Donald Trump : la première « marque » présidentielle

Rédigé le 20 octobre 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Politique et vie quotidienne Imprimer

La Maison Blanche se désintéresse des détails du législatif et se concentre sur la promotion de la « marque » Trump.

Les médias peinent à dépeindre Donald Trump.

Les calomnies contre le président ne sont parfois que des potins futiles. A d’autres moments, l’ampleur du crime est grandement sous-évaluée.

Une dépêche dira qu’il a « manqué de respect » à un soldat décédé. Une autre dira qu’il « pense qu’il possède un Renoir ».

Il fait bombarder un camp militaire en Syrie (pays contre lequel nous ne sommes pas en guerre) parce qu’il pense que ce gouvernement a gazé ses propres citoyens (ce qui s’est avéré faux).

Une marque en chair et en os

Comme nous l’écrivions hier, la Maison Blanche est – à peine – dirigée, mais ce n’est non pas par un parti, une idéologie… ou même par un bipède un tant soit peu cohérent.

La Maison Blanche abrite une marque de chair et d’os en la personne de Donald J. Trump président-élu.

La signification de tout ceci doit être mise en perspective afin de lui donner de la clarté – comme si on mettait une religieuse devant une maison close.

Nous procédons de la sorte en espérant mieux nous représenter les points communs qui relient Trump, le Deep State, le gouvernement américain en pleine évolution et son système monétaire surréaliste.

Commençons par l’actualité…

En ce moment, l’un des faits marquants est l’échec de la dernière tentative du gouvernement pour abroger et remplacer l’Obamacare. Dans The Hill : « 24 heures plus tard, l’accord sur la santé est réduit à néant ».

Quel était cet accord ? Qui en aurait bénéficié ? Aux dépens de qui ?

Les Etats ? Les compagnies d’assurances ? La victime d’une longue maladie ? Le jeune ? Le vieillard ?

Nos chaleureuses félicitations et sincères condoléances à tous ceux qui ont pris le temps de résoudre ces problèmes… si une telle chose est possible. Ici, à La Chronique Agora, nous avons commencé par lire l’actualité, aussi ignorants que nous pouvions l’être au moment de nous plonger dans toute cette histoire.

Sans des heures et des heures d’études attentives, de méditation profonde et de révélations divines, vous ne pouvez comprendre ce dont on parle.

Dégoulinant de la vase du marigot de Washington

Pour chaque code postal peuplé de gens qui n’en ont pas la moindre idée, il existe dans la région de Washington DC une poignée d’initiés qui savaient pertinemment combien d’argent ils allaient en tirer.

Par exemple, il était prévu que 110 M$ soient alloués à un programme de publicité pour encourager les gens à obtenir quelque chose contre rien de la part du gouvernement fédéral, comme si des encouragements étaient nécessaires.

Selon notre expérience du commerce, la plupart des publicités sont vraisemblablement un gâchis d’argent. Faire la publicité – sans objectifs clairs et sans retour sur investissement défini – revient à mettre de l’argent directement dans les poches des médias…

Mercredi matin, il y avait plus d’un attaché de presse qui attendait avec impatience de mettre la main sur cet argent ; très probablement, il avait déjà versé un acompte pour l’achat d’une nouvelle maison à Chevy Chase et un paiement anticipé pour la scolarité de son fils à Tufts.

Une certitude : pour le citoyen moyen, il est impossible de savoir ce que le gouvernement mijote. Seuls les initiés, les lobbyistes et les créatures du marigot le savent.

Mais allons plus loin, le Congrès ne peut pas le savoir non plus.

D’où vient donc ce chiffre de 110 M$ ? Pourquoi 110 M$ et non 120 M$ ? Quelle différence cela ferait-il ?

Que s’est-il passé dans l’ambiance feutrée du Sénat. Qui obtiendrait cet argent ? Pour quoi ? A quoi servirait-il ?

Pas un seul membre du Congrès ne le sait.

Si on le demandait, une sorte « d’expert » dégoulinant de vase du marigot se glisserait vers un micro et justifierait le tout.

Solennellement, il déclarerait que sans cela, tous les démons de l’enfer se déchaîneraient sur nous et toute la civilisation occidentale serait en danger. Plus tard, il compterait son argent, installé dans une petite alcôve du Capital Grille.

Larcin en libre-service

Vous pensez peut-être que c’est le caractère banal de ces 110 M$ de budget publicitaire qui fait que cela échappe à l’attention ?

Vous me direz que les grands programmes sont certainement examinés en profondeur par les représentants du peuple ?

Mais vous auriez tort…

Rappelons qu’aucun membre du Congrès n’a seulement pris la peine de lire l’Obama Care, alors même que cela touche près d’un sixième de l’économie américaine.

Comme Nancy Pelosi, l’ancienne présidente de Chambre, le disait à l’époque : « il nous faut adopter le projet de loi afin que vous puissiez apprécier ce qu’il contient… ».

Le projet de loi a été dûment adopté. Sept ans plus tard, nous ne savons toujours pas exactement ce qu’il contient. Dans cette perspective, nous lisons un autre point d’actualité dans le Los Angeles Times :

« Pour éviter une paralysie financière du gouvernement, le président Trump occupe le terrain – intentionnellement ou non – avec des semaines de marchandages brouillons qui pourraient aboutir à une impasse en fin d’année. […] Ses revirements sur des questions clés ont laissé les législateurs incapables de se fier à la Maison Blanche et incertains quant à la résolution d’épineux différends politiques. »

Alors que voyons-nous ?

Le pouvoir exécutif, avec une certaine sagesse peut-être, se sent incapable et se désintéresse des détails de la législation, tout occupé qu’il est à distraire les électeurs.

Or, il est facile d’induire les électeurs en erreur, de les mettre dans la confusion. Et puis… ils sont trop occupés à suivre leurs profils Facebook pour se tenir au courant de ce qui se passe réellement.

Le pouvoir législatif ne peut pas non plus gérer avec minutie des programmes complexes, ou résoudre les nombreux conflits entre le baratin idéologique et le larcin programmé.

Où cela nous mène-t-il ?

Qui gouverne réellement ? Quel genre de gouvernement est-ce ? Quel est le lien avec le monde de l’argent, notre principale préoccupation à La Chronique ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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