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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 16 janvier 2007
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*** Noyés sous un flot d’optimisme
Philippe Béchade s’interroge sur la notion de croissance…
*** Famille et finance
L’avenir financier des Etats-Unis se reflète dans la famille de Bill Bonner…
*** La dupe du coeur (1)
Méfiez vous de ce que vous disent les gens… et plus important encore, de ce que vous dites !
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Bonjour,
*** NOYES SOUS UN FLOT D’OPTIMISME
** Les indices européens entamaient en ce lundi un septième mois de hausse consécutif. Le mouvement ascendant a en effet pris naissance le 14 juin 2006, et ce lundi 15 janvier a vu l’Euro-Stoxx progresser de 0,4%, égalant sa meilleure clôture du mardi 2 janvier (inscrivant dès la première minute de la séance un nouveau plus haut annuel à 4 200 points).
Le CAC 40 semblait bien parti pour flirter en clôture avec les 5 650 points, mais quelques prises de profit se sont matérialisées au cours du dernier quart d’heure de cotations et Paris ne conservait qu’une avance symbolique de 0,25%. Le score final (5 631 points) n’en demeure pas moins le plus élevé depuis le 25 mai 2001, et les valeurs françaises alignent sans forcer une troisième séance de hausse consécutive.
La journée promettait d’être relativement soporifique en l’absence des investisseurs américains (en congé pour cause de célébration du Martin Luther King Day). Cependant, les volumes se sont avérés supérieurs à 4,15 milliards d’euros, ce qui est plus qu’honorable compte tenu des circonstances : pas de cotations à Wall Street ni sur les marchés obligataires, aucune statistique économique publiée outre-Atlantique, pas d’OPA ou de rumeurs de rapprochement annoncée dans la presse économique du week-end.
Livrés à eux-mêmes, les opérateurs européens ont ainsi pu laisser libre cours à l’expression de leur confiance dans la poursuite du mouvement ascendant des indices boursiers, le consensus haussier étant le plus large dont nous ayons le souvenir depuis nos premiers pas en bourse à l’orée des années 80. Plus de trois quarts des gérants tablent sur une progression du CAC 40 en 2007 ; si 10% déclarent ne pas souhaiter se renforcer (c’est donc qu’ils comptent au moins se laisser porter par la vague), ils ne sont que 15% à penser que la stratégie la plus judicieuse consisterait à profiter de l’euphorie actuelle — et des +25% engrangés en l’espace de six mois — pour s’alléger.
Aucun nuage ne semble plus obscurcir l’horizon boursier depuis que Jean-Claude Trichet a adouci le ton au sujet de l’inflation. Les prix se sont incontestablement assagis depuis août dernier grâce à une baisse de 35% du prix du pétrole, et la bulle immobilière serait sur le point de se dégonfler sans que cela produise un "bang" qui affolerait les particuliers ou les institutionnels. Ces derniers ont d’ailleurs bien compris tout l’intérêt de laisser vacants des centaines de milliers de mètres carrés dans la capitale française, la hausse du mètre carré étant bien supérieure à celle des baux commerciaux depuis l’an 2000.
** Mais il en va du foncier comme des indices boursiers, dès lors que l’actif sous-jacent est géré par des professionnels formés dans les mêmes filières (polytechnique, écoles d’ingénieurs ou d’actuariat) appliquant les mêmes règles (se laisser porter par la tendance et ne vendre qu’au premier signe de retournement), les mêmes stratégies de couverture (outre la titrisation des créances immobilières, les premiers dérivés d’indice sectoriel ont fait leur apparition en 2006).
Quelle physionomie prendra le retournement, puisque chacun juge contre-productif de l’anticiper ? L’ensemble des intervenants est convaincu d’appliquer les recettes mathématiquement les plus rationnelles… mais toute leur expérience n’est construite que sur un marché structurellement haussier depuis 10 ans. Les causes en sont connues : plus que l’absence d’inflation, c’est surtout la surabondance de liquidités qui fait flamber les cours de bourse ou le prix du mètre carré.
Nous avons pu constater ces trois derniers mois — mais nous pourrions remonter un an en arrière, et le constat demeurerait tout aussi pertinent — que les seuils indiciels de rupture de tendance sont identifiés de façon identique (ou à 0,1% près) par la quasi-totalité des day traders, qu’ils gèrent 100 000 euros ou 1 000 fois plus, ce qui est le cas des hedge funds.
