Le Deep State a déjà installé son empire

Rédigé le 30 mai 2018 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Suite et fin de nos réflexions sur les mythes – ce qui les rend utiles et ce qui les distingue des mensonges purs et simples. La violence sera le ciment de ce système.

Vous vous demandez peut-être ce que notre discussion sur la « Théorie du Méchant » avait à voir avec notre sujet habituel, l’argent. Nous aussi.

Nous avons profité de la journée de lundi, qui était fériée aux Etats-Unis, pour y réfléchir. Commençons par jeter un oeil sur l’avenir :

Cela vous dit quelque chose ? C’est ce qui est arrivé en 2000… puis à nouveau en 2008.

Ce qui rend cette prochaine occurrence différente, c’est que les autorités ont bien moins de marge de manoeuvre. La dette fédérale US a plus que doublé depuis 2008, passant de 9 000 milliards de dollars à plus de 21 000 milliards de dollars. Et la Fed n’a que 175 points de base à sa disposition, par rapport à 525 en 2008.

Ainsi, lorsque la prochaine crise se produira, les autorités américaines seront dans l’impasse. Il sera trop tard pour continuer à augmenter les taux d’intérêt ; elles voudront au contraire les réduire… mais n’auront pas grand’chose à baisser.

Et avec le déficit actuel, elles n’auront pas les dollars nécessaires pour stimuler l’économie. Emprunter plus d’argent ne ferait que faire grimper les taux plus haut encore, étouffant toute reprise.

Sans relances monétaires ou budgétaires disponibles, que peuvent-elles faire ? Vous n’avez pas posé la question, cher lecteur, mais nous allons vous le dire quand même – parce que la ligne qui mène à la prochaine crise… puis à la banqueroute, à l’hyperdéflation… à l’hyperinflation… et probablement à un coup d’Etat militaire… passe aussi par la Théorie du Méchant (TDM).

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Le ciment du Deep State

La TDM est le ciment de l’édifice du Deep State. Elle tient l’ensemble… et justifie de dépenser 1 000 milliards de dollars par an pour donner des ordres aux autres. Sans méchants, pas besoin de dépenser autant d’argent.

C’est le principe, en tout cas.

En réalité, c’est l’Empire qui créée ses propres méchants. Actuellement, plus de deux douzaines de pays sont sur la liste des « sanctionnés ».

Les Etats-Unis « punissent » certains pays parce qu’ils n’aiment pas leur politique.

D’autres sont mal vus parce qu’ils refusent d’appliquer les sanctions américaines sur certaines nations.

Dans d’autres pays encore, les Etats-Unis tentent de provoquer un changement de régime. Pour d’autres, il s’agit d’essayer de contenir la violence, la misère et le chaos provoqués par les précédents efforts américains en matière de changement de régime.

Enfin, les Etats-Unis tarabustent et rudoient certains pays… juste parce qu’ils le peuvent.

Tout ça coûte de l’argent. De l’argent que les autorités veulent mais qu’elles n’ont pas. Elles empruntent donc.

C’est pour cette raison – en plus de soutenir les zombies et les compères à domicile – que les Etats-Unis ont un déficit de 800 milliards de dollars alors même qu’il n’y a pas de récession.

Programme impérial

Pourquoi se donner toute cette peine ? Les Etats-Unis devraient-ils être un empire ? Les Américains le veulent-ils vraiment ? Sont-ils prêts à payer pour ça ?

Ces questions n’ont jamais été posées. Le Congrès n’en a jamais débattu. Et lorsqu’on leur en donne l’opportunité, les électeurs le rejettent.

George W. Bush avait promis une politique étrangère plus « modeste ». Barack Obama avait déclaré qu’il se retirerait des guerres étrangères et fermerait Guantanamo. Donald Trump a déclaré que les guerres étaient « un désastre » ; il proposait plutôt une politique « l’Amérique d’abord ».

Mais aucun président ne peut résister au Deep State et à son programme impérial. Il y a trop d’argent et de pouvoir en jeu. Il suffit de faire un tour dans les environs de Washington DC : vous verrez des immeubles de bureaux flambant neufs… des boutiques de luxe… et des demeures somptueuses un peu partout.

D’où vient l’argent ?

Voyons, cher lecteur, trêve de naïveté. La région n’a qu’une seule industrie… une seule source de profits… l’Empire du Deep State.

Une question d’échelle

L’échelle change tout. Une bombe nucléaire n’est pas seulement un gros pétard. Mourir, ce n’est pas juste « s’endormir pour longtemps »…

… Et les empires ne sont pas simplement de grands pays. Ils ont un programme différent. Des finances différentes. Et des décideurs différents.

Dans une petite ville, voire un petit pays, la démocratie peut fonctionner à peu près correctement. Les gens savent ce qu’il se passe. Ils savent à quoi leur argent est dépensé. Ils peuvent avoir des opinions et des idées sensées sur ce qu’il faut faire.

Mais pas un électeur américain sur 1 000 ne savait qu’il y avait des troupes US actives au Niger (le Congrès ne le savait pas non plus). Personne ou presque ne sait où est le Niger, la langue qu’on y parle ou les dieux qu’on y adore.

Et qui peut réellement savoir quand un système d’armement ou un logiciel informatique d’espionnage à plusieurs milliards de dollars doit être mis à jour ?

Aujourd’hui, quand un passereau tombe à terre, où que ce soit dans le monde, il y a de bonnes chances que ce soit parce que le Pentagone ou la CIA l’ont poussé.

« Nous devions neutraliser la menace », affirmera le porte-parole de l’armée.

« Notre crédibilité était en jeu », ajouteront les politiciens.

« Ce satané volatile était un terroriste », grommelleront les espions.

Les électeurs, quant à eux, n’ont aucun moyen de savoir. Ils font confiance à leurs généraux et leurs experts. Ils confient le volant aux initiés et s’assoient sur le siège arrière.

Comment peuvent-ils savoir où ils vont ? Comment peuvent-ils savoir qu’ils ont été trahis par leurs propres élites ?

Et qui peut compter les coûts ? Quand la Fed peut créer de l’argent à volonté… et le prêter pour moins que le taux d’inflation… qui peut imaginer qu’ils se dirigent tout droit vers un mur de brique ? [NDLR : Mais vous n’êtes pas obligé de rester dans le véhicule à attendre que la catastrophe se produise : cliquez ici pour mettre en place votre plan de survie.]

Comme toujours… à suivre…

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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