Les Etats-Unis s’enfoncent dans une faillite honteuse

Rédigé le 3 avril 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Dette Imprimer

Le dernier budget américain garantit guerre et pauvreté. Les Etats-Unis emprunteront pour financer la défense, écartant les emprunteurs productifs du marché de la dette.

Le plus remarquable concernant le dernier budget fédéral américain, c’est que personne ne semble le trouver remarquable.

Pour autant que nous en sachions, aucun membre du Congrès US ne l’a lu. Le président – qui est censé être le chef de l’exécutif des Etats-Unis – n’a qu’une très vague idée de ce qu’il contient.

Pourtant, ce budget établit trois nouvelles choses stupéfiantes.

Tournée générale de gabegies

Premièrement, les gouvernements promettent généralement la paix et la prospérité. Ce budget, en revanche, garantit quasiment guerre et pauvreté. La défense se voit attribuer encore plus d’argent pour aller se mêler des affaires des autres.

Les déficits – 1 000 milliards de dollars par an et en croissance constante, les plus profonds qu’on ait vus hors d’une situation d’urgence – causeront presque certainement une crise financière qui appauvrira les Américains.

Deuxièmement, le système bipartisan et son équilibre des pouvoirs ont été presque éliminés. Il n’y a plus qu’un seul parti désormais : le Deep State et ses élites.

Certes, les démocrates et les républicains se battent – ou font semblant de se battre – entre eux. Un côté veut un mur. L’autre veut plus d’aide pour les travestis célibataires.

Mais le dernier budget montre qu’ils ont en fait uni leurs forces contre le peuple américain. Des gabegies à droite, des gabegies à gauche – ils jouent désormais tous dans la même équipe… Tournée générale de gabegies.

Le commerce du bétail des autres

Autrefois, le Congrès ne pouvait extraire qu’une quantité limitée de sang de ses contribuables. Les prédateurs, de gauche ou de droite, devaient se battre pour l’obtenir. Une forme de maquignonnage politique… dont on évitait soigneusement de mentionner qu’il fait commerce du bétail des autres.

C’est désormais fini. Il semble qu’il y ait une quantité illimitée de bétail.

Plus besoin d’accords et d’échanges. Plus besoin de pièces remplies de fumée de cigare. Plus besoin de donner ; on ne fait plus que recevoir.

Sans oublier le président, avec son pistolet à la ceinture.

Lorsque le Congrès ne fait pas son devoir, le président américain est censé utiliser son veto pour le forcer à reprendre ses esprits.

Chaque membre du Congrès représente un endroit ou un groupe de gens précis – chacun ayant ses propres rêves avides. Le président est censé représenter la nation dans son ensemble et utiliser son veto lorsque la somme d’avarice du Congrès menace la santé financière de la république.

Cet équilibre a disparu.

De l’argent pour ceci, de l’argent pour cela, une guerre ici, une guerre là… Bah, puisque les déficits n’ont pas d’importance !

Une faillite honteuse

Cela fait apparaître la troisième nouveauté dont personne ne semble se soucier : les finances du pays le plus riche de la planète sont devenues un dangereux fantasme digne d’un « trou m***ique ».

Avec la fin du système bipartisan, aucune crainte des déficits et aucun moyen de réduire les dépenses, les Etats-Unis peuvent désormais s’attendre à une faillite nationale – et elle ne sera pas honnête.

Les autorités peuvent contrefaire légalement des devises pour payer leurs factures. Elles vont donc faire faillite de manière honteuse et sournoise.

A mesure qu’un nombre croissant de baby-boomers prennent leur retraite, les coûts des pensions et de la Sécurité sociale grimpent, augmentant plus rapidement que les recettes fiscales.

Parallèlement, les républicains et les démocrates continuent de dépenser de plus en plus d’argent dans leurs guerres factices, conçues principalement pour faire ruisseler de la richesse et du pouvoir vers les compères du complexe militaro-industriel et du Deep State.

Entre plus d’argent pour les gabegies nationales et plus d’argent pour les gabegies à l’étranger, il n’y a plus de place pour équilibrer le budget, sans parler de rembourser la dette accumulée.

Qui plus est, dans la mesure où les autorités doivent emprunter plus d’argent, elles forceront inévitablement les taux à la hausse. Cela pèsera lourdement sur leur dette en cours – qui atteint les 21 000 milliards de dollars. Le paiement des intérêts trimestriels sur la dette nationale US dépasse désormais les 500 milliards de dollars.

Le rendement d’un bon du Trésor US à 10 ans est toujours à moins de 3%. Mais à chaque fois qu’on y ajoute 100 points de base supplémentaires (1%), ce sont environ 200 milliards de dollars qui viennent alourdir la charge annuelle des intérêts – qui doivent être empruntés pour être payés.

A partir de là, il suffirait quelques points de base pour dépasser les 1 000 milliards de dollars.

A mesure que les autorités font grimper les taux d’intérêt, elles accaparent aussi le crédit disponible.

Les emprunteurs honnêtes – qui fabriquent de vraies choses et fournissent de véritables services – se font « écarter » du marché de la dette. Ce qui réduit bien entendu la croissance et la production… ainsi que les revenus fiscaux du pays.

Une économie boiteuse

Voyons voir… Les revenus fiscaux baissent. Les dépenses grimpent. L’économie devient boiteuse. Déjà, la dette américaine est en route pour les 40 000 milliards de dollars (et peut-être plus encore) d’ici 2028.

Quelque chose doit céder… mais quoi ?

Tentons de voir l’avenir (en étant bien conscient que nous ne sommes pas plus doué que quiconque en la matière) :

Le marché boursier va s’effondrer, suite à quoi la Fed paniquera. La Maison Blanche et le Congrès aussi. Presqu’immédiatement, de nouveaux programmes de dépenses apparaîtront.

Les déficits grimperont en flèche, à 2 000 Mds $. La Fed les couvrira avec encore plus d’argent factice.

Les prix à la consommation grimperont. Les prix des actifs, en termes réels, chuteront.

Les initiés devanceront les autorités – anticipant quels secteurs et actifs en profiteront… ou subiront au contraire une volée de bois vert (l’acier reçoit des subventions… Amazon prend une raclée). [NDLR : Et si vous pouviez vous positionner en même temps que les initiés… pour anticiper vous aussi les grands mouvements de marché ? C’est possible – et c’est par ici : n’attendez pas, le prochain événement est imminent…]

Le Deep State gagnera pouvoir et argent ; la population souffrira.

Etes-vous allé au Venezuela, récemment ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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