De même, les principales zones de soutien graphique sont parfaitement "défendues" lorsque le besoin s’en fait sentir, c’est-à-dire dès que la masse des suiveurs commence à douter des capacités de rebond du marché.
Un scepticisme qui devient légitime lorsque les indices viennent d’aligner 12 à 15 semaines de progression consécutive. Ce genre de phase — ou de spirale — constituait en effet par le passé une sorte d’OVNI qui caractérisant un emballement final précurseur de l’inévitable retour de bâton dont étaient systématiquement victimes les derniers convertis au concept du mouvement perpétuel à la hausse.
** Les gérants invoquent — non sans raison — la "globalisation" et l’apparition d’un cycle de croissance mondial qui s’auto-entretient sous l’impulsion de pays émergents (tels la Chine ou la Russie) feignant d’adopter le modèle capitaliste pour mieux le détourner au profit d’une élite qui exploite avec cynisme l’aspiration globale des populations à goûter aux délices de la société de consommation.
L’élévation apparente du niveau de vie résulte mécaniquement de la division de la richesse par le nombre d’habitants. S’il est vrai que des centaines de millions de Chinois se sont hissés au-dessus du seuil de pauvreté en l’espace de dix ans, il en subsiste un bon milliard qui ne connaît du "progrès" que ce que les images de la télévision leur en montrent.
La majorité d’entre eux ne quittent leurs campagnes et leur mode de vie ancestral — comprendre une existence rude mais digne — que pour devenir la proie d’une forme d’esclavage moderne dont nul ne connaît le potentiel en terme d’explosion sociale. L’Occident fait confiance aux autorités de Pékin (qui gère un ensemble humain et géographique trois fois plus important que l’Europe) pour assurer la stabilité du pays — en dénonçant les atteintes aux droits de l’homme mais en fermant les yeux sur la violation du premier d’entre eux, à savoir le droit à bénéficier de conditions de travail décentes et de salaires dignes de ce nom.
Mais si jamais la Chine ou l’Inde, sous la pression de la rue et d’une masse d’ouvriers en révolte, acceptaient du jour au lendemain une hausse de 30% des salaires (comme ce fut le cas en Corée du Sud au début des années 70) ? Et supposons que le pouvoir d’achat des ménages de l’Empire du Milieu double ensuite en cinq ans puis triple en dix ans ? Comment la planète pourrait-elle alors fournir assez d’essence, d’acier et surtout d’eau potable pour subvenir aux besoins de 500 ou 600 millions de Chinois et de 400 millions d’Indiens accédant au statut de classe moyenne mondiale ?
L’apoplexie planétaire serait largement avérée en supposant que leur niveau de vie (nombre de voitures par habitant, quota d’engrais et réseaux d’irrigation pour les exploitations agricoles modernes, trajets ferroviaires ou aériens…) devienne seulement comparable à celui des derniers pays entrants dans l’Union européenne (Pologne, Bulgarie, Roumanie).
** Ce qui se profile, ce n’est peut-être pas seulement une crise spéculative sur les marchés financiers ou l’immobilier, mais bel et bien une "crise de croissance" de l’activité humaine, dont l’un des indicateurs avancés pourrait être la surchauffe climatique que nous connaissons dans l’hémisphère nord depuis l’automne.
Nous reviendrons dès demain sur ce concept de "croissance", le seul que la théorie économique actuelle reconnaisse comme l’étalon du progrès et du bien-être d’une civilisation. Une montée de cinq ou six mètres de la surface océanique constituera-t-elle un progrès… y compris pour les millions d’êtres humains parmi les plus riches de la planète regroupés sur le pourtour de la Floride, les rives de la Bay Area (Sillicon Valley)… ou encore pour les habitants de la Hollande ou des beaux quartier du centre de Londres, qui seront alors recouverts par les eaux ?
Félicitons-nous de n’être pour l’instant que noyés sous un flot d’optimisme !
Philippe Béchade,
Paris
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** FAMILLE ET FINANCE
** L’avenir financier des Etats-Unis se reflète dans notre propre famille.
* Certains de nos cousins vivent dans d’anciens centres industriels américains — Dayton, Detroit… Leurs finances n’ont pas progressé d’un iota ces trente dernières années. Pire que ça, ils ont été maintenu en quasi-servitude par leurs employeurs et par les syndicats. C’est-à-dire que même dans une économie déclinante, avec moins d’opportunités disponibles, avec de nombreux licenciements et ralentissements périodiques, ils obtiennent encore assez en termes de salaire, d’avantages sociaux et de retraite pour rester dans le secteur. Ils auraient dû en partir il y a des années de cela. Il s’avère que leurs revenus n’ont pas progressé. Et le prix de leurs maisons n’a même pas grimpé comme dans d’autres endroits du pays.
