La faillite de Detroit signe-t-elle un retour de l’or ?

Rédigé le 24 juillet 2013 par | Article, Bill Bonner Imprimer

▪ L’or a grimpé de 43 $. Si vous lisez nos notes, vous savez pourquoi. L’or n’est pas la seule monnaie. Mais c’est la seule qui fonctionne dans notre économie.

Aujourd’hui, nous envisageons la même histoire… mais sous un point de vue différent. De cette perspective, elle est intéressante aussi. Elle raconte ce qui se passe ensuite — quand le pouvoir croissant des zombies se heurte au déclin des ressources disponibles.

Detroit a été aplatie. Maintenant, on la vide de sa substance. La plus grande faillite municipale de l’histoire des Etats-Unis. Detroit était autrefois la ville la plus riche… et la plus dynamique… du pays. C’était le centre de son secteur le plus avancé et le plus profitable — l’automobile.

Mais tandis que les constructeurs automobiles allemands et japonais ont eu la bonne fortune d’être bombardés durant la Deuxième guerre mondiale, Detroit est devenue plus grande… plus prospère… et pleine de zombies.

Oui, cher lecteur, Detroit est une histoire de zombies. Depuis 1971, quasiment toutes les grandes histoires peuvent être lues sous un angle "zombies". Parce que le système monétaire basé sur le crédit dans lequel Richard Nixon nous a placés est un habitat parfait pour des zombies.

D’abord, le New York Times a les faits :

"La somme que doit Detroit varie, mais selon Kevyn D. Orr, gestionnaire de cette situation d’urgence, la dette se monte probablement à 18 milliards de dollars, voire 20 milliards".

‘C’est triste, mais c’était à prévoir’, a déclaré Terence Tyson, travailleur municipal qui a appris la faillite alors qu’il quittait son poste jeudi soir. Comme bon nombre de personnes ici, il semble réagir avec une résignation et une incertitude discrètes quant à l’avenir, mais sans surprise. ‘Cela fait des années que c’était écrit’."

"Detroit s’est développée à un rythme stupéfiant durant la première moitié du 20ème siècle avec l’arrivée de l’industrie automobile, puis a décliné durant ces dernières décennies à un rythme tout aussi remarquable. Alors que la ville comptait 1,8 million d’habitants en 1950, elle n’en abrite désormais plus que 700 000, ainsi que des dizaines de milliers d’immeubles abandonnés, de terrains vagues et de rues sans éclairage".

Certes, c’était écrit depuis longtemps. Mais que pouvait-on lire ?

Nous répondrons à cela sans hésitation : "attention aux zombies".

▪ Etes-vous un zombie ?
Nous vous proposons maintenant un test simple, cher lecteur, pour vous aider à déterminer de quel côté vous êtes. Posez-vous cette question : en l’absence du gouvernement, les gens vous donneraient-ils toujours volontiers de l’argent pour faire ce que vous faites ? Si la réponse est non, vous êtes probablement un zombie.

Voici comment les choses fonctionnent : quand les gens réalisent qu’ils peuvent utiliser le pouvoir policier du gouvernement pour obtenir l’argent des autres, ils hésitent rarement. Dans le cas de Detroit, les travailleurs syndiqués ont découvert qu’ils pouvaient utiliser le gouvernement pour appuyer leurs demandes. Petit à petit, les salaires et les avantages ont augmenté…

Après la guerre, l’Allemagne et le Japon ont construit de nouvelles industries automobiles, avec des ouvriers qui voulaient et pouvaient produire des voitures à des prix plus bas. Detroit, en revanche, a laissé ses machines vieillir… et ses ouvriers s’amollir. Entre mauvaise qualité, styles démodés et coûts élevés, l’industrie automobile avait du mal à garder la tête hors de l’eau.

L’industrie légère fuyait le pays — vers la Chine, l’Asie du Sud-Est et le Mexique. L’industrie lourde — automobile, sidérurgie, mines — restait sans défense. Elle ne pouvait se protéger contre les zombies. Ces derniers n’ont pas tardé à prendre le contrôle du gouvernement… avant de s’attaquer à l’industrie fixe.

Il y a quatre ans seulement, le gouvernement américain a renfloué GM… ou plutôt, il a renfloué ses syndicats zombifiés, garantissant des salaires et des avantages que l’entreprise ne pouvait se permettre d’accorder.

Ce qui arrivait dans le secteur automobile se produisait encore plus rapidement dans la ville elle-même. A mesure que Detroit se zombifiait, les entreprises productives et les vrais contribuables partaient. Il ne restait plus que des zombies. Ils étaient tous là à recevoir de l’argent en échange de rien, comme tous les zombies.

N’y avait-il aucun moyen de changer la situation de Detroit ? Si, bien sûr. La solution était évidente. Mais qui en voulait ? Plus la ville était dysfonctionnelle, plus les dirigeants magouilleurs de la ville recevaient d’argent du gouvernement. C’est ainsi que fonctionne le zombie-isme : plus les choses empirent, mieux les zombies se portent…

C’est pour cette raison que le zombie-isme est comme une addiction à la drogue. Il est très rare qu’on "laisse tomber" simplement. On doit plutôt aller jusqu’au bout… et toucher le fond.

Detroit est peut-être en train de toucher le fond.

Combien de temps avant que Baltimore et Chicago fassent faillite aussi ? Tout dépend de la vitesse à laquelle les taux d’intérêt grimperont. Plus ils s’envolent, plus ces villes ont du mal à tenir leurs promesses aux zombies. Et dans la mesure où les taux sont bien en train de grimper… ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles fassent toutes faillite.

C’est à ce moment-là que la partie est finie. Les zombies chutent. Le système monétaire basé sur le crédit s’effondre. L’or grimpe.

 

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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