Des vacances en décembre

| |

=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 01 décembre 2006
=============================

*** Un, et deux, et trois… et patatras !
Philippe Béchade frappe les trois coups pour la baisse…

*** Des vacances en décembre…
… au moins pour les marchés américains…

*** Valeur profonde
Bill Bonner se lance dans la culture du coton

*** Réalités économiques et fictions politiques
"Faux liberalisme" et "demi capitalisme"

—————————– (publ.)

269,16% de gains cumulés à ce jour en 2006 :
VOTRE BANQUIER PEUT-IL EN FAIRE AUTANT ?

Le nôtre, en tout cas, y est parvenu sans problèmes.
Pour savoir comment, continuez votre lecture…

—————————

Bonjour,

*** ET UN, ET DEUX, ET TROIS… ET PATATRAS !

** Le CAC 40 avait testé les 5 400 points une première fois comme support au début du mois de novembre (les 7 et 8), une seconde fois le 2/11 puis une troisième fois le 23/11. Cela a manifestement été la "fois de trop" : l’indice a dévissé jusque vers 5 300 le 27/11 !

Mais alors que l’indice vient de tester également par trois fois ce palier (le 17 octobre puis les 2 et 27 novembre), il se pourrait qu’un nouveau pullback sous les 5 350 points s’avère fatal. Il est tout à fait évident depuis une semaine que les 5 350 points — soit la moyenne mobile à 50 jours — constituent le pivot de court terme pour le marché parisien. Chaque fois que cette ligne de partage est franchie, les valeurs françaises subissent un coup d’accélérateur… à la hausse comme à la baisse.

Ce fut le cas mercredi  avec un rebond de 1,4% qui s’est amplifié en fin de séance par le jeu des rachats de découvert… ce qui a propulsé le CAC 40 vers 5 480 points à la clôture, puis jusque sur 5 400 points ce jeudi dès les premiers échanges. Mais la fin de journée fut l’exact symétrique de la veille : l’indice phare a doublé ses pertes au cours des 90 dernières minutes, replongeant sous les 5 350 puis sous les 5 330 points

La défaillance du dernier quart d’heure — une perte supplémentaire d’une vingtaine de points — n’a l’air de rien, mais elle change toute la donne. Novembre s’achève sur une perte globale de 0,4% (même score pour l’Euro-Stoxx 50) alors que l’inscription d’un sixième mois consécutif de hausse semblait encore pratiquement assuré à l’heure du café : le CAC 40 préservait sans forcer le palier des 5 370 points au moment de la réouverture de Wall Street.

** La première rafale de statistiques publiées à 14h30 outre-Atlantique n’avait pas fait plier les indices boursiers américains, ni provoqué de nouveaux dégâts sur les marchés des changes : les dépenses des ménages américains ont progressé de 0,2% en octobre et leurs revenus ont grimpé de 0,5%, selon le rapport mensuel du département du Commerce.

Même si cela peut apparaître paradoxal, les opérateurs ont réservé un accueil plutôt favorable à l’indice PCE, une mesure de l’inflation liée aux dépenses de consommation particulièrement surveillée par la Réserve fédérale. Les prix ont dérapé de +0,2% le mois dernier, et l’inflation s’établit à un rythme annuel de 2,4% sur un an — bien au dessus de l’objectif des 2%, présenté comme l’extrême limite de la zone de confort de la Fed.

La hausse du PCE militait — en théorie — en faveur d’un maintien, voir d’un renchérissement  des taux d’intérêts aux Etats-Unis… mais cette hypothèse a volé en éclat avec la publication  de l’indice des directeurs d’achat de Chicago, en chute libre sous le seuil psychologique des 50, après 53,3 en octobre et 62 au mois de septembre (contre un rebond attendu à 54,5).

** Le dollar, littéralement torpillé par le PMI de Chicago, a coulé à pic en quelques minutes, perdant jusqu’à 1% pour inscrire un nouveau plancher annuel à 1,3275/euro et 116,7 yens. La tentative de rebond du billet vert amorcée mercredi midi avait déjà du plomb dans l’aile dès la fin de la matinée de jeudi, car Eurostat avait revu à la hausse son estimation de la croissance du PIB au troisième trimestre 2006 — soit 2,7% en rythme annuel, contre 2,6% estimés initialement.

