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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 21 février 2007
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*** Pléthore de minuscules raisons…
… pour une énorme envie de battre des records
*** Moines tibétains et Miss Univers péruviennes
Cherchez le point commun…
*** Petits conseils pour protéger votre patrimoine
Bill Bonner explore une nouvelle voie : après tout, il n’y a pas que l’or, dans la vie…
*** Déséquilibre commercial (3)
Le soleil levant de l’Empire pourrait bien être en or massif…
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DES PROFITS A REPETITION TOUT AU LONG DE 2007 ?
Simple : il suffit de suivre le guide !
Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.
Pour faire comme eux, continuez votre lecture…
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Bonjour,
*** PLETHORE DE MINUSCULES RAISONS…
** Le CAC 40 a tout simplement annulé mardi, au dixième de point d’indice près, ce qu’il avait gagné la veille (+0,46%) dans des circonstances dont nous avions souligné la singularité : un soudain accès de fièvre haussière sans aucune cause identifiable, survenant précisément le jour où les marchés asiatiques et américains étaient clos, alors qu’aucune statistique n’était publiée en Europe ni aucun trimestriel parmi les valeurs phares de la cote.
Le scénario était identique pour l’Eurotop 100 (+0,35% lundi suivi de -0,32% mardi), alors que Wall Street rouvrait comme prévu en repli de 0,25% après un "pont" de trois jours.
Mais alors qu’un repli de 1% se dessinait en Europe vers 16h — ce qui ramenait les compteurs à zéro par rapport à mardi dernier, les indices américains ont inversé la vapeur puis opté pour une orientation résolument haussière après une heure de cotation. Le CAC 40 en a profité pour se redresser au-dessus des 5 700 points, base du biseau ascendant en construction depuis le 4 décembre 2006, et s’éloigner de la "zone dangereuse" des 5 650 points.
Le Dow Jones n’a pas tardé à pulvériser un nouveau record historique à 12 790 points, peu avant l’heure du déjeuner outre-Atlantique. Le Nasdaq, qui semblait irrémédiablement incapable de mobiliser ses forces à l’approche des 2 500 points depuis fin 2006 (pas moins de deux échecs mi-janvier puis de nouveau trois échecs du 7 au 9 février) s’envole soudain vers 2 515 points, et s’apprête à refermer le gigantesque gap laissé béant sous les 2 536 points le 15 février 2001 : il lui aura fallu pas moins de six ans plus une semaine !
** Il est grand temps à présent de sortir de la description pour nous lancer dans l’explication. Cependant, tout comme lundi à propos de la montée en chandelle des indices qui s’était matérialisée sans crier gare entre 10h et 10h15 (et puis plus rien pendant sept heures !), nous sommes bien en peine d’identifier un catalyseur haussier qui mettrait tous les chroniqueurs d’accord.
Car il va bien falloir pondre de nouveaux éditoriaux triomphants dans la presse économique aujourd’hui, pour convaincre les épargnants que la Bourse n’a que de bonnes raisons de battre record sur record… et d’en inscrire pas moins de cinq consécutivement s’agissant du Dow Jones.
Mais ils ont de la chance : s’ils manquent d’inspiration — ou de la plus élémentaire jugeote — au bout de trois records, leurs lecteurs sont blasés et se fichent bien, au fond, de savoir pourquoi les cours montent. Tout ce qui leur importe, c’est qu’ils montent, en dépit de ce que les rédacteurs de la Chronique Agora peuvent avancer comme arguments contrariens.
A l’image du parachutiste qui aurait malencontreusement endossé une partie de son équipement à l’envers, tant qu’il n’a pas tiré sur la cordelette, il n’a aucun moyen de s’apercevoir que son saut risque de mal tourner.
S’il découvre le problème à mi-hauteur, il lui restera encore de précieuses secondes pour rectifier son harnachement et déclencher avec succès l’ouverture de son parachute de secours. En revanche, s’il se laisse griser par sa descente et une confiance excessive dans l’agencement de son matériel, il verra sa voile se mettre en torche et fera l’ultime expérience d’un very hard landing, ou "atterrissage très douloureux".
