Que vont faire les économistes charlatans maintenant ?

Rédigé le 6 avril 2018 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Montagnes russes sur les marchés ces derniers jours : personne ne sait qui l’emportera, des haussiers ou des baissiers, mais la politique de la banque centrale américaine nous donne quelques indices.

Hausse, baisse, hausse, baisse.

Nous suivons l’évolution des marchés en nous demandant… où vont-ils ?

Les gros titres, ces derniers jours, indiquent que les investisseurs s’inquiètent d’une guerre commerciale.

Bloomberg était sur le coup :

« Les craintes d’une guerre commerciale entre les deux plus grandes économies au monde sont revenues hanter les marchés mercredi, ravageant les actions américaines et envoyant les investisseurs vers des actifs refuges comme les bons du Trésor ou l’or.

L’indice S&P 500 a dégringolé au-dessous de sa moyenne des 200 derniers jours, tous ses 11 secteurs étant en baisse après que la Chine a déclaré qu’elle imposerait des tarifs douaniers de 25% sur les importations de 106 produits US dont le soja, les automobiles, les produits chimiques et les avions. Boeing a perdu près de 5% et les actions des semi-conducteurs ont chuté de près de 3%. L’indice de la volatilité CBOE a grimpé à 23,55, près du double de son niveau de l’an dernier.

‘Les marchés n’aiment pas l’incertitude, mais ces allers-retours sur ce que font les Etats-Unis avec les tarifs douaniers, ciblant spécifiquement les produits chinois et les politiques et relations commerciales avec la Chine, c’est de tout évidence mauvais’, a déclaré Omar Aguilar, directeur des investissements en actions chez Charles Schwab Investment Management, lors d’une interview au siège new-yorkais de Bloomberg ».

Les c***eries marchent plus longtemps que prévu

Les marchés n’aiment pas l’incertitude. Certes, certes. Mais l’incertitude, c’est ce que nous avons en ce moment.

Et qui sait ? Même les conseillers présidentiels Peter Navarro et Larry Kudlow – qui se sont trompés sur à peu près tout depuis à peu près toujours – pourraient avoir raison cette fois-ci.

Peut-être que l’économie est effectivement forte comme un boeuf. Et peut-être que les actions grimperont éternellement. Mais ce n’est pas ce que nous voyons lorsque nous tentons de relier les points.

Non que nous ayons toujours raison. Nous nous empressons d’assurer aux lecteurs cyniques, soupçonneux et réalistes que nous ne nous faisons pas d’illusions à ce sujet.

Mais alors que nous avons parfois tort en pratique… Navarro et Kudlow commettent une erreur bien plus grande : ils ont tort en théorie !

Oui… notre erreur a été de mésestimer le pouvoir des sottises insensées. L’argent factice parle plus fort… et les c***eries marchent plus longtemps que nous le pensions !

Nous étions d’avis que l’escroquerie consistant à injecter de la fausse monnaie dans le système avait pris fin en 2009.

Cette « faille » dans la Loi de Finances 2018 peut vous rapporter des milliers d’euros… nets d’impôts

C’est très simple… sans paperasse à remplir… et sans conditions d’âge ou de revenus : tout est expliqué ici. Cliquez vite !

Nous avions tort. Il y avait encore beaucoup de jus dans ce fruit pourri.

A présent, toute l’économie mondiale se tient l’estomac et retient son souffle – avec 230 000 milliards de dollars de dette dans le monde, et des millions de personnes dépendant de taux d’intérêt éternellement ultra-bas (à 1,6%, le taux directeur de la Fed est toujours négatif en termes réels, dans la mesure où l’inflation est à environ 2%).

En 2009, les ménages ne pouvaient plus emprunter pour acheter des maisons. Le marché immobilier s’est effondré, entraînant d’abord les prêteurs hypothécaires… puis le reste de l’économie.

Qu’est-ce qui cèdera cette fois-ci ? Les fonds de pension ? Le marché automobile ? La Chine ? Tesla… les technos… le marché boursier lui-même ?

Nous n’en savons rien. Mais les taux d’intérêt ne restent pas éternellement ultra-bas. Pas quand la Fed elle-même les augmente activement, intentionnellement, et que le gouvernement fédéral US enregistre des déficits de 1 200 milliards de dollars.

Manoeuvres désespérées et argent bidon

Les marchés boursiers ont rebondi hier, les investisseurs s’étant visiblement convaincus que Donald Trump n’était peut-être pas vraiment sérieux quant à sa guerre commerciale.

Un jour, peut-être bientôt, ils ne seront plus d’aussi bonne humeur. Et le marché ne rebondira pas.

Attendez-vous à une sévère correction boursière… suivie d’autres manoeuvres désespérées avec de l’argent bidon, conseillées par les économistes charlatans du présent américain, Navarro et Kudlow… qui aggraveront inévitablement la situation. [NDLR : Pour vous préparer, c’est maintenant… pas quand le krach se sera produit. Il suffit de prendre quelques mesures très simples, applicables immédiatement à votre épargne, et expliquées ici.]

La Fed inversera rapidement le cap, passant du resserrement à l’assouplissement quantitatif (au lieu de se débarrasser des obligations figurant à son bilan, elle en achètera)… ce qui poussera les taux réels en territoire encore plus négatifs.

L’équipe Trump proposera d’énormes augmentations des dépenses fédérales — les déficits grimpant à 2 000 milliards de dollars par an.

Il se pourrait qu’on assiste à l’interdiction du cash. Un crédit d’impôt sera peut-être offert. Le revenu minimum sera peut-être mis en place.

Vous pensez que les choses sont insensées en ce moment ? Vous pensez avoir tout vu, en matière de fausse monnaie et de c***eries politiques ?

Attendez un peu !

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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