Les gérants de portefeuille se sont rués vers les canots de sauvetage ; la dernière heure de la dernière séance du mois de novembre s’est apparentée à un sauve-qui-peut général. 85% des valeurs du CAC 40 ou du SBF 120 ont clôturé dans le rouge, et les volumes de transactions ont dépassé les deux milliards d’euros entre 16h et 17h30, pour atteindre 5,6 milliards d’euros — soit une progression de 10% par rapport à mercredi… où, pourtant, les écarts indiciels avaient atteint une plus grande amplitude.

** Jusqu’à mercredi dernier, les investisseurs avaient le sentiment que les gilets de sauvetage et les embarcations de survie (les puts warrants, options de vente et autres couverture à terme) prenaient une place inutile sur le vaisseau amiral baptisé CAC 40.

S’ils avaient pu écarter les cloisons de leurs cabines et disposer librement des espaces communs réservés à l’ensemble des passagers, ils les auraient remplis de paquets d’actions et de promesses de souscription aux prochaines introductions en bourse. Certaines se sont d’ailleurs avérées fructueuses, comme EDF-Energies nouvelles ; d’autres pourraient soulever moins d’enthousiasme, comme celle de Natixis ou Klemurs début décembre.

Aujourd’hui, et alors que débute le mois de décembre, l’impression qui domine chez la plupart des gérants de portefeuilles à deux semaines du "vendredi des quatre sorcières", c’est  que la barque est un peu trop chargée… et c’est un doux euphémisme.

D’après l’enquête mensuelle de Merrill Lynch, réalisée auprès des principaux établissements financiers mondiaux, les opérateurs se retrouvent avec une exposition sur les marchés d’actions comparable à celle qui prévalait à la mi-mai, juste avant que se déclenche la correction boursière de -15% de mai/juin 2006. Les actions représentaient en moyenne 67% des actifs des fonds diversifiés aux Etats-Unis, contre 27% pour les obligations — le montant des liquidités résiduelles étant le plus faible observé depuis le début de l’année.

Autrement dit, les gérants seraient aujourd’hui parfaitement incapables — fautes de munitions — de soutenir les cours de bourse si telle était leur intention… C’est loin d’être le cas, cependant, et les trois coups de la baisse viennent de retentir sous les 5 400 points pour le CAC 40 et sous les 4 000 points pour l’Euro-stoxx 50.

Alors… un, deux, trois… et patatras ?

Philippe Béchade,
Paris

PS : N’oubliez pas que vous pouvez retrouver Philippe Béchade au 0899 707 009* pour découvrir son analyse complète de la séance en cours, mais aussi sa recommandation du jour et le suivi de notre portefeuille — de quoi terminer la semaine profitablement…
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

—————————

Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** DES VACANCES EN DECEMBRE…

** Les actions grimpent depuis plusieurs mois, aux Etats-Unis. C’est probablement la meilleure raison pour laquelle elles doivent chuter. Si le Dow sauvegarde sa performance positive pour le mois de novembre, le vénérable indice enregistrerait six mois consécutifs dans le vert. Il est peut-être temps de voir un mois baissier.

- Oubliez les PER ; oubliez les gains de productivité ; oubliez les dividendes. Les marchés ne se soucient pas de tout ça. Les marchés grimpent quand ils en ont envie. Et ils chutent quand ils en ont envie.

- Sur des horizons de long terme, bien entendu, des choses comme les bénéfices et les taux d’intérêt ont beaucoup d’influence sur les valorisations boursières. Mais à court terme, ce sont les GENS qui influencent les valorisations… et non les DONNEES. L’attitude collective des investisseurs détermine les niveaux de prix des actions.

- Pour anticiper l’évolution des marchés à court terme, il peut donc parfois être payant de surveiller l’attitude collective des investisseurs. [NDLR : C'est ce que fait notre spécialiste Sylvain Mathon... et cela lui a déjà permis d'engranger une performance cumulée de 155% en un peu plus de deux mois. Pour savoir comment, continuez votre lecture... ]

- Lorsque les investisseurs se sentent extrêmement pessimistes, c’est souvent le signe qu’un rebond boursier va commencer. Et lorsqu’ils se sentent suprêmement confiants et complaisants, les prix des actions tendent à chuter. C’est du moins le principe de base motivant "l’investissement contrarien".