Avec les mois de hausse qui s’enchaînent, et la confiance qui s’en va grandissant, les investisseurs deviennent comme des amateurs de chute libre qui retardent un peu plus à chaque saut l’ouverture de leur parachute, espérant prolonger l’ivresse de la sensation de flotter dans les airs.
Ben Bernanke, quant à lui, se comporte comme un instructeur qui se fierait à un altimètre hors d’usage, estimant au jugé la distance par rapport au sol… et qui indiquerait d’un geste débonnaire à ses recrues qu’il y a encore tout le temps voulu avant de tirer sur la manette.
Il voit comme nous l’immobilier s’écraser aux Etats-Unis (-37,4% pour les mises en chantier sur les 12 derniers mois), mais il estime qu’il va "rebondir" : user de davantage de caoutchouc dans la construction serait peut-être une bonne idée, après tout !
** Les cambistes imaginent également que le yen va rebondir. Ce n’est pas pour tout de suite, puisque l’hypothèse d’un relèvement de 0,25% du taux directeur de la Banque du Japon (à 0,50%) était déjà dans les cours début février. [NDLR : décidément, le yen est d'actualité -- Bill Bonner nous en dit lui aussi quelques mots, ci-dessous...]
Le risque d’un débouclage massif des opérations de carry trade (rachat de milliers de milliards de yens vendus à découvert) n’est pas encore d’actualité ; il n’est donc pas nécessaire de déclencher l’ouverture prématurée du parachute.
Le dollar a bien connu un trou d’air en fin de nuit mardi — il tutoyait les 1,32/euro à Hong Kong en clôture –, mais tout était rentré dans l’ordre lorsque les échanges ont repris à Londres ou à Francfort. Fausse alerte !
** Wall Street, de son côté, s’apprêtait à connaître une journée caractérisée par un prudent attentisme à 24 heures de la publication de la première — et si cruciale — statistique de la semaine, qui concerne l’inflation. Cependant, l’annonce du projet de fusion entre Sirius Satellite et XM Satellite Radio a suffit à balayer toute réserve de la part des investisseurs : la fièvre des OPA, des LBO, des rachats de titres est plus que jamais d’actualité… alors pourquoi attendre la diffusion d’indications macro-économiques dont les marchés se désintéressent ostensiblement depuis le mois de juillet dernier ?
Le fait que la fusion des deux leaders du secteur de la radio par abonnement satellite puisse être bloquée par les autorités anti-trust (alors qu’une situation de monopole écrasant va résulter d’une telle opération) ne saurait réfréner l’enthousiasme des analystes.
Si cette opération particulière n’aboutit pas, les fonds de private equity ont des centaines d’autres projets dans leurs cartons. Et si ceux qui s’avèreraient créateurs de valeur ne sont pas si nombreux, tous les canaux (Internet, la presse du dimanche, les on-dit…) permettant d’abreuver les marchés en rumeurs invérifiables ou fantaisistes sont prêts à en débiter à plein régime. De toute façon, dans l’état d’esprit qui règne actuellement, les opérateurs sont prêts à tout valider — les dernières rumeurs en date concernaient Carrefour ou Anglo-American.
Il ne manquait plus qu’une petite baisse du pétrole pour acculer à l’achat les derniers sceptiques ; ce fut un jeu d’enfant que de le ramener symboliquement sous les 58 $ quelques minutes après le début de la séance à New York…
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade cet après-midi au 0899 707 009* pour une analyse complète de la séance en cours — ainsi qu’un suivi de nos dernières recommandations — et notre conseil du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** MOINES TIBETAINS ET MISS UNIVERS PERUVIENNES
** Qu’est-ce qu’un moine tibétain et une Miss Univers péruvienne ont en commun ? Eh bien… pas grand’chose. Bon, alors qu’est-ce que le plateau du Qinghai-Tibet et les Andes péruviennes ont en commun ?
- Ces deux régions connaissent une sérieuse régression glaciaire, qui pourrait entraîner une catastrophe potentielle pour les centaines de millions de gens dépendant de leur ravitaillement en eau.
