Eternels exilés

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 18 juillet 2006
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*** Les marchés ne s’éloignent plus des issues de secours
Il faut dire que les signaux d’alarme se multiplient…

*** Warren Buffett et le dromadaire
… sans parler du "déficit fiscal" américain…

*** Eternels exilés (2)
Si nous continuons ainsi, nous nous demandons ce qui va advenir de nous.

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Bonjour,

*** LES MARCHES NE S’ELOIGNENT PLUS DES ISSUES DE SECOURS

** Les gérants de portefeuilles sont revenus sur terre depuis mercredi dernier — assez brutalement pour une majorité d’entre eux, car la conflagration qui embrase le sud-Liban a pris à contre-pied toutes les anticipations de retour du CAC 40 au-dessus des 5 000 points et du Nasdaq au-dessus des 2 160 points.

Mais si les indices boursiers ont reperdu entre 4% et 5% depuis que le sud de Beyrouth vit sous les bombes (et le nord d’Israël sous la menace des roquettes du Hezbollah), il ne s’agit pas du genre d’évènements géopolitique qui assomme les marchés comme l’invasion de l’Irak en 1990 ou le 11 septembre 2001 de sinistre mémoire.

** Nous avons été intrigué par la décontraction de Tony Blair et George Bush lors du sommet de St. Petersbourg s’agissant de la crise qui vient d’éclater au Proche-Orient. Les médias ont commencé à s’emparer de cette confidence — censée être proférée hors micro — de "W" à Tony concernant la Syrie, accusée de "semer" ce que vous savez… mais en des termes qui iront droit au cœur des Texans, qui aiment les décideurs ne mâchant pas leurs mots.

Pas un seul instant nous n’imaginons que le premier ministre britannique et le président des Etats-Unis n’ont eu d’entretien depuis mercredi dernier à ce sujet. Il leur fallait donc profiter du moindre temps mort, entre deux réunions, pour échanger assez crûment leur sentiment sur ce dossier chaud… où personne n’osait envisager, avant la petite phrase de George W. Bush, que la Syrie ou l’Iran puissent avoir la moindre implication.

La plupart des observateurs présents à l’occasion du G8 n’ont pas relevé une seule déclaration évoquant un possible débordement du conflit hors des frontières libanaises. Les marchés semblent plus réservés sur les chances de voir les hostilités rester confinées aux seules zones occupées par les milices chiites du Hezbollah — c’est-à-dire les territoires du sud-Liban évacués par Israël en juin 2000.

Nous ne savons s’il faut se réjouir ou s’inquiéter du silence officiel de Damas et de Téhéran dans cette affaire. Seule la presse locale se charge de dénoncer l’agression dont fait l’objet le Liban et la complicité des Etats-Unis (puis de l’Occident en général).

Les médias français, quant à eux, ont peu mis l’accent sur le renforcement des mesures anti-terroristes en Europe. Cependant, le dispositif a bel et bien été accentué dès mercredi dernier –notamment dans les aéroports et les quartiers d’affaires, puis dans toutes les zones urbaines dites "sensibles". Rien que de très normal, mais l’absence de publicité témoigne de la volonté des autorités de ne pas créer un climat de psychose pouvant exacerber les tensions intercommunautaires.

** L’inquiétude des marchés semblait effectivement se calmer lundi après-midi. L’once d’or rechutait de 20 $, à 650 $ l’once, après avoir culminé en matinée à 677 $, le plus haut niveau observé depuis le 24 mai dernier. En revanche, le dollar continue de progresser à 1,2510/euro, et sa hausse atteint 1,1% par rapport à vendredi, soit 2% en quatre séances.

Le fait que le billet vert fasse figure de placement refuge constitue une petite nouveauté. Tel n’avait pas été le cas lors de l’intervention américaine en Irak au printemps 2003, puisque l’euro et le yen avaient bondi de 10% en l’espace de trois mois.

Nous assistons probablement à quelques prises de bénéfices techniques sur l’or, après une envolée de 125 $ en un peu plus de cinq semaines — dont une hausse de 10% en l’espace de cinq séances ; la fermeté du dollar constitue un motif supplémentaire de réduire la voilure.