- Actuellement, les investisseurs se sentent extrêmement confiants… peut-être un peu trop. En fait, Jay Shartsis, trader en options expérimenté et observateur averti des marchés, soupçonne que le sentiment des investisseurs est trop haussier pour le bien du marché.

- "Lorsque les Etats-Unis ont déclaré la guerre au Japon après l’attaque sur Pearl Harbor", a remarqué Jay la semaine dernière, "le vote du Congrès était unanime, à part un membre, qui pensait que dans une démocratie, il n’était pas convenable que tout le monde vote en faveur de la guerre. Je ne me souviens pas du nom de ce représentant, mais je parierais qu’elle (je crois que c’était une femme) serait baissière sur les marchés en ce moment. Le sentiment haussier est unanime".

- "Mais les baissiers du marché ont plus de preuves en leur faveur que notre politicienne de 1941", affirme Jay. "Par exemple, le 17 novembre, avec le Dow à 12 342, on comptait 163 nouveaux sommets sur le NYSE. Par comparaison, le 26 octobre, avec le Dow à 12 163, il y avait 431 nouveaux sommets. Une nette contraction des nouveaux sommets avec un Dow pourtant 200 points plus élevés. Une belle preuve baissière".

** Il est intéressant de noter que les chiffres extrêmement bas du VIX corroborent ces "preuves baissières". L’indice VIX mesure la volatilité implicite des diverses options sur le S&P 500. Dans la mesure où le VIX est basé sur les prix des options en temps réel, il reflète l’opinion générale des investisseurs sur la future volatilité boursière. "Durant les périodes de stress financier, qui sont souvent accompagnées de déclins prononcé des marchés", nous explique le site internet du CBOE, "les prix des options — et le VIX — tendent à grimper. Plus la crainte est grande, plus le VIX est élevé. Lorsque les craintes des investisseurs s’apaisent, les prix des options tendent à décliner, ce qui provoque à son tour une baisse du VIX". 

- Le fait que le VIX se languit à des planchers de 13 ans suggère donc que les investisseurs sont bien trop confiants et complaisants.

- Les ratios put/call nous disent la même chose.

- "Le ratio put/call à 21 jours basé sur les volumes pour le marché large est descendu à peu près au niveau qu’il occupait lors du sommet du marché début mai dernier", observait récemment Jay. "Il est désormais à 66 puts échangés pour 100 calls ; à l’époque, il était à 65. Imaginez : il a fallu une hausse directe de 15% pour en arriver là".

- Pour terminer, Jay note que le Dow a grimpé de 1 000 points au dessus de sa moyenne mobile à 200 jours. "C’est un record historique", note-t-il. "Joe Granville, qui a souligné cela, appelle cela ‘un avertissement majeur, et un signal de vente à lui tout seul’. Difficile à ignorer".

- Le Dow est en hausse de 14% sur l’année. 14%, ce n’est pas trop mal. Pourquoi ne pas s’arrêter là et prendre quelques vacances en décembre ?

—————————

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** VALEUR PROFONDE

** Nous sommes résolument ignorant de l’avenir. Nous gardons donc les yeux grands ouverts, cher lecteur.

* Il est facile de dépasser les autres d’une tête, de nos jours ; il suffit d’entrer dans l’un des prestigieux fonds de couverture de la planète — Medallion, ou Lone Pine, par exemple. Vos voisins vous regarderont avec admiration. Même votre épouse aura une meilleure image de vous ; non seulement vous serez riche, mais vous serez également intelligent, avec de relations en haut lieu.

* D’un autre côté, ayez pitié de l’homme qui doit annoncer à sa famille et ses amis qu’il a investi dans un élevage de porcs, une plantation de coton ou un détaillant au rabais ; c’est tout juste s’il ne diminue pas. "Il ne doit pas avoir beaucoup d’argent", déclarent ses amis. "Il ne doit pas avoir de très bons amis", déclare son argent.