- Le China Daily a récemment cité Xu Xiangde, chercheur à l’Académie chinoise des sciences météorologiques, qui avertissait : "l’une des pires conséquences de la hausse des températures sur le plateau pourrait être un changement radical dans le volume d’eau s’écoulant dans le Yangtze, le Fleuve Jaune et d’autres fleuves trouvant leur origine dans cette région montagneuse".
- Selon l’Académie, les températures du plateau Qinghai-Tibet ont augmenté d’environ 0,42°C par décennie depuis les années 80. En plus de tempêtes de sable et d’une désertification accélérée, les fermiers chinois — et la nation qu’ils aident à nourrir — subiront très probablement les effets d’une sécheresse sévère.
** La situation n’est guère meilleure pour nos amis péruviens.
- Le long de la Cordillera Blanca, la plus grande chaîne de glaciers des tropiques, la régression glaciaire a laissé des plaques brunes assez laides sur les montagnes blanches. Les glaciers reculent de plusieurs mètres par an, selon le glaciologue Lonnie Thompson, de l’Université de l’Ohio.
- "En ce qui me concerne, c’est le rythme de la perte qui me semble le plus inquiétant", prévient M. Thompson. "Là où nous avons les données pour le prouver, nous voyons qu’en fait, le rythme des pertes va même en s’accélérant".
- Avec 1,3 milliards de personnes, la Chine représente environ un cinquième de la population mondiale totale. En tant que plus grand bassin d’eau douce au monde, l’Amazone andine fournit environ un cinquième de l’eau douce planétaire.
- Cela signifie que la plus grande population au monde et le plus grand bassin fluvial de la planète sont, dans une certaine mesure, à la merci du recul glaciaire. La contraction qui en résulte pour notre ressource la plus précieuse fera sans aucun doute naître des obstacles pour tout le monde (moines tibétains ET Miss Univers péruviennes compris)… mais cela fournira également des opportunités pour les investisseurs sachant voir loin.
[NDLR : C'est précisément ce genre d'opportunités qu'Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe détecte pour vous tous les jours dans L'Edito Matières premières. Pour en profiter vous aussi, il suffit de cliquer ici... ]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, au Nicaragua
*** PETITS CONSEILS POUR PROTEGER VOTRE PATRIMOINE
** Ici, sous les tropiques, on peut facilement perdre tout intérêt pour les marchés financiers. Avec le soleil brûlant… les vagues s’abattant sur la plage… les arbres, les fleurs, les singes… le cours du Dow ou celui du dollar semblent avoir beaucoup moins d’importance.
* Mais nous luttons, cher lecteur, nous résistons — pour vous.
* Il ne fait aucun doute que le monde profite d’une inondation de liquidités sans précédent. La question est de savoir jusqu’où elle durera. Et la réponse est la suivante : nous n’en savons rien.
* Mais tandis que nous n’avons que des doutes sur l’avenir des marchés financiers mondiaux, nous n’avons rien d’autre que des certitudes sur les moyens de vous y préparer. Parce que quelle que soit la manière d’envisager les choses, nous voyons bien plus à perdre qu’à gagner d’une continuation de l’inflation de la bulle de liquidités. Plus les prix grimpent, plus ils vont devoir baisser.
* Pourtant, tant que les liquidités continuent de s’accroître, on peut gagner une fortune. On peut faire du trafic d’œuvres d’art… ou faire jouer l’effet de levier grâce au yen. Il y a de l’argent à gagner. Mais tout ça nous paraît ressembler de très près aux derniers jours de la bulle internet, à la fin des années 90. A l’époque déjà, on pouvait gagner beaucoup d’argent en lançant une dot.com et en l’introduisant en Bourse. Les pauvres investisseurs boursiers s’empressaient de vous l’acheter ; eux aussi espéraient s’enrichir. En agissant assez rapidement, vous pouviez vous en tirer avec plusieurs millions.
* Simplement, mieux valait ne pas trop s’attarder. Toutes les bulles éclatent tôt ou tard. Il en ira de même pour la bulle de liquidités actuelle. Simplement, nous ne savons pas quand cela se produira. Si vous pensez avoir de la chance… allez-y, voyez ce que vous pouvez en tirer. Mais si vous ne vous sentez pas en veine… nous vous recommandons la prudence.
