grimpé ces dernières années, les petites valeurs japonaises sont extraordinairement sous-évaluées. La dette gouvernementale japonaise, en revanche, est extraordinairement surévaluée.

La première chose importante que je veux faire passer, cependant, c'est que tout ça n'est qu'une idée. Elle ne vient pas se substituer à une stratégie d'investissement sérieuse.

La deuxième idée que je voudrais faire passer, c'est qu'on ne peut avoir de stratégie d'investissement sérieuse que si l'on est prêt à réfléchir profondément à des idées... et qu'on en est capable. Si vous y réfléchissez assez, vous aurez une chance raisonnable de vous en sortir avec des gains.

Parce que la plupart des gens – y compris la plupart des professionnels de l'investissement sérieux – ne réfléchissent en fait pas beaucoup.

C'est ce que je voulais dire par "philosophie" au début de cet article : il faut réfléchir longtemps et profondément à la manière dont le monde fonctionne. Et l'Histoire est à peu près le seul outil de travail que nous avons à notre disposition.

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La courbe effrayante http://la-chronique-agora.com/france-dettes-endettement-mondial/ http://la-chronique-agora.com/france-dettes-endettement-mondial/#comments Mon, 19 Feb 2018 12:59:43 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44940 dettes

L'endettement mondial est tel qu'il est impossible que les dettes soient honorées. Nous nous dirigeons donc vers un jubilé ou l'hyperinflation.

Lorsque j'ai publié Pourquoi la France va faire faillite (*), en 2012, je n'avais pas imaginé une chose qui ralentirait cette issue fatale : les taux d'intérêt nuls ou négatifs.

Je pense que quiconque aurait écrit en 2012 que les taux d'intérêt pouvaient devenir négatifs aurait été interné en asile psychiatrique.

Evidemment, entre 2012 et maintenant, la situation des finances publiques de la France ne s'est pas améliorée, elle n'a fait que se dégrader. L'Etat contrôle 57% de l'économie de notre pays et l'Etat n'est pas un bon gestionnaire. S'il faut vous en convaincre encore, je vous renvoie sur l'article d'Eric Verhaeghe concernant la SNCF.

Ce sont les manoeuvres de la Banque centrale européenne qui ont protégé les gouvernements Sarkozy et Hollande de la faillite et nous ont conduit à ceci :

-1- Rendement de l'emprunt d'Etat français à 10 ans

Rendement de l'emprunt d'Etat français à 10 ans graphe courbe baissier

-2- Dette de la France

Dette de la France graphique statistiques 2008 2018

Pendant que la dette publique gonflait, les taux d'intérêt baissaient.

Les épargnants se faisaient plumer mais l'Etat pouvait continuer à vivre sur un grand train (je ne parle pas que de la SNCF, évidemment).

Félicitations pour votre augmentation de 1 500 € par mois !

Comment ? Vos revenus n'ont pas bougé, aux dernières nouvelles ?

Et pourtant... ces 1 500 € supplémentaires par mois sont bel et bien une réalité, et pourraient commencer à tomber sur votre compte en banque dès la semaine prochaine.

Cliquez ici pour savoir comment faire.

Notez bien, cher lecteur, qu'à taux zéro, la dette peut être infinie !

En gros, l'endettement public de la France correspond à 96% de son économie.

L'endettement privé à 234%. Le tout fait donc 330%.

Supposons que les taux d'intérêt à 10 ans reviennent à 3%, comme en 2012. Il faut prélever 9,9% au PIB pour rembourser le stock de dette. C'est évidemment impossible sans causer une effrayante dépression. Notre croissance qui fait glousser d'aise les commentateurs est de 2,4%.

Pourtant, la situation de la France n'est pas exceptionnelle, elle est même "normale". Voici la courbe qui devrait effrayer le monde... s'il n'était pas anesthésié par la fausse monnaie.

Comme vous le verrez sur ce graphique, le poids de la dette publique et privée dans le monde pèse trois fois le PIB mondial.

Total de la dette mondiale en dollars courbe graphique

Dans l'ensemble du monde, la dette a grossi sans aucun rapport avec l'économie qui la soutient. Il est impensable de la rembourser avec des intérêts à des niveaux normaux sans prélever 10% du PIB.

Il y a donc deux solutions :

Si les banquiers centraux laissent monter les taux longs, nous aurons droit au jubilé présidé par le FMI.

S'ils reprennent les expérimentations monétaires, nous aurons droit à l'hyperinflation.
[NDLR : Dans les deux cas, cela signifie la destruction de votre épargne si vous n'avez pas pris ces quelques précautions. Cliquez ici pour tout savoir.]

(*) Editions Ixelles

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Pourquoi la SNCF déraille avec Pepy http://la-chronique-agora.com/spinetta-sncf-pepy/ http://la-chronique-agora.com/spinetta-sncf-pepy/#comments Mon, 19 Feb 2018 12:07:23 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44933 SNCF, Air France, Pépy, Spinetta

L'ex-patron d'Air France, qui a su adapter son entreprise à la concurrence, règle son compte à Guillaume Pepy qui se verrait bien à la tête d'Air France.

Le rapport de Jean-Cyril Spinetta, ancien président d'Air France, sur l'avenir de la SNCF, ne manque pas de piquant. Ce n'est pas seulement le rapport d'un énarque (administrateur civil de l'Etat) qui a su adapter une entreprise publique à la concurrence, et qui donne de bonnes idées pour préparer la SNCF à l'ouverture à la concurrence en 2019. C'est aussi le rapport d'évaluation d'un véritable chef d'entreprise sur les piètres performances du courtisan Guillaume Pepy, au cœur des réseaux affinitaires de la République, à la tête d'une SNCF qu'il a patiemment sacrifiée aux paillettes et aux effets de mode. Le plus savoureux est que Guillaume Pepy est un candidat quasi-déclaré à la présidence d'Air France.

