L’entreprise devrait être une ONG humanitaire selon Jean-Luc Mélenchon

Rédigé le 25 janvier 2017 par | Desinformation Imprimer

Jean-Luc Mélenchon passe pour un homme passionné. Chacune de ses interventions est une occasion supplémentaire de nous témoigner cette « colère » que la vie lui inspire et dont il explique qu’il est incapable de se l’enlever. Jusque sur Twitter, sa communication singe un style XIXe siècle, utilisant cette tournure archaïque du verbe « chaut ». Hélas, un zélé administrateur de communication n’ayant pas assez lu Zola transforma le verbe désuet en adjectif.

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Peu importe la grammaire, ce qui compte pour le député européen, c’est que ses propos sentent bon le Second Empire et la IIIe République. Et, quitte à faire dans le Zola, autant faire passer Jean-Luc Mélenchon et son équipe pour « les descendants des doux, des solidaires, des préoccupés des autres », dans un manichéisme totalement assumé.

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Et devinez qui l’on retrouve en face, aux premiers rangs des oppresseurs ? Toujours les mêmes : les chefs d’entreprise, a fortiori s’ils sont riches.

Une entreprise est-elle « d’abord un collectif humain », comme le prétend Jean-Luc Mélenchon ?

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Si l’on enfermait Jean-Luc Mélenchon, Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Marc Ayrault dans une pièce avec des feuilles blanches et quelques stylos, et que l’on revenait 48 heures plus tard, pensez-vous que l’on se verrait délivrer le pitch d’une start-up prometteuse ? A mon avis, on aurait toujours zéro entrepreneur et trois socialistes, dont deux repris de justice.

Il ne suffit donc pas de rassembler des individus, aussi compétents soient-ils, pour faire une entreprise.

Une entreprise, c’est d’abord un ou plusieurs individus qui se regroupent avec la volonté de prendre des risques en vue de gagner de l’argent. [NDLR : C’est en investissant dès maintenant une mise de fonds modeste dans ces entreprises en croissance que vous pourrez vous constituer une retraite de ministre. Comment faire ? Retrouvez toutes les explications en cliquant ici.]

Ces individus auront plus ou moins de facilité à entreprendre leur activité en fonction des règles du jeu imposées par l’Etat, en particulier sur les plans réglementaire, fiscal et social. Mais en aucun cas ça n’est « la gauche qui a développé l’entrepreneuriat en France », comme le prétend la Secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation Axelle Lemaire. Ce ne sont pas les hommes politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, qui développent l’entreprenariat, mais les individus prêts à porter un risque.

La morale a-t-elle quelque chose à faire là-dedans ?

« C’est immoral d’être milliardaire », déclarait Jean-Luc Mélenchon à L’Obs le 9 janvier à propos de Gérard Mulliez, le fondateur du groupe Auchan.

En bon lecteur de Picketty, Jean-Luc Mélenchon s’imagine le milliardaire capitaliste en hériter à cigare et haut de forme exploitant le prolétariat, tel que caricaturé pendant les grandes heures du communisme. Le candidat à la présidentielle n’admet pas l’idée que dans la grande majorité des cas, les milliardaires se sont constitués eux-mêmes leur fortune et qu’une grande partie de celle-ci est constituée des actions de leur groupe, qui donne du travail à des millions de personnes. Pourtant, ce mythe du milliardaire rentier qui thésauriserait sa fortune a déjà été démonté en long, en large et en travers.

Par ailleurs, l’Homme serait-il en train de préparer la colonisation de Mars (SpaceX), de travailler à la création de véhicules électriques efficaces et financièrement accessibles (Tesla Motors) ou encore au développement d’un TGV fonctionnant à l’énergie solaire et permettant aux passagers de se déplacer à 1 200 km/h dans des capsules (Hyperloop) si Jean-Luc Mélenchon avait pu « tout prendre » à Elon Musk « au-delà de 360 000 euros par an » ? Et pour faire quoi, d’ailleurs… les injecter dans la SNCF ?

