Dette américaine: le bout de l’Eurotunnel?

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 27 juin 2006
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*** Dette américaine : le bout de l’Eurotunnel ?
Pourquoi outre-Atlantique et trans-Manche ont plus de points communs qu’on pourrait le croire…

*** L’or a 3 000 $ l’once ?
Pas si extravagant quand on regarde certains chiffres…

*** Le syndrome vanille-fraise
Les investisseurs sont atteints du syndrome vanille-fraise, concluait hier notre Banquier central, en grande conversation avec Noël F.

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Bonjour,

***DETTE AMERICAINE : LE BOUT DE L’EUROTUNNEL ?

** Les places boursières européennes avaient apparemment résolu de faire plaisir à tout le monde en ce lundi. Ceux qui rêvaient de voir les indices aligner une sixième séance de hausse consécutive se sont frotté les mains jusque vers 13h15 — c’est-à-dire la mi-séance… et ceux qui avaient commencé à s’alléger dès le début de la matinée, alors que le CAC 40 revenait tutoyer les 4 840 points, ont été finalement récompensés, sans avoir à forcer leur talent, par une consolidation de -0,35% du marché parisien.

Le basculement du CAC 40 dans le rouge, attendu depuis vendredi après-midi, a paradoxalement coïncidé avec la reprise des cotations sur Arcelor, survenue à 13h : +10% à 38,5 euros initialement, +8% en clôture. Les heureux actionnaires du sidérurgiste disposaient théoriquement de nouvelles munitions pour soutenir l’indice en seconde partie de séance, mais il s’est enfoncé sous les 4 800 points peu après 16h, alors que les ventes de logements neufs enregistraient aux Etats-Unis un rebond inattendu de 4,6% au mois de mai — au lieu d’un fléchissement de 2% anticipé.

L’évolution du CAC 40 depuis 72 heures ne relève guère d’une alchimie complexe mêlant les anticipations de loyer de l’argent, de différentiel de croissance ou d’arbitrages sectoriels entre actions et produits obligataires. Il suffit de suivre le parcours du titre Total pour constater l’évidente similitude avec la tendance globale affichée par les principaux indices hexagonaux — sauf le SBF 80, qui fait un bond de 0,40% par la seule grâce du milliard d’euros négocié sur Arcelor et des 100 millions d’euros de plus-values ainsi matérialisées.

** C’est le moment de vous offrir un vibrant mea culpa, car nous avons joué "petit bras" sur le dossier Arcelor : nous vous avons en effet recommandé au 0899 707 009* de vous contenter des plus-values engrangées entre 28 et 35 euros… estimant que la faiblesse de l’offre en cash de Mittal et le risque de consolidation — par le jeu des parités — en cas de surenchère sur Severstal risquaient de se limiter au seul effet d’annonce.

Manifestement, M. Lakshmi Mittal a su convaincre ses banquiers conseils et ses principaux créanciers de rallonger substantiellement les lignes de crédit afin d’offrir 30% (et non plus 10%) de numéraire aux actionnaires d’Arcelor. C’est l’hypothèse sur laquelle nous avions tablé dès l’origine, mais en estimant qu’au delà d’un certain montant (36 euros), le prix consenti pèserait ultérieurement sur la structure financière du futur ensemble baptisé Arcelor-Mittal — lequel sera coté à New York, Paris, Madrid, Amsterdam, Bruxelles et Luxembourg… ce qui va faire des frais !

Sans compter le risque de distribution de la trésorerie (près de 6,5 milliards d’euros) aux actionnaires — une hypothèse déjà "pricée" avant même que Severstal ne vienne compliquer la donne, à tel point que les autorités boursières ont jugé bon de suspendre la cotation le 21 juin au beau milieu de la séance.