Voilà un rapport qui mérite d'être lu entre les lignes... car il en dit long sur la faillite d'une certaine noblesse d'Etat, qui n'a plus de noble que les titres.

En lisant le rapport Spinetta, on consolide ce qu'on sait déjà : la SNCF, qu'on utilise ses services ou pas, coûte chaque année 10 milliards d'euros aux Français. Cette somme générique, qui inclut les millions engloutis par le président Pepy dans des cérémonies somptuaires destinées à assurer son auto-promotion, constitue en elle-même un plaidoyer suffisant pour une privatisation brutale de la société. Elle ne tient aucun compte (précisons-le) des recettes générées par la vente de billets de transport.

Mais... il existe un autre niveau de lecture pour ce rapport salutaire. Comme Guillaume Pepy, Jean-Cyril Spinetta a fourbi ses premières armes dans le service public avant de passer dans une entreprise publique de transport. Mais lui a réussi la mue d'Air France. Et son regard sur l'échec de Pepy est aussi savoureux que cruel, puisque Pepy rêve désormais de prendre la tête d'Air France.

A la lecture du rapport, on est pris d'un sérieux doute sur la faisabilité de cette candidature.

La gouvernance de la SNCF mise en cause dès les premières pages

Dès la page 7, le festival Spinetta commence :

"Les réformes de 1997 et de 2014, si elles ont amorcé des évolutions positives, parfois au prix de nouvelles difficultés, ont laissé sans réponse les problèmes qui minent l'efficacité du système ferroviaire français. [...] Cela nécessite une gouvernance claire, des missions précisément définies, des circuits de financement transparents..."

Le manque de clarté dans la gouvernance de la SNCF, pierre directement jetée dans le jardin de Guillaume Pepy, revient tout au long du rapport.

Page 8, on lira même :

"L'ouverture à la concurrence apportera une partie de la réponse aux difficultés du système ferroviaire français : elle favorisera une plus grande efficacité productive, dans le cadre d'une gouvernance assainie, avec des missions de service public clairement définies, une transparence des coûts, une autonomie de gestion et une juste rémunération des opérateurs."

Il ne s'agit plus seulement de rendre la gouvernance de la SNCF moins opaque : on passe désormais à l'idée de l'assainir. Le terme en dit long sur la déroute du mandat Pepy.

Spinetta ne manque pas de rappeler le rapport de 2016, rédigé par deux députés, sur la mise en place de la réforme de la gouvernance de 2014 :

"Celui-ci a interpellé l'Etat quant à la lenteur de la mise en oeuvre de la réforme (RSO publié en janvier 2017, contrats Etat-SNCF signés en mars 2017, publication tardive du décret sur la règle d'or...). Il considère également que l'indépendance du gestionnaire d'infrastructure unifié est insuffisante, et conteste le rôle de l'EPIC de tête, à la fois sous l'angle des missions qui lui sont confiées (notamment en matière de sécurité et de coordination de la gestion de crise) et de son efficacité (économies permises par la mutualisation)."

Là encore, le "manque d'efficacité de l'EPIC de tête" est une expression assassine pour Pepy. La mise en cause de l'équipe dirigeante actuelle sur la sécurité ferroviaire et sur le manque de coordination dans la gestion de crise laisse peu de doutes sur le regard que Spinetta porte sur la manière de servir de Pepy. On regrettera juste qu'il ait fallu convoquer un ancien patron d'Air France pour oser écrire tout haut ce que tout le monde sait depuis des années.

Un réseau déserté en dehors de l'Île de France

A l'appui de ces constats sombres, le rapport Spinetta produit quelques chiffres inquiétants.

Par exemple :

"Le réseau ferroviaire français est beaucoup moins utilisé que ses voisins européens: le trafic moyen est de 46 trains par ligne et par jour, contre 140 aux Pays-Bas, 125 en Suisse, 96 en Grande-Bretagne et 85 en Allemagne. Cette situation masque des disparités très fortes :

– Le réseau d'Ile-de-France supporte 160 trains par ligne et par jour ;

– Les lignes de desserte fine du territoire supportent seulement 13 trains par ligne et par jour."

Autrement dit, en dehors de l'Ile-de-France, la France est un désert ferroviaire complet, mais qui ne semble inquiéter personne. Sauf le rédacteur du rapport. En tout cas, la France voit passer deux fois moins de trains que l'Allemagne, et trois fois moins que la Suisse.

Autre chiffre terrible :

"Les dépenses publiques consacrées aux petites lignes s'élèvent donc à 1,7 milliard annuels (un milliard d'exploitation des trains, 600 M€ d'exploitation de l'infrastructure et 150 M€ d'investissements de régénération), soit 16% des concours publics au secteur ferroviaire. Elles doivent être rapportées aux trafics, moins de 10% des trains et surtout moins de 2% des voyageurs. Chaque kilomètre parcouru par un voyageur coûte ainsi 1 € à la collectivité."

D'où un débat sensible sur la nécessité de fermer ou non les "petites lignes" qui coûtent cher pour très peu de voyageurs. On mesure ici l'impact qu'une décision de ce genre aurait, symboliquement, sur l'opinion publique. Avons-nous encore les moyens de consacrer près de deux milliards à la desserte ferroviaire d'Aurillac, d'Auch, de Tulle ? Ne doit-on pas opter, s'agissant de ces préfectures rurales, pour une desserte par autocar ?