On remarquera au passage que les entreprises d’Elon Musk sont bien la preuve s’il en fallait que, contrairement à ce que prétend Mélenchon, le capitalisme peut effectivement « être vert », mais passons.

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L’idéologie de Jean-Luc Mélenchon étant le communisme, l’efficacité importe peu. Certains individus sont beaucoup plus riches que d’autres et c’est ce qui le révolte. Tant pis si le capitalisme et le commerce international ont permis au monde de passer en moins de deux siècles d’une pauvreté quasi généralisée à un monde plus riche et plus égalitaire. Tant qu’il restera des milliardaires, Jean-Luc Mélenchon sera « en colère ».

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En novembre 1990, Margareth Thatcher répondait à la Chambre des Communes à un député qui l’interrogeait sur la question des inégalités :

« Ce que dit l’honorable député, c’est qu’il serait préférable que les pauvres soient plus pauvres à condition que les riches soient moins riches. De cette façon, on ne sera jamais capable de créer de la richesse pour de meilleurs services sociaux tels que les nôtres. […] C’est cela, la politique progressiste ! Peu importe que l’honorable député ne l’ait pas voulu ainsi, mais c’en est le résultat. »

Si le Code du travail est si gros, c’est à cause des libéraux !

Aux dernières nouvelles, Jean-Luc Mélenchon tolère encore la propriété privée et la liberté d’entreprendre. Sous réserve d’un certain nombre de conditions, néanmoins.

Globalement, le droit du travail doit être remanié de manière à ce que « les salariés [aient] des droits plus grands ». Par exemple, s’ils avaient « un droit de remontrance sur la direction de l’entreprise », tout fonctionnerait beaucoup mieux, nous explique Jean-Luc Mélenchon. Les entrepreneurs apprécieront.

Le tribun nous révèle de surcroît que si le Code du travail est tellement gros, c’est « parce que les libéraux y ajoutent sans cesse des exceptions ! ». Mais bien sûr. « Enlevez le Code travail et vous verrez bien ensuite si vous arrivez à organiser le travail ! », renchérit-il.

Justement, voyons ce qu’il en est en Suisse, où il n’y a pas de Code du travail mais des lois éparses lesquelles, une fois rassemblées au sein du Code des obligations (qui intègre le Code du commerce), regroupe 492 pages. En France, le Code du travail Dalloz 2016 comporte 3 809 pages. Il inclut non pas les exceptions malicieusement intégrées par « les libéraux », mais des commentaires et la jurisprudence. Le Code du commerce Dalloz fait quant à lui 3 836 pages. Précisons que ces chiffres ne proviennent pas du site du MEDEF, mais de celui de Libération. Nous voilà à plus de 7 600 pages d’un côté de la frontière et moins de 500 pages de l’autre. On plaint ces pauvres frontaliers français qui en sont réduits à aller se faire exploiter en Suisse dans des conditions inhumaines. Ils ignorent sans doute qu’ils seraient beaucoup mieux protégés en France.

Jean-Luc Mélenchon voudrait faire passer « les libéraux » pour des personnes dépourvues de la moindre once d’humanité. Et pourtant, comme le rappelait Jean-François Revel, c’est le libéral Guizot qui fit voter la première loi destinée à limiter le travail des enfants dans les usines. C’est Frédéric Bastiat qui s’est exprimé le premier à l’Assemblée pour que soit reconnu le principe du droit de grève. Et c’est le libéral Emile Ollivier qui permit d’ouvrir la voie au syndicalisme.

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Nicolas Perrin
Nicolas Perrin

Nicolas Perrin est l’auteur de l’ouvrage de référence « Investir sur le Marché de l’Or : Comprendre pour Agir ». Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et titulaire d’un Master 2 en Gestion de Patrimoine, il est conseiller en gestion de patrimoine indépendant en région lyonnaise et à La Réunion.