* Mais ce que vous gagnez en stature aujourd’hui pourrait être perdu dès demain — en centimètres et en dollars, parce que viendra probablement un jour où vous devrez donner des explications.

* Lorsque vos petits-enfants vous demanderont : "qu’est-ce qui est arrivé à la fortune familiale, grand’père ?" — vous devrez avoir une réponse prête.

* "Elle a disparu lors du grand krach de 2007", pourriez-vous dire — comme si vous faisiez allusion à une obscure forme de magie.

* "Un gestionnaire de hedge fund a fait jouer l’effet de levier… pour l’investir dans des produits dérivés faisant jouer l’effet de levier", pourriez-vous aussi dire, éblouissant les mômes et accusant quelqu’un d’autre de votre misère.

* "Lorsque le marché immobilier s’est effondré, nous avons tout perdu", pourrait être une bonne manière de décrire les choses ; vos mignonnets ne pourraient pas vous blâmer de n’avoir pas su résister à cela.

** Nous ne prétendons pas avoir la capacité de voir l’avenir. Tout de même le futur est bien présent à notre esprit, et avec un peu de chance, nous pourrons même le vivre, que cela nous plaise ou non. Et nous voulons être prêt.

* Nous nous demandons donc : "quels investissements ont le plus de chances de bien se tenir dans un avenir incertain ?"

* "La valeur profonde".

* Lorsque nous avons entendu notre ami Rick Rule prononcer ces mots, nous avons pensé à l’or, enterré sous des mètres de cailloux quelque part en Afrique du Sud. Rick est géologue. Il appelle probablement les couches de roches par leur véritable nom — et calcule combien il en coûterait de les forer.

* Mais lorsque Rick parlait de "valeur profonde" lors d’une récente conférence sur l’investissement à la Nouvelle-Orléans, il faisait allusion à autre chose ; il voulait parler d’entreprises que vous pouvez acheter pour la moitié de leur véritable valeur. La "profondeur" qu’il décrit, ce sont les mesures par lesquelles un investisseur peut se protéger aujourd’hui des questions embarrassantes auxquelles il aurait à répondre demain.

* Rick a décrit le genre d’entreprises qu’il recherche :

* "En général, ce sont des entreprises familiales — sans actionnaires publics. Elles sont ennuyeuses à périr. Elles donnent rarement des interviews. Elles ne tiennent pas de conférences de presse pour annoncer leurs chiffres trimestriels. Vous avez de la chance si elles répondent à vos coups de téléphone".

* Un exemple : Boswell.

* Boswell est une grande entreprise très ennuyeuse, appartenant en majeure partie à la famille Boswell, et dont quelques actions sont cotées. Elle oeuvre principalement dans la culture du coton, grâce à laquelle elle engrange un chiffre d’affaires brut de 700 millions de dollars environ, et des bénéfices nets de 70 millions de dollars.

* Rien que cela suffirait à faire de Boswell une valeur de croissance, déclare Rick ; c’est une entreprise solide, avec 120 millions de dollars de liquidités — tandis que les actions s’échangent (bien que rarement) à huit fois les bénéfices seulement. Mais la véritable histoire de Boswell se trouve profondément dans le sol, non dans les journaux. Il se trouve que Boswell possède de vastes surfaces de terrains parmi les plus précieux de la Californie du Sud. Des milliers d’acres sont portés sur les comptes de la société à leur prix d’acquisition — qui s’est produite il y a des décennies de cela. Et sous ce terrain se trouve la nappe phréatique la plus vaste et la plus abondante de Californie du Sud. La valeur de l’eau, à elle seule, représente environ quatre milliards de dollars aux prix actuels.

* "Que peut faire une entreprise ayant des milliers d’acres d’excellent terrains en Californie du Sud… avec plein d’eau en dessous ?" a demandé Rick. "Eh oui, Boswell va se lancer dans la promotion immobilière".

* Combien Boswell finira-t-il par valoir ? Nous n’en savons rien. "Finir par", c’est loin dans l’avenir… bien en dehors de notre champ de vision. Mais nous avons le sentiment que Rick a raison ; comparé aux nombreuses fortunes qui seront perdues dans les hedge funds et les produits dérivés, bien peu seront englouties dans les actions de valeur profonde comme Boswell.

