De la bonne orchestration du "pur hasard"

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 07 février 2007
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*** De la bonne orchestration du "pur hasard"
Le manque de relief du CAC 40 manque aussi de spontanéité…

*** L’ère de Mammon, explication
Bill Bonner nous en donne les tenants et les aboutissants…

*** Un ressentiment extrême (2)
Le Mogambo Guru ne bat pas en retraite

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Découvrez la Bourse comme vous ne l’avez encore jamais vue…
… grâce à des conseils qui auraient pu vous permettre de cumuler 269,16% de gains en 2006 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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Bonjour,

*** DE LA BONNE ORCHESTRATION DU "PUR HASARD"

** Peut-être croyez-vous encore que l’évolution des indices boursiers demeure par nature foncièrement aléatoire, et qu’il est vain de s’acharner à cerner des objectifs imprévisibles. Mais vous savez, à force de nous pratiquer, que lorsque de très fortes sommes d’argent sont en jeu, nous partageons le sentiment de Théodore Roosevelt selon lequel rien ne survient sur les marchés financiers qui soit le pur fruit du hasard… sauf tremblement de terre de Kobe ou tsunami du siècle le long d’un vaste faille tectonique.

Ainsi, nous sommes intimement convaincu que si le CAC 40 a oscillé durant pas moins de cinq heures entre 5 693 et 5 699 points ce mardi 6 février (soit 0,1% de volatilité), c’est que ce plafonnement a été parfaitement orchestré par des moyens techniques — arbitrages cash/futures complexes — que nous ne saurions vous décrire par le menu.

Le résultat aussi singulier qu’incontestable, c’est que l’indice n’est parvenu à inscrire — après sept heures rythmées par une série de poussées haussière successives — qu’un score maximum de 5 699,27 points (et pas 5 700…). L’Euro-Stoxx 50, de son côté, voyait son ascension stoppée, au dixième de point d’indice près, sur l’objectif des 4 250 points.

Mais que dire de l’Eurotop 100, qui termine très précisément à 4 200,20 points — soit un gain de 0,25% — après avoir culminé à 4 213 points pour un plus bas en séance de 4 193 points, c’est-à-dire très exactement le plus haut score affiché le 1er février dernier.

Notons que si le CAC 40 s’était aligné sur le DJ Stoxx 50 (meilleur performer paneuropéen du jour avec +0,3%), cela n’aurait même pas suffi à assurer au final le débordement symbolique des 5 700 points.

** Mais ce qui nous trouble le plus, c’est que le CAC 40 s’inscrit depuis jeudi matin, dès la première seconde de cotation, au sein d’un corridor d’une étroitesse jamais égalée depuis le début du 21ème siècle. Son "gabarit" n’est que de 40 points d’indice, soit 0,7% d’écart en valeur absolue entre 5 659 et 5 699 points — et il ne s’en est jamais extrait en l’espace de 38 heures de transactions.

Je l’affirme haut et fort — et expérience à l’appui : à aucune époque, et en aucune circonstance depuis 1987-88 (c’est-à-dire depuis l’avènement des marchés dérivés en France, à savoir les options et contrats à terme sur indices, auxquels j’ai participé personnellement, à quelques mois d’intervalle), le CAC 40 ne s’est maintenu durant près de 40 heures (soit quatre séances pleines) au sein d’un canal de consolidation d’une telle perfection géométrique.

Vous pourrez aisément constater que le gap des 5 654 points n’a toujours pas été refermé à Paris depuis mercredi dernier. Il en est de même pour l’Euro-Stoxx 50 au-dessus de 4 210 points (le plancher "officiel" des 4 191 points étant une pure fiction statistique), et pour l’Eurotop 100 au-dessus de 3 171 points.