8 commentaires pour “L’entreprise devrait être une ONG humanitaire selon Jean-Luc Mélenchon”

  1. Bon vous n’aimez pas Mélenchon et vous pensez qu’il caricature c’est assez clair mais pouvez vous faire quelque chose de plus intelligent et nous expliquer en quoi il caricature au lieu de vous aussi vous y mettre. Les braiment partisans vide de contenue n’ont pas vraiment d’intérêt.

  2. Bonjour,
    Il est visible que vous êtes intoxiqué, par appât du gain, d’une idéologie beaucoup plus archaïque et mensongère que M. Mélenchon.
    Oui, les milliardaires qui dirigent le monde et imposent les normes selon leurs intérêts et des dérégulations sur mesure à leur profit « pour gagner de l’argent » comme vous dites, sont beaucoup trop riches et leur statut de dominant ne provient pas du service rendu à l’humanité, mais d’une prédation, d’une cupidité assumée ou camouflée, selon l’opportunité.
    Trump est un héritier encore plus cupide que son milliardaire de père et il s’en vante. Les milliardaires créent des sociétés écrans pour ne pas payer leurs impôts en effaçant les traces de leurs délits. Cela est précisément incontestablement illégal et immoral.
    Il désingue d’un trait de plume le timide début d’Obama care pour que les pauvres, après avoir engraissé les milliardaires véreux des Subprime en 2008 jusqu’à maintenant, dépendent entièrement des compagnies privée d’assurance maladie; voilà comment cet État que vous méprisé à haute voix vous a toujours engraissés depuis les premières levées de fonds pour les armées des premiers États (David Graeber, « Dette, 5000 ans d’histoire »)

    Pour illustrer cet incroyable creusement des inégalités, littéralement exponentiel, je cite Louis Chauvel, « La spirale du déclassement, Essai sur la société ces illusions » (Seuil 2016) P 22 :

    « Pour le revenu (souligné par moi, NDLR), un trader bien chanceux peut gagner quelques milliers de fois le revenu moyen mesuré en France. Rapporté à notre taille, il n’est jamais qu’à un kilomètre au dessus de nos têtes – ce n’est pas l’Himalaya, ni même Serre-Chevalier. Avec le patrimoine, nous découvrons une nouvelle frontière dimensionnelle, puisqu’avec leur cinquantaine de milliards de dollars, les membres du sommet de la verticale du pouvoir socio-économique patrimonial mondial se satellisent 100 000 fois au dessus de nos têtes – c’est un ordre de grandeur –, quelque part au dessus de la stratosphère. Ici les arbres dépassent le ciel, qui n’est plus la limite. Et pourtant, nous ne comparons ici que les pays développés du premier monde, ce qui réduit la mesure du gouffre qui sépare les cimes des abîmes. Rapportées à la taille du revenu du dixième le plus pauvre du Niger ou du Malawi – issus des pays les plus pauvres de la planète, avec moins de 200 dollars par an – , les fortunes les plus élevées du monde correspondent à la moitié de la distance Terre-Lune. »

    Et après cela, les inégalités, d’après vous, ne se creusent pas de manière indécente et criminelle ?… Vous êtes vraiment aveuglés par votre propre propagande de rapace qui rackette la société, de préférence les plus fragilisés, d’où ce besoin permanent de précariser tout le monde, pour placer les gens à votre merci.

    Le moindre petit fonctionnaire qui rend service sans chercher son profit lucratif au détriment des autres, mais juste pour aider, former, soigner, comprendre, découvrir, juger, administrer, porter secours, est plus utile que vous avec vos recherches de millions justifiée par une casuistique de grand hypocrite et de grand avare, les « fondations » et « donations » ne sont qu’écrans de fumée et greenwashing, pour continuer à dominer encore plus avec l’assentiment servile des dominés, grâce aux médias à 99 % votre propriété.