Spinetta demande à la SNCF du professionnalisme et de la transparence

Pour répondre à cette question à deux milliards, Spinetta envoie une nouvelle pierre dans le jardin de la SNCF. Il propose à celle-ci de mettre en place une... évaluation de la situation et des scénarios de décision.

"Les évaluations socio-économiques manquent parfois de transparence, ce qui peut laisser croire à une certaine subjectivité. Pour éviter ce biais, SNCF Réseau devra établir une méthode d'évaluation simple et robuste, en s'appuyant sur l'expertise de France Stratégie, dans le cadre d'une démarche concertée. Les évaluations réalisées seront soumises à la contre-expertise du Commissariat Général à l'Investissement, comme c'est le cas pour les grands investissements. Enfin, pour garantir la transparence du processus et de ses résultats, les évaluations devraient être rassemblées dans un rapport transmis au Parlement, au Haut Comité du Système de Transport Ferroviaire et au régulateur, et publié."

Là encore, on sent bien le reproche sous-jacent qui est fait à l'actuelle direction de l'entreprise. Faute d'une évaluation sérieuse et crédible des coûts, personne ne croit plus au discours de la SNCF. Spinetta propose qu'une méthode soit arrêtée, et que le patron de la SNCF en réponde devant ses instances.

Confiance, confiance !

On lira plus loin cette autre remarque très cruelle sur les pratiques en vigueur sous Pepy :

"Les entreprises du groupe public ferroviaire sont caractérisées par des coûts des fonctions générales et administratives (fonctions 'transverses') significativement plus élevés que leurs concurrents."

Décidément, ce rapport est une fête pour le président de l'entreprise. Encore Spinetta a-t-il le bon goût de ne pas épingler les dépenses directement afférentes à la communication du président de l'entreprise.

Spinetta propose de déconcentrer les décisions sociales à la SNCF

Dans ce tableau global, tout le monde attendait bien évidemment le traitement de la question des personnels de la SNCF.

Les réponses proposées par Spinetta (le transfert des personnels dans les entreprises qui feront concurrence, dès 2019, à la SNCF) sont à la hauteur de ce qui était attendu. Mais le rédacteur du rapport ne manque pas, là encore, d'adresser quelques coups de griffe à l'actuelle direction.

Entre autres, on notera ce passage, page 117 :

"Il est normal que ceux qui font la SNCF au quotidien y soient associés ; la mise en place des nouvelles instances de représentation du personnel doivent être l'occasion de prévoir un temps de réel dialogue stratégique dans l'activité générale des relations sociales."

Prévoir un réel dialogue stratégique avec les salariés de l'entreprise : la formule en dit long sur la non-politique de relations sociales à la SNCF aujourd'hui. On n'imputera pas la totale responsabilité de cette situation à Guillaume Pepy : chaque partie (notamment la CGT) est trop heureuse de pouvoir constater la conflictualité des rapports internes pour n'avoir pas à négocier des mesures impopulaires. N'empêche que Spinetta appelle la SNCF à se comporter comme une entreprise moderne...

Le mystère Pepy

Au bout de 10 ans à la tête de l'entreprise, dans un contexte d'ouverture certaine à la concurrence, quel est le bilan de Guillaume Pepy ?

La réponse globale est dans le rapport Spinetta :

"L'ouverture à la concurrence est une opportunité pour le système ferroviaire français. Elle créera de nouvelles incitations à l'efficacité et à l'amélioration de la qualité de service, établira la vérité des prix et des coûts pour les voyageurs comme pour les autorités organisatrices, et favorisera la diffusion des innovations technologiques et commerciales."

Manque d'appétence pour l'efficacité, pour la qualité de service, manque de transparence sur les prix et les coûts, faibles innovations technologiques et commerciales. Tel est le bilan accablant dressé par un homme qui a connu le même parcours que Pepy, à 15 ans d'intervalle.

Faut-il en déduire qu'à travers son rapport, Spinetta a aussi instruit le procès d'un déclin de la haute fonction publique ? 15 ans après Spinetta, l'échec Pepy illustre l'incapacité de l'administration française à "sortir" des profils de dirigeants d'entreprise publique réformateurs, efficaces, soucieux de rentabilité.

En 15 ans, les paillettes ont eu raison du service public.

L'exemple britannique est intéressant de ce point de vue : c'est aujourd'hui le pays le plus sûr d'Europe en matière ferroviaire, après avoir connu une série d'accidents dramatiques dans les années 1990.

En Grande-Bretagne, la mission de promotion de la culture de la sécurité au sein du système ferroviaire est confiée à une entité qui rassemble les différentes parties prenantes de l'industrie ferroviaire britannique : entreprises ferroviaires, gestionnaire d'infrastructure, ROSCO, entreprises en charge de l'entretien de l'infrastructure, etc., soit plus de 80 membres au total. Ce "Rail Safety and Standards Board" n'a pas de pouvoir règlementaire et n'est pas un régulateur, comme peut l'être l'Etablissement Public de Sécurité Ferroviaire en France.

Les décisions sont prises par consensus. Au-delà de sa mission en matière de sécurité, il oeuvre également à la mise en place de standards communs à toute l'industrie, et anime également la recherche et l'innovation en matière ferroviaire. Son budget de près de 50 M£ est abondé par les cotisations de ses membres, ainsi que par des subventions sur projets versées tant par le ministère des Transports que par ses membres.

Plus d'articles d'Eric Verhaeghe sur son blog Décider & Entreprendre.

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Vignettes irlandaises http://la-chronique-agora.com/irlande-economie-progres-fed/ http://la-chronique-agora.com/irlande-economie-progres-fed/#comments Mon, 19 Feb 2018 11:27:56 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44937 économie

Le tableau économique mondial est, nous dit-on, excellent mais des détails dénotent ; et pourquoi tant de progrès technologique pour si peu de progrès économique ?