** Il faut reconnaître que nous avons une fâcheuse tendance à nous méfier de montages tellement alambiqués que le qualificatif d’usine à gaz s’apparente à un doux euphémisme. Nous allons essayer de mériter votre indulgence en tentant de "débrouiller" le dossier du refinancement de la dette d’Eurotunnel, car si les aspects techniques de la restructuration nous rebutent, notre curiosité en matière de solutions créatives l’emporte largement.

Nous n’oublions pas que de nombreux créanciers — qui se montrent parmi les plus intraitables — font également partie de ceux qui ont spéculé le plus agressivement à la baisse contre Eurotunnel de 1989 à fin1995. Ils ont bénéficié de renseignements précis sur les surcoûts imposés par les Etats français et britanniques, les montants et le calendrier des augmentations de capital successives, favorisant ainsi de juteux arbitrages au détriment des porteurs individuels, auxquels furent transmises des informations reconnues inexactes.

Le plan de restructuration de la Deutsche Bank ayant été rejeté, c’est probablement un coup d’accordéon sur la dette (qui ne s’apparentera pas à un air réjouissant de valse musette pour les actionnaires) et une forte dilution du capital à l’horizon 2008 qui se profilent.

Il ne faut guère espérer que des enquêtes révèlent au grand jour — même dix ans après les faits, il y a prescription ! — comment certains institutionnels ont réussi à facturer au consortium, dont les dirigeants avaient accepté les conditions léonines sans sourciller à l’époque, des solutions de refinancement dont le coût était inversement proportionnel à la décrue des taux observée sur les marchés obligataires. Les difficultés de trésorerie d’Eurotunnel ne furent pas perdues pour tout le monde !

La remontée des taux qui s’accélère depuis la fin mai constitue une hypothèque supplémentaire, alors que les courbes de fréquentation du lien trans-Manche s’infléchissent symétriquement à la baisse, à quelques mois de l’expiration de contrats commerciaux (avec la SNCF notamment) assurant des revenus d’exploitation minimum permettant de maintenir les fragiles équilibres financiers.

Autrement dit, la galaxie Eurotunnel (et l’empilage de structures de financement ou d’exploitation du lien trans-Manche) va d’une manière ou d’une autre cesser d’exister d’ici quelques mois.

La "transmutation" d’Eurotunnel — qui vaut mieux que sa désintégration totale — est la conclusion inévitable d’une aventure reposant dès l’origine sur la manipulation et l’intoxication des actionnaires, sur des surcoûts abyssaux consentis au profit d’une poignée de sous-traitants, couverts par un recours illimité au crédit avec l’aval de dirigeants dont les rémunérations augmentaient aussi vite que les pertes potentielles de la société.

** Si nous consacrons quelques petits chapitres à Eurotunnel. c’est parce que nous nous demandons si nous n’avons pas sous les yeux l’ébauche du scénario qui se profile pour les Etats-Unis dans un avenir relativement proche et pour des raisons plutôt similaires.

Nous découvrons des citoyens aveuglés par l’illusion de la suprématie commerciale de l’Amérique dans les domaines de pointe (comme Eurostar par rapport au vieux lien maritime trans-Manche)… surfant sur l’effet de richesse que leur procure leur patrimoine immobilier et les futurs loyers qu’ils en attendent (le Tunnel, ce sera une rente éternelle !)… un train de vie qui repose intégralement sur le crédit (le Tunnel ne fut jamais autre chose qu’une bulle de dette)… alors que le pays livre une guerre qu’il ne peut gagner (analogie avec les questions de "sécurité" qui ont coûté si cher à Eurotunnel) avec un argent qu’il ne possède pas (il suffit d’imprimer des dollars, comme des titres de créance Eurotunnel sans valeur), au profit de quelques obligés de la Maison-Blanche, qui sont également les principaux fournisseurs du Pentagone, aux frais des contribuables.

Toute la question revient à déterminer à partir de quel moment la restructuration de la dette américaine sera jugée définitivement impossible, et quelle forme de transmutation le dollar devra subir pour que ses détenteurs (les créanciers les plus naïfs) ne fassent pas faillite avec l’entreprise Amérique.

