Le Deep State mis à nu

Rédigé le 29 mai 2018 par | actu géopolitique, Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le Deep State contrôle, influence, profite du pouvoir pour nous contraindre à faire ce que nous ne voulons pas ou que nous réprouvons. L’Iran est une nouvelle preuve.

Nous nous posons depuis quelques jours une question cruciale : les Etats-Unis sont-ils passés dans le camp des méchants ?

C’est la question iranienne, notamment, qui nourrit cette réflexion. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le milliardaire américain Sheldon Adelson ont réussi à faire grimper la température au Proche-Orient en s’arrangeant pour que The Donald se retire de l’accord nucléaire iranien.

Cela a été relativement facile : après tout, Adelson a été l’un des principaux donateurs de campagne de Trump.

C’est ainsi que le marigot fonctionne : si vous voulez l’influencer, il faut payer.

Le chef du Budget de Trump, Mick Mulvaney, l’a déclaré en des termes très clair à l’Association américaine des banquiers :

« Nous avions une hiérarchie dans mon bureau, au Congrès. Si vous êtes un lobbyiste qui ne nous a jamais donné d’argent, je ne vous parlais pas. Si vous êtes un lobbyiste qui nous a donné de l’argent, il se peut que je vous parle ».

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L’erreur de l’Iran

Nous voyons donc la grosse erreur commise par l’Iran : ils n’ont pas engagé les meilleurs lobbyistes… et ils n’ont pas contribué à la campagne de The Donald. S’ils avaient glissé un milliard ou deux dans la poche de la bonne personne, peut-être que le président aurait déclaré qu’Israël était un Etat-voyou !

Mais tirons un peu la couverture pour observer le Deep State lui-même, entièrement nu.

Le terme peut faire penser à un petit groupe de conspirateurs prévoyant de dominer le monde. Ce n’est pas le cas.

Certes, il existe des groupes de gens ayant leur propre programme… et certes, parfois, il leur arrive de fomenter une révolution ou de réussir un coup d’Etat.

Mais lorsque nous parlons du Deep State, nous faisons allusion à une foule de gens avec des desseins très différents. La Maison Blanche… le Congrès… les bureaucrates… les experts… les think tanks… les ronds-de-cuir… les lobbyistes… les compères… les zombies… les apparatchiks… la nomenklatura… les arrivistes… les profiteurs…

Ce sont les « initiés ». Ce sont les gens qui contrôlent directement, influencent ou profitent du pouvoir gouvernemental pour vous forcer à faire des choses que vous ne voudriez pas faire autrement.

Voulez-vous envoyer l’armée (américaine ou autre) vivre de folles aventures de l’autre côté du globe ? Voulez-vous subventionner les compères et les zombies ?

Voulez-vous payer les séances de méditation de vos députés ?

Non ? C’est bien ce que nous pensions.

C’est pourtant ainsi que le système fonctionne : les initiés gagnent ; tous les autres perdent.

Et cela ne se limite pas aux gouvernements de la planète.

Le Deep State avance en vous forçant à reculer

Le FMI… la Banque mondiale… et toute une volée d’organisations, gouvernementales ou non… devraient être inclus. Idem pour le système éducatif… le complexe militaro-industriel… et le secteur médical/pharmaceutique.

Chaque fois que vous voyez les autorités au travail – vous verrez aussi le Deep State dans toute sa gloire corrompue.

Bien entendu, le Deep State compte de nombreuses factions différentes. Certains veulent plus de programmes pour l’égalité des sexes. D’autres veulent de meilleures retraites pour les vétérans de l’armée.

Certains veulent exclure les immigrants, tandis que d’autres veulent les attirer avec de nouvelles gabegies – un revenu annuel garanti, par exemple.

Certains sont du côté d’Israël. D’autres sont du côté de l’Iran.

Les différents membres du Deep State ont des buts très différents. Ce qui les réunit, c’est qu’ils partagent tous la même manière d’obtenir ce qu’ils veulent.

Au lieu de gagner leur argent et leur statut de manière honnête – en fournissant des biens et des services à d’autres – ils vous le prennent. C’est un jeu gagnant-perdant, où ils ne peuvent avancer qu’en forçant les autres à reculer. [NDLR : Comment voir clair dans le jeu du Deep State… et transformer leurs manoeuvres en profits pour vous ? Les réponses sont ici.]

Quant à se retirer de l’accord iranien, la plupart des observateurs intelligents du Deep State – au Département d’Etat US, par exemple – pensaient que c’était une erreur.

« Cela montre au monde qu’on ne peut pas faire confiance aux Etats-Unis », ont-ils dit.

Ils pensent que cela renforce le jeu des factions iraniennes les plus radicales, et que cela débouchera probablement sur une guerre, menée par le Premier ministre israélien cité plus haut.

Mais Sheldon a eu ce qu’il voulait. The Donald ne connaît peut-être pas grand’chose à la politique étrangère… mais il sait reconnaître un bon payeur quand il en voit un.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Le Deep State mis à nu”

  1. Etant donné les montants ridicules des donations non seulement dans l’absolu mais aussi par comparaison à la fortune de Donald Trump je pense qu’il n’a aucun comptes à leur rendre.

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