    Mélenchon a raison de mettre un peu de jugement de morale et de règles de justice dans votre business délirant qui écrase les conditions de vie, de travail, et l’environnement et le climat de toute la planète au nom du seul profit.
    Votre langue de bois néo libérale vous ferait vendre père, mère et enfants, ou de préférence ceux des autres…
    Pour vous, le mot de « justice » n’a aucun sens. Seul comptent les désirs de puissance illimitée de ceux, ces « V.I.P. de business obsessionnel, qui ont déjà cent mille fois trop, et veulent avant tout devenir toujours plus riches à n’importe quel prix, grâce au chantage opéré sur les salariés (voir Frédéric Lordon conférence à HEC, https://www.youtube.com/watch?v=9JwBlI0xf_k ) qui eux, n’ont pas comme vous de capital autre que leur dignité, cette chose qui vous manque totalement.
    Terminez par les charme discret de la bourgeoisie de Bunuel et vous saurez enfin la vérité sur votre « moralité » bourgeoise.
    Bonne cure de désintoxication !…Il y a du travail !!…

  3. cet homme vous vaut mille fois, votre idéologie est crasse elle  » fonctionne » par le fait que la morale nous occupe et pas vous. qu’elle est le socle de tout être un tant soit peu humain, de votre côté seul la moquerie et le mépris se fait entendre , mais tous les friedman, hayek, smith , ricardo etc …la clique n’est que mensonges, dépradation, spoliation, destruction, désertification . keynes revient, marx revient et la correction des marchés se fera sur vos culs , comment osez prétendre qu’un marché de plus en plus complexe se régule de lui-même ? imaginons sur les routes des milliards de véhicules et aucune règle . qu’un moteur extrèmement complexe ne soit pas régler minute par minute par les ingénieurs mécaniciens en place. il n’y a même pas d’ingénieurs dans votre cas seuls des prêtes des greenspan qui en octobre 2008, annonce qu’il s’est trompé, qu’il ne sait pas comment marche le système . c’est lamentable , vous êtes déplorables , un panier de déplorables comme dirait clinton . oui le capitalisme devrait – être une ONG à but non lucratif et bienveillant. vous êtes la crasse du monde que nous pauvres pékins devont sans relâche nettoyer mais nous sommes à un tel niveau de turpitude et de crasse que la survie même de la race humaine est en jeu. à ce stade l’argent ne suffira pas pour en payer encore une bonne tranche . alea jacta est !

  4. Je rejoins le 1er commentaire de Goh, le propos de cet article est un peu caricatural, mais le propos de M. Melanchon l’est également, 1 point partout, ou plutôt 0-0.
    Par contre, je m’étonne du déversement de haine dans les 2 commentaires suivants !
    Thomas Piketty nous alerte sur les enseignements de l’histoire concernant les augmentations des inégalités au sein des sociétés occidentales démocratiques, il ne remet pas en cause la liberté d’entreprendre et la création de richesse.
    Heureusement que des hommes ont le droit d’entreprendre, de prendre des risques et d’en être rémunéré pour permettre un progrès technologique ou sociétal, ce qui a quand même permis de faire vivre dans la dignité de plus en plus d’homme sur Terre depuis le 19ème siècle.
    Par ailleurs, pour pouvoir redistribuer, il faut avoir quelque chose à distribuer et opposer un loup capitaliste à une agnelle infirmière dans un hôpital pour enfants n’a pas de sens, à moins de considérer philosophiquement / politiquement que la possession est un mal par essence et qu’il faudrait l’interdire pour rendre les gens heureux et bien-portants !
    Les modèles de sociétés qui ont érigé ces principes ne me semble pourtant pas, à ce jour, réunir toutes les garanties pour assurer un avenir meilleur à mes enfants. Je pense à l’ex-bloc soviétique, mais aussi à Cuba, à la Chine (qui a beaucoup évolué afin de sortir de la misère des centaines de millions de chinois) ou mieux, à la Corée du Nord !
    Enfin, il y a une certaine hypocrisie de voir certains de mes concitoyens considérer que l’endettement de la France n’est de la faute que de la mauvaise gestion d’hommes politiques avec qui M. Mélanchon a d’ailleurs œuvré pendant des dizaines d’années, alors que ces même personnes profitent de ce système caduque sans aucun scrupules, au motif que leurs « petits » avantages ne représentent rien au regard des méchants capitalistes ! En rejetant la faute morale sur les joueurs de foot ou les patrons d’entreprises, il est bien plus facile de refiler 1000 milliard de dettes à ses enfants. alea jacta est !

