Des devises de plus en plus factices

Rédigé le 19 décembre 2016 par | Bill Bonner, Cash - Cashless Imprimer

L’un de nos frères est agent immobilier en Virginie. La semaine dernière, il accueillait un groupe de visiteurs chinois.

« Que font les Chinois dans la campagne virginienne ? » nous sommes-nous demandé.

La réponse était dans le New York Times. Il s’agit…

« … d’une partie de l’exode de richesse quittant le pays, les citoyens de Chine cherchant à se diversifier durant une période d’inquiétude sur le ralentissement de l’économie et les défis croissants du pays en matière politique et sociale. Mais la Chine restreint sévèrement le flux d’argent hors du pays »…

Désastre monétaire

On dirait que tout le monde veut se débarrasser de sa propre devise pour se positionner sur une autre — en particulier le dollar.

Une bonne partie de cet argent réfugié termine dans l’immobilier. Contrairement aux banquiers, les agents immobiliers ne posent pas de question. « Montrez-moi l’argent », c’est tout ce qu’ils disent.

Manhattan, Los Angeles, Miami et San Francisco — et même la Virginie — sont rachetés par des étrangers souhaitant se protéger de leur propre argent factice.

Parallèlement, un ami en Inde commente la récente décision du gouvernement du pays d’interdire les gros billets :

« Que se passe-t-il lorsqu’on retire 86% de la devise dans une économie où le cash représente plus de 90% de toutes les transactions ?

Où des centaines de millions de gens n’ont pas accès aux cartes de crédit ou de débit, et n’ont jamais possédé de smartphone — ou ne sont pas assez alphabétisés pour utiliser ces ‘objets essentiels de la vie moderne’ ?

Et comment mesurer la perte de productivité de 100 millions de personnes, selon les estimations, faisant la queue pendant 55 jours pour changer un total de 25 milliards de morceaux de papier ? »…

Que se passe-t-il ? Un désastre monétaire. Exactement ce qui est en train de se produire en Inde actuellement.
[NDLR : Comment mettre à profit la guerre des devises qui se déroule actuellement sous nos yeux ? Des gains de 530% en moins de huit mois sur un mouvement du dollar ou encore de 848% sur l’euro sont possibles… grâce à IMPACT, un système exclusif : cliquez ici pour le découvrir dès aujourd’hui.]

Le plus incroyable, c’est que l’Indien moyen semble convaincu que c’est pour son bien. Il pense que l’interdiction a pour but de gêner les criminels — sans se rendre compte que c’est lui qui est le plus gêné !

Des devises en voie d’extinction

Notre ami nous rappelle une phrase attribuée à Mark Twain : « il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés ».

Le président vénézuélien Nicolás Maduro dit à ses compatriotes qu’il confisque aux « fraudeurs et [aux] mafiosi » les « fruits » de leur racket.

Comment ?

En les privant (ainsi que le reste de la population) de la devise au rebut du pays, le bolivar. Maduro a retiré de la circulation la moitié des billets du Venezuela.

Les bolivars étaient de toute façon en voie d’extinction, grâce à l’habitude des federales d’imprimer des billets comme on distribue des exemplaires de La Tour de Garde.

A présent, les billets de Monopoly du Venezuela perdent la moitié de leur valeur tous les 17 jours, mettant le bolivar dans la catégorie « hyperinflation ».

Et les autorités vénézuéliennes affirment que ce sont les criminels qui les stockent !

Une fois encore, il est stupéfiant de voir ce que les gens peuvent croire et supporter. Les Vénézuéliens passent déjà jusqu’à six heures devant les distributeurs ou le guichet de leur banque pour obtenir assez de cash pour faire leurs courses quotidiennes.

Evidemment, les DAB surchauffent et tombent en panne — quand ils ne se retrouvent tout simplement pas à court de billets.

Sabotage économique ?

Du côté de l’Anatolie, le président turc Recep Erdoğan a peu goûté la tentative de coup militaire de juillet dernier.

Désormais échaudé, il craint l’eau froide. « Quelqu’un tente de mettre ce pays à genoux par le sabotage économique », affirme-t-il.

Tout comme au Venezuela, les saboteurs semblent très pressés de se débarrasser de l’argent factice de la nation. Erdoğan a une suggestion à faire : « pour ceux qui ont des devises étrangères sous l’oreiller, venez les changer en or… venez les changez en livre turque ».

Nous ne sommes pas certain de la plaisanterie qu’il est en train de faire… mais nous serions méfiants à l’idée de nous montrer avec une belle pile de billets verts.

Enfin, en Italie, les électeurs ont rejeté les réformes constitutionnelles proposées par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, pro-Union européenne.

Suite à sa défaite lors du référendum, Renzi a démissionné. Et Beppe Grillo, comédien devenu politicien et dirigeant du mouvement populiste Cinque Stelle, affirme que l’Italie a besoin de deux devises factices, non une seule.

Il s’en tiendrait à l’euro pour les transactions à l’étranger et créerait une nouvelle devise nationale pour arnaquer les locaux.

Où est-ce que tout ça nous mène ?

Mots clé :

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Des devises de plus en plus factices”

  1. Le Bitcoin est à 810 dollars et 785 euros, et il continue de monter 😉

Laissez un commentaire