Aujourd’hui, les créanciers des Etats-Unis se laissent encore séduire par les T-Bonds américains comme autrefois les gérants de fond obligataires par les 250, puis les 300, et enfin les 750 points de prime (par rapport au taux "marché") offerts par les émissions de la société Eurotunnel (TML).

Actuellement, la décote atteint 90% sur certaines tranches : qui peut encore croire que la hausse des rendements aux USA pourrait, en cas de crise, constituer une garantie contre le risque ?

Qui peut encore croire qu’un "putsch des actionnaires" — des contribuables américains, déjà personnellement endettés à 150% — pourrait sauver la situation ?

Assistera-t-on à la création d’un nouveau dollar sur la base de 40 anciens, avec la conversion à terme de la dette américaine en titres Google ou Chevron-Texaco ?

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Dans les moments d’incertitude boursière…

IL EST PLUS SUR DE REVENIR AUX SOURCES !

Voici par exemple un principe d’investissement quasi-enfantin… mais qui vous aurait permis de doubler votre mise en six mois

Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** L’OR A 3 000 $ L’ONCE ?

** Tandis que le dollar grimpe par rapport à l’euro, l’or grimpe par rapport au dollar. Après être passé sous les 550 $, le métal jaune gagne du terrain sur le billet vert. Les contrats août s’échangeaient à 588 $ l’once vendredi.

* "Je pense que le métal ‘devrait’ valoir environ 1 000 $ l’once actuellement pour être à peu près en équilibre avec la valeur des autres choses le dollar peut acheter", déclare notre vieil ami Doug Casey. "C’est une supposition arbitraire ; je ne connais pas de méthode exacte pour déterminer la véritable valeur de l’or en dollars. Mais en supposant que le gouvernement américain rembourse les dollars détenus par des étrangers — sans parler des Américains — à quelle hauteur faudrait-il porter le prix de l’or ?

* "Pour commencer, nous devons déterminer combien de dollars il y a en dehors des Etats-Unis. Personne ne le sait exactement. Ils constituent les réserves de la majeure partie des banques centrales étrangères, et la devise de facto dans des dizaines de pays pour des citoyens ordinaires. Les sommes sont presque incroyables ; on dit que rien qu’à Moscou, on trouve plus de billets de 100 $ en circulation que dans tous les Etats-Unis. 5 000 milliards de dollars pourrait-il être un chiffre raisonnable ? Si oui, et si le Trésor US contient bien les 261 millions d’onces déclarées, la valeur de cet or revient à environ 20 000 $ l’once. Rien que pour compenser le déficit commercial américain de 800 milliards de dollars l’année dernière, on en est à 3 000 $ l’once. Inutile d’imaginer ce que seraient ces chiffres si l’on ajoutait la masse monétaire nationale, le M3 — surtout depuis qu’ils ont cessé de la publier".

* "Mais au point où on en est, les chiffres sont uniquement théoriques. Mon point de vue de base sur l’or est inchangé. Et le fait qu’il ait enregistré une hausse de 37% cette année, atteignant un sommet de 725 $ le 12 mai, ou qu’il ait abandonné 22% depuis n’a aucun rapport avec l’ensemble du tableau. Avant que ce marché haussier ne s’achève, l’or n’aura pas grimpé en flèche — il sera grimpé jusqu’à la lune. Et le marché est loin d’être terminé. Il commence tout juste à se réveiller d’un sommeil long d’une génération".

* "Il n’est pas très sage d’essayer les cibler les sommets et les creux du marché. Mais de la manière dont je vois les choses, l’or a touché son plancher à l’heure où vous lisez ces lignes. Les fondamentaux n’ont pas changé ; il y a simplement eu un changement dans les sentiments des traders".