  5. Cher Monsieur,
    Vous écrivez que les voitures électriques Tesla Motors sont financièrement accessibles ! Mais sur quelle planète vivez-vous ? Le moins onéreux de ces véhicules coûte 35000 dollars ! Cela est sans doute abordable pour les chefs d’entreprise, traders et autres millionnaires que vous défendez avec tant de conviction (idéologie ?), mais pas pour la grande majorité des salariés, commerçants, artisans, agriculteurs dont les revenus ne cessent de fondre et dont les conditions de travail se dégradent continuellement sous la pression de votre bien aimée mondialisation libérale…

  6. Bonjour,

    Je réponds à Monsieur Léovigilde ainsi qu’à l’auteur de l’article.

    La conflictualité des positions en jeu montre bien qu’il y a un choix de société à faire.
    Le fait de ramener toute opinion qui ne soit pas lénifiante quant à la société actuelle à la Corée du nord ou au Stalinisme est aussi une caricature permettant de ne pas entendre des arguments.
    Le fait par exemple que la communauté scientifique mondiale et en particulier américaine soit actuellement extrêmement opposée à la position cynique obscurantiste et destructrice de Trump en matière de climat, d’environnement, ne signifie pas que celle-ci veuille automatiquement rentrer dans un régime totalitaire. Vous me suivez ?
    L’opposition aux dévastations causées par le système de domination sauvage de l’obsession lucrative de quelques-uns déjà infiniment trop riches ne constitue pas en soi un souhait de régime de négation des libertés.
    C’est au contraire le système actuel qui attaque frontalement les libertés d’accès à de l’information équitable en laissant détenir 99% des médias par les de grands groupes financiers transnationaux à monopoles d’activités militaires, polluantes, de l’agro business toxique, les bétonneurs, etc qui détruisent les milieux et les sociétés, qui tuent les peuples un peu partout (en Papouasie, en Amazonie, en Afrique, …) pour imposer leur logique de rendement contre les intérêts des gens ordinaires.
    C’est le système actuel qui rend payant l’accès à l’eau, l’énergie, la santé, la culture, l’environnement, le logement, créant des inégalités criantes entre ceux qui ont et les autres juste abandonnés et sur exploités. Vous savez comme moi que ce n’est pas le « Communisme » qui crée les conditions actuelles de travail au Bengladesh, en Chine, au Pakistan, avec ces immenses usines mal construites par économie imposées par les multinationales de l’habillement donneuses d’ordres qui s’effondrent sur des milliers d’ouvriers et ouvrières, souvent de l’âge de collégiens…
    Ce ne sont pas les régimes communistes (qui ont par ailleurs tous les défauts qu’il faut bien leur reconnaître, et je n’aurai certainement pas fait de vieux os sous ces régimes avec mon esprit critique !) qui ont fondé ou entretenu les dictatures Chiliennes, Tunisienne, Saoudienne, Paraguayenne, j’en passe et des meilleures etc, pendant toutes ces décennies. Ce sont bien les pouvoirs des multinationales qui ont des intérêts privés ultra étroits à défendre envers et contre tout y compris la démocratie et les droits de l’homme.
    Le problème est aujourd’hui que des gens comme vous, cultivés, bien nourris, logés confortablement, avec un semblant de choix, préfère toujours systématiquement se ranger du côté des dominants. J’ai envie de vous dire que du temps du stalinisme criminel, vous auriez certainement trouvé des avantages au régime en place, car cela vous aurait été plus commode.
    Ce que vous reprochez à Mélenchon, c’est de vouloir changer absolument cette société injuste et cupide et de chercher à s’en donner les moyens intellectuels et politiques. C’est cela le crime, ou bien ce qu’on va regarder avec dédain, des leçon à la bouche, sans le moindre petit début d’effort de compréhension critique de la situation intolérable pour l’extrême majorité du monde social actuel qui souffre et vit des situations infernales et sans aucun espoir, de générations en générations. De cela vous n’avez cure autrement qu’en répétant le crédo des grands patron, à savoir : « laissez-les s’enrichir et cela retombera comme une pyramide de coupes de champagne (l’effet « trickle down » psalmodié par des libéraux jamais de leur vie chômeurs en fin de droits).
