La Fed, l’institution la plus intelligente de la planète ?

Rédigé le 30 mai 2016 par | Banques Centrales, Bill Bonner, Indices, marchés actions, stratégies, Investissement Imprimer

Trouve-t-on groupe d’homo sapiens plus intelligent sur la planète ? Ou de toute l’histoire ?

Nous parlons des économistes de la Fed, bien entendu.

Non seulement ils ont évité la Grande dépression par pure absurdité… donnant à l’économie une dose supplémentaire de ce dont elle avait clairement trop — de la dette. Mais ils ont également organisé le progrès de l’économie de manière à éviter de retomber dans la normalité.

Les génies sont aux commandes de la Fed

D’où tenons-nous cette estimation affûtée ? Des économistes de la Fed eux-mêmes, bien entendu. Bloomberg :

« La décision de la Réserve fédérale américaine de retarder les hausses de taux d’intérêt a contribué à amortir le choc économique causé par une hausse rapide des coûts de l’emprunt pour les entreprises US entre la fin de l’année dernière et le début 2016, selon les économistes de la Fed de New York.

‘En maintenant les taux fédéraux à leur niveau bas, le FOMC est parvenu à largement compenser l’effet du resserrement des conditions financières sur l’économie’, écrivaient les auteurs, en référence au Federal Open Market Committee — qui fixe les taux –, dans un poste de blog sur le site de la banque mercredi ».

Ce sont des génies. Cela ne fait pas le moindre doute. C’est pour cette raison qu’ils sont aux commandes… et nous non. Ils sont l’élite. Ils contrôlent le Deep State. Ils ne paient peut-être pas le violoniste… mais ils choisissent la chanson quand même. Tant mieux pour eux ! Qui sait quels prix nous découvririons si nous étions laissés à nous-même ?

L’une des caractéristiques les plus attachantes des classes dirigeantes, c’est leur confiance inébranlable en leur propre opinion

Quatre décennies perdues

L’une des caractéristiques les plus attachantes des classes dirigeantes, c’est leur confiance inébranlable en leur propre opinion. En dépit de preuves inépuisables de leur grossière incompétence, les élites au pouvoir tiennent leurs positions… et ne lâchent pas leurs confortables sinécures.

Voilà maintenant sept ans que nous traversons la « reprise » supposément organisée par les universitaires de la Fed. Pour un coût estimé entre 4 000 milliards et 10 000 milliards de dollars, les Etats-Unis sont arrivés à un taux de croissance de la moitié environ de ce qu’il était il y a 40 ans — avant l’arrivée d’internet et de la devise basée sur la dette, censés libérer l’économie de ses entraves terrestres.

Et grâce à ces gardiens du bien commun, 99% des familles aux Etats-Unis ont désormais moins de richesse qu’avant le début de la crise de 2008.

Attendez… il y a pire.

Il s’est écoulé 45 ans depuis que les universitaires se sont emparés du contrôle de l’argent américain. Sur ces quatre décennies et demi, combien de progrès financier pensez-vous que la famille moyenne a fait ? Approximativement zéro.

Oui, l’Institut Levy a fait une étude. Elle nous dit ce que nous soupçonnions déjà. Neuf personnes sur 10 aux Etats-Unis ont à peu près les mêmes revenus aujourd’hui qu’au début des années 70. Cela fait quatre décennies perdues, grâce aux autorités — sans le moindre progrès du bien-être du peuple américain (si l’on exclut les merveilles de la technologie) depuis que le nouveau système monétaire a fait son entrée en scène.

A suivre…

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

3 commentaires pour “La Fed, l’institution la plus intelligente de la planète ?”

  1. Ne serait-ce pas précisément la tactique retenue par « Deep-State » pour protéger ses marionnettes chargées d’appliquer sa politique à l’encontre des peuples? Et cela semble fonctionner admirablement…
    Regarder chez nous en France: notre président n’a de cesse de commettre bourde sur bourde sans parler de sa vie privée ridicule étalée dans les médias…
    Résultat? Une majorité de Français est persuadée qu’il s’agît d’un « imbécile » malencontreusement élu à ce poste à cause d’un regrettable concours de circonstances (cf affaire DSK vs King-Kong à New-York…) et elle ne souhaite qu’une chose: qu’il « dégage » au plus vite… lors donc de la prochaine élection..
    Si les Français avaient conscience qu’ils ont en fait à faire à un redoutable traître qui vend leur pays et leur système social pour quelques royalties qui iront l’attendre dans un quelconque paradis fiscal, il risquerait physiquement sa peau à chaque pas qu’il oserait faire en dehors de l’Elysée… Mais pour le moment, il entend les sifflets mais sans les balles…

  2. @PhildeFer
    Honnêtement! Les Français n’ont-ils pas le droit de vote? D’où vient-il qu’ils votent mal depuis le référendum de 1969? Simple! Il y a (au moins) deux peuples en France : le peuple des fourmis (travailleuses, économes, pas marrantes… quoi) et le peuple des cigales qui chantent (faux) et dansent (mal) car les cigales françaises n’ont pas les talents musicaux de leurs cousines italiennes ni le talent rythmique de leurs ancêtres africaines… Par contre, les cigales françaises ont hérité de la quasi totalité des vilains défauts des cigales italiennes et aspirent (avec enthousiasme et avidité) à contracter les vilains travers de leurs ancêtres africaines. Solution : expulser gentiment le peuple des cigales dans nos départements et territoires d’outremer, où comme par hasard, le climat tropical leur permettra d’achever leur mutation biologique africaine. Comme ça, tout le monde sera content! Quand la bise fut venue…

  3. @Athelstane
    Où avez vous vu que les Français n’eurent pas voté « mal » ne serait-ce qu’une seule fois depuis 1789?
    La démocratie est une imposture, un leurre qui ne vise qu’à susciter la somme des intérêts particuliers focalisés par chaque électeur sur le candidat qui lui semble lui en promettre personnellement le plus…
    Vous voyez des fourmis et des cigales? Je ne vois plus que des « idiots utiles » (de moins en moins nombreux…) qui se font exploiter jusqu’à la faillite en ayant l’illusion de pouvoir gagner leur vie autrement qu’en trichant d’une manière ou d’une autre et des profiteurs (en pleine prolifération…) qui servent de base électorale à un système moribond.
    La seule différence entre la France et l’Afrique, c’est qu’en France, tous les partis politiques se partagent la « galette » alors qu’en Afrique ils doivent attendre d’être au pouvoir pour pouvoir enfin se goinfrer sans laisser la moindre miette à l’opposition.

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