* Nous nous souvenons que lorsque nous rendions visites à ces mêmes cousins dans les années 50 et 60… ils semblaient franchement aisés par rapport à nous. Ce n’était guère difficile, dans la mesure où nous étions les Blancs les plus pauvres que nous connaissions. Nos oncles travaillaient dans des usines, avec des salaires élevés. Ils avaient des voitures neuves et vivaient bien. Ils étaient positifs… progressistes… s’intéressaient aux nouvelles technologies… et, apparemment, devenaient plus riches chaque année. Mais à présent, toute la situation a changé. Traverser ces mêmes villes est décourageant. Les maisons sont vides… les magasins sont fermés… les voitures abandonnées… et les usines rouillées. Nos cousins, quant à eux, semblent souvent découragés, voire déprimés.
* Parallèlement, d’autres membres de notre famille vivent sur les côtes des Etats-Unis. L’un d’entre eux travaille même pour Goldman Sachs. Ces cousins-là se portent bien ; ils ont de bonnes offres d’emploi, et vivent dans des maisons dont le prix a grimpé en flèche. Ils partent en vacances dans les Caraïbes et en Europe, et pensent que l’économie va de mieux en mieux. Les Etats-Unis sont leaders en matière d’innovation financière et technologique, pensent-ils… et ça continuera comme ça. Naturellement, les prix des actifs financiers continueront à grimper.
** Dans l’ensemble, nous ne savons pas quoi en penser. Le marché boursier américain continue de grimper. Les nouvelles sont toujours positives. Les investisseurs sont toujours dans le coma. Aujourd’hui nous nous demandons, une fois encore, combien de temps les beaux jours peuvent durer, en surface, tandis qu’en profondeur, la question reste la même :
* Les gens sont-ils en train de devenir aussi riches qu’ils le pensent ?
* Et la réponse à cela revient toujours la même : non.
* Ce qui se passe réellement, cher lecteur, c’est qu’aux côtés d’une véritable croissance économique, une quantité massive de richesse circule. Elle abandonne l’ancienne économie (dont la majeure partie est aux Etats-Unis)… et part. Où va-t-elle ? Elle se dirige vers les intermédiaires financiers… les gens possédant des actifs (y compris des oeuvres d’art… et de l’immobilier de prestige)… et vers les nouvelles régions de croissance économique (Chine, Inde, etc.)… vers des régions attirant les gens riches et les industries financières (Londres, Manhattan)… et vers les gens ayant assez de chance pour se retrouver dans l’une de ces poches de croissance.
* "Ma famille aussi avait une maison d’édition", nous a expliqué un homme que nous avons rencontré le week-end dernier. "Mais c’était dans les années 60, et ce genre d’entreprises n’avait pas beaucoup de valeur. Ma belle-mère a décidé qu’elle préfèrerait avoir du liquide… si bien qu’elle l’a vendu pour six millions de dollars. Nous pensions tous que ça faisait beaucoup d’argent. Elle pensait avoir fait une bonne affaire. Mais cette même entreprise a été vendue, à la fin des années 90, au grand éditeur hollandais Elsevier. Devinez combien ? Un milliard de dollars. Quasiment tous les actifs financiers avaient grimpé."
* Il y a des moments où les gens placent toute leur confiance dans les actifs financiers. Et il y a des moments où ce n’est pas le cas. En 1949, les gens étaient très négatifs quant à la valeur de General Motors. Ils devaient penser qu’avec la fin de la guerre, GM ne serait pas en mesure de faire des profits. Ils se trompaient. Le pays connut un boom. Toutes ces nouvelles familles voulaient des voitures. Et l’économie des années 50-70 leur permit d’acheter des voitures… des maisons… des machines à laver, tout. Les gens ordinaires gagnaient de plus en plus d’argent. L’économie se développait. Les gens gagnaient de l’argent en fabriquant des choses pour les gens ayant de l’argent à dépenser.
* Mais aujourd’hui… le tableau a bien changé. Les travailleurs ordinaires n’ont pas d’argent à dépenser. Ces dix dernières années au moins, ils n’ont pu augmenter leurs dépenses qu’en s’endettant de plus en plus. C’est le tableau que nous observons, à la Chronique Agora, avec un tel intérêt. Nous voulons voir comment ça tournera. De toute évidence, les gens ne peuvent continuer à s’endetter éternellement. De notre côté, nous ne vivrons pas éternellement. La question est de savoir qui cèdera le premier — la fièvre de dépenses/d’emprunt… ou nous ?