* Nous sommes entré dans l'office du tourisme de Youghal, dans le comté de Cork. Deux jeunes hommes y étaient. Cheveux frisés. Un air un peu bizarre – trop soignés et bien habillés pour la ville.

"Comment aller à la maison de Sir Walter Raleigh ?" avons-nous demandé.

"Je ne sais pas, je vais regarder ça pour vous".

Quelque chose n'allait pas. Ils n'avaient pas le bon accent. Et comment pouvaient-ils ignorer où se trouvait la célèbre demeure ? C'est la seule attraction touristique de cette petite ville déprimée. Lorsque nous leur avons posé la question, ils nous ont donné le fin mot de l'histoire :

"Nous sommes italiens. Nous faisons partie d'un programme d'échange pour apprendre l'anglais. Nous ne connaissons rien à la région".

* Nous avons traversé Portlaw à pied, dans le comté voisin de Waterford. La ville était quasi-déserte mais un homme s'est dirigé vers nous. Echevelé. Débraillé.

"Bonjour", avons-nous dit.

"Eeeeeh... je parle à personne, moi", a-t-il grogné.

* Il y avait des serveuses derrière le comptoir du seul café de la ville hier matin, mais aucun client. Nous avons pris place pour déguster le "petit" Irish breakfast – café, pain, saucisses, jambon, tomates, oeufs et boudin noir. Tout en mangeant, nous écoutions la conversation.

Première serveuse : "je vais l'ignorer, tout simplement".

Deuxième serveuse : "elle ne sait pas de quoi elle parle, de toute façon".

Troisième serveuse : "elle n'est pas du coin... comment pourrait-elle savoir ? Elle ne connaît rien à la région".

Quatrième serveuse : "mais oui... elle vient de Kilmeaden".

Kilmeaden se trouve à sept kilomètres d'ici.

Les détails du tableau économique montrent qu'il doit être factice

Pendant ce temps... dans le monde de l'argent...

Comme vous vous en rappelez sans doute, les chiffres moyens – et les statistiques gouvernementales – ont créé un tableau factice de la véritable situation des Etats-Unis.

Selon la Fed, la Maison Blanche et la presse, nous en sommes aux débuts d'une période de croissance vigoureuse et synchronisée partout dans le monde.

Plus le tableau est vaste, plus il a de chances d'être frauduleux. Vous pouvez vous tenir sur un podium et raconter toutes les craques que vous voulez sur les tendances et les théories macroéconomiques. Mais n'essayez pas de faire pareil chez vous.

Les gens ne vivent pas dans "le monde". Ils ne travaillent pas dans "l'économie mondiale". Ils vivent à Boston... à Lille... ou à Kilmeaden. Et ils prennent les emplois qui sont disponibles sur place.

Même s'il était vrai que le paysage macroéconomique est positif (ce dont nous doutons fortement), ce n'est certainement pas le cas du paysage microéconomique.

Le conte de deux pays

Aux Etats-Unis, certaines régions s'en sont très bien tirées – stimulées par la "financiarisation" de l'économie et le gonflement des prix des actifs qui dure depuis 30 ans. Le nombre de multi-millionnaires, par exemple, a grimpé en flèche. CNBC :

"Le nombre de ménages américains valant 25 millions de dollars ou plus a grimpé de 73% depuis 2008, à comparer avec une croissance de 54% pour les ménages millionnaires. Il y a désormais aux Etats-Unis 145 000 ménages valant 25 millions de dollars ou plus, par rapport à 142 000 en 2014".

Le citoyen moyen, en revanche, n'a pas gagné un sou de plus. Les derniers chiffres montrent qu'un Américain de plus de 25 ans gagne en moyenne 2,5 cents de moins par heure qu'en 1999 (en dollars constants de 1982).

Puisque la croissance réelle (ajustée à l'inflation) des revenus est négative, et puisque seules quelques personnes deviennent beaucoup plus riches, il doit y avoir beaucoup de gens qui deviennent beaucoup plus pauvres.

Tel était notre raisonnement lorsque notre directeur de recherches, Joe Withrow, a décidé de jeter un oeil sur l'ensemble des Etats-Unis. Il en a conclu que 73% des comtés américains sont en régression économique.

Et voici qu'arrivent de nouvelles preuves, utilisant une approche complètement différente. Le site internet scientifique LiveScience rapporte :

"L'an dernier n'a pas été bon en termes de bonheur pour les Etats-Unis – un nombre record d'Etats ont constaté un déclin du bien-être de leurs habitants, selon un nouveau sondage.

Ce sondage, signé Gallup-Sharecare, a déterminé qu'en 2017, le bien-être des habitants a décliné dans 21 Etats par rapport aux niveaux de 2016. C'est le plus grand nombre d'Etats ayant constaté une chute du bien-être sur une année depuis que Gallup-Sharecare a lancé le sondage il y a 10 ans.

A titre de comparaison, durant la Grande récession de 2009, 15 Etats avaient enregistré un déclin du bien-être de leurs habitants par rapport à l'année précédente, a signalé Gallup dans sa déclaration".

Nous nous sommes souvent demandé comment, au 21ème siècle, une nation capitaliste aussi technologiquement avancée pouvait faire si peu de progrès économiques.

Cela semble presque impossible. Pourtant, les preuves sont là. Qu'est-ce qui a mal tourné ?

Nous ne le savons pas avec certitude. Il semble cependant qu'une combinaison d'argent factice, de taux d'intérêt factices, d'excès d'emprunt et d'excès de gouvernement a quasiment fait caler la machine capitaliste.

