La démocratie se coupe du peuple, comme l’aristocratie

Rédigé le 19 novembre 2016 par | Article, Désinformation, Simone Wapler Imprimer

La maladie de nos démocraties est une volonté de centraliser le pouvoir, tous les pouvoirs, le plus de pouvoirs possibles. Comme les aristocrates d’autrefois, les bureaucrates vivent coupés du peuple et ne subissent pas les conséquences de leurs décisions.

C’est vrai, Donald Trump va accéder à la présidence des Etats-Unis avec moins de voix qu’Hillary Clinton. C’est normal. Ainsi le veut la constitution fédéraliste américaine. Ses rédacteurs voulaient éviter qu’un gros Etat n’impose sa loi aux plus petits.

Si nous avions un système fédéraliste européen sans de tels garde-fous constitutionnels, l’Allemagne avec ses 82 millions d’habitants ferait la loi.

Pour qu’une démocratie fonctionne bien, le pouvoir central doit être limité à très peu de fonctions et le pouvoir doit être local. Car la confiance n’exclut pas le contrôle. Vérifier ce que fait son maire ou son conseiller municipal est plus facile que vérifier ce que fait un député ou un sénateur.

Le système le plus vertueux est la minarchie, l’Etat centralisé maintenu à sa taille minimale.

Les infrastructures « américaines » n’existent presque pas en tant que telles, rappelle David Stockman dans son article. En réalité, l’Etat fédéral ne devrait avoir à sa charge que les routes inter-états. Les réseaux sont à la charge des états, comtés et villes. Le programme de relance de Donald Trump n’a donc aucune justification : ni technique, ni légale.

Évidemment, minarchie ne signifie absolument pas repli sur soi et protectionnisme. La mode est actuellement au protectionnisme mais, même affublé d’adjectifs pompeux, le protectionnisme est une théorie ridicule dont se moque Ferghane Azihari.

L’aristocratie s’est effondrée parce que la noblesse s’est coupée du peuple et que la protection féodale n’avait plus de raisons d’exister. Nos démocraties à forts pouvoirs centraux dans trop de domaines s’effondreront parce que sa bureaucratie se coupe du peuple et que sa protection sociale vacille.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

3 commentaires pour “La démocratie se coupe du peuple, comme l’aristocratie”

  1. Vouloir se retirer de la planche d’équilibre c’est vouloir que les politicards deviennent autres.
    Il ne dépend que de nous d’y rester ou de se retirer. Que croyez vous que feront alors les politiques?
    Ils vous supplieront de rester. Ils savent que sans vous, ils ne sont rien(il suffit de leur rappeler, massivement).

    Déjà que l’un ndeux avoue qu’il ne saura et pourra rien faire. (http://wp.me/p4Im0Q-1o1) c’est un très bon début

    http://wp.me/p4Im0Q-1o1

  2. excellent article clair et bien écrit. je retiens cette phrase qui met en valeur le lien entre l’aristocratie et les démocraties à forts pouvoirs centraux « Nos démocraties à forts pouvoirs centraux dans trop de domaines s’effondreront parce que sa bureaucratie se coupe du peuple et que sa protection sociale vacille. »

  3. Sans contrôle (sérieux, est-il besoin de préciser) des élus, la démocratie va à vau-l’eau …

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