Donald Trump a trouvé son prochain bouc émissaire

Rédigé le 12 octobre 2018 par | actu géopolitique, Banques Centrales, Dette, Indices, marches actions, strategies Imprimer

Le boom économique de ces dernières années a été acheté à crédit avec des taux maintenus artificiellement bas. Le coupable d’une future récession est désigné d’avance.

Nous avons vu le passé, le présent et le futur… trébuchant les uns sur les autres.

Ont défilé les erreurs de ces 20 dernières années — financées par des milliers de milliards de dollars d’argent factice, injectés dans les marchés par les banques centrales du monde entier.

Les gros titres, cependant, ont ignoré le passé pour se pencher sur le présent : les marchés sont tous passés au rouge.

Et puis il y avait l’avenir… et Donald Trump pour nous expliquer ce qui se passe :

« En fait, c’est une correction que nous attendons depuis très longtemps, mais je ne suis vraiment pas d’accord avec ce que fait la Fed…

 Je pense que la Fed est devenue folle…

 Le problème [qui fait chuter les marchés] selon moi, c’est le Trésor et la Fed. La Fed devient dingo et ils n’ont aucune raison de le faire. Je ne suis pas content. »

 Trump agit lui aussi. Il pointe du doigt la Fed, se préparant à en faire un bouc émissaire, pendant qu’il met sur pied toute une nouvelle série de « relances » insensées permettant de fausser les marchés et de repousser à plus tard le moment de rendre des comptes.

[NDLR : Notre spécialiste de la macroéconomie américaine Jim Rickards pense que l’élite mondiale nous emmène à la ruine. Il en donne les raisons dans son livre que vous pouvez vous procurer ici et surtout, il vous explique comment tirer votre épingle du jeu.]

Une expansion frauduleuse achetée avec 250 000 milliards de dollars de dettes mondiales

Commençons par le Dow Jones. Sa dégringolade marque-t-elle le début de la fin du boom ?

Nous n’en savons rien, et cela n’a guère d’importance : ce que nous nous savons, en revanche, c’est que la fin est proche. Les expansions ne finissent pas par manquer d’argent ; elles finissent par manquer de temps. Or le temps ne peut pas être falsifié, étiré ou « imprimé » par la Fed.

Même une expansion saine — nourrie par une augmentation de la production, des ventes, des revenus et des profits — finit par se retrouver à court de temps. Les erreurs s’accumulent. Elles doivent être corrigées.

Sauf que cela n’a jamais été une expansion « saine » : elle a été financée en dépouillant l’avenir. C’est-à-dire qu’elle a été rendue possible par quelque 250 000 milliards de dollars de dette mondiale, empruntés à des taux d’intérêt artificiellement bas.

L’argent factice et les taux factices ont produit un boom factice ; les prix des actions boursières ont pris le mors aux dents tandis que les revenus chutaient dans l’économie réelle.

Voici la réalité selon le site The Hill :

« Près de deux tiers des Américains interrogés affirment qu’ils n’ont pas vu d’augmentation de leur salaire net suite à la loi de réforme fiscale républicaine l’an dernier, selon un nouveau sondage.

 Un sondage Gallup publié mercredi montre que 64% des sondés affirment n’avoir pas vu d’augmentation de leur salaire net suite à la réduction de l’impôt fédéral sur le revenu. Cette conclusion est identique aux résultats du sondage Gallup de février/mars, réalisé peu de temps après que les modifications fiscales ont été mises en place ».

 Le boom, en d’autres termes, est une fraude.

Il a été acheté et payé avec 4 000 milliards de dollars d’argent factice créé par la Fed… et un total de 20 000 milliards de dollars environ de la part des banques centrales du reste de la planète ces 20 dernières années.

Une réduction d’impôts frauduleuse

La réduction d’impôts était elle aussi frauduleuse. Sans réduction des dépenses, cette perte de recettes fiscales devait bien venir de quelque part…

L’argent dépensé pour « stimuler » l’économie aujourd’hui a été pris sur les recettes fiscales et doit être couvert par des prêts — à rembourser demain. Ces emprunts supplémentaires ont fait grimper les taux d’intérêt, qui menacent désormais tout ce clinquant édifice.

Hier, aujourd’hui et demain se rencontrent sur le marché du crédit. L’épargne d’hier (en théorie) est prêtée aux taux d’aujourd’hui, pour être remboursée avec les revenus de demain.

A mesure qu’augmente le poids de la dette d’hier… et que les attentes de revenus de demain déclinent… les taux d’intérêt perdent la boule.

Après 36 ans de baisse des rendements et de hausse des prix obligataires, le rendement des T-Bonds a rebondi de ses plus bas en 2016. Aujourd’hui, le rendement de référence — le T-Bond à 10 ans — est supérieur de près de 200 points de base à son plancher.

C’est un monde nouveau pour la plupart des gens. Les Américains n’ont pas connu de vrai marché baissier de l’obligataire depuis 1980. En d’autres termes, une génération entière a grandi dans un monde factice de taux en baisse, comme si le crédit facile était une réalité de la vie — comme la gravité et les fouilles au corps dans les aéroports.

La gravité est réelle. Les marchés baissiers obligataires aussi. La baisse des taux, elle, n’est réelle que depuis 38 ans. Avant cela, les taux d’intérêt grimpaient !

Le dernier marché baissier obligataire a duré de 1946 à 1980 — à peu près une génération. Lorsqu’il a pris fin, on pouvait acheter tout le Dow pour une seule once d’or… et six fois les revenus. Les taux hypothécaires dépassaient les 12%… et la Fed avait remonté son taux directeur à 20%.

En deux mots, si ce nouveau marché baissier obligataire se déroulait comme prévu, ce serait l’enfer.

On pourrait par exemple s’attendre à voir le Dow à 10 000 points ou moins… les prix de l’immobilier divisés par deux… et jusqu’à 30 000 milliards de dollars d’ersatz de richesse américaine partis en fumée.

Mais rappelez-vous, nous avons aperçu l’avenir, en plus du passé et du présent. L’équipe Trump se prépare déjà à intervenir — avec la complicité du Congrès et de la Fed — pour empêcher cette baisse de l’obligataire.

Ils étoufferont plutôt la correction… et rendront les choses bien, bien pires.

 

 

Mots clé : - -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Donald Trump a trouvé son prochain bouc émissaire”

  1. Le boum, c’est lui.
    La chute, c’est elle, la FED.

    Il ose tout et n’a peur de rien (la FED aussi remarque).

Laissez un commentaire