Les quatre erreurs qui feront sombrer l'économie | La Chronique Agora


Les quatre erreurs qui feront sombrer l’économie

Rédigé le 5 mars 2018 par | A la une, Banques Centrales, Bill Bonner, Inflation, dettes et récession Imprimer

Aveuglée par la vanité et l’illusion de puissance, la Fed croit pouvoir maîtriser les cycles économiques en ajustant les taux : elle se trompe – et cela nous coûtera très cher…

Un miracle ! Il a plu au ranch.

« Nous avons eu 200 millilitres cette année », nous a annoncé le capataz, Gustavo.

Après deux années de sécheresse, enfin, les champs, les montagnes et les pâturages sont verts. La rivière qui sépare la maison du reste du ranch – généralement à sec – coule désormais rapidement.

« Oui, tout le monde est content maintenant », a continué Gustavo. « De l’eau, c’est tout ce qu’il nous fallait ».

La fête à la maison

Pendant ce temps…

La fin de semaine a été difficile pour les actions. Les rendements obligataires ont augmenté, passant à 2,8%.

Les investisseurs pensent que le président de la Fed, Jerome Powell, semble sérieux dans sa volonté de détruire quelque 2 000 milliards de dollars de ce sur quoi flottent les prix des actions et des obligations – les liquidités.

[Images sans trucages]

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Regardez ce que l’homme en chemise blanche est sur le point de faire… … en direct, et devant la caméra !

Il faut le voir pour le croire… Cliquez ici !

Ces 30 dernières années environ, l’économie a été « financiarisée ».

La finance en général et les liquidités en particulier ont joué un rôle croissant, tandis que l’économie elle-même – l’échange de biens et de services – a décliné.

L’économie réelle a décliné. L’industrie financière a prospéré. La dette a augmenté. Progressivement l’économie tout entière a été faussée par de faux signaux de prix et un excès de dette. [NDLR : Ce n’est pas toute l’économie réelle qui a décliné… bien au contraire. Certaines entreprises ont continué de se développer et de prospérer – loin des marchés boursiers et de la financiarisation à outrance. Pour participer à leur développement, c’est par ici : agissez vite, une nouvelle opportunité est disponible à partir du 6 mars 2018.]

Derrière cette tendance se trouve bien entendu la monnaie elle-même.

On pourrait dire qu’à sa source se trouve l’introduction de monnaie factice par le président Nixon en 1971.

On pourrait aussi se concentrer sur la période de 30 ans après qu’Alan Greenspan eut éliminé les dernières entraves de la finance galopante en utilisant les politiques de la Fed pour soutenir les marchés boursiers.

Depuis, c’est la fête à la maison, la dette augmentant trois à six fois plus rapidement que les revenus. La dette gouvernementale US a été multipliée par huit. Les marchés boursiers par 11. Alors que l’économie sous-jacente à ces deux éléments n’a que quadruplé.

Les investisseurs boursiers pensaient profiter d’une Grande Machine à Entreprendre.

Au lieu de ça, ils étaient complices sans le savoir d’une gigantesque fraude… dans laquelle la plupart des citoyens ont été dépouillés pour transférer l’argent vers les élites. Nous y reviendrons.

Atterrissage en douceur

Pour l’instant, nous nous concentrons – une fois encore – sur le délit lui-même, et tentons de comprendre si, quand et comment l’argent reviendra à ses propriétaires légitimes.

Comme nous vous l’avons montré la semaine dernière, la politique de la Fed consiste toujours à commettre trois erreurs :

  1. Elle maintient les taux trop bas pendant trop longtemps.
  2. Elle les augmente, provoquant une grave réaction allergique sur les marchés, qu’elle soigne alors avec…
  3. … Encore plus de taux bas.

La Fed – aveuglée comme toujours, ensorcelée par sa puissance et enamourée de sa propre image – fait actuellement l’Erreur 2.

En d’autres termes, elle tente de se remettre de l’Erreur 1 afin de récolter assez de taux d’intérêts pour refaire l’Erreur 3.

Ayant mis le monde entier dans la dette jusqu’au cou (le total mondial se situe aux alentours des 230 000 milliards de dollars), la Fed croit désormais pouvoir augmenter le coût de cette dette sans démolir le système tout entier. Elle vise un « atterrissage en douceur ».

