Est–ce la mort du Bitcoin ?

Rédigé le 6 septembre 2017 par | Bill Bonner, Investissement Imprimer

Qu’est–ce qui va marcher, est meilleur, plus sûr ? Personne ne sait rien. La Chine s’attaque aux crypto-monnaies. Comment le marché réagira–t–il ?

Nous avons passé le temps à rendre visite à des voisins et à travailler sur nos projets de rénovation inachevés.

Puis hier, l’une de nos filles est arrivée de Californie, avec de mauvaises nouvelles concernant le secteur du cinéma…

« Tout le monde est déprimé, à Los Angeles, car les films ne marchent pas.

« De temps à autre, je pense que les producteurs sont à côté de la plaque. Pas le bon genre de film. Pas le bon moment. Ou juste de mauvais films. Ce week-end de la Fête du Travail a été le pire fiasco vécu depuis 20 ans. »

Nous nous tournons vers Bloomberg pour en savoir plus :

« Les génériques de fin se sont déroulés sur le pire été qu’Hollywood ait enregistré depuis dix ans, et qui s’achève sur un week-end de Fête du Travail marqué, pour la première fois depuis toute une génération, par l’absence de sortie nationale d’un nouveau film à grand spectacle. »

Les anciens, à Hollywood, utilisent une expression qui fonctionne à peu près avec tout : « personne ne sait rien ».

Après 30 ans d’expérience… et après avoir « risqué leur peau » à coups de millions de dollars… même les meilleurs d’entre eux ont souvent du mal à cerner les films qui auront du succès au box–office.

Les accords gagnant–gagnant n’enrichissent pas toujours le monde. Mais les accords gagnant–perdant, eux, ne le font jamais.

Une forteresse dévalisée

Retournons à nos affaires : nous sommes en train d’effectuer des travaux dans la maison du garde.

Ce week-end, nous avons réparé les placards de cuisine, faits à la main, et repeint les fenêtres.

C’est tout juste si cela en vaut la peine, vu que les loyers rapportent si peu : 300 € par mois, seulement. Mais il est important que quelqu’un vive là, afin de décourager les accords gagnant–perdant (c’est–à–dire dissuader les cambrioleurs).

« Vous avez entendu ce qui s’est passé [dans un château non loin de là] ? ». C’est un début de conversation désormais banal. « Ils ont tout dévalisé ».

Ce château est bien le dernier endroit où nous pensions qu’il y aurait un cambriolage. Il est protégé par des douves ! Mais les cambrioleurs, futés, ont pris un petit bateau pour traverser… entrer dans la maison… ouvrir la grille du pont et faire entrer un camion.

La « forteresse prenable » dans la campagne française

Ils ont installé des échelles pour faire comme s’ils étaient en train de peindre. En pleine journée, ils ont consciencieusement vidé la demeure de tout ce qui avait de la valeur.

« [Le propriétaire] est effondré. Ils vivent dans ce château depuis 1 000 ans », a poursuivi notre informateur. « Les voleurs ont dérobé l’argenterie de la famille… et des portraits d’ancêtres qui avaient plusieurs centaines d’années.

« Ce n’était pas des toiles remarquables ; les grand–mères étaient assez laides. Les cambrioleurs voulaient uniquement les encadrements.

« Ils ont pris tout ce qu’il y avait dans la chapelle de la famille, également : les candélabres, la croix, et même l’autel. Pourquoi s’efforcer de conserver quelque chose dans la famille pendant toutes ces générations si quelqu’un peut vous le prendre ? »

La répression frappe les crypto-monnaies

Les accords gagnant–perdant les plus vastes nous sont imposés par l’Etat.

Hier, par exemple, les autorités chinoises ont exercé une répression très prévisible sur les crypto-monnaies. Elles ont interdit les « ICO » (levées de fonds en crypto-monnaies).

Dans l’univers des crypto-monnaies, c’est l’équivalent d’une introduction en bourse (IPO en anglais). Mais au lieu de vendre des actions pour lever des fonds, comme c’est le cas pour les sociétés ordinaires, les « crypto-startups »; lèvent des fonds en vendant des crypto-monnaies. Les investisseurs les achètent car ils pensent que leurs cours augmenteront en cas de succès de la start-up.

Selon Bloomberg :

« Le bitcoin a enregistré sa plus forte baisse depuis juillet, après que la banque centrale chinoise a décrété que les levées de fonds en crypto-monnaies étaient illégales, et qu’elle a ordonné la cessation immédiate de toutes les activités de levée de fonds qui s’y apparentent,–infligeant ainsi au marché balbutiant des monnaies numériques le plus gros problème réglementaire auquel il ait fait face à ce jour.

La Banque populaire de Chine a annoncé sur son site internet, lundi, qu’elle avait enquêté sur les ICO, et qu’elle punirait sévèrement ces opérations à l’avenir, et sanctionnerait les infractions légales commises dans le cadre d’opérations déjà réalisées. Les autorités ont déclaré que ceux qui avaient déjà levé des fonds devraient les rembourser, sans préciser, toutefois, sous quelle forme cet argent devrait être remboursé aux investisseurs.

Elle a également déclaré que les plateformes d’échange et de financement liées aux crypto-monnaies ont interdiction de convertir ces pièces en monnaie fiduciaire ayant cours légal. Les pièces numériques ne peuvent être utilisées en tant que monnaie sur le marché, et les banques ont interdiction d’offrir des services aux ICO. »

Est–ce la fin du bitcoin ?

[NDLR : Le phénomène des cryptomonnaies est parti pour durer même (et surtout )s’il déplaît aux Etats. Déjà le cours de ces monnaies a rebondi depuis hier. Découvrez ici, la stratégie que vous pouvez mettre en place pour profiter de la concurrence entre ces nouvelles monnaies et gagner le pari fou de transformer 20 € en 2,18 M€.]

En 1933, le gouvernement américain a réussi à interdire la détention d’or, lorsque le président Roosevelt signa l’ordre exécutif 6102 « interdisant la détention de pièces d’or, de lingots d’or et des certificats rattachés à l’or, sur le continent américain ».

Pendant 40 ans, le métal jaune fut officiellement retiré de la circulation.

Que se passe-t-il si ne vous ne pouvez utiliser le bitcoin sans risquer une peine de prison ? Et si vous ne pouvez convertir vos crypto-monnaies contre du papie-monnaie normal, émis par l’Etat ? Quel est l’intérêt d’avoir une meilleure forme de monnaie si vous ne pouvez l’utiliser ?

Je le répète : personne ne sait rien.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Est–ce la mort du Bitcoin ?”

  1. Non, personne ne sait rien, et l’état français lui aussi a déjà interdit l’or, juste après la révolution française.
    Je comprend que vous teniez à défendre ce métal face aux cryptos, malheureusement vos arguments sont valables pour les 2.
    J’ajoute que quand on sait pas, on prend 2 précautions plutôt qu’une…

  2. « Les accords gagnant–gagnant n’enrichissent pas toujours le monde. » -> On parle du capitalisme.
    « Mais les accords gagnant–perdant, eux, ne le font jamais. » -> On parle du socialisme.

    Je préfère les imperfections du 1er que les incovenients du 2e.

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