Faillite, déficit… La France ressemble fort aux Etats-Unis

Rédigé le 29 août 2014 par | Article, Bill Bonner Imprimer

▪ Une journée fraîche et nuageuse dans le Poitou — une de plus. Toute la saison a été du même goût… avec à peine un jour de chaleur ici ou là. Les vacanciers retournent à Paris aussi blancs que lorsqu’ils sont arrivés. Les complexes hôteliers de bord de mer se vident… embarrassés par la manière dont ils ont traité leurs fidèles clients.

Mais les couvreurs ont apprécié. Pas de soleil pour leur rôtir le dos.

Nous refaisons le toit de l’une des granges. Hélas, c’est un toit en ardoise, qui coûte une fortune. Au moins, il ne faut le remplacer qu’une fois par génération. Les toits en ardoise durent entre 60 à 70 ans.

Chaque jour, les couvreurs arrivent à 7h30… montent sur leur échafaudage et se mettent au travail, clouant les nouvelles tuiles sur le toit. A midi ils s’arrêtent pour manger… reprennent à 13h30… et continuent jusqu’à 18h.

Juste deux hommes en colère.

Pourquoi sont-ils en colère ?

"On a appris un métier. On travaille dur. Mais d’autres gagnent autant que nous sans travailler. Ils ont des aides au logement. Et des allocations. Bon nombre vivent mieux que moi, au final.

Bien sûr, ce n’est pas uniquement de leur faute. Le système éducatif tout entier oriente les jeunes vers le travail de bureau. Sauf que ces emplois, il n’y en a pas assez. Et de toute façon, ils ne veulent pas faire ce genre de travail manuel.

Je ne sais pas comment ça va finir… mais je ne pense pas que ça finira bien".

Et voici l’éditorialiste William Pfaff avec des chiffres :

"Les dernières statistiques françaises ont été épouvantables. L’impôt sur le revenu a rapporté 10 milliards d’euros de moins que l’an dernier, en dépit d’augmentations douloureuses et impopulaires. La croissance était de 0% au dernier trimestre, et la promesse de la France envers l’Europe de faire passer le déficit annuel à 4% n’a pas été tenue".

Plus nous passons de temps en France, plus nous voyons de similitudes entre ses problèmes économiques et ceux des Etats-Unis

Plus nous passons de temps en France, plus nous voyons de similitudes entre ses problèmes économiques et ceux des Etats-Unis. Mêmes bureaucraties. Mêmes déficits. Mêmes zombies. Mêmes théories insensées et illusions égoïstes. Même déclin. Mêmes réponses politiques (plus ou moins).

▪ Les mauvais côtés de la mondialisation
Les économies de la planète ont été "mondialisées" dans les années 90 et 2000. A présent, les problèmes économiques sont mondialisés aussi. Au lieu d’économies individuelles, chacune gâchée par ses propres politiciens, chacune parlant son propre langage, nous avons à présent, Shinzo, Janet et Mario qui les gâchent tous ensemble… dans le langage du gâchis financier international — l’anglais !

Et les marchés dans tout ça ? Pas grand’chose à en dire. Ce qui a tendance à inquiéter les investisseurs techniques et les théoriciens. Les autorités susmentionnées ont promis de faire "tout ce qu’il faut" pour maintenir l’expansion de la bulle du crédit. Mais à part des mouvements stupéfiants sur le marché obligataire — où les prix pour les dettes italiennes, françaises, espagnoles et portugaises sont plus élevés que jamais — la hausse relève désormais plus du piétinement que du sprint.

Ce qui dénote faiblesse et fatigue.

Nous abordons le sujet pour rappeler aux lecteurs que des marchés en hausse se terminent toujours par des marchés en baisse. Généralement, les actifs surévalués chutent d’un seul coup, souvent sans raison apparente. Cela fait revenir la foule des partisans du "acheter les creux", ce qui donne l’impression — brièvement — que la fête continue. Rassurés et induits en erreur, les investisseurs conservent leurs positions surévaluées pendant bien trop longtemps… et subissent de grosses pertes.

Psychologiquement, il est très difficile de solder une position même avec une petite perte… surtout quand on a été entraîné pendant de nombreuses années à croire que "les prix grimpent toujours" ou que "la Fed ne laissera pas les prix baisser longtemps".

Voilà pourquoi il vaut mieux sortir tôt, avant que la chute se produise. Mieux vaut trop tôt que trop tard.
[NDLR : Comment sortir du marché au bon moment, en verrouillant un maximum de gains ? Suivez tout simplement les conseils d’un spécialiste de la question — il suffit de cliquer ici.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Faillite, déficit… La France ressemble fort aux Etats-Unis”

  1. Il faut inscrire dans les constitutions qu’il faut relever tous les six mois les plafonds des dettes

  2. vous ne croyez pas si bien dire, sauf que c’est l’amerique qui ressemble de plus en plus à la france plutot que l’inverse, anteriorité absolutiste et imperiale oblige!

    En effet la france s’est voulu lumière du monde, l’amerique aussi, elles n’ont exporté que des reseaux et un empire colonial

    l’amerique s’est voulu une nouveauté, l’autre aussi et elles ont accouché des memes impasses politiques

    la france s’est voulue un meltingpot façon amerique, et elle a accouché de ghettos comme l’amerique.

    Finalement « arrogance malveillance et decadence » est la devise qui leur convient à toutes deux.

    J’ai l’habitude de dire que l’Amerique est une france qui a réussi, la france une amerique qui a echoué;;;

    Eh bien c’est si vrai qu’aujourd’hui on peut dire qu’elles ont echoué toutes les deux

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