Draghi sauvera-t-il Drahi et le créditisme ?

Rédigé le 23 novembre 2017 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Altice, Tesla croissent ou survivent grâce à la bulle mondiale de crédit et aux illusions de leurs actionnaires et prêteurs.

L’affaire Altice vire au comique. Des actionnaires accusent le groupe d’avoir masqué l’ampleur de sa dette (50 Mds€) et annoncent vouloir déposer plainte pour « diffusion d’informations fausses ou trompeuses […] sur la période 2015 à 2017 », selon l’AFP.

Altice est une entreprise cotée qui publie des comptes certifiés : on voit mal comment elle aurait pu masquer quelques milliards d’emprunt. Quant aux commentaires des dirigeants quant à leur stratégie, cela fait partie de la due diligence des investisseurs de les soupeser.

Plusieurs fonds spéculatifs avaient clôturé leurs positions dès juin, notamment le Soros Fund Management. Le fonds Carmignac Patrimoine, cependant, affichait une « conviction forte » et était encore lourdement exposé en octobre.

50 Mds€, 10 kerviels, Jean-Marie Messier avec Vivendi battu (seulement 35 Mds€)…

Altice est-elle « trop grosse pour faire faillite » et Draghi va-t-il entrer en scène ? Nous verrons bien. Altice est un pur produit du créditisme et Draghi a pour mission de sauver le créditisme.

Vous vous en souvenez peut-être, cher lecteur, le créditisme est ce système qui consiste pour les banques à prêter de l’argent surgi du néant, intérêt et principal étant remboursés avec de l’argent gagné dans le futur. Si tout va bien…

L’or a démarré une reprise « en douce, » faisant plus de 10% de gains sur l’année… rivalisant avec le CAC 40 !

La plupart des gens n’ont pas pris conscience du retour de l’or… et vont « louper » la fenêtre d’entrée…

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Comment le créditisme nourrit les zombies

Dans un système capitaliste honnête, on prête de l’argent déjà existant qui correspond à une somme d’épargne déjà constituée.

La différence entre le créditisme et un capitalisme honnête réside dans le futur. Si l’investissement ne s’avère pas rentable, le créditisme détruit le futur puisque le principal reste à reconstituer. Dans un système capitaliste honnête, un mauvais investissement ne détruit que le passé puisque l’épargne disparaît.

Depuis que le créditisme est le système en vigueur, les taux de croissance s’étiolent et les zombies prolifèrent. Ils ne gagneront jamais assez d’argent pour rembourser le principal mais la baisse des taux d’intérêt crée l’illusion qu’ils sont viables.

Tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il y a un problème de surendettement. L’idée est devenue banale et s’étale dans tous les medias grand public. Mais personne ne veut en tirer les conclusions qui s’imposent : prendre ses pertes, laisser mourir les zombies et repartir sur des bases saines.

Comment le créditisme étouffe toute croissance

Concernant le surendettement public, les contribuables et les épargnants paieront la note d’une façon ou d’une autre. Ils la payent déjà avec les taux bas qui les privent de rendement sur leur capital et la pression fiscale qui augmente. C’est autant d’argent de moins qui rentre dans le secteur privé productif.

Il y a ensuite le surendettement privé, celui des ménages et des entreprises. Le paiement des intérêts et le remboursement du principal représentent de l’argent qui ne sera pas payé en salaire et qui ne sera pas dépensé en consommation.

Le blog financier Wolf Street publie aujourd’hui des graphiques édifiants sur le niveau de dette privée rapporté aux PIB.

Considérez le PIB comme le chiffre d’affaires potentiel sur lequel la dette contractée peut se rembourser. Mais gardez présent à l’esprit qu’un chiffre d’affaires n’implique pas nécessairement des bénéfices.

Par exemple, les activités contrôlées par l’Etat ne sont pas lucratives et certaines entreprises ne sont pas profitables. Dans un système capitaliste sain, ces entreprises disparaîtraient rapidement mais avec le créditisme, les zombies survivent.

Voici maintenant les graphiques publiés par Wolf Street :

Etats-Unis : endettement du secteur privé

Les ménages et les entreprises américaines sont moins endettés qu’en 2008, mais la tendance se renverse depuis 2015 ; la dette augmente à nouveau plus vite que le PIB depuis deux ans.

Zone Euro : endettement du secteur privé

Dans la Zone euro, l’endettement privé reste à peu près constant depuis la crise financière et est légèrement supérieur à celui des Américains. Environ 1 000 Mds€ de créances douteuses plombent les banques européennes.

Japon : endettement du secteur privé

Au Japon, la tendance au désendettement s’est interrompue depuis 2016 (la dette privée atteignait 220% du PIB en 1992).

Chine:endettement du secteur privé

En Chine, la croissance de l’endettement privé est explosive.

Canada : endettement du secteur privé

Au Canada, ce sont les ménages confrontés à une gigantesque bulle immobilière qui font exploser le compteur.

Partout dans le monde, les remboursements des prêts déjà contractés prélèvent de plus en plus d’argent sur la production existante.

Ce surendettement empêche toute croissance et étouffe le développement de nouvelles activités économiques profitables.

Titre de L’Usine Nouvelle de ce matin :

Tesla

8 000 $ par minute, soit 11,5 M$ par jour ! Tesla a émis une obligation de 1,8 Md$ en août. L’argent sera englouti en 156 jours, soit fin janvier 2018.

Qui va acheter ces modèles neufs et coûteux ? Les Américains en proie à une bulle de crédit automobile subprime ? Les Européens et les Japonais vieillissants et soumis à une forte pression fiscale ? Rappelons que la plupart des voitures s’achètent à crédit…

Et si le Model 3 ne se vend pas ? Les porteurs d’obligation porteront-ils plainte ?

Mais comptez sur la diligence de nos banquiers centraux et de nos politiciens pour sauver le créditisme et ses zombies. On ne mord pas la main qui vous nourrit. [NDLR : Vous souhaitez mettre votre épargne au service de l’économie réelle et retrouver rendement et plus-value ? Découvrez ici comment investir dans des entreprises profitables avant les investisseurs ‘ordinaires’ et dégager des plus-values hors norme. La porte de ce cercle d’investissement privé est ici.]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

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