Deep State : Ce qui sépare vraiment les riches des pauvres

Rédigé le 20 février 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Désinformation Imprimer

Mercredi dernier, le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq ont clôturé sur des plus-hauts historiques pour le cinquième jour de suite.

La dernière fois que cela s’est produit, c’était en 1992.

Parallèlement, le président Trump a tenu sa première conférence de presse présidentielle.

Le mandat de Trump est encore tout nouveau ; les questions importantes n’ont pas encore de réponse.

« Assainir le marigot » serait quelque chose de réellement nouveau. Mais est-ce bien ce qu’il est en train de se passer ?

Est-ce que l’on s’en prend au Deep State ? Ou est-ce que l’on en profite pour punir un groupe d’initiés et en récompenser un autre ?

De nombreux partisans de Trump se réjouissent simplement de voir que leur équipe gagne. Ils veulent que leurs ennemis soient mis au pas et que leurs amis s’élèvent avec le nouveau président.

Ils sont heureux de voir les élites moralisatrices et corrompues se faire remplacer par de nouveaux gagnants ayant d’autres objectifs et comportements.

Mais voilà, le problème c’est que l’on ne peut « restituer sa Grandeur à l’Amérique » en remplaçant un groupe d’initiés chapardeurs par un autre.

En fait, on ne peut le faire du tout en sélectionnant les gagnants, quels qu’ils soient.

Revenons aux fondamentaux…

Qu’est-ce qui différencie un pays riche d’un pays pauvre ?

Oui, les riches ont plus d’argent.

Mais la monnaie n’est qu’une revendication sur la richesse. Ce n’est pas de la richesse réelle. Comment les pays riches obtiennent-ils davantage de richesse ?

Les ressources naturelles ?

Non.

Deux des pays les plus riches, le Japon et la Suisse, possèdent peu de ressources naturelles. Et deux des pays les plus pauvres, le Venezuela et le Congo, possèdent énormément de ressources naturelles de toutes sortes.

La culture ?

Non.

Le Japon et la Suisse ont des cultures très différentes. De même que le Venezuela et le Congo.

Les institutions politiques ? Les infrastructures ? Le système éducatif ?

Là, cher lecteur, vous vous creusez furieusement la tête…

Toutes ces choses font une différence mais aucune ne l’explique. Même au sein d’un seul pays – où les mêmes infrastructures, système éducatif et institutions politiques et juridiques sont à la disposition de tout le monde – on constate de grands écarts de richesse.

A Baltimore, par exemple, près de la moitié de la ville a un niveau de vie se rapprochant davantage de celui des habitants du Venezuela ou du Congo que ceux du Japon ou de la Suisse.

Et de nombreux pays africains ont repris les modèles politiques des Etats-Unis, de la France ou du Royaume-Unis, en les appliquant presque à la lettre… mais avec des résultats très différents.

Comment l’information fait la richesse de l’économie

Pourquoi ?

Comme nous l’avons expliqué récemment, toutes choses égales par ailleurs, une société qui favorise les transactions gagnant-gagnant par rapport aux transactions gagnant-perdant s’enrichit.

Mais voici une autre façon de l’envisager…

Dans un sens, tout est construit à partir des mêmes atomes. Nous avons tous la même matière à portée de main, et tout dépend de la façon dont nous l’assemblons.

Un gratte-ciel, ce n’est rien d’autre que différents éléments de base… assemblés d’une certaine façon. Les membres de tribus pauvres d’Amazonie ne savent pas le faire. Les gens riches de New York, Tokyo ou Paris savent le faire, eux.

La différence, c’est « l’information ». Et le savoir. C’est ce qui nous dit comment construire une centrale nucléaire… ou fabriquer de la crème glacée.

L’information est également cruciale pour une économie. Combien de boutiques de marchand de glace nous faut-il… combien d’acier devons-nous produire… comment faire une émission télévisée qui soit un succès ?

Une économie est un système d’apprentissage. Les acteurs apprennent tous les jours. Ensuite, ils appliquent les leçons… testent encore… et en apprennent davantage.

Les consommateurs veulent-ils des frappucinos à la cerise ? Peut-on réaliser des profits en vendant des cornets de glace à des Esquimaux ? Quel est le coût réel du capital ?

Les marchés fournissent les réponses… et informent l’économie… qui réagit avec davantage de tests encore, de constructions, de nouvelles tentatives et de nouvelles erreurs.

A mesure que ces tests évoluent, l’économie accumule des informations… et ceux qui font partie de cette économie s’enrichissent.

L’information est déformée par le Deep State

Les lecteurs de La Chronique saisiront déjà l’idée essentielle : l’information se noie dans le marigot.

Premièrement, l’argent malhonnête fournit des informations imprécises. Dans une démarche spéculative, vous construisez une maison « clés en main » à un million de dollars. Elle se vend immédiatement. Vous en construisez encore plus. Puis le marché s’effondre.

Plus tard, vous vous rendez compte que l’information était fausse, fondée sur de l’argent et du crédit falsifiés, fournis à des taux d’intérêt artificiellement bas. Une économie n’a pas besoin de taux d’intérêt élevés ou bas : elle a besoin d’avoir un taux juste.

Deuxièmement, les marchés doivent avoir droit à la parole. Si l’Etat s’empresse de stopper une correction, il bâillonne M. Le Marché, l’empêchant ainsi de s’expliquer.
[NDLR : Profitez des services quotidiens de notre trader. Pour recevoir gratuitement pendant deux semaines sa meilleure idée du jour pour profiter des marchés, cliquez ici.]

Troisièmement, les économies doivent avoir le droit de se débarrasser de leurs erreurs. Sinon, les zombies prennent toute la place et accaparent toute l’épargne. L’apprentissage s’interrompt.

Lorsqu’une entreprise fait faillite, il faudrait « la retirer » et l’enterrer. Le fait de la maintenir en vie artificiellement… avec des financements au-dessous du prix du marché… et de récompenser ses dirigeants avec des bonus de plusieurs millions de dollars, envoie de mauvaises informations.

Quatrièmement, les accords doivent être de type gagnant-gagnant. Les accords de type gagnant-perdant – dont les bestioles du marigot sont les spécialistes – ne permettent pas aux vendeurs et acheteurs pleins de bonne volonté de découvrir les prix exacts… ainsi que l’information qu’ils véhiculent.

Au contraire, les informations sur les prix, dérivées de ces accords gagnant-perdant, s’apparentent à des « renseignements » arrachés sous la torture à un prisonnier. Vous vous y fiez à vos risques et périls !
Un accord gagnant-gagnant comporte une autre caractéristique importante : vous ne savez jamais à l’avance qui sera le grand gagnant. C’est M. Le Marché… la nature… et la chance… qui en décident.

Ce résultat nous apporte alors l’important retour sur information dont nous avons besoin.

Par contre, lorsque l’on impose un gagnant – de force – tout le processus d’apprentissage s’interrompt.

Il faut assainir le marigot !

Mots clé : - -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire