Désordre, débâcle, déroute !

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 28 février 2007
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*** Désordre, débâcle, déroute !
Une journée à faire grincer des dents le plus endurci des investisseurs, hier…

*** Inflation et vacances
Bill Bonner ne tient pas en place…

*** L’inflation démasquée
Et l’or continue son chemin haussier…

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DES PROFITS A REPETITION QUOI QUE FASSENT LES MARCHES ? Simple : il suffit de suivre le guide !

Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.

Pour faire comme eux, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** DESORDRE, DEBACLE, DEROUTE !

** Désordre, débâcle, déroute ! Je vous parlais hier de marchés aussi hésitants qu’une armée ayant perdu ses officiers, eh bien, la séance de mardi les a vus se transformer en fourmilière dans laquelle on aurait donné un bon coup de pied. Sauve-qui-peut général et baisse unanime, on n’avait pas vu ça, selon certains, depuis le 11 septembre 2001.

Mais regardons les choses d’un peu plus près : le CAC 40, pour commencer, a lourdement chuté de 3,02% sur la séance d’hier, pour clôturer à 5 588,39 points — avec un volume considérable de 9,7 milliards d’euros échangés. Dans le même temps, à Londres, le Footsie perdait 2,16%, tandis qu’à Francfort, le DAX dégringolait de 2,90%.

Côté américain, la situation était pire encore : -3,29% pour le Dow Jones, à 12 216,24 points ; -3,86% pour le Nasdaq, à 2 407,87 points ; -3,47% pour le S&P 500, à 1 449,25 points.

La cause de cette soudaine dégringolade ? Si l’explication ne tenait qu’à l’équipe de la Chronique Agora, nous dirions qu’il n’y en a pas… sinon que le moment était venu. La hausse avait assez duré, et la correction "nous pendait au nez", si vous me passez l’expression. Il est temps de mettre un peu au régime des cours enflés et ballonnés par des mois et des mois de bulle, et à qui la pause de mai-juin dernier n’avait pas réussi à rendre la sveltesse et l’agilité de marchés sains.

** Mais j’en conviens, ça fait un peu léger, comme cause d’une telle panique. On pourrait plutôt accuser le gouvernement chinois, qui fait preuve d’une volonté de probité bien malvenue en essayant d’assainir les pratiques boursières nationales : les annonces de nouvelles législations ont provoqué une véritable hystérie sur les cours chinois, qui ont perdu jusqu’à 8% sur la journée.

Passons sur le fait que ce genre de réaction en dit long quant à la moralité des intervenants financiers… et allons directement aux Etats-Unis, parce que la Chine à elle seule ne suffit pas à expliquer la raclée d’hier.

Plusieurs statistiques ont été publiées chez l’Oncle Sam, dont deux plutôt encourageantes : l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board, pour commencer. Il est ressorti meilleur qu’attendu, à 112,5 pour février contre 110,2 le mois précédent — c’est son meilleur niveau depuis cinq ans et demi, alors que les analystes l’attendaient à 108,9. On a également appris que les ventes de logements anciens avaient grimpé de 3% en janvier, pour un rythme annualisé de 6,46 millions d’unités.

Mais les investisseurs étaient décidément d’humeur baissière — là où ces statistiques auraient pu rattraper une séance il y a quelques semaines de ça, hier, les investisseurs ont préféré se concentrer sur les commandes de biens durables : il faut dire qu’elles ont reculé de pas moins de 7,8% le mois dernier, "en raison notamment de la chute de 19,1% enregistrée dans le matériel de communication", selon investir.fr. "Le marché tablait sur un repli beaucoup plus limité de 2,5%. Hors transport, les commandes ont diminué de 7,8%, soit la plus forte baisse jamais enregistrée".

Alan Greenspan — qui, maintenant qu’il n’est plus à la tête de la Fed, peut se permettre de faire preuve d’une lucidité à toute épreuve — a rajouté son grain de sel, disant tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : il "a déclaré qu’une récession pourrait toucher l’économie des Etats-Unis à partir de la fin de l’année", rapporte La Tribune". D’après M. Greenspan, "les marges bénéficiaires ont commencé à se stabiliser. C’est un signe avant-coureur qui montre que nous sommes dans les dernières phases d’un cycle."

Au rayon des causes probables, on peut aussi citer l’attentat-suicide qui s’est produit en Afghanistan durant la visite du vice-président Dick Cheney, et qui n’a rien fait pour améliorer le moral des troupes boursières.

** Dans ces conditions, le marché obligataire a évidemment vu sa cote de popularité remonter — le rendement du bon du Trésor US à 10 ans est passé au-dessous des 4,56%. Le dollar est pour l’instant à 1,3190 pour un euro.

L’or a lui aussi connu une journée agitée hier, l’once passant de 684,50 $ au premier fixing de Londres à 676,20 $ en fin de journée, après avoir touché les 685,75 $ en séance.

** Et maintenant ? Cette baisse n’est-elle qu’un coup de semonce ? Annonce-t-elle une crise aussi difficile que celle de 2001, ou bien les choses se rétabliront-elles avec autant d’aisance qu’au printemps dernier ?

Eh bien, si l’on en croit plusieurs analystes de notre équipe, le support des 5 580 points a été franchi ; nous voilà bel et bien sortis d’un canal haussier… et on vise les 5 250 points — dans un premier temps. Il se peut par ailleurs que les investisseurs attendent encore le versement des dividendes en juin, avant d’abandonner pour de bon le navire — auquel cas la journée d’hier fera figure de promenade de santé.

Mais tout ça, ce ne sont que des prévisions ; nul doute que les autorités financières et économiques de la planète sont déjà en train de chercher quel levier actionner, quel robinet ouvrir et sur quel bouton appuyer pour réparer la situation…

Reste à savoir si elles y parviendront.

Françoise Garteiser,
Paris

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, au Nicaragua

*** INFLATION ET VACANCES

** Le pétrole a dépassé les 60 $. L’or aussi a grimpé. Sont-ce là des signes "d’inflation" de la masse monétaire mondiale ? Non, déclare la presse financière. Ce sont simplement des signes montrant que les investisseurs s’inquiètent au sujet de l’Iran, déclarent les reporters.

* Nous pourrions voir les choses sous un angle légèrement plus large. Il y a toujours des problèmes potentiels. Economiques. Politiques. Naturels. Un tremblement de terre pourrait secouer la Californie. Ou le marché chinois pourrait s’effondrer — encore un peu plus.

* Réfléchissons une minute à la situation de la Chine. Le marché chinois est en pleine bulle. Son économie nationale est dirigée par des communistes vieillissants. Son secteur bancaire pourrait compter jusqu’à 1 000 milliards de dollars de créances douteuses. Et sa trésorerie dépend des achats de clients qui n’ont pas d’argent.

* La Chine pourrait-elle "exploser" ? Nous n’en savons rien… le prochain président de la Banque Populaire de Chine pourrait-il être chinois ? Le prochain pape pourrait-il être catholique ?

* En général, lorsque les problèmes arrivent, les investisseurs essaient de trouver comment se sortir de la crise sans y perdre la vie — ou leur argent. Mais pour y parvenir, ils doivent deviner quelle sorte de crise les attend. Se protéger contre un tremblement de terre n’a rien à voir avec se protéger d’un krach boursier ou d’une guerre.

* En ce moment, les investisseurs dotés d’un brin de jugeote ont un généreux buffet de soucis à leur disposition. L’extension de la guerre au Moyen-Orient n’en est qu’un échantillon. Un effondrement du dollar en est un autre. Quant à l’effondrement des marchés chinois, eh bien, ils en ont une portion sur leur assiette depuis hier.

* Nous ne mentionnons pas les désastres naturels parce qu’ils sont probablement impossibles à prévoir… et très difficiles à éviter. Les Californiens devraient-ils tous déménager parce que la région pourrait subir un séisme ? Nous n’avons pas d’opinion sur le sujet. Mais les menaces qui pèsent sur les investisseurs aujourd’hui proviennent d’une seule source — des taux de prêt ultra-bas alimentant la spéculation, et une consommation excessive. Cela les rend bien plus faciles à prévoir. Et il est bien plus aisé de s’en protéger. Une inflation des actifs en pleine ébullition ne peut qu’être suivie par une déflation des actifs faisant éclater la bulle. La meilleure protection, c’est de détenir des liquidités… peut-être réparties entre plusieurs devises, et en or.

** Les vacances, c’est aussi fatiguant que le travail. Peut-être même plus.

* Sans la routine inconsciente de la vie de bureau quotidienne, nous sommes contraint de réfléchir… et d’improviser. Après quelques jours, ça devient un peu fastidieux… voire épuisant.

* Hier, par exemple, nous devions décider entre une longue promenade sur la plage avant le petit-déjeuner… ou un petit tour suivi d’une baignade. Décisions, décisions… Ensuite, la grande question est de savoir quoi faire à la mi-journée. Le soleil est trop fort pour les Européens entre 10h et 16h.

* "Prends de la crème solaire", déclare notre moitié avec insouciance. Mais nous n’avons pas confiance. Seuls des chiens fous, des Anglais et des surfeurs vont sur la plage aux environs de midi, selon nous… ce qui nous laisse six heures de creux.

* Devrions-nous les passer avec César, sur son histoire de la guerre civile à Rome… ou bien devrions-nous étudier notre espagnol ? Devrions-nous prendre une bière ou une limonade ? Faire une sieste ou discuter avec les garçons ? Décisions, décisions, décisions. Nous n’avons pas l’habitude de prendre autant de décisions. Nous ne pouvons nous y faire. Et ce n’est pas tout : après 16h, nous devons nous décider entre nager dans l’océan… nous allonger sur la plage avec un livre… ou apprendre à surfer. Et lorsque nous quittons le sable, devrions-nous rester dans notre cabane de plage pour dîner… ou bien passer au restaurant du clubhouse ?