Vous observerez également que la volatilité sur les quatre dernières séances est très voisine de 1,4% sur ces deux indices larges ; celle du CAC 40 est donc très exactement inférieure de moitié. Nous ne pouvons vous proposer d’interprétation abrupte et dogmatique de ce phénomène, mais nous devons nous interroger sur l’intérêt stratégique que cela représente pour les acteurs les plus influents du marché. L’écrasement de la volatilité lamine littéralement tous les "petits joueurs" qui misent sur des sautes d’humeur des indices pour profiter de l’effet de levier que leurs procurent les options, les warrants, les ETF, les "tapeo" et les "tapeba".

Un CAC 40 qui gagne laborieusement 2,5% en l’espace de huit semaines (depuis le 15 décembre) ou même 3% depuis le 15 novembre dernier, et qui n’a jamais plus reperdu ne serait-ce que 2% depuis le 4 décembre, c’est un véritable cauchemar pour tous les acteurs qui dépendent d’évolutions aléatoires et théoriquement impulsives des indices boursiers.

Nous n’avons pas le souvenir d’une volatilité intrinsèque sur les options — aussi bien calls que puts — aussi faible sur une période aussi étendue depuis le début des années 90. A l’époque, les produits dérivés étaient "quantité négligeable"… et réservés à un public averti, donc peu nombreux.

** Aujourd’hui, la créativité des établissements financiers en matière d’instruments de spéculation à effet de levier et à durée de vie limitée est quasiment sans limite ; l’apparente simplicité des options et autres warrants en fait des produits de masse.

Comment ne pas établir un lien entre la montée en puissance et la hausse de popularité des produits dérivés auprès du grand public, alors que la bourse entame sa quatrième année de hausse, et l’effondrement (nous n’avons pas trouvé de vocable plus pertinent) de la rentabilité desdits instruments ?

Et nous sommes également prêt à prendre le pari que nombre de gérants de fonds indiciels se livrent en ce moment même à une intense campagne de couverture de leurs gains — non pas en achetant des puts, mais bien en vendant de la volatilité à tout va, comme si le comportement (soporifique) des marchés était voué à se perpétuer pendant encore de longs mois.

Tout ceci va dans le sens des intérêts bien compris d’établissements financiers. Ces derniers, non contents de gérer votre épargne moyennant le prélèvement de juteuses commissions (leurs résultats records le prouvent), vous appâtent avec le mirage de gains rapides qui ne se matérialisent que sous certaines conditions de volatilité… lesquelles tendent — est-ce un pur hasard ? — à disparaître, à mesure que les indices progressent de plus en plus lentement, mais implacablement, au fil des trimestres. Le seul raté notable fut le mois de mai 2006… et depuis, plus rien !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade cet après-midi au 0899 707 009* pour une analyse complète de la séance en cours — ainsi qu’un suivi de nos dernières recommandations — et notre conseil du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** L’ERE DE MAMMON, EXPLICATION

** Qu’est-ce que c’est que cette "Ere de Mammon" ?

* Elizabeth nous l’expliquait l’autre jour. Les gens ont été déçus par les idées et les "-ismes". Ils veulent des choses… le succès matériel… l’argent… un statut. Peu importe que leur gouvernement soit communiste (comme en Chine) ou de libre échange (comme à Hong Kong), ou un empire mixte assistant social/guerrier (comme les Etats-Unis), tant qu’il répond à ces attentes.

* Le New York Times nous parle d’un nouveau livre appelé Money Changes Everything ["L'argent change tout", ndlr.], une anthologie compilée par Elissa Schappell et Jenny Offill :

* "… le sujet de l’argent — et l’envie qu’il crée — [crée] plus de détresse financière et psychologique qu’on pourrait l’imaginer, selon les psychologues et les sociologues. Nous sur-dépensons pour rester au niveau de nos voisins et amis ; nous prenons des emplois qui ne nous satisfont pas pour maintenir le style de vie que nous pensons devoir avoir ; et nous regardons sans arrêt des émissions de télévision vantant des maisons à plusieurs millions de dollars et des vacances exotiques".

