Pas de retour flamboyant pour l’économie américaine

Rédigé le 24 avril 2018 par | Desinformation Imprimer

L’économie américaine serait pleine de vigueur selon Donald Trump. Pourtant les gagnants ne font que puiser dans leur épargne et les perdants s’endetter plus.

Nous avons récemment appris – de la Maison Blanche elle-même – que non seulement l’économie américaine se porte magnifiquement bien… mais elle va même de mieux en mieux !

Donald J. Trump :

« … Les Etats-Unis sont forts et font un retour flamboyant. Les salaires augmentent. Le taux d’imposition baisse. Les entreprises investissent dans notre grand pays. Et plus important encore, le peuple américain gagne ».

Nous vivons apparemment à la fois le meilleur et le pire. Ou bien… peut-être que ce « meilleur » serait en fait une forme de fake news ?

Notre collègue David Stockman a exécuté un travail magnifique en analysant toutes les données.

Il n’a pas trouvé de preuves que « les Etats-Unis […] font un retour flamboyant »… ni que « les salaires grimpent »… ou que « les entreprises investissent »… ou encore que « le peuple américain gagne ».

Non… il a plutôt découvert que :

« Les salaires suivent le rythme de l’inflation, rien de plus. Tout comme ils l’ont fait durant les années Obama.

Les investissements réels des entreprises sont dans une tendance baissière depuis au moins sept ans. Cette tendance est toujours en place.

Par conséquent, la productivité de la main-d’oeuvre continue elle aussi de décliner… atteignant en moyenne la moitié seulement de sa moyenne historique.

Il n’y a pas eu de reprise de l’emploi non plus. Si l’on observe les heures travaillées, on s’aperçoit que le taux d’augmentation est légèrement plus faible que sous Obama.

Si bien que le peuple américain n’est en réalité pas du tout gagnant. Si les gens ont pu continuer à dépenser, c’est parce qu’ils ont extrait un demi-milliard de dollars de leur épargne… ce qui les laisse encore plus endettés et plus vulnérables à un retournement que jamais.

A présent, les perdants perdent plus encore… parce que les autorités leur mettent encore plus de dettes sur le dos… 1 000 milliards de dollars de déficit par an (2,5 fois plus que la croissance du PIB) ».

En d’autres termes, Etats-Unis/Venezuela, même combat.

La vigueur de l’économie américaine n’est rien d’autre que des fake news. Mais il faut dire qu’en matière de politique publique, les fake news sont les seules nouvelles qui existent…

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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