* En plus, quelle gloire y a-t-il à profiter d’une bulle ? C’est comme d’apprendre qu’un distributeur de billets est en panne : vous vous précipitez pour essayer de mettre la main sur quelques billets de 20 avant que le mécanisme ne soit réparé. Oui, c’est de l’argent facile… mais quel plaisir y a-t-il à ça ? Qu’avez-vous fait pour le gagner ? Et puisque vous avez salué l’arrivée de cet argent avec tant de facilité… ne pensez-vous pas que son départ sera tout aussi aisé ?
** Non, cher lecteur, ça n’en vaut pas la peine. Vous prendriez un gros risque pour obtenir quelque chose qui ne vaut pas la peine d’être possédé — de l’argent facile. Mieux vous concentrer sur la protection de l’argent qui en vaut la peine… et les moyens d’en gagner plus.
* Comment ?
* La première chose, bien entendu, est de protéger votre revenu. Si vous êtes agent immobilier, par exemple, vous pourriez envisager des alternatives. Même si le secteur de l’immobilier résidentiel se stabilise, ce sera à un niveau considérablement plus bas que celui de son sommet. Nous avons lu cette semaine que le secteur juridique se préparait déjà à l’étape suivante.
* "Les avocats prêts à un boom des faillites", déclare le Chicago Tribune.
* Une fois vos revenus assurés, prenez soin de vos investissements. Là, un éclatement de la bulle de liquidités pourrait causer de véritables dégâts ; les actions, les obligations, l’immobilier… tous devraient baisser. Notre drapeau d’"Alerte au Krach" reste hissé en reconnaissance du fait qu’ils pourraient ne pas simplement baisser… mais littéralement chuter à pic.
* Et ce qui nous semble le plus en danger, c’est encore le dollar lui-même. Les Etats-Unis doivent financer l’équivalent de près de trois milliards de dollars de déficit commercial tous les jours de la semaine. Cela signifie que les étrangers doivent acheter, net, trois milliards de dollars d’actifs libellés en dollars. Eh bien, en décembre, les étrangers ont dû quelque peu se lasser d’envoyer leur argent aux Etats-Unis. Les flux en provenance de l’étranger n’ont été que de 15 milliards de dollars — manquaient donc près de 75 milliards. Oups. Si ça continue comme ça, le dollar est condamné. Et il en va de même pour tous les actifs où le billet vert joue un rôle prédominant — notamment les actions et les obligations US.
* Comment vous protéger ? L’or est un moyen. Alors que la masse de dollars augmente au rythme de 9% par an environ depuis dix ans, la quantité d’or ne croît que de 2%. Vous pouvez faire le calcul plus tard, mais la tendance est claire : l’or a encore du chemin à parcourir avant de rattraper le dollar. Il a grimpé de 23% par rapport au billet vert l’an dernier. Cette année, à ce jour, l’or a grimpé de 4% par rapport au dollar — et pas uniquement : l’or grimpe par rapport à toutes les devises papier. Nous pensons qu’il continuera de grimper jusqu’à ce que cette phase de la bulle de liquidités prenne fin. L’or aura fait son travail et pourra se reposer.
* Un autre moyen de vous protéger serait d’acheter la devise que tous les autres ont vendue — le yen. Nous ne vous suggérons pas de vous faire spéculateur monétaire, mais comme nous l’avons déjà expliqué, une bonne partie de l’air gonflant la bulle de liquidités provient des emprunts de yens à des taux bas — des yens que l’on échange ensuite contre des dollars, utilisés pour acheter des actifs financiers. Lorsque la bulle de liquidités cessera de gonfler, cependant, beaucoup de spéculateurs feront la queue pour échanger leurs dollars contre des yens. Le dollar chutera, le yen grimpera. Et les actifs basés sur le yen, comme les actions cotées à la bourse de Tokyo, grimperont aussi.
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Découvrez la Bourse comme vous ne l’avez encore jamais vue…
… grâce à des conseils qui auraient pu vous permettre de cumuler 330,68% de gains en 2006 !