    La différence entre vous et moi est que je ne suis pas chômeur enfin de droit, mais je suis complètement solidaire avec eux et je veux de toute mes forces pacifiques la justice pour eux et les accidentés du travail non déclarés, pour les victimes de l’amiante ou du Médiator, pour les victimes des maladies du travail ou de l’environnement, effets collatéraux de la course au fric des grandes firmes que vous absolvez par réflexe pavlovien.
    C’est là le problème. Cela a un nom; l’esprit petit bourgeois: se croire par habitude, par commodité et complaisamment du côté du manche pour garder, dans un système concurrentiel à mort, un peu d’estime de soi par enfoncement de plus faible que soi.
    Prenez juste la peine une fois dans votre vie de lire vraiment en entier le programme de la France Insoumise, et de lire aussi des enquêtes sociologiques qui corroborent cette analyse et ces propositions. Il y en a des centaines passionnantes dans plein de domaines, mais je ne vous en cite que trois : « Chantier interdit au public  » de Nicolas Jounin http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Chantier_interdit_au_public-9782707158420.html ou « Tentative d’évasion fiscale » de Monique Pinçon Charlot et Michel Pinçon http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Tentative_d_evasion__fiscale_-9782355220838.html et « Le management désincarné » de Marie Anne Dujarier http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_management_d__sincarn__-9782707178442.html.
    Cela vous ouvrira peut-être un peu l’esprit critique, sans fanatisme rassurez-vous, envers ce monde libéral si positivement idéal pour vous et vos pairs.
    Bien cordialement.

  7. Les 1000 milliards de dettes, ils viennent de ce que les État ont renfloué les banques véreuses des Subprimes, car elles avaient un rôle structurel, puis du fait que ces dernières spéculent contre les dettes souveraines des États avec la bénédiction des gouvernants de droite ou socialiste libéraux tout pareils. Ils viennent des emplois et cotisations foutues en l’air par les plans de délocalisation financés par le CICE socialiste ou les autres primes à la casse industrielle libérales. Ils viennent aussi des centaines de milliards de fraude et d’optimisation fiscale (l’un passant dans l’autre par effet de vase communicants toujours pour les mêmes), – 80 milliards par an !- avec les charrettes de suppressions de postes dans les services fiscaux de l’État, des fois qu’ils risqueraient de débusquer les copains de promos milliardaires de nos politiques. Et pour finir le verrou de Bercy qui bloque le boulot des fonctionnaires fiscaux et douaniers dès lors qu’ils s’agit de fraudeurs de bonne naissance, vous pensez cher ami… Tout pour les copains. Vous savez ce qu’elle en a fait de la liste Falciani, Madame Lagarde, celle qui n’est pas punie après avoir refilé sur commande de Sarko, un demi milliard au super Picsou Tapie ? Devinez… Les accidentés du travail, ils touchent (quant ils touchent) quelques dizaines de milliers d’euros, Tapie c’est 45 millions en plus de 445 millions, au titre du « préjudice moral »; c’est celle-là la justice libérale pour les riches… ? Gardez-là !!…
    Par les fraudes aux accidents du travail non déclaré basculés à la charge de l’État au lieu des entreprises responsables. Les millions d’euros de maladies et de stress au travail à soigner à la charge de la sécu, dont la provenance vient du modèle libéral de production de toxiques agricole, alimentaire, industriel, et pharmaceutique et de management tueur à grande échelle dans le déni médiatique et politique… Bref les dettes, on sait parfaitement d’où elles viennent et comment les résorber, mais cela, vous ne voudrez sans doute pas le reconnaître, par déni et accommodement !… Parce qu’il faudrait, comme Mélenchon le fait avec la France Insoumise, entreprendre (tiens, ce mot prend du sens !) de changer la société.
    Le système et l’establishment ont le soutien de la mauvaise foi de ceux qui choisissent la servitude volontaire, dès lors que celle-ci leur permet d’avoir une (petite) place au dessus des autres, enfoncés à l’ombre, dans la misère et l’invisibilité …
    La belle morale libérale !!