* Tous ces loisirs nous rendent nerveux, agité… épuisé. Non que nous ayons hâte de voir les vacances prendre fin. Mais nous attendons avec impatience de faire une petite pause… de retour au bureau.

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*** La Chronique Agora présente ***

Alors que quelques signes de déflation commencent nettement à se faire sentir sur les marchés d’actifs, Simone Wapler analyse les effets de l’inflation sur le marché de l’or.

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L’INFLATION DEMASQUEE
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Par Simone Wapler (*)

Les signes avant-coureurs d’inflation — autres que la traditionnelle hausse de l’immobilier — se multiplient. Le cours de l’or en profite. Les bases de calcul des indices des prix sont de plus en plus souvent contestées en Europe. En France, l’INSEE propose désormais à chacun de télécharger un outil de calcul de son inflation. En effet, l’Institut National de la Statistique reconnaît que les chiffres sont modifiés selon que l’on est propriétaire ou locataire, en province ou à Paris. Au Royaume-Uni, la banque centrale anglaise a relevé ses taux de façon inattendue à 5,25%, estimant que l’inflation était un point au-dessus de l’objectif de 2%. En Allemagne, des augmentations de salaires sont réclamées par des organisations syndicales (9,5% chez Porsche, 6,5% pour IG Metall). En Italie, ce sont les employés de banque qui veulent 10% de salaire en plus. La fabrication étant largement délocalisée, il ne faut pas attendre de soulagement d’une baisse de prix de produits manufacturés ailleurs.

N’écoutez ni Greenspan ni Trichet, cramponnez-vous à l’or qui surfera sur la vague montante de l’inflation.

L’or du FMI : une plus-value latente de 23,78 milliards de dollars !
Alan Greenspan et Jean-Claude Trichet, entre autres personnalités de la finance publique, pressent le FMI de vendre son or. En effet, le Fonds Monétaire International prévoit une perte de 102 millions de dollars pour 2007. Des pays comme le Brésil et l’Argentine ont opté pour un remboursement anticipé de leurs prêts. A long terme, le FMI aurait du mal à couvrir ses frais administratifs avec les seuls intérêts versés par les pays en développement, débiteurs.

Bien peu de voix s’élèvent pour critiquer la proposition des "banquiers centraux". Ces messieurs conseillent pourtant à une administration de vendre un actif qui ne lui coûte rien pour couvrir des frais de fonctionnement. Déjà en mai 2005, les contribuables américains (qui se souviennent avoir beaucoup contribué à la réserve d’or du FMI) s’étaient farouchement opposés à une telle opération. Heureusement : l’or cotait à cette époque 420 $ l’once. Il en cote aujourd’hui 660 $ l’once. En gardant ses 3 217 tonnes d’or (soit 104,3 millions d’onces) le FMI a engrangé une plus-value latente de 23,78 milliards de dollars.

Moralité : il vaut mieux écouter les conseils des contribuables que ceux des éminentes personnalités des finances publiques mondiales. Sur le plan humain et social, aucun pays n’a été acculé à la faillite entre mai 2005 et aujourd’hui ; bien au contraire, les remboursements anticipés sont en augmentation. Le FMI lui-même ne semble qu’à moitié convaincu par la suggestion de ces éminences grises. Son porte-parole, Conny Lotze, déclarait en effet : "ce sujet est débattu par les 185 pays membres et ils doivent trouver un consensus sur un nouveau modèle de rentabilité qui pourrait au final n’inclure aucune vente d’or". A priori, ce serait la vente de 400 tonnes qui est actuellement débattue. Pourquoi 400 tonnes, et pas 410 ou 390 ou 3 216 ? Je n’en sais rien, mais messieurs Trichet et Greenspan ont certainement leur idée sur la question.

Qu’en conclure ? Eh bien qu’il convient de se cramponner à son or. Dès que des instances officielles recommandent de jeter de l’or par dessus bord, la probabilité d’une hausse augmente fortement. Mais en supposant que le FMI suive les conseils de messieurs Greenspan et consorts, le cours du métal jaune risque-t-il de s’effondrer ? Il semble que non car ces ventes se feraient en concertation avec celles des banques centrales.

Or, au titre de leur accord quinquennal signé en septembre 2004, les banques centrales sont restées largement en dessous de leur quota de 500 tonnes annuelles. La moyenne mensuelle de leurs ventes se monte à 23 tonnes. Pour atteindre leur quota sur la période, elles devraient maintenant se délester de 50 tonnes par mois. Plus le temps passe, moins cela devient probable. Les 400 tonnes vendues par le FMI seraient compensées par la rétention des banques centrales. Par ailleurs, les investisseurs privés absorbent actuellement en moyenne 105 tonnes par mois. Même si le FMI vendait, la hausse de l’or serait éventuellement ralentie mais pas stoppée — d’autant plus que les signes d’inflation se multiplient.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans la lettre Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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