Des ténèbres se propagent dans tous les Etats-Unis

Rédigé le 22 août 2017 par | Bill Bonner, Desinformation Imprimer

Plus grave qu’une éclipse solaire, les Etats-Unis ont à affronter une éclipse du bon-sens le plus élémentaire.

Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres réécrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. George Orwell, 1984

Aujourd’hui, des ténèbres se propagent dans tout le pays.

D’un littoral à l’autre, nous sommes submergés par cette obscurité… une éclipse totale du bon sens.

Hier, nous nous demandions ce que les futures générations penseraient de nous. Nous retirons nos monuments au beau milieu de la nuit… et crachons au grand jour sur les tombes de nos ancêtres.

On brise les statues

Une photo désormais célèbre montre une jeune femme en Caroline du Nord, en train de piétiner la statue d’un soldat de la Confédération.

statue

Une manifestante en Caroline du Nord, piétine la statue d’un soldat de la Confédération (AP Photo/ Jonathan Drew)

Il ne s’agit pas d’un monument à la Confédération, ou aux généraux, ou encore à l’esclavage. Ce n’est qu’une statue commémorant les sacrifices et les souffrances de soldats ordinaires.

Le citoyen ordinaire du sud ne voulait rien avoir à faire avec l’esclavage. Il ne possédait pas d’esclaves. Au contraire, son revenu était réduit car il ne pouvait concurrencer le travail des esclaves.

Mais lorsqu’il a été appelé à défendre son pays, il a mordu à l’hameçon du patriotisme, comme les hommes le font toujours.

Dans le seul camp Sudiste, plus de 250 000 soldats sont morts sous les balles, ou de maladie… ou de faim ou de froid.

On pourrait imaginer que les gens d’aujourd’hui – qui vivent confortablement dans des appartements climatisés… sont nourris à satiété… et bénéficient de prêts étudiants, de l’Obamacare, d’indemnités de chômages et d’invalidité – pourraient puiser dans leurs bons petits coeurs de quoi pardonner les erreurs de leurs ancêtres et rendre hommage à leurs souffrances.

Eh bien non.

Au contraire, nous saccageons les héros de nos grands-pères, piétinons leurs dieux et brisons leurs statues.

Oui, cher lecteur, aujourd’hui nous sommes attaqués, nous aussi. Nous ne souffrons ni du froid, ni de la faim. Nous ne prenons pas les armes pour protéger notre terre natale, mais pour infliger le meurtre et le chaos à des peuples vivant très loin de nous et qui ne peuvent pas réellement nous faire du mal.

Mais aujourd’hui, nous sommes attaqués par une succession de choses absurdes, toutes plus absurdes que la précédente.

Réactualisation de l’Indice de la Ruine

Mais avant de poursuivre, nous avons promis de revoir notre Indice de la Ruine.

Rappelez-vous, nos analystes ont rassemblé 11 indicateurs qui – tous réunis – coïncident avec les deux derniers effondrements majeurs.

La ruine se rapproche-t-elle de nous ? C’est ce que nous avons demandé à notre analyste en chef, Joe Withrow :

« Les cours des junk bonds américains – l’un de nos 11 indicateurs – ont déjà chuté de près de 2% depuis notre dernière réactualisation. L’indice ISM manufacturier (sentiment des industriels) et le fret ferroviaire – deux autres indicateurs – sont également en baisse.

Aucun de ces mouvements n’est assez extrême pour sortir le Drapeau d’Alerte au Krach avant la publication des données du troisième trimestre… mais ils méritent d’être mentionnés.

Et par rapport aux articles que vous publiez cette semaine, il est intéressant de noter que j’ai reçu un appel de ma famille, en Virginie occidentale. Selon la rumeur, de jeunes gauchistes ont l’intention de manifester devant la façade historique de l’Hôtel Robert E. Lee, à Lexington.

C’est le fruit de l’éducation américaine, j’imagine. On commence à avoir l’impression qu’il existe une corrélation inverse entre la totalité des prêts étudiants en cours et toute cette logique. »

Oui, Joe a mis le doigt sur quelque chose. Plus les gens passent de temps à l’école, plus ils deviennent idiots.

Et à présent, le cerveau de l’Américain moyen est si ramolli par internet et l’éducation qu’il n’arrive plus à réfléchir correctement.

Ce que nous sommes censés croire

Par exemple, nous étions censés croire que les Russes avaient piraté l’élection présidentielle américaine et placé Donald J. Trump à la Maison Blanche.

Le Congrès a infligé des sanctions plus sévères à la Russie en votant « pour » quasiment à l’unanimité, et ce malgré l’absence d’éléments prouvant qu’un piratage s’était bien produit.

Et même s’il s’était produit, il est difficile de voir comment la divulgation des délibérations du Comité du Parti National Démocrate aurait réduit l’aptitude des électeurs à faire un choix éclairé !

Ensuite, nous étions censés croire que le président syrien avait attaqué sa propre population à l’arme chimique.

En réaction, la Team Trump a commis un acte de guerre contre un pays étranger… alors même que de nombreux experts pensent qu’il est peu probable que le gouvernement syrien soit à l’origine de cette attaque chimique.

Et à présent, nous sommes censés croire que M. Trump est « raciste » et fait partie des « suprémacistes blancs ».

Son secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin – juif – a été fortement invité à démissionner par ses camarades de Yale. Inutile de prouver plus avant que le système éducatif actuel transforme ses étudiants en crétins.

Voici la pétition de ces diplômés de Yale… des centaines d’entre eux :

« Nous vous demandons, à vous notre ami, notre camarade de classe et compatriote américain, de démissionner afin de protester contre le soutien apporté par le président Trump au nazisme et à la suprématie blanche. Nous savons que vous valez mieux que cela et nous comptons sur vous pour prendre la bonne décision. »

Quoi ?

Il n’existe aucune preuve quelconque que Trump soutienne les nazis. Idiot ? Imbécile ? Opportuniste ? Peut-être. Mais malgré tous ses énormes défauts, pourquoi l’accuser d’être quelque chose qu’il n’est pas ?

Mais sous la bourrasque se cache une tempête bien plus forte.

Là, les vents hurlants de la finance bidon soulèvent tellement de poussière qu’un être ordinaire ne peut y voir clair.

Si cet être est prêt à croire que l’on peut tous s’enrichir en empruntant de l’argent qui n’a jamais existé à des gens qui ne l’ont jamais gagné… et sans jamais le rembourser… alors il est prêt à croire n’importe quoi !

Aujourd’hui, le soleil se voile la face de honte et d’embarras.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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