Des canailles plutôt que des idiots

Une autre manière d'envisager les choses :

Le progrès et la prospérité dépendent d'accords gagnant-gagnant. Les accords gagnant-gagnant dépendent de plusieurs choses – une monnaie fiable, la sécurité, la liberté et le droit à la propriété.

Enlevez l'un de ces éléments et la machine tombe en panne.

Au début des années 1960 et 1970, une poignée d'universitaires – soutenus par un petit groupe d'initiés et de compères politiques et financiers (c'est-à-dire le Deep State) – ont pris le contrôle de l'économie, du gouvernement et de la Fed.

Ce groupe a réalisé qu'il pouvait avancer ses propres intérêts en imposant des accords gagnant-perdant au pays, financés en grande partie par l'argent factice mis à disposition par la Fed.
[NDLR : Détournez cette situation à votre profit ! Découvrez comment vous pouvez profiter des connaissances et des manoeuvres des initiés pour engranger des gains à répétition... en toute simplicité. Cliquez ici pour tout savoir.]

Depuis, ce groupe d'initiés a réussi à embobiner plus de 300 millions de personnes et à étouffer ce qui devrait être l'économie la plus dynamique de l'Histoire.

Nous avons dépeint l'ex-présidente de la Fed Janet Yellen et ses prédécesseurs comme étant idiots, maladroits et incompétents. Mais un lecteur nous a corrigé :

"Le comportement que vous attribuez à Bernanke, Yellen, Powell et autres gouverneurs de la Fed est celui de corniauds maladroits... j'ai une hypothèse alternative : les gouverneurs de la Fed ont un programme comprenant trois objectifs.

L'objectif n°1 est de protéger et augmenter la richesse de leurs maîtres : les grandes banques qui possèdent la Fed. L'objectif n°2 est de convaincre le peuple américain qu'ils ont à coeur de protéger ses intérêts, et qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir le plein emploi tout en contenant l'inflation au sein d'un environnement très difficile. L'objectif n°3 et de dissimuler l'objectif n°1 aux yeux du public".

Oui... il a raison. Ce sont des canailles plutôt que des idiots.

De manière remarquable – mais tout à fait prévisible – Mme Yellen est désormais félicitée de toutes parts pour son rôle dans cette mascarade. Et son remplaçant à la tête de la Fed, Jerome Powell, s'est engagé à suivre ses traces.

"Alors que les défis qui nous attendent sont en constante évolution", a-t-il récemment assuré aux investisseurs, "l'approche de la Fed demeurera la même".

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Bitcoin : joie, allégresse et goût du risque http://la-chronique-agora.com/bitcoin-joie-allegresse-gout-risque/ http://la-chronique-agora.com/bitcoin-joie-allegresse-gout-risque/#respond Sat, 17 Feb 2018 18:30:55 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44924 bitcoin

bitcoin C'est à nouveau la joie et la bonne humeur sur les marchés financiers. Et le goût du risque refait surface avec le bitcoin.

Mais "en même temps", comme dirait le président de la République, notre article sur le krach du lundi 5 février nous a attiré beaucoup de lecteurs.

Bill Bonner y concluait :

"Dans l'ensemble, ces 30 dernières années, la dette s'est développée deux fois plus rapidement que l'économie qui la soutient. C'est ce qui rend la correction qui arrive bien plus dangereuse qu'un recul de routine sur les marchés. Selon nos estimations, entre 30 000 et 35 000 Mds$ de valeur d'actifs – actions, obligations, objets de collection, entreprises privées et immobilier – sont "en suspens" au-dessus de l'économie au lieu d'être soutenus par la production réelle."

Le danger rode d'autant plus que les taux longs remontant, le fardeau de dettes s'alourdit.

Mais il faut avoir un âge canonique pour avoir vécu les effets d'une hausse durable des taux longs. Les Américains n'ont pas connu une telle situation depuis 1981 et les Français depuis 1985.

A vrai dire, aucun gérant de portefeuille en activité n'a une telle expérience.

Depuis 37 ans, nous vivons dans un monde où les taux d'intérêt baissent. Dire que cette tendance s'inverse signifie aussi que le risque – endosser un prêt – coûtera plus cher.

Bitcoin et goût du risque

Pour de nombreux nouveaux-venus le phénomène bitcoin s'assimile au "goût du risque".

A court terme, la similitude entre la trajectoire du bitcoin et celle du S&P 500 leur donne raison.

S&P500 et Bitcoin

Mais c'est oublier les fondamentaux du bitcoin : un système de monnaie fiduciaire indépendant des banquiers centraux et indépendant de la dette.

Quel que soit le devenir du bitcoin et des cryptomonnaies, un tel système correspond à un besoin (si on estime que beaucoup de dettes ne seront jamais remboursées) et la technologie qui le sous-tend aussi.

Mais en cette fin de semaine, passons des investissements à des divertissements plus légers.

Nicolas Perrin a examiné les récentes mues de certains de nos Parasitocrates politiciens et, rassurez-vous, ce n'est pas sérieux !
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Les politiques nous prennent-ils vraiment au sérieux ? http://la-chronique-agora.com/politiques-prennent-vraiment-serieux/ http://la-chronique-agora.com/politiques-prennent-vraiment-serieux/#respond Sat, 17 Feb 2018 18:00:04 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44906 politiques

politiquesVoici un nouveau tour d'horizon des déclarations et des actes les plus aberrants de nos politiques. Ce sera l'occasion de voir si l'ère Macron débouche sur la "transformation" politique promise. Ou bien si les pratiques que nous avions relevées se perpétuent.

J'ai déjà analysé les travers de la rhétorique politicienne, ce qui nous avait amené à plonger dans un univers parallèle. Nous avions temporairement conclu notre étude en nous demandant si nos dirigeants nous prennent véritablement au sérieux.