* L’une des conséquences de l’explosion de crédit, c’est qu’il devient difficile de dire qui est riche et qui est pauvre. Les gens peuvent vivre comme s’ils avaient de l’argent, même quand ils n’en ont pas. Ce qui met à rude épreuve tout le système de l’envie. Un homme essaie d’épater ses voisins… qui sont peut être seulement en train d’essayer de l’épater, lui. Aucun d’entre eux ne réalise que l’autre n’a pas d’argent. Tous s’endettent en poursuivant un mirage.

* "Tout le crédit facile donne l’illusion de vivre le rêve américain", déclare Mme Schappell. "Les économistes rapportent que les familles des classes moyennes enregistrent désormais des niveaux record de dettes de carte de crédit, se passant de mutuelle de santé et se déclarant en faillite à des taux atteignant plusieurs fois ceux du début des années 80".

* "Il s’avère que toutes ces méga-maisons et ces 4×4 flambant neufs nous ont endettés jusqu’aux yeux, mais avant que le loup ne souffle vraiment à la porte, peu d’entre nous l’admettrons".

* Et il y a ça, aussi :

* "Schappell déclare qu’elle pense maintenant… que l’idéal démodé consistant à ‘travailler dur, épargner et y arriver petit à petit’ est désormais caduc. Au lieu de cela, les gens envisagent de s’enrichir, nous dit-elle, grâce à des aubaines : ‘un procès pour négligence, gagner au loto ou à une émission de télé-réalité — c’est le nouveau rêve américain’."

* Comment s’étonner, puisque, depuis plus d’une décennie, quiconque épargnait aux Etats-Unis était pénalisé par des taux d’intérêt minuscules ?

** Alors que la plupart des gens se précipitent pour dépenser tout ce qu’ils ont… et plus encore… un petit groupe (mais qui grandit) de "simplificateurs volontaires" tente de dépenser moins. Ce sont des gens ayant les moyens de dépenser, mais la volonté d’épargner. Pourquoi ? Probablement pour un bon nombre de raisons. Beaucoup veulent peut-être simplement économiser plus d’argent pour en avoir plus tard. D’autres, par contre, veulent se détourner de "l’Ere de Mammon".

* Nous essayons de le faire, dans le foyer de votre correspondant. Mais c’est une bataille quotidienne.

* "Comment ça se fait qu’on n’achète pas de nouvelle voiture ?", a demandé Edward dimanche dernier.

* "On n’en a pas besoin".

* "Mais ce serait bien d’avoir une nouvelle voiture".

* "Ce n’est pas nécessaire… et ça coûterait beaucoup d’argent".

* "A quoi ça sert, d’économiser ?", voulut savoir l’adolescent.

* "Comme ça, on pourra vous le transmettre quand vous grandirez", répondit sa mère.

* "Mais je ne ferai qu’acheter une nouvelle voiture. C’est quoi l’idée ? Pourquoi ne pas en acheter une maintenant, pour que vous puissiez en profiter ?"

* Nous nous posions la même question.

** Dommage que les masses ne lisent pas plus Xénophon, Thucydide et Suétone. Nous vivons avec une puissance impériale ; il serait intéressant d’en savoir un peu plus sur son fonctionnement.

* Ce que les classiques nous enseignent — en fait, ce que quasiment toute l’histoire et la littérature nous apprennent –, c’est le scepticisme et l’humilité. Chaque fois qu’un dirigeant quelconque se lance dans un plan cinglé pour améliorer le monde, le résultat est quasiment toujours désastreux — si non immédiatement, du moins à terme.

* Cependant, entre temps, des fortunes sont faites par les sous-traitants militaires, les politiciens et les autorités militaires elles-mêmes. Des réputations sont établies, avant d’être ruinées. Des statues sont sculptées. Des médailles sont distribuées. Il y a souvent de courtes parades de victoire — "mission accomplie !" — qui se transforment en longues retraites humiliantes.

* De plus, qui sommes nous pour connaître les plans divins ? Peut-être que, de manière poétique, le sturm und drang de tout cela — les récits contés par les mourants et les larmes versées par les veuves solitaires — valent toutes ces dépenses et ces souffrances ?

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Assez d’attendre les profits ?

Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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*** La Chronique Agora présente ***

Selon un petit groupe d’économistes "de nombreux Américains pourraient épargner moins que ne leur recommande l’industrie des services financiers — et dépenser plus — alors qu’ils sont jeunes", nous apprenait hier le Mogambo Guru… avant de sombrer dans une (très) violente colère. Aujourd’hui, la suite…

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UN RESSENTIMENT EXTREME — 2ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)

Aujourd’hui, je suis censé croire que, sans aucune raison particulière, l’inflation va soudain prendre fin ? Hahaha ! Et les "cagnottes" des retraités américains vont, pour la première fois de l’histoire, garder leur pouvoir d’achat contre une hausse garantie de l’inflation, qui durera dès la première seconde de la retraite en question, pendant les quelques décennies que durera encore cette folie monétaire ? Hahahaha ! Arrêtez ! J’ai mal au ventre à force de rire ! Hahahaha !

Enfin, aujourd’hui, nous sommes au bout du plus grand boom de l’histoire américaine, financé par l’explosion la plus grande et la plus irresponsable d’argent et de crédit, durant depuis des décennies entières, bâti sur des milliers de milliards de dollars, alors que les revenus financiers grimpaient de plus en plus, et s’accumulaient comme jamais auparavant dans les poches des sous-traitants gouvernementaux et des propriétaires de valeurs financières.

Et cependant, les retraités ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, et ont besoin de plus en plus d’avantages sociaux — toujours avec l’idée de voir le gouvernement compenser l’érosion persistante causée par l’inflation des prix !

Et cependant, alors que je me frotte les yeux avec incrédulité en entendant de telles sottises, des gens ostensiblement diplômés, ostensiblement sains d’esprit, déclarent à présent qu’il est possible pour la plupart des gens de prendre une retraite confortable ? C’est trop trop bizarre !

Donc oui — pour l’amour de Dieu, oui ! — mettez-moi dans le groupe de gens qui ressentent "un extrême ressentiment" devant ces grosses têtes d’universitaires et ces études tout aussi ridicules de la Fed. Et tant qu’on y est, mettez-moi aussi dans le sous-groupe enregistrant une mesure "extrême, très extrême, extrême maximum", après la ligne rouge, dans le Ressentiment-o-Mètre — du genre : "tous aux bon sang d’abris ! Ca va sauter !"

Mais pas besoin de stupide Ressentiment-o-Mètre pour savoir que c’est une Vérité Mogambo Eternelle (VME) : personne ne pourra JAMAIS épargner assez d’argent lorsqu’une banque centrale peut créer un excès de crédit, créant ainsi de la dette, créant ainsi un excès de liquidités, créant ainsi de l’inflation monétaire, créant ainsi de l’inflation des prix — parce que c’est inévitable. Les banques centrales le feront (une petite pause, pour l’effet dramatique) toujours.

Et en plus (maintenant que je suis bien échauffé), je vous dirai que c’est un Sacré Fait Mogambo (SFM) : si vous voulez avoir un mois de revenu pour votre retraite, alors vous devez épargner au moins l’équivalent de 100% de tout ce que vous dépensez en un mois actuellement — et vous devez le faire tous les jours de votre vie. En bref, vous devez épargner tout ce que vous gagnez, et vivre de rien.

En termes liés aux voitures et à la nourriture, vous devez investir un sandwich maintenant pour avoir un sandwich durant votre retraite, et vous devez investir dans une voiture maintenant pour avoir une voiture durant votre retraite.

Et il n’y a pas d’autre moyen d’y parvenir, net d’inflation — cette dernière étant encore aggravée par les impôts élevés et le laminage constant des actifs par l’industrie des services financiers à grands coups de frais, de commissions et de coûts.

Et ce ne sont pas les mathématiques, la théorie ou ma Grosse Voix de Stentor Mogambo (GVSM) qui font de cela une réalité ; c’est un triste fait de l’histoire — et il suffit de prendre deux secondes pour faire quelques calculs afin de vous en rendre compte par vous-même.

Meilleures salutations,

Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora

(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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