—————————– (publ.)

Dix critères de sélection pour des gains en plein dans le mille
Un système d’investissement bien précis a engrangé un gain moyen de 25% au deuxième trimestre… alors même que les marchés étaient en pleine déconfiture.

Comment ? Grâce à une méthode de sélection rigoureuse et efficace — que vous pouvez mettre dès aujourd’hui au service de votre portefeuille.

Continuez votre lecture pour tout savoir…

—————————

*** La Chronique Agora présente ***

La Chronique Agora présente : Après un retour sur la désignation de la candidate socialiste hier, Raphaël Garaud aborde aujourd’hui les "méfaits" de la mondialisation… et ce qu’ils signifient pour notre économie.

============
REALITES ECONOMIQUES ET FICTIONS POLITIQUES – 2ème PARTIE
============

Par Raphaël Garaud (*)

Nous sommes assiégés !
La mondialisation : les humanistes en auraient autrefois rêvé. Aujourd’hui, le mot est agité comme une menace. J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler au temps d’un certain protectionnisme économique républicain qui était à l’honneur et pour lequel nos énarques étaient prêts à se battre — stylo Mont Blanc à la main. Nous avions déjà succombé face aux Américains et aux Japonais ; c’est à présent aux Indiens, Chinois et aux Russes de jouer les prédateurs.

Mais voyons cela autrement : si l’on s’intéresse autant à nous, c’est que nous faisons plus envie que pitié. Et la réciproque est tout aussi valable (ne soyons pas amnésiques), car la délocalisation a permis à nos entreprises (grandes ou petites) de gagner des parts de marchés à l’international et d’acquérir des entreprises pour arriver à occuper les premières places sur les podiums.

Or depuis quelques temps, les entreprises ne sont plus concentrées exclusivement sur le développement de leur potentiel et activités, mais sur la façon de se défendre. Leur fragilité capitalistique devient évidente face aux nombreux milliardaires étrangers avides de bons coups. EADS est un bon exemple, avec les Russes qui ont pris une partie du capital et qui en veulent plus. L’appétit vient en mangeant…

Ne croyez pas que ce soit un cas isolé. Bien d’autres entreprises attisent les convoitises telles Vinci, Sanofi-Aventis, Veolia, Accor, etc. D’après vous, qu’est-ce qui a poussé Suez dans les bras de GDF ? Non, ce n’est pas ce que l’on vous rabâche depuis des mois. C’est l’idée que l’Italien Enel puisse devenir le plus gros actionnaire, donc le patron, chez le Français Suez. Drame ; idée hautement insupportable.

Deux mamelles indispensables
Le libéralisme et le capitalisme sont les systèmes qui ont démontré le plus d’aptitude en termes d’efficacité… à condition de ne pas les freiner à tout bout de champ. Malheureusement, nous sommes des adeptes du faux libéralisme et du demi capitalisme. En clair cela veut dire qu’aucun gouvernement n’a osé laisser les lois du marché s’imposer ; par idéologie — ou pire, par crainte de froisser l’opinion.

Et l’inévitable est arrivé : les entreprises doivent avoir recours à des subterfuges divers et variés, pour pallier l’absence de leur actionnariat. Avouez qu’il eut été plus simple de favoriser l’émergence d’un véritable capitalisme individuel prêt à soutenir directement ou indirectement (à l’aide de fonds de pension par exemple) le développement de nos entreprises. Mais curieusement, les gouvernants successifs ont donné la préférence à la démagogie, une vision réductrice des choses, en taxant au point d’écoeurer cet électorat dont ils n’ont pas besoin du nombre, mais dont une grande partie finance les entreprises étrangères à l’étranger. Eh oui.

On ne règle rien comme il le faut en agissant au coup par coup sur les urgences qui se présentent en économie. Le gouvernement actuel serait plus inspiré en donnant aux investisseurs et entrepreneurs français les mêmes armes que celles dont disposent les Chinois, les Indiens ou les Russes.

Gare à celui qui dira la vérité… il pourrait bien être exécuté — politiquement, s’entend.

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus

==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================

La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.

Pour plus d’informations :
http://www.publications-agora.fr

Author Image for admin

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.