Comme d'habitude, nous essaierons de partir du plus "anecdotique" (enfin pas tant que ça !) pour finir avec le très très grave (voire bien plus que ça !).

Le relooking pour survivre au dégagisme ?

Chaque quinquennat débute par un slogan censé mieux nous faire avaler les couleuvres de l'époque, pompeusement baptisé "paradigme". Il faut bien reconnaître que l'élection d'Emmanuel Macron a permis de reléguer aux oubliettes certaines bobines qui occupaient le paysage politique depuis bien trop longtemps.

Face à ce dégagisme, certains ont cru bon de revoir leur look. Ils ont ainsi abordé la rentrée parlementaire tout neufs à force de barbes, boucs, lunettes et autres accessoires.

Politiques

J'imagine qu'une fois qu'ils se sont mis à proférer leurs rengaines habituelles, vous avez pu constater qu'il ne suffit pas de suivre les conseils relooking de Cristina Córdula pour se refaire une virginité politique.

La Quatrième Dimension

Réglementation – L'ordre juridique français est un enchevêtrement de règles tantôt absconses, tantôt invraisemblables, qui prolifèrent comme des lapins. Parmi les dernières pépites en date, si vous pensiez savoir qu'un "bâtiment" est forcément une "propriété bâtie", j'ai le regret de vous informer que cela n'est plus le cas. Depuis quand ? Depuis un arrêt du Conseil d'Etat en date du 8 novembre.

Voici en effet ce que titrait la Revue fiduciaire le 15 novembre dernier :

Revue fiduciaire

Un petit doliprane ?

Fiscalité – Depuis le mois de décembre, on sait que la France est le pays européen où la pression fiscale est la plus élevée. Vous vous doutez bien qu'on n'arrive pas à ce genre de performance sans quelques prouesses d'inventivité.

Mais pour aller toujours plus loin dans la tonte de l'épargnant-contribuable, notre président a dû innover :

Le Monde

A ce compte-là, pourquoi ne pas pousser la logique à son terme ? D'ailleurs, c'est ce que fait Marc Fiorentino : "les Français pourraient aussi payer plus d'impôts volontairement pour compenser d'éventuelles baisses d'impôts ?"

Budget & Dette – Mi-novembre, Jean-Luc Mélenchon a encore eu une fulgurance. Cette fois, il a remis en cause les fondements de la science économique moderne :

Mélenchon

Que n'y avait-on pensé plus tôt ! Malheureusement, les agences de notation sont restées sourdes à la remarque du leader de La France insoumise. Et ils n'ont pas remonté notre note de crédit. Il faudra sans doute patienter jusqu'à l'avènement de la France bolivarienne pour que le pays récupère son triple A. Mais ça ne sera possible qu'après la création d'une agence de notation souveraine, donc indépendante et objective.

Partis politiques – En parlant du leader La France Insoumise, le député Eric Coquerel en a sorti une bonne à son sujet :

Coquerel

Prix de l'humour politique 2017 ? Pas sûr ! En la matière, je vote pour Laurent Wauquiez. Voici ce que le nouveau président des Républicains déclarait dans une interview au Parisien Magazine du 17 novembre.

Wauquiez

Si le ridicule tuait, combien de fois Laurent Wauquiez serait-il mort ? On se le demande...

On sait maintenant que le président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes vit dans le monde de Georges Lucas.

Dur, dur de faire de la politique sérieusement

Evidemment, vous m'objecterez que quelques politiques essayent de faire leur métier sérieusement...

C'est le cas d'Antoine Baudino, responsable du Front national pour la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône. En effet, début novembre, il a voulu interpeller notre ministre de l'Education nationale.

Baudino

Hélène David (@David_Hlne) est bien ministre de l'Enseignement supérieur mais... au Québec. Oui, c'est chaud quand même...

Mais au sommet de la pyramide du parti, on doit sans doute faire plus attention ? Pas vraiment ! Le 11 décembre, Marine Le Pen avait rejoint l'Assemblée nationale pour y défendre un amendement dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la réforme du droit des contrats. Et elle s'est quelque peu perdue dans ses fiches. Avec l'aide de la présidente de séance, la députée du Pas-de-Calais est finalement retombée sur ses pattes après une minute de flottement. Et finalement son amendement a été rejeté.

Marine Le Pen

Décidément, Marine Le Pen semble plus à l'aise pour imiter le générique des Envahisseurs que pour défendre des idées avec application. Et ce, même après treize ans en tant que députée au Parlement européen.

Du cirque politique à la télé-poubelle

J'avais déjà évoqué la grande razzia opérée par les émissions qui mêlent politique et divertissement sur les politiciens "dégagés". Ainsi Raquel Garrido, l'ancienne porte-parole de La France insoumise, s'est-elle reconvertie en chroniqueuse pour une émission de Thierry Ardisson sur C8. Mais l'épouse du député de Seine Saint-Denis Alexis Corbière n'a pas attendu de renoncer à ses activités politiques pour intervenir dans les médias sur des sujets dont elle semble tout ignorer.

Hondelatte

On se demande bien où diable l'avocate a-t-elle entendu dire que la crise de 2008, c'est la faute de Jérôme Kerviel ? Si un lecteur charitable est en contact avec madame Garrido, qu'il n'hésite pas à la renvoyer vers La Chronique Agora. Elle y trouvera des explications alternatives au sujet des racines de la crise.

En tout cas, Thierry Ardisson peut dormir tranquille. Lorsqu'il aura besoin de renouveler son panel de chroniqueurs, ce ne seront pas les politiciens de troisième rang qui manqueront !

