Faites comme l’argent intelligent

Rédigé le 21 mars 2018 par | Banques Centrales, Bill Bonner, Dette Imprimer

L’argent intelligent est le premier à prendre la poudre d’escampette. Trois grands gérants sont récemment passés baissiers.

Paul Tudor Jones, Ray Dalio, Bill Gross – un certain nombre de géants de l’investissement ont déjà annoncé qu’ils devenaient baissiers. Le reste de l’argent intelligent reste bouche cousue… et se demande quand vendre.

La Fed à la rescousse

Tous les marchés grimpent ou baissent. C’est ainsi qu’ils découvrent les prix – par un constant ajustement. Trop optimistes un jour, pleins de morosité le lendemain.

Mais ce marché a quelque chose de différent. Le Dow Jones est passé de 1 000 points en 1982… à plus de 24 000 aujourd’hui. A trois reprises, il a essayé de corriger – en 1987, en 2000 et en 2008. Et à trois reprises, la Fed est « venue à la rescousse » avec plus de cash et de crédit.

La prochaine fois que les marchés tenteront de corriger – ce qui pourrait se passer du jour au lendemain – la Fed voudra à nouveau baisser les taux… pour stimuler le flux de cash et de crédit.

Comme nous l’avons déjà expliqué, comprendre les manoeuvres politiques de la Fed est aussi simple que compter jusqu’à trois.

Erreur numéro 1 : laisser les taux trop bas pendant trop longtemps.

Erreur n°2 : Augmenter les taux pour tenter de « normaliser » la situation.

Erreur n°3 : Paniquer et abaisser les taux.

Actuellement, la Fed commet à nouveau l’Erreur n°2. Lorsque la prochaine correction aura lieu, elle se retrouvera avec une bien mauvaise main, à laquelle il manque un as ou deux.

Cartes sur table

Ces derniers jours, nous avons posé nos propres cartes sur la table. Nous voulons que vous puissiez voir, cher lecteur, ce que nous avons – y compris les jokers.

Oui : il y a les valets relativement classiques des cours boursiers… les reines du taux de croissance du PIB… et les rois de l’inflation. Mais nous avons aussi deux cartes que la plupart des gens n’ont jamais vues.

Tout d’abord, comme nous vous l’avons expliqué hier, nous pensons que le gouvernement n’est pas ce que les gens pensent qu’il est. Deuxièmement, la monnaie non plus.

Souvent, lorsque nous expliquons ce que nous voyons arriver, les gens disent : « oh… ils ne laisseront jamais ça se produire ». Ou encore : « s’ils faisaient ça, ils ne seraient jamais réélus. »

Les gens imaginent que le gouvernement fait des choix qui favorisent la paix et la prospérité de leur pays. Et que les dirigeants politiques n’accepteraient jamais une escroquerie à plusieurs milliers de milliards de dollars qui dépouille l’électeur moyen… ou permet un effondrement catastrophique de l’économie.

Après tout, c’est ce à quoi servent les élites : diriger et gérer des systèmes complexes qui exigent une véritable expertise.

Eh bien, nous avons de mauvaises nouvelles. Ces 30 dernières années, et peut-être depuis plus longtemps encore, Washington s’est retrouvée sous la férule d’une élite incompétente et de plus en plus parasitique.

A présent, nous avons un gouvernement formé par et pour les initiés qui le contrôlent. Bien entendu, ils utilisent ce contrôle pour s’accaparer de plus en plus de richesse réelle et de pouvoir.

Les démocrates, les républicains et tous les autres escrocs, canailles, beaux parleurs et fêlés ont enregistré une victoire majeure lorsqu’ils ont convaincu l’équipe Trump de proposer un budget évitant tout besoin de négociations difficiles, de compromis et de baisses de dépenses.

La dette fédérale américaine augmente de 200 milliards de dollars par mois depuis six mois. Elle a atteint le chiffre vertigineux de 21 000 milliards de dollars il y a cinq jours.

Un vaurien gauchiste

Bernie Sanders est bien entendu un vaurien gauchiste. Mais s’il était à la Maison Blanche, ce serait une toute autre histoire.

Les républicains devraient fouiller tout au fond de leurs tiroirs pour retrouver leurs vieux principes. Ils redécouvriraient les vertus du plafond de la dette. Et des baisses de dépenses. Peut-être même des budgets équilibrés. Ils pourraient alors mettre fin à la distribution d’argent gratuit.

Et Sanders et ses alliés (grâce au droit de veto !) étoufferaient quant à eux les usines à gaz des républicains.

En l’état actuel des choses, tout le monde est en faveur de tout… tout le monde est parfaitement satisfait de dépenser l’argent (emprunté) de quelqu’un d’autre… et tous sont à bord – en première classe bien entendu –, à boire des martinis en se tapant dans le dos…

… En profitant du voyage vers l’enfer financier !

Oui, il reste deux jokers dans ce jeu.

Le premier, c’est que la voix la prudence, de la modestie ou de la retenue (c’est-à-dire « conservatrice ») s’est éteinte à Washington.

Le deuxième, c’est que le système monétaire qui permet cette virée en voiture volée est malhonnête… corrompu… et comporte un défaut fatal.

Nous y reviendrons.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Faites comme l’argent intelligent”

  1. L »assouplissement des règles comptables US pour les banques devrait prolonger les hausses pendant quelque temps(ainsi que les baisses d’impot)

  2. « Dow Jones est passé de 1 000 points en 1982… à plus de 24 000 aujourd’hui. » soit un taux de croissance 9,23 % l’an, qui reflète la moyenne algébrique des cours qui ont fait mieux et ceux qui ont fait moins bien. Où est le scandale ? Est-ce le fait de ne pas avoir été investi ?

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