** Nous étions fier de nous la semaine dernière. Pourquoi ? Nous nous sommes rendu à Madrid jeudi, et avons conduit une réunion en mauvais espagnol. Ensuite, vendredi, nous avons pris le train pour Paris, où nous avons conduit des réunions en mauvais français.

* Voilà qui peut sembler mineur, comme réussite, mais nous nous contenterons de ce que nous avons.

* "Papa", a commencé Maria, commentant notre carrière d’homme d’affaires international, "tu dois être fou. Tu es revenu de Madrid à minuit, et tu t’es levé à 5h du matin pour attraper le train pour Paris ; ce n’est sans doute pas bon pour toi. Pourquoi est-ce que tu le fais ?"

* "Pour faire bouillir la marmite", avons-nous répondu sincèrement. "Il faut travailler dur pour vous entretenir, toi et tes frères et sœurs. Si je ne travaillais pas si dur, on ne pourrait pas se permettre de t’envoyer dans ton école de théâtre. Et nous ne pourrions certainement pas nous permettre de vivre à Londres — du moins pas dans ce quartier".

* Notre actrice attitrée n’était pas convaincue.

* "Pas la peine, Papa. Je pense que c’est simplement de la mauvaise organisation".

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Des plus-values de 350%… 273,28%… 234,19%… 281,12%… 401,22%… 521,52%… 771,17%…

et 36,34% de gains par an en moyenne depuis 14 ans !

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*** La Chronique Agora présente ***

Les investisseurs sont atteints du syndrome vanille-fraise, concluait hier notre Banquier central, en grande conversation avec Noël F. Autrement dit, ils veulent la hausse, l’argent de la hausse et le sourire du courtier… ce qui n’est pas souvent possible, surtout après marché haussier qui dure depuis trois ans…

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Le Journal d’un Banquier Central
LE SYNDROME VANILLE-FRAISE — 2ème PARTIE
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Par le Banquier Central (*)

Qui a peur de l’inflation ?
"Après tout, même les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, comme dit mon cousin Werther le Trader", ai-je déclaré. "Après 400% de progression depuis le printemps 2003, il fallait s’attendre à quelques corrections sur votre titre".
- Nous ne sommes pas les seuls ! Le CAC 40 s’est offert un plongeon de plus de 12% depuis la mi-mai, suivant d’ailleurs la plupart des indices mondiaux. Les matières premières dévissent pareillement ; les marchés émergents descendent en rappel du grenier à la cave… La mode est aux prises de bénéfices.
- Les marchés ont déclenché des corrections spectaculaires, à des volumes rarement vus depuis 2001. Serait-ce la fin du grand élan de hausse entamé en 2003 ? Voilà ce qui inquiète tout le monde.
- Vous y croyez ? s’enquit Noël F***.
- A vrai dire, non, avouai-je. Aux USA, le plus fort de la reprise est derrière nous, mais les données macro restent solides. Certes, l’inflation inquiète les marchés : la publication d’indices core PPI (prix à la production) et CPI (à la consommation) supérieurs aux attentes a donné quelques sueurs froides aux opérateurs. Mais une bonne sortie — pour une fois — de Ben Bernanke, le Barthez de la Fed, a trouvé confirmation dans plusieurs annonces rassurantes : réduction du déficit courant au premier trimestre, résultats de l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan — avec un indice de confiance des consommateurs en net rebond et des attentes d’inflation en baisse. Et puis, quand je vois la Chine, championne du low cost, avec sa croissance abonnée aux 9%, j’ai du mal à croire au scénario noir inflationniste.
- Je suis d’accord, approuva-t-il. La correction des dernières semaines touche tout ce qui avait monté très fort au cours des derniers mois : les matières premières, les indices, les marchés émergents… Si l’on doutait encore de l’influence des hedge funds sur l’économie mondiale, la brutalité des dernières corrections devrait nous déciller les yeux. Ce qui se passe, c’est qu’un excès de liquidité, alimenté par des taux d’intérêt planchers, s’est concentré depuis des mois sur des placements à risque mais à fort rendement… Surgissent alors les inquiétudes concernant l’inflation : la volatilité des marchés boursiers décolle. Tous les systèmes d’alerte au risque se sont déclenchés en même temps. Les gestionnaires d’aujourd’hui se fixent une marge limite de 5% de perte d’encours : leurs modèles sont si perfectionnés, leurs investisseurs tellement exigeants, qu’on ne tolère quasiment plus la baisse ! Le syndrome vanille-fraise, je vous dis : la vanille pour le rendement, la fraise pour la sécurité. A la première secousse, tout le monde retire ses billes en même temps, il n’y a plus de contrepartie acheteuse, et les cours dévissent. Goûtez donc le saumon : il est excellent".