Mais le renforcement du billet vert est loin d’avoir le caractère anodin d’un simple sursaut ponctuel, après un début d’année difficile. Ni la croissance américaine (+5,6%), ni l’anticipation de nouvelles hausses de taux ne l’avaient soutenu au cours du premier semestre — ajoutons même que le déficit commercial se creuse moins vite que nous l’aurions imaginé. C’est en fait au moment même où la Fed pourrait prendre prétexte du contexte géopolitique pour ne pas risquer de provoquer une récession en "allant trop loin" que le dollar se met à caracoler face à la monnaie unique puis face au yen (au Japon, les taux viennent d’être relevés de 25 points de base pour la première fois depuis l’an 2000).

M. Bernanke s’attachera probablement à rassurer les marchés mercredi dans son allocution bi-annuelle devant le Congrès américain. Cependant, si le billet vert poursuit sa progression au rythme actuel, le plafond du 23 juin dernier (1,2490/euro) pourrait bien être pulvérisé au cours des toutes prochaines heures — et ce ne serait certainement pas bon signe.

** Nous voudrions également attirer votre attention sur un phénomène que nous anticipons depuis la grande correction survenue dès la mi-mai, et qui ne cesse de se confirmer au fil des séances : la disgrâce des valeurs moyennes s’accélère de façon spectaculaire.

Le CAC 40 aligne certes une troisième séance de repli, soit un cumul de pratiquement -3% depuis jeudi… mais c’est un moindre mal comparé à la purge dont sont victimes les valeurs moyennes : le SBF 80 plongeait de 1,9% ce lundi, ce qui porte son repli cumulé à 5% au cours du même intervalle.

Si les poids lourds du CAC 40 ont réussi à limiter la casse (-0,64% au lieu de -1,45% en début de matinée), c’est bien au détriment des valeurs du SBF 80. Ces dernières ont clôturé pratiquement au plus bas du jour : typiquement le genre de stratégie défensive mise en place lorsque les opérateurs assistent au spectacle planétaire… tout en se tenant à proximité des issues de secours.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Alors… faut-il se précipiter vers les issues de secours ou au contraire profiter de la baisse pour se renforcer ? Philippe Béchade a son avis sur la question — et vous fait part de ses recommandations au 0899 707 009
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** WARREN BUFFETT ET LE DROMADAIRE

** Commençons notre chronique d’aujourd’hui par la fin.

* Les Etats-Unis d’Amérique, demande Laurence J. Kotlikoff, professeur d’économie à l’Université de Boston, "sont-ils à bout de ressources, épuisés, mis à nu, ruinés, fauchés, manquant de capitaux, ou écrasés par leur échec à rembourser leurs créditeurs ?"

* Répondant à sa propre question par l’affirmative, le professeur Kotlikoff explique : "cette analyse d’équilibre partiel suggère fortement que le gouvernement américain est effectivement ruiné, dans la mesure où il ne sera pas en mesure de payer ses créditeurs — ces derniers étant, dans ce contexte, les générations actuelles et futures auxquelles il a implicitement ou explicitement promis des futurs paiements nets de diverses sortes".

* Nous ne savons pas ce qu’est une analyse d’équilibre partiel. Mais dans la mesure où elle va dans notre sens, nous ne posons pas plus de questions. Au lieu de cela, nous lisons le rapport plus en détails, pour avoir plus d’explication — et de distraction.

* "A moins que les Etats-Unis n’agissent rapidement pour changer et restreindre fondamentalement leur comportement budgétaire", continue Kotlikoff, "la banqueroute deviendra une conclusion courue d’avance".

* Voilà qui ne nous aide pas particulièrement. Nous ne doutons pas que le pays finira sur la paille. Ce qui a retenu notre attention, c’était l’affirmation selon laquelle il est déjà ruiné. Mais apparemment, cela dépend de ce que l’on entend par "ruiné".

* "La manière correcte d’évaluer la solvabilité d’un pays", continue professeur, "est d’examiner les charges fiscales, sur toute une vie, auxquelles sont confrontées les générations futures et actuelles. Si ces charges dépassent les ressources de ces générations, s’en approchent ou simplement grimpent au point d’empêcher leur collecte complète, la politique du pays sera insoutenable et peut constituer ou mener à la faillite nationale".

* "Les Etats-Unis correspondent-ils à ce profil ? Personne ne le sait avec certitude, mais il y a de solides raisons de penser que les USA pourraient courir à la ruine".