  8. J’entends beaucoup de colère et de caricature. Pas énormément d’analyse objective ni de solutions.
    C’est toujours facile de critiquer. On prend une cible, on amasse une quantité de faits que l’on colle les uns aux autres en guise d’argumentation pour montrer à quel point tout va mal, et puis on désigne un bouc émissaire. Le riches sont les coupables tout trouvés. S’ils sont riches c’est qu’ils exploitent les pauvres, c’est évident.
    Pourtant, si l’on prend un peu de recul et que l’on considère le monde dans sa globalité, qui est vraiment responsable de cette situation? N’est-ce pas le consommateur qui crée le marché? Et pourtant, on ne consomme pas un revolver sur la tempe. Quel pouvoir auraient les riches industriels pour nous faire consommer les produits qu’ils font fabriquer à bas cout par des femmes et des enfants exploités dans le quart-monde?
    N’est-ce pas finalement notre indifférence aux autres, à ce qui n’est pas notre sphère immédiate qui est à l’origine de ces déséquilibres.
    Dans l’hystérie anticapitaliste, les grands financiers aux doigts crochus sont généralement des apatrides quand ils ne sont pas juifs.
    Apatride dans le sens ou ils n’ont pas l’honneur ou l’orgueil de servir un pays. Ils sont prêts à faire des affaires avec tout le monde. C’est ça la mondialisation. Ne pas avoir l’esprit de clocher, acheter et vendre aussi bien aux blancs qu’aux noirs, aux riches qu’aux pauvres, aux capitalistes qu’aux communistes.
    Ce sont des profiteurs. Ils achètent pas chers sans ses soucier des besoins des producteurs, ils polluent sans ses soucier de la santé des habitants, ils écrasent la concurrence quand c’est possible, par tous les moyens, ils inondent le marché et de produits sur lesquels ils font des marges indécentes et nous leur sommes reconnaissants car, grâce à eux, nous avons toujours du pouvoir d’achat.
    Nous sommes finalement tous leurs complices.
    Et nous sommes maintenant sept milliards et demi.
    C’est une donnée qui n’est jamais prise en compte dans les grands problèmes de l’humanité.
    Mais si nous surexploitons la planète pour offrir le maximum de confort à de plus en plus de monde, c’est justement parce qu’il y a de plus en plus de consommateurs.
    Il faut aussi prendre en compte cette dimension démographique pour comprendre le monde et s’apercevoir que la croissance de l’humanité se fait à un rythme sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
    Cela explique le salaire des joueurs de foot, comme l’amoncellement de fortune incroyables. Tout cela est possible parce qu’il y a de plus en plus de consommateurs et qu’ils ont, d’une manière ou ‘une autre, les moyens de consommer.

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