Elle a l’intention de vendre ou de laisser expirer près de 2 000 milliards de dollars de sa réserve d’obligations d’ici 2021.

Elle exécutera cette manoeuvre alors même que le gouvernement US emprunte 3 500 milliards de dollars d’obligations rien que pour suivre les dépenses actuelles et les réductions d’impôts.

Pris ensemble, ils absorberont 5 500 milliards de dollars de liquidités.

Ceci n’est pas possible sans une augmentation radicale des taux d’intérêt, afin de convaincre les épargnants d’ajouter leurs propres liquidités à la cagnotte.

Mais l’épargne réelle n’est pas la même chose que l’argent factice fourni par la Fed. Lorsque l’épargne augmente, elle retire de l’argent de l’économie.

Des taux en hausse et plus d’épargne entraîneront, au minimum, une récession très grave et une longue et profonde vente sur les marchés boursiers.

Le plus probable, c’est que les cours boursiers seront divisés par deux… et ne rebondiront pas, en termes réels, de notre vivant.

L’Erreur 4

Ceci dit, l’avenir que nous décrivons ne se produira pas. Comme nous le disons depuis des mois, la Fed ne « normalisera » jamais vraiment les taux d’intérêt et sa pile d’actifs – pas d’elle-même, en tout cas.

Pour l’instant, la Fed n’a supprimé que 21 milliards de dollars de son portefeuille obligataire, une minuscule portion des 2 000 milliards de dollars qu’elle a l’intention d’éliminer, et moins de la moitié des 50 milliards de dollars dont elle était censée se débarrasser.

Pourtant, cette petite quantité – et l’anticipation de son accroissement – a semblé provoquer la correction de 10% le mois dernier.

La Fed n’est pas restée les bras croisés. Elle s’est précipitée pour inverser l’Erreur 2 (augmenter les taux) en ayant recours à l’Erreur 3 (les baisser à nouveau, après qu’ils aient déclenché un krach/récession), avec une augmentation de 14 milliards de dollars de son portefeuille obligataire.

En d’autres termes, elle a abandonné le resserrement quantitatif en vitesse, pour revenir à l’assouplissement quantitatif.

Selon le blog financier Seeking Alpha :

« La Fed a plus récemment commencé un ‘resserrement quantitatif’ (QT) qui implique de normaliser (réduire) le bilan de la Fed en laissant lentement les titres arriver à maturité/se renouveler au même prix (plan annoncé en septembre 2017).

Curieusement, il semble que la semaine dernière, 14,1 milliards de dollars d’actifs ont été rajoutés au bilan de la Fed. Cela fait naître une question : est-il possible que la Fed ait fait redémarrer la planche à billets en réaction à la récente correction boursière aiguë ? »

Une fois que la prochaine correction boursière – qui pourrait bien être accompagnée par une récession – se produira, la Fed fera immédiatement volte-face une fois encore.

Mais cette fois-ci, elle ne pourra pas mettre en place l’Erreur 3 comme elle l’a fait en 1987, 2000 et 2008 ; elle n’aura plus la puissance de feu nécessaire. Elle a déjà tiré toutes ses cartouches monétaires.

N’ayant plus le choix, elle s’alliera avec la Maison Blanche et le Congrès pour avoir recours à l’Erreur 4.

Les politicards proposeront des programmes de dépense gaspilleurs, improductifs et superflus, à financer avec de l’argent qu’ils n’ont pas. Et la Fed « imprimera » l’argent factice avec lequel les financer.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

3 commentaires pour “Les quatre erreurs qui feront sombrer l’économie”

  1.  » Lorsque l’épargne augmente, elle retire de l’argent de l’économie.  » l’épargne correspond à un revenu qui n’est pas directement consommé mais permet de financer des projets d’investissements via le crédit bancaire, l’épargne n’est donc pas retirée du circuit économique et ne réduit pas la demande globale.

  2. Erreur 5:croire au bilan présenté par la FED

  3. Bonjour bibike, Pour Graines Voltz, j »ai loupé le coche et je regrette. C »est une des valeurs qui était en haut de ma liste au printemps dernier. Et j »ai attendu un peu que ça redescende à 17, mais ce n »est pas arrivé, puis ensuite j »avais mis toutes mes liquidités dans Gaumont (j »ai même vendu d »autres actions pour ça). Depuis, je n »ai pas eu énormément de liquidité.

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