* Parmi les raisons les plus éloquentes, on trouve une étude du "déficit fiscal" total net du pays. C’est la valeur actuelle de la différence entre les futurs revenus du gouvernement et ses dépenses — calculés en utilisant des suppositions optimistes et ne comprenant aucun élément de passif éventuel, du type de ceux qui grimpent en même temps que les eaux de la Nouvelle-Orléans, ou avec les insurrections en Irak. Non, ce ne sont que les bases — paiement des intérêts, fonctionnement du gouvernement, sécurité sociale. Le chiffre, aussi négatif et déprimant que nos conclusions quotidiennes, se monte à 65,9 milliers de milliards de dollars — soit environ 500% du PIB de la nation.

* Nous avons déjà mentionné ce chiffre, plus par malice que par désespoir. D’une manière ou d’une autre, le déficit doit être comblé — sinon, les fédéraux devront arrêter d’envoyer des chèques. Mais de quoi nous soucions-nous ? Le gouvernement américain envoie déjà bien trop de chèques à bien trop de gens, d’après nous. D’un autre côté, nous ne dépendons pas de la sécurité sociale, et nous n’avons pas de coffre-fort rempli de T-bonds.

* De plus, il n’y a aucune chance que ce fossé soit comblé, de toute façon. Kotlikoff fait preuve d’humour sur ce point. Il note que le gouvernement devrait réduire ses dépenses discrétionnaires de 143%. Ou bien les impôts sur le revenu — des entreprises et des individus — pourraient être doublé. Et au cas où le lecteur n’aurait pas saisi la plaisanterie, il inclut un tableau montrant que les personnes au sommet de l’échelle des revenus paient déjà plus de 50% de leurs revenus en impôts.

* Confrontés à un problème aussi gigantesque, on pourrait penser que les gardiens de la santé financière du pays veilleraient tard dans la nuit pour essayer d’y trouver une solution. Si c’est ce que vous pensiez, vous êtes idiot. Nous sommes dans une phase avancée du cycle, cher lecteur. Les patriotes ne peuvent plus sauver la république ; elle n’existe plus. Au lieu de cela, ils passent leur temps à essayer de tirer ce qu’ils peuvent d’un empire en déclin. Paul O’Neill a été le premier secrétaire américain au Trésor à se soucier de calculer le "déficit budgétaire". George W. Bush l’a renvoyé, pour cela, et a continué à signer tous les projets de dépenses — aussi ridicules qu’ils soient — qui lui tombaient sous les yeux. Pour sa part, le Congrès continue de creuser le gouffre chaque jour qu’il siège. Ce qui pousse Kotlikoff à conclure :

* "Le scénario le plus probable est que le gouvernement va commencer à imprimer de l’argent pour payer ses factures… Cela pourrait mener à une spirale haussière des attentes d’inflation, le processus finissant par se transformer en hyperinflation".

* Ce n’est pas la seule raison d’acheter de l’or, cher lecteur, mais c’est l’une d’entre elles.

** "Vous saviez que la génétique a fait d’énormes progrès ?", a déclaré Henry lors du dîner hier. "Maintenant, on peut implanter les gènes d’une espèce dans une autre, et le gène sera complètement exprimé".

* "Qu’est-ce que ça veut dire ?" demanda son père.

* "Oh, je sais", déclara Elizabeth, rapide à la détente. "Ils peuvent prendre un gène d’Eric Clapton et le mettre dans une nouvelle espèce d’ânes, afin qu’ils aient l’oreille absolue… ou que diriez-vous de prendre un gène de Warren Buffett et de le greffer à un dromadaire pour que la race ait la bosse des maths ?"

* "Très drôle, Maman."

* Mais que se passerait-il si on greffait accidentellement un gène de dromadaire à Warren Buffett ?

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*** La Chronique Agora présente ***

Nous avons laissé Bill en prestigieuse compagnie, hier — avec Socrate et Juvénal, en toute modestie… Aujourd’hui, il continue d’invoquer les Anciens pour nous parler des délices de la vie d’expatrié.

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ETERNELS EXILES– 2ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

Contrairement à Juvénal, Ovide n’avait pas à s’inquiéter des Grecs envahissant les rues de Rome : il avait été exilé en Mer Noire pour avoir écrit des propos scabreux — ou critiques, les historiens ne parviennent pas à se mettre d’accord. Il ne pouvait supporter d’être éloigné de Rome — même si elle fourmillait de racaille grecque.

De son lieu d’exil, il pestait contre le temps (trop froid), les gens (des barbares), la langue (incompréhensible) — contre tout.