* Alors que le travailleur moyen ne progresse absolument pas, en termes de finances, certaines personnes gagnent plus que quiconque a jamais gagné. Les cinq plus grandes sociétés de Wall Street ont distribué pour 36 milliards de dollars de primes l’an dernier. Goldman Sachs, dont nous parlions plus haut, a accordé à ses employés des primes se montant à 400 000 $ en moyenne, environ. A Londres, un employé a reçu une prime de près de 100 millions de dollars.
* Nous aimerions vous en dire plus, mais nous devons nous rendre à une réunion ; notre salaire entier n’occuperait qu’une petite partie de cette prime Goldman… mais c’est ce que nous avons, et nous devons le gagner.
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*** La Chronique Agora présente ***
Il y a les petits mensonges que nous nous racontons — et il y a les grandes illusions de masse qui obscurcissent parfois notre mode de pensée rationnel. Dans cet essai, Bill Bonner nous parle du phénomène des spectacles publics et des grands mensonges et/ou des petits bobards nécessaires pour les perpétuer.
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LA DUPE DU COEUR — 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Je ne sais rien de plus que vous sur le sujet abordé aujourd’hui. J’en sais même peut-être moins. Plus nous vieillissons, moins nous en savons. C’est-à-dire que plus nous accumulons de faits, d’opinions et d’idées, moins nous sommes certains de quoi que ce soit. De plus, nous avons de plus en plus d’expérience avec des faits qui se révèlent ne pas en être.
"Papa, j’ai déjà fini tous mes devoirs", déclare Edward, 13 ans.
"Chéri", déclare notre épouse Elizabeth, "je serai prête dans cinq minutes."
"Nous aurons réparé votre voiture d’ici mercredi, M. Bonner ; jeudi au plus tard."
Vous avez sans doute entendu de tels faits vous aussi.
"L’esprit est toujours la dupe du coeur", déclarait le philosophe français La Rochefoucauld, que l’on cite souvent. Nous reviendrons sur cette idée, mais je voudrais juste attirer votre attention sur les circonstances dans lesquelles il écrivait. Apparemment, il attendait souvent sa femme avant d’aller dîner. Son épouse devait être un peu comme Elizabeth. Il fit donc installer un petit bureau au bas de son escalier, dans lequel il gardait plumes et papier. On dit qu’il a écrit certaines de ses maximes les plus importantes alors qu’il attendait que sa femme soit prête.
"L’esprit est toujours la dupe du coeur". Elizabeth croit qu’elle sera prête dans cinq minutes. Edward pense avoir fait ses devoirs. Et George W. Bush comme Tony Blair ont peut-être cru qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak. La raison est l’esclave de nos souhaits. Notre esprit travaille pour nos désirs… non l’inverse. Il faut donc se méfier de ce que vous disent les gens… même lorsqu’ils appellent cela "des faits". Plus important encore, il faut vous méfier de ce que vous dites !
Mais revenons aux faits qui se révèlent ne pas en être. "La nouvelle ère glaciaire"… qui peut oublier ça ? On pensait, dans les années 60 et 70, que la planète refroidissait. Lorsque le choc pétrolier de 1973 s’est produit, "nous finirons tous frissonnant dans le noir", déclaraient les experts. Ils devaient penser qu’ils savaient ce dont ils parlaient. Le prix du pétrole était censé grimper à 100 $ le baril. Bien entendu, il s’est effondré à 10 $ le baril, niveau où il est resté pendant 20 ans. Puis il y a eu le "bug de l’an 2000", en 1999… où les ordinateurs du monde entier étaient censés s’éteindre. Ensuite, "le Dow à 36 000" nous attendait au coin de la rue dans les années 90. Les prix des actions doivent continuer à grimper, nous disait-on, parce qu’il y a un si grand nombre de personnes âgées devant investir en Bourse. Au taux de croissance qui prévaut depuis cette époque, cependant, il faudra 107 ans pour parvenir à 36 000.
Mais c’est là une catégorie de faits différente. Ce ne sont pas les petits mensonges bénins que l’on se raconte, à soi et aux autres. Ce sont plutôt de grandes illusions de masse — que nous verrons plus en détails dès demain.
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et "L’Empire des Dettes".
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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