M. Trump s’est fait mater

Rédigé le 24 août 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le Deep State a définitivement muselé Trump. Il y aura toujours plus de guerre, de dette, d’administration, de corruption et d’accords gagnant-perdant.

Bannon est parti. Priebus, Spicer et Scaramucci… aussi.

Et Donald J. Trump ?

Téméraire, vain, puéril, sans instruction, grossier, sa stupidité était rafraîchissante.

Maintenant, il n’est peut-être plus là, lui non plus… après s’être fait dompter par les « grandes personnes ».

Toujours plus de guerre, toujours plus de dette

Oui, les sensations fortes ont disparu… la spontanéité… les mensonges en toute bonne foi… et les surprises dénuées de pertinence. M. Trump s’est fait dresser.

Kelly, Mattis, McMaster, Cohn et Mnuchin sont aux commandes. Il se pourrait toutefois que ces bureaucrates du Pentagone et escrocs de Wall Street soient pires qu’un président incontrôlable.

Plus dangereux. Plus sinistres. Plus rapaces et impitoyables. Et pas amusants du tout.

A présent, nous savons quelle orientation prend ce gouvernement : toujours plus de guerre, de dette, de réglementation, de cette bonne vieille corruption et de ce bon vieux baratin.

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Autrement dit, l’orientation n’a pas changé.

Et nous savons ce que cela signifie, du moins pour l’économie.

Le marigot s’étend

Revenons un peu en arrière pour les nouveaux lecteurs… Le problème auquel est confrontée l’économie américaine, c’est le « marigot » : ces réglementations, législations et obstacles financiers provoqués par l’argent falsifié et la répression financière.

Le marigot est empoisonné par le double jeu. Il grouille d’idées loufoques politiquement correctes. Il couvre de fange tout le système de marché.

Si vous tentez de vous y frayer un chemin, vous vous enlisez très rapidement. La Loi Dodd-Frank, à elle seule, a alourdi de 848 pages la Loi Glass-Steagall qui en comptait 39… ajouté 22 000 pages de réglementations supplémentaires !

Avec cette forêt de lianes qui vous entrave, il est difficile de créer une nouvelle entreprise (selon la Brookings Institution, on ferme davantage d’entreprises que l’on en crée aux Etats-Unis). Sans nouvelles entreprises, la croissance du PIB stagne. [NDLR : comment aider de jeunes entreprises à croître ? Rejoignez les « nouveaux millionnaires » qui y investissent en dehors des marchés financiers et des banques… et multiplient leur investissement par 10 et plus, obtiennent un rendement quatre fois supérieur à celui d’une assurance-vie. Pour connaître et appliquer leur méthode, cliquez ici.]

Le marigot n’est pas le fruit du hasard. Il n’est pas apparu par enchantement. Au contraire, il s’est développé à mesure que les fameuses « grandes personnes » se rendaient compte qu’elles pouvaient utiliser le pouvoir du gouvernement pour obtenir ce qu’elles voulaient.

Petit rappel supplémentaire : il n’existe que deux façons d’avancer. Soit vous produisez, soit vous prenez.

Vous pouvez conclure un accord gagnant-perdant avec vos voisins : un accord volontaire dont chaque partie pense sortir gagnante. Les gens travaillent les uns pour les autres. Ils échangent les uns avec les autres. Ils épargnent et investissent leur argent mutuellement.

Ils font aux autres… vous connaissez la suite.

Ces accords nous enrichissent et améliorent notre situation. Voilà pourquoi nous les concluons.

Certaines personnes, toutefois, trouvent qu’il est plus facile de prendre l’argent des autres que de le gagner elles-mêmes.

Traditionnellement, elles se tournent vers la politique. Le gouvernement a le monopole de la force. Donc la grande majorité des accords gagnants-perdants sont conclus avec la connivence de l’Etat.