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Interventionnisme : au secours, Montebourg revient ! http://la-chronique-agora.com/interventionnisme-secours-montebourg-revient/ http://la-chronique-agora.com/interventionnisme-secours-montebourg-revient/#respond Fri, 16 Feb 2018 11:20:20 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44917 interventionnisme

Ce gouvernement – comme tous ses prédécesseurs – s'obstine dans le capitalisme de copinage, l’interventionnisme et les investissements calamiteux.

Vous vous souvenez peut-être du flamboyant ministre de Hollande – Arnaud Montebourg – l'homme aux marinières moulantes.

Vous pensiez être débarrassé du personnage, de ses rodomontades et de ses investissements (foireux) au nom de l'Etat ?

Détrompez-vous. L'esprit du personnage revient en force dans ce gouvernement.

Les Echos du vendredi 16 février :

"Comme la France veut défendre ses fleurons – Le décret Montebourg va être étendu.

[...]

Le Premier ministre veut étendre les secteurs protégés par le décret dit 'Montebourg' à de nouveaux domaines."

Depuis 2014, l'Etat a le droit de s'opposer à des projets d'investissements étrangers dans les domaines de l'énergie, de l'eau, du transport, des communications électroniques, de la santé publique, de la défense.

Mais cela ne suffisait pas...

On rajoute à la liste : l'intelligence artificielle, les datas, les nanotechnologies, le spatial et... les infrastructures financières !

L'avancée technologique la plus importante de ces 58 dernières années

Ce n'est PAS le bitcoin…

... Mais sans elle, aucune cryptomonnaie ne pourrait exister.

Ses applications sont infinies – tout comme les possibilités de profits :
Ces 3 valeurs à elles seules pourraient vous rapporter jusqu'à +7 520% de plus-values.

Pour tout savoir, cliquez ici – mais n'attendez pas pour agir : cette technologie est à un tournant de son évolution… et devrait connaître une envolée spectaculaire en 2018.

Difficile d'y inclure les shampoings pour cheveux gras et la laque de L'Oréal. Mais il semblerait que la fin du pacte d'actionnaires entre la famille Bettencourt et Nestlé cause une certaine nervosité dans les hautes sphères parasitocratiques.

Préparez-vous : les yaourts (pensez à Danone si jamais Nestlé avait de l'appétit) et la cosmétique pourrait devenir bientôt du ressort "de la défense de l'ordre public et de la sécurité nationale".

interventionnismePlus de protectionnisme et aussi plus d'interventionnisme

Dans le même esprit, Les Echos nous apprend aussi :

"La future loi Le Maire devrait accroître la capacité d'intervention de bpifrance Participations, bras armés de la banque publique, pour investir dans des sociétés stratégiques. La société d'investissement 's'endetterait pour pouvoir prendre des participations, à hauteur de plusieurs milliards d'euros'".

Depuis 2008, avec 1€ d'emprunt d'Etat, la France achète 0,5 € de "croissance". N'importe quel chef d'entreprise qui s'endetterait de 1 € pour gagner seulement 0,5 € de chiffres d'affaires ne survivrait pas...

En réalité, l'Etat dépense de l'argent qui ne lui appartient pas mais n'investit pas.

Lorsqu'un particulier investit :

  • il décide de se priver d'une jouissance immédiate et s'est astreint à dépenser moins que ce qu'il recevait. Ce n'est pas le cas de l'Etat français dont le déficit est permanent depuis 47 ans ;
  • il choisit – au vu d'informations publiques – en soupesant soigneusement la rentabilité de son investissement. Ce n'est pas le cas de l'Etat.
  • il s'engage. Si l'investissement tourne mal, le particulier souffre de pertes financières. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui investit.
  • il suit son investissement, car c'est son argent qui est en jeu. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui a investi et sera ensuite muté.
  • quand il se trompe, il apprend. Ce n'est pas le cas du fonctionnaire de l'Etat qui ne verra pas son traitement amputé si Areva, Alstom, EDF, Thales, Engie, Nexter Systems... se casse la figure.

J'aimerais qu'un jour le produit dérivé financier suivant soit créé : un tracker inverse de toutes les entreprises cotées dans lesquelles l'Etat "investit".

Je pense qu'un tel ETF – qui parierait sur la chute  de ces entreprises – permettrait d'engranger des plus-values quelles que soient les performance des marchés. Cela compenserait (un peu) le gâchis que nous payons en tant que contribuable.

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Les Américains sont fauchés http://la-chronique-agora.com/americains-fauches-inflation-epargne/ http://la-chronique-agora.com/americains-fauches-inflation-epargne/#comments Fri, 16 Feb 2018 09:15:01 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44912 inflation

Les Américains n'ont plus suffisamment d'épargne, les consommateurs sont endettés et l'inflation monte. Les marchés devront un jour s'ajuster.

"Tournant, tournant dans la gyre toujours plus large,

Le faucon ne peut plus entendre le fauconnier.

Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.

L'anarchie se déchaîne sur le monde

Comme une mer noircie de sang : partout

On noie les saints élans de l'innocence.

Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires

Se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises."

– Yeats, La Seconde Venue (Trad. Yves Bonnefoy)

Mercredi, les investisseurs ne savaient plus quoi faire. Les chiffres annoncés ont semé la confusion parmi les faucons.

Le bouton "vente" pour l'inflation, mais...

D'un côté, ils ont appris que l'inflation empirait. L'IPC a enregistré une hausse surprise, à 2,1% sur les 12 derniers mois. La tendance est clairement haussière. Si le rythme de janvier se poursuit, l'IPC américain atteindra les 6,7% à la fin de l'année.

Cette attaque virulente pour les nerfs des investisseurs a été aggravée par des données provenant du secteur de l'immobilier.

