Comment le Deep State mène Trump à sa perte

Rédigé le 24 août 2018 par | Banques Centrales, Bill Bonner, Deep State Imprimer

Trump est politiquement fragilisé et la hausse des taux de la Fed menace le grand marché haussier dont il s’enorgueillit. Une débâcle politique et financière s’annonce.

En provenance de la capitale américaine… et prenant de la vitesse suite aux nouvelles de ces derniers jours… voici qu’arrive le Washington Express du Deep State.

En face de lui fonce le train le plus vieillot, le plus coûteux et le plus hyper-médiatisé que le monde ait jamais vu… le 9h07 en provenance de Wall Street.

Aujourd’hui, nous observons… en nous demandant à quoi ressemblera la collision qui se produira lorsque les deux se rencontreront.

Oui, cher lecteur, les deux locomotives sont en mouvement, mais les reporters n’ont d’yeux que pour le Washington Express.

Un halo apparaît…

Selon les médias, Trump et ses plus proches associés sont des escrocs. Et l’un d’entre eux, son ancien avocat et fixeur, a soudain vu apparaître un halo au-dessus de sa tête.

La métamorphose a commencé, nous dit-on, lorsque Michael Cohen a vu le président Trump faire ami-ami avec le président russe Vladimir Poutine. Tout gonflé de gaz patriotique, M. Cohen n’a pas pu résister. Il s’est illuminé comme l’archange Gabriel…

… Et, s’élevant dans les airs après une vie passée dans les égouts de la ville de New York… finalement, et apparemment pour la première fois de sa vie… il a décidé de dire la vérité.

Bien entendu, c’était aussi la première fois que notre coco était confronté à un procureur fédéral avec huit infractions pénales en poche.

Oui, la presse transforme Michael Cohen en héros, espérant qu’il a quelques informations infectes et encore inédites qui pourraient être utilisées pour éjecter Donald Trump de la présidence.

Et si les choses tournaient mal ?

Toute cette histoire pourrait n’être que sordide et basse, mais les chances que quelque chose tourne mal augmentent. Le pays est profondément divisé. Une étude parue la semaine dernière affirme que la politique est désormais plus clivante que la race, le genre ou la religion.

Les deux parties se font face… chacune étant convaincue que Dieu Lui-même est de leur côté.

Tout ça ressemble un peu à la période qui a précédé la Guerre de Sécession. Des deux côtés, les politiciens enflammaient les foules avec des positions extrêmes. Certains tempêtaient contre l’esclavage. D’autres clamaient qu’il fallait le maintenir.

Il n’y avait pas moyen de les réconcilier. Pas de terrain d’entente. On noya les « modérés » sous les cris et on leur ordonna de rentrer chez eux.

Afin de gagner les primaires – où un petit groupe déterminé peut avoir une influence qui dépasse de loin ses effectifs – les candidats des deux côtés ont dû se radicaliser plus encore.

Il en résulta la pire débâcle de l’histoire des Etats-Unis… qui fit jusqu’à un million de morts.

Le marché haussier le plus long de tous les temps

Nous avons donc d’une côté une catastrophe politique qui file sur les rails à une vitesse vertigineuse… et de l’autre, une catastrophe financière qui arrive de la direction opposée.

Le S&P 500 est en territoire record ; la plus longue hausse boursière de tous les temps, selon certains analystes. C’est là une raison suffisante de vendre. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Les marchés haussiers ne durent pas éternellement. Il arrive toujours quelque chose pour y mettre fin. [NDLR : Cet événement sera-t-il celui qui mettra fin à la hausse boursière ? Pour le savoir – et prendre les mesures de protection nécessaires –, cliquez ici.]

Tôt ou tard, les investisseurs s’apercevront que la guerre commerciale, par exemple, pourrait mettre à bas l’orgueilleuse tour chinoise de dette et d’illusions.

La Chine a été « le moteur de la croissance » pour une bonne partie de l’économie mondiale ces 30 dernières années. Que se passera-t-il si le moteur se met à tousser et cracher… puis s’arrête au milieu de la voie ?

Impossible de le savoir avec certitude, mais une dépression mondiale… et un krach boursier aux Etats-Unis… sont des conséquences probables.

Aux Etats-Unis eux-mêmes, le déficit fédéral est une menace majeure. A déjà plus de 1 000 milliards de dollars par an, il explosera si quelque chose tourne mal. Et cela met la Fed dans le pétrin.

La Fed est actuellement en train de commettre l’Erreur n°2. Elle augmente les taux pour compenser les dégâts causés par l’Erreur n°1 (les laisser trop bas pendant trop longtemps).

Généralement, l’Erreur n°2 mène à un krach/récession… et entraîne l’Erreur n°3 – réduire les taux, en panique, pour tenter de secourir le marché boursier.

C’est là que nous vous avons quitté hier.

L’Erreur n°4

La Fed peut réduire uniquement les taux qu’elle a à sa disposition. Elle doit donc les faire décoller (Erreur n°2).

Lors d’une crise, en revanche, elle voudra réduire les taux pour ressusciter l’économie, aider les autorités à se débarrasser de leurs obligations et réhabiliter le marché boursier (Erreur n°3).

A l’occasion, toutefois, l’inflation la prend de court, la forçant à réviser son programme. C’est ce qui est arrivé lorsque Paul Volcker a accepté la fonction de chef de la Fed en 1978. Ignorant les politiciens, et avec l’appui de Reagan, Volcker ne fit pas d’erreur. En augmentant le taux directeur jusqu’à atteindre les 20% en décembre 1980, il fit reculer l’inflation.

Aujourd’hui, pas de Volcker à la Fed. Et pas de Ronald Reagan à la Maison Blanche. Au lieu de ça, la Fed est confrontée à un Deep State querelleur et à un chef de l’exécutif – « un gars à taux bas » – qui n’est déjà « pas emballé » par les hausses de taux. Que va-t-elle faire ?

L’Erreur n°4 !

Oui, cher lecteur, c’est là que les trains entrent en collision. La Fed ne va pas lutter contre les flammes de l’inflation ; elle y versera de l’huile.

Le Donald – toujours perturbateur – brisera les conventions qui gouvernent les politiques de la Fed depuis 100 ans. Au lieu d’accepter la douleur d’une correction économique dès le début de son mandat, en 2017, il l’a repoussée à plus tard.

Or la voilà désormais… juste devant lui.

Lorsque l’avenir arrivera – avec un effondrement des actions… une économie en récession… et Cohen/Davis/Mueller/Pelosi et les autres exigeant que des têtes tombent – Trump n’acceptera pas des taux plus élevés. Il tapera plutôt du poing sur la table pour obtenir une baisse des taux… des déficits plus profonds…

… Ainsi qu’un dollar plus bas… de la stagflation… et une débâcle complète sur les marchés obligataires.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Comment le Deep State mène Trump à sa perte”

  1. D’un point de vu électoral le timing des républicains est extrêmement mauvais, il faudra un miracle pour ne pas subir de récession avant la fin de la présidence Trump, alors qu’Obama au contraire est arrivé au plus bas du cycle, l’économie ne pouvait que s’améliorer même avec une mauvaise politique économique.

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