Au fil du temps, l’influence de ceux qui se servent augmente : il y a davantage de lois, de réglementations et de programmes qui récompensent uniquement les initiés. Pour ces personnes, le gouvernement devient un instrument leur permettant d’obtenir ce qu’elles veulent en le prélevant sur l’économie productive gagnante-gagnante.

L’instinct mis de côté dans le Bureau Ovale

Nous avons vu ce processus à l’oeuvre lundi dernier, lors du discours capital de Donald Trump à propos de l’Afghanistan.

Le citoyen Trump a affirmé pendant des années qu’intervenir en Afghanistan relevait du « gaspillage » et qu’il fallait « se sortir de là ».

A présent, les choses ont changé. C’est le président Trump, désormais. Et il n’est pas fou. Voici ce qu’explique le président :

« Mon premier instinct était de sortir de là, et historiquement, j’aime bien suivre mon instinct. Mais toute ma vie, j’ai entendu que les décisions sont très différentes lorsque vous êtes assis dans le Bureau Ovale. »

C’est juste. Lorsque vous êtes président, vous obéissez au Deep State et non au peuple qui vous a élu.

Le public crée de la richesse ; le Deep State s’en empare. Les électeurs élisent leur président ; le Deep State lui dit ce qu’il doit faire.

Dans une démocratie, le gouvernement tient son autorité des citoyens. Le Deep State s’en fiche totalement. C’est lui qui prend les décisions importantes.

C’est ainsi que la politique étrangère que M. Trump souhaitait conduire, et que les électeurs avaient choisie, a été rejetée au profit de la politique privilégiée par les initiés.

Même le Washington Post – la référence du Deep State – a applaudi :

« Lors de son discours sur l’Afghanistan, lundi, M. Trump a indiqué qu’il corrigeait son opinion, chose rare mais appréciée. Son ‘premier instinct’, a-t-il dit, avait été de ‘sortir de là’, mais après avoir étudié la question avec ses conseillers pendant plusieurs mois, il s’est rendu compte que ‘les conséquences d’une sortie rapide étaient à la fois prévisibles et inacceptables’.

C’était la bonne conclusion, et il faut reconnaître que M. Trump a du mérite, de modifier sa position au risque de contrarier certains de ses soutiens politiques. »

Les Gendarmes et les Goldmen

Mais pourquoi le Deep State voudrait-il poursuivre une guerre si improductive ?

La réponse est simple : cela rapporte.

Ce n’est pas un conflit respectable, de type Deuxième Guerre mondiale… et aucune armée de conscrits n’y combat.

Aujourd’hui, la « guerre » permet aux « huiles » d’obtenir des privilèges et un pouvoir que seul un milliardaire pourrait avoir au sein d’une économie productive. Et les prestataires de la défense, leurs compères, l’utilisent pour engranger des bonus et des stock-options !

Les compères prestataires sont deux fois et demie plus nombreux que les véritables troupes présentes en Afghanistan. Tout compris, ils ont déjà ponctionné 1 000 Mds$ sur l’économie du quotidien.

Cette année, ils obtiendront environ 45 Mds$ supplémentaires, soit plus du double de ce que produit annuellement l’économie afghane tout entière.

Le voilà, le « marigot » que Trump avait promis d’assainir. Hélas, c’est Trump qui a été contaminé.

Les gens ne sont pas systématiquement mauvais ou bons, mais ils sont toujours sous influence. M. Trump, qui n’est pas un ange, est désormais totalement sous l’influence des démons à qui il a ouvert la porte : ses Gendarmes et ses Goldmen — ceux qui tiennent les cordons de la bourse.

Ce mois-ci, les Gendarmes ont recadré le président ; les guerres étrangères du Deep State ne seront pas remises en question.

Le mois prochain, le président devra faire face à une nouvelle épreuve : l’argent va manquer et le plafond de la dette empêchera d’en emprunter davantage.

Alors, les Goldmen lui diront ce qu’il doit faire.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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