Dette souveraine : et vogue la galère... | La Chronique Agora


Dette souveraine : et vogue la galère…

Rédigé le 26 juillet 2011 par | Inflation, dettes et récession Imprimer

▪ En Europe ou aux Etats-Unis, la situation est à peu près la même. Les autorités peuvent renflouer qui elles veulent ; elles ont des planches à billets. Mais l’impression monétaire a un coût.

Les conservateurs américains ont peur que le pays soit acculé à la faillite… sauf s’ils reprennent le contrôle de la situation maintenant. A moins qu’ils n’aient simplement peur de voir Obama réélu. Ils ne savent pas quel résultat leur déplaît le plus.

Nous venons en plus d’apprendre que l’Allemagne a son propre Tea Party. Ces gens ne veulent absolument pas voir le crédit de l’Allemagne souillé par les politiciens irresponsables de pays comme la Grèce.

Donc, cher lecteur, c’est la politique qui a causé les problèmes — en dépensant plus que les gens ne peuvent se permettre de payer en impôts. Mais les politiciens semblent désormais dégainer marteaux et clés à molette en proposant de réparer tout ça.

Vont-ils y parvenir ?

Nous en doutons. Nous avons appris il y a des années de ça que peu importe ce que les gens disent… ou pensent. L’Histoire a sa propre opinion. Elle va où elle veut.

▪ Avez-vous remarqué que tous les principaux pays développés sont plus ou moins dans la même galère ? Ja, certaines embarcations tiennent mieux la mer que d’autres, en particulier le solide navire allemand. Mais tous prennent l’eau… et tous voguent dans la même direction.

A quoi est-ce dû ? Un pays ne pourrait-il avoir des idées radicalement différentes d’un autre ? Ne pourrait-on s’attendre à  ce qu’une nation ait des dirigeants capables et intelligents même si les autres sont menées par des crétins ?

Pourtant, avec l’exception éventuelle de ceux dont la langue maternelle est l’allemand, nous sommes tous dans la même galère. Des dettes de plus en plus lourdes. Des zombies de plus en plus nombreux. Et pas de lumière au bout du tunnel.

Pourquoi ? Parce que c’est l’Histoire qui mène la barque. Et non pas nous, en tant qu’êtres humains individuels, pensants, responsables et rationnels.

Rappelez-vous que les humains ne sont ni bons ni mauvais, mais soumis à influence. Sous l’effet de la démocratie populaire, des machines alimentées au pétrole et de l’Etat-Providence, quasiment tous les pays développés ont fait le même choix — la faillite.

Sous cet aspect, les Etats-Unis étaient exceptionnels eux aussi. Seuls les Etats-Unis avaient des prétentions impériales. Seuls les Etats-Unis se sont ruinés avec des dépenses sociales zombifiées… mais aussi avec des dépenses zombifiées habillées de kaki. Des bases militaires ont été maintenues en fonctionnement simplement parce qu’elles se trouvaient dans certains districts électoraux. Des armes ont été commandées seulement parce qu’elles créaient des emplois dans d’autres districts. Et partout autour du Capitole américain, des milliers de milliards de dollars ont été dépensés en consultants, en logiciels, en constructions — bref, à l’entretien des forces armées les plus grandes, les plus grosses, les plus molles, les mieux équipées, les plus high tech et les moins productives de l’histoire.

Grattez un militaire, vous trouverez souvent un zombie. Ou bien vous prendrez son poing dans la figure.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Dette souveraine : et vogue la galère…”

  1. toujours en avance et toujours bien vu – pourquoi les gens lucides sont-ils si rares? question bête, nous connaissons la réponse —- cldt alain andrighetto

  2. « Parce que c’est l’Histoire qui mène la barque. Et non pas nous, en tant qu’êtres humains individuels, pensants, responsables et rationnels. »
    Excellent, et pourtant ce sont bien les hommes qui font leur Histoire, ces êtres ignorants, irresponsables et irrationnel, qui en sont venus à confondre Démagogie et Politique.

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