Un désastre made in America

Rédigé le 12 décembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

L’Amérique n’a pas besoin des étrangers pour se détruire. La loi fiscale de Trump, les déficits et les réglementations font cela très efficacement.

La presse grand public semble obsédée par le tort causé aux Américains… par des étrangers.

Plus précisément, il se dit que les Russkofs sont intervenus dans les élections présidentielles américaines, souillant irrémédiablement un processus pourtant immaculé à ce jour.

L’Iran et la Corée du Nord pourraient attaquer à n’importe quel moment. Le Mexique et la Chine volent les emplois et tuent l’économie.

A La Chronique, nous nous proposons de mettre toutes ces craintes de côté.

Respirons l’air frais de décembre, serein et confiant.

Avec M. Trump à la Maison Blanche… le Congrès US en session… 17 organisations qui nous espionnent depuis l’éther… trois généraux à disposition de M. Trump à main droite… et Janet Yellen et sa bande de joyeux drilles de l’économie à main gauche…

… Pourquoi s’inquiéter ?

« Loi sur la fiscalité » : l’arnaque du Deep State

Il est peu probable que des étrangers — aussi néfastes ou doués soient-ils — puissent faire pire ! Oui, cher lecteur, notre poitrine s’enfle de fierté patriotique : nous n’avons pas besoin de sales étrangers pour détruire le pays ; nous pouvons le faire nous-mêmes !

Pour commencer, il y a la « Loi sur la fiscalité » des républicains. Nous ne sommes pas certain des détails — les membres du Congrès non plus ; ils attendent que les lobbyistes les définissent pour eux.

Mais les fondations sont si évidentes qu’on doit pouvoir les voir depuis l’espace : c’est une arnaque.

Son effet véritable sera de permettre le transfert de milliers de milliards de dollars supplémentaires depuis l’économie productive vers les zombies, les compères et les initiés du Deep State… laissant une croissance économique réelle plus lente et la plupart des gens plus pauvres.

Oui, certains en profiteront à court terme. Mais la plupart souffriront à mesure que les années passent… puisque cette loi sur la fiscalité ajoutera 1 800 Mds$, voire plus, à la dette US.

Ensuite, avec des recettes fiscales en baisse et la hausse des dépenses entrainée par 70 millions de baby-boomers prenant leur retraite, les Etats-Unis feront faillite.

Des étrangers pourraient-ils parvenir à un tel résultat ?

Non… c’est un désastre made in America.

En route vers la faillite

La première année a été essentielle, pour l’équipe Trump. Les électeurs ont choisi une nouvelle équipe parce qu’ils voulaient une nouvelle direction. Ils voulaient que Trump redresse ce qui était tordu et aplanisse ce qui était cabossé.

Dans leur sagesse, peut-être avaient-ils réalisé que le pays était en train de dérailler et devait être remis d’aplomb.

Ou peut-être pensaient-ils que Donald J. Trump pouvait arracher le contrôle de l’empire des mains du Deep State.

Ou peut-être encore voulaient-ils simplement faire bouger les choses.

Chacun de ces trois objectifs nous convenait. Mais seul l’un d’entre eux — le dernier — a été accompli. Les choses ont effectivement bougé. Mais les Etats-Unis se ruinent plus rapidement que jamais. Et le Deep State est encore plus aux commandes que sous Bush ou Obama.

A ce point du cycle économique — alors les Etats-Unis sont censés avoir le plein emploi, un marché boursier chaud bouillant et plus de 3% de croissance du PIB — les autorités devraient enregistrer un surplus. Les recettes devraient atteindre des sommets record. Les dépenses devraient être basses.

Au lieu de ça, même dans le meilleur des cas, les autorités n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Ce manque à gagner fait augmenter la dette nationale au rythme de 75 Mds$ environ par mois. A la fin de l’année, près de 1 000 Mds$ auront été rajoutés.

Qui s’en soucie ?

Personne… jusqu’à ce que le cycle se retourne. On entendra alors des gens demander : « qui aurait pu prévoir ça ? »

Pourtant, les cycles se retournent toujours. C’est pour cela qu’on les appelle des cycles : ils progressent en cercles, non en ligne droite. Le temps avance en ligne droite. Mais les saisons, les marchés, les modes et les folies populaires sont cycliques. [NDLR : en ce moment, la mode est au bitcoin et aux cryptomonnaies. Bulle ou pas ? Ne vous posez pas cette question, investissez plutôt dans la technologie sous-jacente de ces nouvelles monnaies et comme notre spécialiste, profitez du gigantesque potentiel des monnaies virtuelles sans en acheter une seule. Tout est expliqué ici.]

Les affaires continuent pour les bureaucrates

Les prix baissent. L’économie entre en récession. Lorsque cela se produit, toutes les confortables suppositions élaborées pour justifier la loi sur la fiscalité passent par la fenêtre… et atterrissent sur le gazon.

Ensuite, les déficits se creusent… et le coût d’une telle quantité de dette augmente, à mesure que les taux d’intérêt grimpent eux aussi.

A ce moment-là, il sera trop tard. Le grain qui aurait dû être stocké durant les années de vaches grasses aura disparu.

Pire encore, les récoltes des sept prochaines années ont déjà été vendues par anticipation. Que pourront donc faire les autorités durant les années de vaches maigres ?

Emprunter et imprimer, bien sûr ! C’est ce qu’ont fait le Zimbabwe et le Venezuela.

Cela a bien fonctionné pour eux, n’est-ce pas ?

Même dans le domaine de la réglementation, l’équipe de Trump n’a rien fait qu’un étranger malveillant n’ait pas pu faire.

M. Trump a appelé la réglementation financière un « désastre » pendant sa campagne présidentielle. Il avait raison.

Maintenant qu’il est à la Maison Blanche, il voit les choses différemment, cependant : il y a un certain avantage à avoir des bureaucrates payés par le gouvernement pour protéger ses compères contre la concurrence et de l’innovation.

Dans le The Wall Street Journal :

« Les excès de la réglementation Dodd-Frank ont contribué à causer la croissance économique historiquement lente des huit années Obama. Pour corriger cela, le Trésor aurait dû proposer de transformer le FSOC [Conseil de surveillance pour la stabilité économique, NDLR] en corps consultatif, au mieux. Au lieu de cela, le Trésor affirme désormais avoir l’intention d’utiliser l’élément le plus puissant de Dodd-Frank encore plus agressivement que ne l’a fait l’administration Obama« .

Oui, cher lecteur, les affaires continuent. Mais quel soulagement de savoir qu’il y a certaines choses que nous les Américains, nous pouvons encore faire par nous-mêmes.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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