Bloomberg :

"Les prix des maisons ont atteint des sommets historiques dans quasiment deux tiers des villes américaines au quatrième trimestre, alors que les acheteurs se battaient autour d'une offre à des planchers record, en termes d'annonces publiées".

Les traders savaient quoi faire. Ils ont immédiatement appuyé sur le bouton "vente".

La hausse de l'inflation signifiera une baisse des prix des obligations... et laissera les consommateurs, déjà endettés, avec encore moins d'argent. Il faut donc vendre les actions aussi.

Mais alors même que le Dow commençait à s'effondrer, de nouvelles données sont arrivées : le rapport sur les dépenses de consommation.

L'épargne est la clé de la prospérité

On a attribué aux consommateurs le "sauvetage" du PIB américain l'an dernier ; ils ont vidé leurs tirelires pour acheter bidules et gadgets. Ce chiffre aurait dû lui aussi pousser les investisseurs dans une "fuite vers la sécurité".

Comparée au taux d'épargne de 10% habituel durant les années 1970, 1980 et 1990, l'épargne des ménages américains est passée à un plancher quasiment record de 2,4% l'an dernier.

Nous nous interrompons ici pour rappeler aux lecteurs que l'épargne est la clé de la croissance économique et de la prospérité.

Sans épargne, on vit sur le fil... consommant tout ce qu'on produit. Peu à peu, les machines, champs et routes se dégradent. Ils doivent être continuellement renouvelés... avec de nouvelles usines et de nouvelles entreprises offrant des emplois, se faisant concurrence sur les marchés et créant de la richesse.

inflationSans épargne, le progrès s'arrête... puis s'inverse.

La différence entre un pays riche et un pays pauvre est donc le niveau d'épargne – c'est-à-dire de capitaux stockés – disponible pour être utilisée par les entreprises et les consommateurs.

L'épargne est également importante en tant qu'assurance. On ne sait jamais quand l'anarchie se déchaînera sur le monde. On épargne donc de l'argent pour avoir quelque chose à dépenser si les choses tournent mal.

Evidemment, personne ne semble penser que les choses tourneront mal un jour. Après tout, avec des génies à la tête des banques centrales... des saints au gouvernement... et des magiciens dans l'industrie financière – peut-être ont-ils raison !

Quoi qu'il en soit, lorsque les données des ventes au détail ont été publiées, elles ont révélé que les ménages américains semblent un peu à court. Fauchés, en d'autres termes.

La structure du capital est pourrie

D'abord, les chiffres de décembre ont été révisés à la baisse. Ensuite, la croissance des ventes au détail de janvier n'a atteint qu'un peu plus de la moitié des 0,5% attendus.

Là encore, ce n'était pas de bonnes nouvelles. Mais une fois traduit en langage trader moderne, tout ça donnait : "hé, la Fed va pas continuer à augmenter les taux... pas avec ce genre de chiffres !"

Les traders – conditionnés par de nombreuses années d'interventionnisme de la Fed à "acheter pendant les creux" – ont considéré ces mauvaises nouvelles comme étant bonnes et ont acheté plus de valeurs surévaluées. Le Dow a terminé sur un gain de 1%.

Mais les marchés découvrent de nouveaux prix tous les jours. Cette semaine, ils ont découvert que les prix des obligations devraient être plus bas (si l'on tient compte d'un nouveau programme – probable mais non certain – de resserrement quantitatif de la part de la Fed... mais aussi des derniers chiffres de l'inflation).

Tandis que les prix chutaient, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans a atteint les 2,92% – un nouveau sommet de quatre ans.

Les investisseurs boursiers découvriront, eux aussi, que les prix des actions devraient être plus bas. C'est une certitude, bien que le timing lui-même soit imprévisible.

Plus largement, nous pensons qu'ils découvriront que toute l'affaire – toute la structure de capitaux – est pourrie.

Passions mauvaises

Depuis 30 ans, la Fed décourage systématiquement l'épargne...

... Tandis que l'appétit du gouvernement fédéral a largement augmenté. A vous de faire le calcul.

En janvier 2017, on comptait environ 8 800 Mds$ d'épargne stockée dans des institutions de dépôt aux Etats-Unis (dont une partie appartenant à des étrangers). Aujourd'hui, il y en a 9 090 Mds$... soit une augmentation de moins de 300 Mds$ sur l'année.

Même si 100% de cette somme était mobilisée cette année, cela ne couvrirait qu'un quart du déficit de 1 200 Mds$ prévu par les autorités US.

Autrefois, on pouvait compter sur les républicains pour lutter contre les déficits. Ils croyaient à un gouvernement limité et à des budgets équilibrés.

A présent, la majorité d'entre eux ne croient plus à rien – sinon à se faire réélire !

Et pendant ce temps, les pires "se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises"...

... impatients de ponctionner jusqu'au dernier centime de l'épargne des autres.

[NDLR : Assez de voir votre épargne s'évaporer ? Constituez-vous un revenu complémentaire grâce à une méthode sûre, simple... et prouvée : 96,46% de transactions gagnantes depuis 2013 ! Cliquez ici pour tout savoir.]

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Une expérience monétaire qui tourne mal http://la-chronique-agora.com/politiques-monetaires-procurent-aucun-benefice/ http://la-chronique-agora.com/politiques-monetaires-procurent-aucun-benefice/#respond Fri, 16 Feb 2018 08:40:05 +0000 http://la-chronique-agora.com/?p=44904 Les politiques monétaires des banquiers centraux reposent sur la courbe de Philllips dont il est maintenant prouvé qu'elle est fausse. Jusqu'à quand allons-nous subir leurs nuisances ?

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