Pour savoir comment, c’est par ici…
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*** La Chronique Agora présente ***
Après le déficit commercial américain et les déboires de l’Union européenne, James Turk aborde aujourd’hui, dans la dernière partie de son essai, la situation japonaise… et la réponse unique à tous ces problèmes
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DESEQUILIBRE COMMERCIAL — 3ème PARTIE
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Par James Turk (*)
Le Japon, la deuxième plus grande économie au monde, est enlisé dans une déflation au ralenti depuis que ses bulles immobilières et boursières ont éclaté, au début des années 90. Le coupable : de gigantesques créances douteuses dans les comptes des grandes banques japonaises, dont personne ne semble savoir quoi faire. Si les banques les passent en pertes et profits, il ne leur restera plus assez de capitaux pour financer de nouveaux prêts, et des pans entiers des secteurs de l’immobilier et de la finance du Japon, dépendant actuellement des lignes de crédit bancaires, imploseront. Si la banque laisse ces prêts pourrir, le pays continuera à stagner.
Dans une vaine tentative de redémarrer l’économie, la Banque centrale du Japon a baissé les taux d’intérêt de long terme jusqu’à zéro — les prêts ne coûtent rien, dans le pays. Et le gouvernement japonais a essayé un programme de relance après l’autre, accumulant au fur et à mesure une dette nationale qui, en tant que pourcentage du PIB, représente plus que celle des Etats-Unis.
A présent, le gouvernement — qui a vu la qualité de son crédit réduite par les grandes agences de notation — envisage de venir au secours des banques en difficulté en rachetant les créances douteuses et en les revendant sur les marchés mondiaux avec une sorte de garantie gouvernementale. Et enfin, le nouveau gouverneur de la Banque du Japon, Toshihiko Fukui, a suggéré que, comme la Fed américaine, il commencerait à acheter les obligations japonaises de long terme si nécessaire.
Le Japon a aussi un problème exactement symétrique à celui du déficit commercial américain. Dans la mesure où le pays a accumulé un surplus commercial gargantuesque avec le reste du monde, il doit gérer un énorme afflux de dollars. Il pourrait simplement laisser courir l’offre et la demande, ce qui ferait grimper la valeur du yen. Cependant, cela nuirait aux exportateurs japonais en rendant plus chers les produits libellés en yen. Et dans la mesure où les exportations sont à peu près les seules choses fonctionnant actuellement pour le Japon, les dirigeants du pays hésitent à laisser faire. La banque centrale a donc acheté des dollars, accumulant des réserves de change massives. Pour acheter des dollars, elle doit dépenser des yens… ce qui signifie que les planches à billets japonaises tournent elles aussi à plein régime.
Et voilà. Les plus grandes économies de la planète vivent toutes bien au-dessus de leurs moyens, et empruntent pour couvrir la différence. Et elles continueront — cela semble certain — à créer autant de devise fiduciaire que nécessaire pour reculer le jour du jugement. En bref, le décor est planté pour un effondrement monétaire digne de celui de l’Allemagne de Weimar ou de l’Argentine dans les années 90. Le monde pourrait perdre sa confiance dans le dollar en particulier et dans les monnaies papier en général. Dans une telle "fuite hors de la devise", la demande de billets verts s’assèchera. Nous dépenserons notre argent à la minute où il nous arrivera, faisant grimper les prix en flèche (en termes de dollars). Nous éviterons les instruments financiers — dont les obligations et de nombreuses actions — comme la peste. Et nous reviendrons en masse à la seule monnaie insensible à la mauvaise gestion des gouvernements : l’or.
Meilleures salutations,
James Turk
Pour la Chronique Agora
(*) James Turk s’est spécialisée dans la banque internationale, la finance et l’investissement depuis qu’il est sorti de l’université George Washington, en 1969, diplômé en économie internationale. Il est également l’auteur de deux livres et de plusieurs essais et articles sur les devises et la banque. De plus, James Turk est le fondateur et président de GoldMoney.com, un site dédié à l’achat et aux échanges de métal jaune.
[NDLR : Métal jaune, profits et protection du patrimoine... autant de termes que Raphaël Garaud et toute son équipe gardent en mémoire à chacune de leurs recommandations. Une ligne de conduite qui permet à leur portefeuille d'afficher une performance globale de +58,8%, en ce début d'année 2007... Qu'attendez-vous pour en profiter vous aussi ? Il suffit de continuer votre lecture...]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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