Retour de bâton
"Ce qu’il y a de remarquable dans ce contexte, lançai-je, c’est la bonne tenue des marchés obligataires : à cela seulement, on sent qu’on est dans un mouvement de flight to quality. Pas étonnant, dès lors, que les marchés émergents se révèlent les plus touchés : entre le 9 mai et le 13 juin, le CAC 40 a perdu 13% ; mais le marché brésilien a plongé de 30%, le marché indien de 32%, le marché mexicain de 25% !

Noël F*** termina son saumon, s’essuya la bouche.
"L’écart avec le Dow est manifeste, commenta-t-il. La correction illustre clairement le retour de l’aversion au risque chez les investisseurs. On reparle beaucoup, ces temps-ci, du ‘risque-pays’ : les tensions géostratégiques pèsent sur les cours, comme on l’a vu pour le pétrole et les matières premières…
- Je crois que la perception de la mondialisation change, avançai-je. Les entreprises occidentales l’ont longtemps vue comme un processus à sens unique… Jusqu’à ce que les groupes chinois viennent les racheter ! La globalisation des échanges fait voler en éclats les anciennes logiques du capitalisme ‘néo-colonialiste’ ou de ses détracteurs tiers-mondistes. A l’heure où les rideaux de fer sont tombés, où de nouvelles puissances concurrentes (Chine, Inde) sont à la recherche de l’indépendance énergétique — bref, dans un monde plus ouvert que jamais, les pays producteurs sont déterminés à profiter de la nouvelle donne.
- Voyez la tournée africaine du Premier Ministre chinois, Wen Jiabao… rebondit Noël F***.
- Ou encore ces velléités nouvelles de contrôle des ressources, de renégociation des concessions, qui se sont exprimées dans des pays aussi divers que la Bolivie, le Venezuela, le Tchad, l’Iran, la Russie… Conscients de leur pouvoir, les fournisseurs se rebiffent ; tandis que chez les sous-traitants d’hier, les revendications sociales montent. En Chine, pour trouver de bons prix, il faut s’enfoncer toujours plus dans les terres. En Inde, les salaires augmentent. Le n°2 britannique de l’énergie, Powergen, vient de décider la fermeture de ses call centers indiens, officiellement pour raisons de qualité… Parallèlement, dans une tribune publiée par le Financial Times, le PDG d’IBM, Samuel Palmisano, vient de plaider pour une meilleure redistribution des fruits de la mondialisation — sans quoi, dit-il, les multinationales courent à leur perte. Etonnez-vous, dans un tel contexte, que les investisseurs jettent l’éponge à la première alerte.
- Ce ne sont d’ailleurs pas les entrepreneurs qui déguerpissent les premiers, ajouta mon voisin. Ce sont les fonds, comme toujours, régis par la pure logique financière et dont l’intérêt pour les industries concernées est surtout opportuniste. Ce sont les mêmes qui, en coupant d’un seul coup leurs fructueuses positions longues sur des monnaies à risque, ont fait plonger la plupart de devises émergentes. La prime de risque sans les pertes : les voilà, les vrais champions du vanille-fraise !"

Suite et fin de notre dialogue dès demain…

Meilleures salutations,

Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora

(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !

Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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