Et aux poèmes qu’il continuait d’envoyer à Rome, il ajoutait plaintivement : "je souhaite être avec vous par tous les moyens possibles". Il concocta même quelques mensonges sur le climat — se plaignant de la neige jonchant le sol en toute saison et du vin gelant dans les bouteilles — pour qu’Auguste l’autorise à revenir.

Nous avons commencé à avoir quelques doutes au sujet de Socrate lorsque nous avons appris que les gaffeurs néo-conservateurs soutenant l’administration Bush s’inspiraient des classiques. Cela revenait en quelque sorte à affirmer que notre vieux canasson est inspiré de Bucéphale ; leur seul point commun est peut-être qu’ils ont tous deux quatre pattes. Tout de même, nous avons commencé à nous méfier.

Bien entendu, tous les Anciens n’étaient pas aussi casaniers que Socrate et Ovide. Lorsqu’on demanda au Cynique Diogène, par exemple, d’où il venait, il répliqua : "je suis un citoyen du monde". Il voulait dire par là qu’il ne suivait pas les quêtes et coutumes locales, mais un code plus universel, que les Stoïques élaborèrent sous la forme de kosmou polites — ou citoyenneté mondiale.

Marc-Aurèle vanta les vertus du kosmou polites. "Il faut d’abord apprendre beaucoup de choses avant de pouvoir juger les actions d’un autre avec compréhension", a-t-il dit. Mais à la Chronique Agora, nous remarquons que plus nous apprenons, moins nous en savons. A peine avons-nous maîtrisé une idée qu’une autre vient la contredire. Nous développons une affinité pour les vins français, et voilà que nous goûtons aux vins italiens. Nous aimons vivre à Londres, puis nous nous envolons pour Buenos Aires, où nous découvrons que nous pouvons vivre deux fois mieux pour la moitié du coût. Nous étions heureux avec la branche paléo-anarcho-chrétienne du conservatisme américain — un groupe électoral d’au moins deux ou trois personnes — puis nous découvrons que le système de santé français fonctionne en fait plutôt bien. Nous maîtrisons enfin l’analyse fondamentale des valeurs de croissance, puis nous trouvons quelqu’un qui fait mieux que nous grâce à l’astrologie védique. Si nous continuons ainsi, nous nous demandons ce qui va advenir de nous.

Selon Socrate, les masses doivent partager des valeurs pour que la Cité fonctionne. Aujourd’hui, les lumpen ne peuvent vivre sans la sécurité sociale, les banques centrales et la FIFA, pourrait-il ajouter. De toute évidence, les gouvernements de la planète auraient du mal à vendre leurs obligations si la prochaine génération se montrait hésitante à rembourser les dettes contractées par la génération qui la précède. Et c’est peut-être vrai ; peut-être que la majeure partie des gens a besoin de se sentir entouré par des endroits familiers, des gens familiers, des vacances, des passe-temps et des règles familiers.

Elizabeth était à Paris durant la Coupe du Monde. Elle nous a raconté la folie dans les rues :

"C’était effarant. Lorsque les Français ont battu l’autre équipe — je crois que c’était le Portugal — les gens sont devenus fous. Ils se penchaient par les fenêtres en criant et en agitant des drapeaux. Tout le monde klaxonnait. Cétait incroyable. Nous étions en train de rentrer à l’appartement, mais il y avait foule dans les rues. Ils tapaient sur le toit de la voiture. C’était un peu effrayant".

Quelques jours auparavant, nous étions dans un taxi à Londres. Le conducteur a déclaré : "je suppose que vous avez vu le match".

"Quel match ?" avons-nous répondu.

En tant que cosmopolite, nous ne savons rien de tout cela, et nous ne nous en soucions pas. Nous sommes isolé. Exilé de partout, et de quasiment tout. Nous travaillons le 4 juillet, et nous manquons aussi les championnats de base-ball. Nous n’avons pas voix au chapitre dans la vie politique locale. Nous ne sommes impliqué dans aucun comité d’action régional. Et nous ne lisons les journaux que pour nous distraire. "Quelle idiotie les mangeurs de grenouilles vont-ils commettre à présent ?" nous demandons-nous.

En attendant, les idioties commises par les Yankees nous irritent à tel point que nous avons du mal à en lire ne serait-ce que les titres.

Suite et fin dès demain…

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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