Une distraction de plus de la part du Deep State

Rédigé le 24 septembre 2018 par | Deep State Imprimer

Les journaux américains sont pleins de bruits et de fureur au sujet de Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême et accusé d’agression sexuelle. Des faits qui remonteraient au début des années 1980… mais qui ont déclenché un tollé — un tollé du plus pur style washingtonien, époque 2018.

Nous n’avons jamais rencontré M. Kavanaugh, pas plus que nous n’avons suivi sa carrière ou examiné ses décisions juridiques.

Mais nous avons déjà été dans une chambre à coucher… et nous avons eu 17 ans : si tous les fonctionnaires étaient disqualifiés sur la base de ce qu’ils ont fait durant leurs années de lycée, il ne resterait plus grand monde à Washington.

Comment ne pas remarquer ce qui se passe vraiment

 Nous avons aussi passé trois ans à l’université de droit Georgetown, auprès de certains des plus grands spécialistes juridiques du pays.

Pour commencer, les juges de la Cour suprême américaine ne sont pas des saints. Ils sont tout aussi susceptibles de succomber aux mythes, aux mystères et à l’influence du groupe que le reste d’entre nous

Deuxièmement, quiconque espère que Brett Kavanaugh ou la Cour suprême va faire des changements notables — s’attaquer au Deep State… ou drainer le Marigot — va être déçu.

La Cour suprême ne se situe pas sur l’Olympe… mais au beau milieu du Marigot. Elle est importante pour ses habitants parce qu’elle peut changer l’équilibre du pouvoir entre une faction et une autre.

Cependant, elle n’a jamais menacé le Marigot lui-même depuis 1937. A l’époque, Franklin Roosevelt avait proposé de « bourrer » la Cour de juges favorables à sa cause si elle se mettait en travers du chemin du New Deal ; la Cour suprême céda rapidement.

A présent, dans le brouhaha qui entoure la nomination de Brett Kavanaugh, les Etats-Unis ont gâché une quantité encore plus grande de leur ressource la plus précieuse — leur temps.

L’affaire Kavanaugh pourrait mobiliser jusqu’à 100 millions d’heures du public américain… et l’aider à ne pas remarquer ce qui se passe vraiment.

Au cours du dernier demi-siècle, les autorités ont saisi, gaspillé et mal alloué une part croissante de notre temps.

Nous avons vu vendredi que le travailleur américain moyen doit passer environ deux fois plus de temps aujourd’hui qu’en 1971 pour gagner de quoi financer sa maison et sa camionnette.

Nous avons vu aussi que l’arrivée d’un milliard de nouvelles personnes dans le bassin de main-d’œuvre mondial aurait dû réduire les coûts, augmentant ainsi son salaire réel. Mais l’immobilier n’est pas importé… de sorte qu’il a échappé à la concurrence.

Ce à quoi il n’a pas échappé, en revanche, c’est à la réglementation régissant la construction et le travail. Les prix des maisons ont plus que doublé en termes réels, tandis que les salaires réels restaient les mêmes.

Quant aux camionnettes, nous nous sommes toujours posé la question. En Amérique du Sud, nous conduisons une petite Amarok, fabriquée par Volkswagen. C’est l’une des nombreuses camionnettes légères et relativement peu coûteuses que l’on peut trouver aux Etats-Unis.

Pourquoi pas ?

Mais les autorités américaines ont imposé une taxe douanière de 25% sur les véhicules importés, éliminant dans les faits les importations bon marché.

Votre ressource ultime qui est consumée par le gouvernement

 La Tax Foundation, un think tank, a calculé que l’Américain moyen doit travailler du 1er janvier au 24 avril pour payer ce qu’il doit au gouvernement — et ce n’est là que le coût direct. Il faut rajouter à cela 96 000 pages de réglementations — chacune demandant du temps et de l’attention.

Peu de politiciens sont prêts à voter des augmentations d’impôts pour couvrir les coûts du gouvernement, si bien qu’ils sont passés à des moyens plus indirects — la réglementation et la dette, principalement.

Aujourd’hui, toute transaction, ou presque, implique une surveillance, un contrôle ou des paperasses de la part des autorités. Et tout cela prend du temps.

C’est le temps — et non le pétrole, l’or ou l’eau — qui est notre ressource ultime. A mesure qu’il est volé, gaspillé et dilapidé… il en va de même pour nos vies.

La dette consomme elle aussi du temps…

L’Américain moyen travaille 19 heures par mois pour financer sa camionnette… et 92 heures par mois pour sa maison. Si l’on se base sur les chiffres de la Tax Foundation… il travaille en plus 53 heures mensuelles pour financer les autorités.

Mais les Américains ne semblent rien remarquer. Ils se rangent sagement en file dans les aéroports — même si la menace est très limitée — pour être scannés et fouillés.

Ils remplissent des formulaires. Ils votent… et dénoncent leurs vieux amis trois décennies après les faits.

Les Américains sont hypnotisés, distraits et captivés… tandis que leur temps leur est enlevé.

Voilà comment tout cela est lié : l’affaire Kavanaugh peut être considérée comme du divertissement — une perte de temps et une diversion.

L’affrontement entre les diverses factions autour de cette affaire ne concerne que le Marigot. Aucune de ces factions n’irait réduire le pouvoir du Marigot lui-même… ou menacer l’élite bien installée qui le gère.

[NDLR : Un danger bien réel pèse cependant sur les autorités américaines — et ce sont les élites internationales qui en sont à l’origine. Bonne nouvelle : vous pouvez transformer cette menace en opportunité de gains… Tout est expliqué ici.]

Que M. Kavanaugh se retrouve à la Cour suprême ou non… il n’y aura pas de changement significatif dans la direction du pays.

Certes, il y a différentes factions au sein du Marigot — de petites îles infestées par des gens qui se soucient du changement climatique ou des inégalités… et de profondes tranchées sombres où les montres veulent mettre en place un Etat électronique totalitaire qui contrôle chaque aspect de votre vie en utilisant des algorithmes adossés à des mitrailleuses.

Les factions s’affrontent. Mais ce qu’elles partagent est plus important que ce pour quoi elles se disputent…

Toutes cherchent à transférer le pouvoir, le prestige et l’argent des citoyens vers elles-mêmes.

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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2 commentaires pour “Une distraction de plus de la part du Deep State”

  1. Bonjour,

    Nous avons la même chose en France : l’affaire Benalla
    Un type qui bosse dans la sécurité du président, mais qui met des casques de police et des brassards, alors qu’il n’en a pas le droit.
    Le genre d’affaire qui ne mérite pas 3 lignes dans un magazine d’actu Disney.
    « certes, c’est ridicule. Mais le président l’a couvert… et c’est grave ! »
    Le président a donc couvert une affaire ridicule… et c’est grave.

    Tout le temps consacré à cette affaire !
    Si le temps est ce qu’on a de plus précieux, on balance du caviars à des cochons avec cette affaire-là.

    Si au moins l’usurpation de la panoplie de police était mêlé à une affaire de sex : ce serait distrayant.
    Aux US, c’est une affaire de sex… c’est toujours ça de pris.

    En attendant :
    Aucune commission parlementaire/sénatoriale sur la secu en ruine
    Aucune commission parlementaire/sénatoriale sur l’utilité d’un smic qui tue nos industrie/emploi
    Aucune commission parlementaire/sénatoriale sur la dette qui va nous tuer, les déficits…
    Etc…

  2. Djamel : je vous applaudie derrière mon écran 😉

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