Le Dow à 50 000 points ! Et pourquoi pas ?!

Rédigé le 22 septembre 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

La Fed fait semblant de vouloir normaliser sa politique monétaire mais la normale n’est plus supportable. Au premier signe de crise financière, la Fed reviendra en arrière.

Nous avons pris le ferry pour regagner le continent après avoir séjourné sur l’Île d’Yeu. Dans nos bagages, nous avons ramené deux chatons.

Ils allaient être noyés si personne ne les récupérait.

Elizabeth a proposé de les adopter.

L’un deux est sorti de sa caisse alors que nous roulions en direction de la maison. Ce matin, traumatisé, il se cache encore quelque part dans la camionnette.

Mais maintenant, nous voilà de retour chez nous et au travail. Nous relions les données du mieux que nous le pouvons. Aujourd’hui, nous en avons de nouvelles à exploiter.

La responsable de la Fed, Janet Yellen a fourni quelques orientations (guidance), mercredi 20 septembre. Selon Bloomberg :

« ‘Nous prévoyons toujours que la croissance continue de l’économie justifiera des relèvements progressifs de taux’, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse suivant la réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) [le comité qui fixe les taux, à la Fed] au cours de laquelle il avait été annoncé que la Fed se préparait à réduire ses investissements obligataires dès le mois prochain.

Comme prévu, le taux des Federal Funds [le taux auxquels les banques se prêtent de l’argent à court terme… et le taux de référence pour toute l’économie] a été maintenu entre 1% et 1,25%. »

A La Chronique, nous pensons que Mme Yellen ne reviendra jamais de son plein gré à des taux d’intérêt normaux.

Lorsque la normale n’est plus tolérable…

Notre économie fonctionne avec de l’argent falsifié, prêté à des taux bidon. Ses investisseurs, entreprises, consommateurs, gouvernement et initiés du Deep State, se sont tous adaptés à cette imposture.

Notre économie ne tolère pas la réalité, désormais. Si jamais nous devions rétablir l’argent réel, épargné par de véritables personnes et prêté moyennant des taux réels, « découverts » par le marché… la fête serait finie.

Mme Yellen est passée en mode relèvement des taux au cours de ces deux dernières années.

Cette année, la Fed a relevé ses taux de 50 points de base (la moitié d’un point de pourcentage).

A ce rythme, nous aurons des taux à 4% en 2023.

Bien entendu, cela ne se produira que si rien ne tourne mal : s’il ne pleut pas… si Dieu le veut… et si l’économie ne s’enrhume pas. Sinon, la Fed changera d’avis.

Mais attendez… le message de Mme Yellen ne s’arrêtait pas là. La Fed va commencer à « normaliser son bilan », aussi.

Vous vous souvenez de toutes ces obligations qu’elle a achetées dans le cadre de son QE (« assouplissement quantitatif ») – 3 600 Mds$ – pour enrichir ses compères du monde de l’économie financière ?

Eh bien à présent, elle dit qu’elle va les revendre sur les marchés… ou simplement les laisser arriver à maturité et expirer.

Holà !

Nous savons ce qui s’est produit lorsque la Fed – et d’autres banques centrales – ont acheté ces obligations. Les actions ont triplé (le Dow est passé de 7 000 à 21 000 points).

Que va-t-il se passer lorsque la Fed commencera à se débarrasser de ces obligations sur le marché ?

Nous l’ignorons… mais nous n’avons pas envie d’en détenir un grand nombre au moment où nous le découvrirons. [NDLR : les marchés obligataires risquent d’être secoués et les marchés actions suivront. Ne restez pas seul : recevez un e-mail par jour de notre spécialiste, suivez ses instructions et enchaînez les gains en profitant de la volatilité. Essayez ce service gratuitement durant deux semaines en cliquant ici.]

Attendez encore… vous ne pensez pas réellement que la Fed va normaliser son bilan – et cesser le QE – n’est-ce pas ?

Personnellement, nous ne le pensons pas.

Sa déclaration nous indique qu’elle a l’intention de commencer progressivement. A tout petits pas… de 10 Mds$ par mois.

Alors voyons… Cela représente 120 Mds$ par an. A ce rythme, combien de temps faudra-t-il pour revenir à « la normale » ?

Plus de 20 ans !

Le Dow à 50 000 points !

Mais comme nous sommes de retour à la maison… à la recherche de bouts de papier et de notes éparpillées sur notre bureau… essayons de remettre de l’ordre dans tout cela.

L’un de nos fidèles lecteurs a suggéré quelque chose qu’il a appelé la Doctrine Bonner : une sorte de cartographie. Une représentation graphique de données statistiques utilisant des couleurs pour donner un aspect visuel plus facile à saisir qu’un tableau de chiffres et illustrant certains liens que nous avons établis entre nos données. Voici ce qu’il écrit :

« Voici comment je résume vos principaux points :

  1. Les Autrichiens [une école d’économistes qui pense que l’on ne peut leurrer une économie avec du crédit bidon et/ou de l’argent papier] ont raison. Pour le nier, il faudrait suspendre la réalité et croire que la dette et le papier représentent de la richesse et qu’ils la multiplient.
  2. La valorisation actuelle des actions se base essentiellement sur des taux bas. Même les détracteurs de la Doctrine Bonner l’admettent, lorsqu’ils affirment : ‘eh bien, dans le contexte actuel des taux bas, les actions sont correctement évaluées, voire sous-évaluées’. Ou lorsqu’ils l’expriment plus simplement : ‘comparées aux obligations, les actions ne sont pas chères’.
  3. Les principales banques centrales ne peuvent pas énormément relever les taux. Les gouvernements de ce monde, avec son système financier post-1971, ne peuvent le supporter. »

Jusqu’ici, tout va bien. Puis notre fidèle lecteur relie des données qui lui sont propres et tire la conclusion suivante :

« Collectivement, le résultat… c’est la ‘reflation’. Comme nous le savons l’un et l’autre, toutefois, c’est la ‘reflation’ qui fera exploser le cadre actuel ! »

Oui, la reflation arrive. Et oui, notre économie ne peut tolérer des taux d’intérêt/d’inflation plus élevés.

Mais comment cela va-t-il arriver ? Et quand ?

Nous aimerions bien le savoir.

Nous pensons qu’au premier signe de crise financière, l’Etat arrêtera de faire semblant de revenir à la normale.

Et alors – sans un Paul Volcker à la Fed… sans plafond de la dette imposé au Congrès… et sans un président qui tient les lignes à la Maison Blanche – il n’y aura plus de limites.

Un Dow à 50 000 points ! Et pourquoi pas ?!

Mais entre temps, quelques chocs épouvantables et calamiteux pourraient bien se produire.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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