Bien mal acquis ne profite pas aux Etats-Unis

Rédigé le 4 octobre 2018 par | Richesse Imprimer

En faussant les prix du temps et de l’argent, on altère toutes les valeurs, y compris les valeurs sociales.

L’Indice Dow Jones Industrial Average progresse. Selon CNBC :

« Le facteur de risque le plus élevé [sur le marché], c’est une guerre commerciale, et nous avons un peu calmé le jeu », a déclaré Mike Bailey, directeur des analyses, chez FBB Capital Partners. Bailey a remarqué, toutefois, que le marché pourrait bien grimper trop haut, et trop vite, en ce moment. « Je ne dis pas qu’il va y avoir une correction majeure ou bien un marché baissier, mais je pense que nous nous emballons un peu, là ».

Nous avons également lu un article de notre vieil ami Mark Hulbert. Il signale que ne pas trop perdre a plus d’importance que gagner gros :

… Battre le S&P 500 (SPX) en période de marché baissier est bien plus important que le faire en période de marché haussier, et ce pour deux raisons. La première est mathématique : de grosses pertes exigent des gains encore plus importants, pour être surmontées, et à un certain stade, les gains exigés sont si importants qu’ils deviennent improbables. Donc, si vous êtes à la traîne en période de marché baissier, vous devez battre considérablement le S&P 500 en période de marché haussier, pour être gagnant sur le long terme. […]

La seconde raison expliquant pourquoi il est important de limiter les pertes sur un marché baissier est comportementale : rares sont les investisseurs capables de tolérer de grosses pertes sur un marché baissier. Trop souvent, les investisseurs finissent par jeter l’éponge aux derniers stades du marché baissier, et passent à côté de la reprise du marché.

Autrement dit, si vous êtes resté sur le marché actions jusqu’à présent, vous pouvez vous féliciter des gains que vous avez réalisés (et oublier que nous vous avons conseillé d’en sortir il y a longtemps).

Mais il vaut probablement mieux sortir du marché actions, à présent. Une seule perte énorme anéantira une multitude de petits gains.

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La fatalité de l’argent non gagné

Comme l’a dit le gagnant du loto, Jim Hayes, l’argent non gagné « peut réellement vous pourrir la vie ».

Hayes avait gagné 19 M$ au loto. Ce gardien de sécurité s’est engagé consciencieusement à le dépenser avec précaution. Mais en quelques semaines à peine, il s’est lancé dans un tourbillon de drogue, d’alcool et de grosses dépenses.

Ensuite, lorsqu’il n’a plus eu d’argent, il s’est mis à braquer des banques pour prolonger le faste. Aujourd’hui, il est en prison, où il médite sur sa chance. S’il n’y avait pas eu la prison, dit-il, il serait mort d’une overdose.

Mais pour les initiés de l’Amérique, l’élite, les compères et les apparatchiks du Deep State, pas la peine de soulever un coussin de fauteuil, dans un hôtel, pour trouver 19 misérables millions de dollars.

Ils ont obtenu 4 000 Mds$ : injectés dans le marché obligataire par la Fed, pour engraisser toute la structure financière. Et maintenant, repus et fringants, la dernière chose qu’ils souhaitent, c’est que le public remarque le vol à l’origine de leur coup de chance… Ou bien qu’il y mette un terme.

La semaine dernière et cette semaine, le visage hideux de l’élite privilégiée et pleurnicharde a été étalé… Sans admettre l’injustice fondamentale qu’elle a provoquée, ni y remédier. Antagonistes, protagonistes et voyeurs… On dirait qu’ils ont tous fait baisser le pays d’un cran.

Mais peut-être que quelque chose de bon pourrait en sortir… Car ils ont certainement contribué à révéler la vanité égocentrique et pervertie de l’élite de l’Amérique.

Et peut-être allons-nous mieux cerner comment c’est arrivé : c’est-à-dire comment l’argent falsifié a détourné le regard des Américains vers des absurdités insignifiantes.

Quand l’argent « fout le camp », tout « fout le camp ».

Montrez-nous un pays qui a dévalué sa monnaie et nous vous montrerons comment la perversion s’y est infiltrée dans tous les aspects de la vie publique, tel un égout qui déborde.

En Allemagne, pendant l’hyperinflation de la République de Weimar, par exemple, les professeurs d’université ont été réduits à faire les poubelles, pour trouver à manger… et les jolies filles de bonnes familles vendaient leur corps au coin des rues, pour quelques dollars américains.

Quand le prix de l’argent et le prix du temps sont faussés

L’argent mesure ce que valent les choses : notamment les deux choses les plus importantes au sein d’une économie moderne : le temps et l’argent lui-même.

Si vous falsifiez l’argent, tout se déforme et prend une nouvelle forme… Et tout le monde commence à porter des perruques et des fausses moustaches.

L’un affirme défendre la Constitution contre les Bolcheviks. Un autre affirme défendre le sexe faible contre ses violeurs répugnants. L’un affirme combattre le terrorisme. Un autre prétend qu’il stimule l’économie.

Ensuite, les gens n’ont aucun moyen de savoir ce qui se passe vraiment. Ils n’ont aucun moyen de faire la différence entre vauriens et héros. Ils n’arrivent pas à suivre la mêlée… ni à faire le lien entre l’argent falsifié de la Fed et le sentiment qu’on leur aurait joué un tour.

Ils ne peuvent pas prendre le temps, matériellement, de comprendre pourquoi les modèles d’équilibre général stochastiques de la Fed sont une imposture.

Que doit penser le citoyen moyen ? Que peut-il faire ?

Il se tourne vers l’arène et regarde les lions dévorer des chrétiens…

Il se tourne vers Facebook, où il peut voir les dernières photos de chatons…

Ou il se tourne vers Washington, où la fange est de plus en plus profonde, et où les coups sont de plus en plus bas.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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2 commentaires pour “Bien mal acquis ne profite pas aux Etats-Unis”

  1. Les 4000 milliards ont surtout servis à permettre au gouvernement de financer à bon compte les déficits entrainés par les dépenses sociales hors de contrôle et autres programmes gouvernementaux

  2. L’ Amérique est devenue depuis la guerre de Corée, une dictature militaire ! Comment faire naviguer sur toutes les mers de la planète 200 à 300 bateaux de guerre( pour intimider, espionner, bombarder) sans création de fausse monnaie ? Aucun pays au monde ne peut dégager des moyens financiers illimités pour garder son hégémonie mondiale. Le sionisme tout puissant a besoin de ce parapluie militaire pour aller vers la fin du monde…!

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