Le Deep State d’abord

Rédigé le 23 août 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le Deep State a repris la main et Trump a renié tous ses engagements. Toutefois, le relèvement du plafond de la dette devrait semer la zizanie.

Donald Trump, président de tous les Américains, a déclaré que son pays dépenserait davantage d’argent et verserait plus de sang pour tenter d’obliger les Afghans à faire ce qu’il veut, quoi que ce soit.

Et donc… des ténèbres recouvrirent la terre.

De Sioux City à Savannah… une ombre est passée entre la Terre et le Soleil.

On a parlé d’évènements bizarres et effrayants. Un veau est né avec deux têtes, aux environs de Des Moines. Des grenadiers se sont mis à fleurir, à Manhattan. Mais que se passe-t-il, b*r*d*l, s’est demandé un membre des LGBTQQ+.

Les gens ont été extrêmement effrayés.

C’est dans la capitale du pays que l’obscurité était la plus dense. Là, aucune lumière n’a brillé. Aucune étincelle de conscience… d’observation… de connaissance… ni de réflexion… n’est apparue.

La lueur d’une bougie

Pourtant, Donald J. Trump avait bien promis d’allumer une bougie. Mais elle demeure introuvable.

Il y a cinq ans, il avait déclaré « Ron Paul a raison ». L’aventure afghane revient à « gaspiller notre argent ». C’est un « désastre intégral », avait-il ajouté.

Il avait demandé : « que faisons-nous là-bas ? Ces gens nous détestent ». Ensuite, un an plus tard, il avait déclaré : « nous devrions quitter l’Afghanistan immédiatement ».

En tant que candidat à la Maison-Blanche, il avait proposé quelque chose de mieux qu’il appelait « l’Amérique d’abord ». Au lieu d’essayer, en vain, de bâtir un meilleur pays dans l’Indu Kush, il essaierait d’en bâtir un chez lui !

Finies les guerres perdues d’avance. Finies les réglementations étouffantes. Finis les accords perdants avec le reste du monde.

Même dans la bouche de Donald Trump, ces promesses sonnaient bien, suffisamment pour qu’il remporte les plus hautes fonctions du pays.

L’imposture démocratique

Rappelez-vous, l’élection de Donald J. Trump a suscité la controverse à la Chronique. De nombreux fidèles lecteurs se sont fâchés contre nous. Aujourd’hui, nous prenons du recul pour observer les éléments de cette discorde.

Premièrement, nous pensons que la démocratie, telle que pratiquée au sein d’un grand empire dégénéré, relève largement de l’imposture. Voter est une perte de temps. C’est ce que nous avions dit, à l’époque.

Deuxièmement, nous pensions que le Deep State – les quelques initiés qui dirigent réellement le gouvernement – avait déjà fait la paix avec M. Trump, ou qu’il allait la faire rapidement après son élection.

Troisièmement, nous avions identifié l’une des principales causes du malaise économique de l’Amérique (ainsi que de bien d’autres de ses problèmes) : le système de l’argent falsifié, qui encourage l’accumulation de dettes et enrichit Wall Street tout en réduisant la production et la richesse réelles au sein de l’économie du quotidien.

Quatrièmement, le système de l’argent falsifié est la source de financement du Deep State. Celui-ci ne peut y renoncer, quel que soit le président. Tant que le système demeure en place, le Deep State continue de se développer : via la législation, la réglementation, coûte que coûte.

Cinquièmement, vous ne pouvez pas réellement bâtir une économie digne de ce nom avec de l’argent falsifié, des dettes et en imposant aux gens des accords gagnant-perdant. Chaque jour qui passe aggrave la dette, la complexité et la mauvaise attribution des ressources. Tôt ou tard, tout le dispositif explose. [NDLR : vous souhaitez investir votre épargne dans de bons projets capables de vous enrichir et sources de véritable croissance ? Rejoignez ces nouveaux millionnaires qui investissent hors des marchés financiers, hors des banques et dans des entreprises saines. Tout est expliqué ici.]

A peine quelques heures après l’annonce des résultats en novembre dernier, notre opinion a semblé correcte, en gros. Le nouveau président venait de réunir les deux branches les plus importantes du Deep State : les Gendarmes (représentant les secteurs de l’armement et de la sécurité) et les Goldmen (représentant Godman Sachs et Wall Street).

De toute évidence, un accord avait été conclu, ou admis de façon tacite. Wall Street et le Pentagone – « mes généraux » — faisaient déjà partie de l’équipe. Avec eux dans la place, Trump pouvait être Trump sans craindre de bousculer les privilèges et le statut du Deep State.

« Non… il va secouer le cocotier », ont protesté les lecteurs. « Il est notre seul espoir… » « Donnez-lui du temps ».

Mais voilà, le temps et l’argent commencent à manquer.

La pendule tourne, le plafond de la dette se rapproche

Hier, sous la pression des généraux, Donald Trump a laissé tomber sa promesse de politique étrangère basée sur « l’Amérique d’abord ». Les Etats-Unis ont perdu 2 350 soldats en Afghanistan… et dépensé 1 000 Mds$.

Et à présent, davantage de ressources vont être mises en oeuvre afin que la guerre la plus longue et la plus vaine de l’histoire américaine puisse continuer. Trump lui-même est peut-être favorable au changement. Mais la politique étrangère des Etats-Unis, menée par le gouvernement Trump, est la même que celle menée par celui de Barack Obama.

Elle favorise les secteurs de la défense et de la sécurité du Deep State, tout comme elle le fait depuis ces 17 dernières années.

Aucun changement n’a été apporté à l’Obamacare… ni à tout autre programme national significatif. Les programmes du Deep State en faveur des zombies demeurent également en place : la santé, l’éducation, les retraites.

Mais pendant que Trump et les médias se concentrent sur les monuments aux Confédérés… la Russie… la Corée du Nord… les transsexuels… et les crises éclair, la pendule tourne.

L’Etat a juste assez d’argent pour fonctionner six semaines, environ. Ensuite, il va se heurter à l’actuel plafond de la dette.

Le Deep State doit le relever afin de laisser l’argent falsifié affluer. Mais il ne sera peut-être pas facile de relever le plafond de la dette.

Les républicains conservateurs voudront savoir la chose suivante : « avec un plafond de la dette qui s’oriente déjà vers les 30 000 Mds$, où va-t-on exactement ? »

« Nous sommes d’accord pour relever le plafond de la dette » dit-on côté démocrate social-libéral, « mais seulement si vous ne touchez pas à l’Obamacare ».

« Hé ! que fait-on pour ce pont dans ma région ? », demande-t-on, côté indépendant.

Et donc, les ténèbres se propagent…

Mots clé : - -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire