La cyber-guerre au niveau international

Rédigé le 13 septembre 2013 par | Epargne, Indices, marches actions, strategies Imprimer

▪ Aujourd’hui, de nombreuses guerres non déclarées éclatent dans le monde entier. Je ne parle pas ici de disputes de frontières en Afrique ou des opérations américaines en cours en Afghanistan. Vous n’entendrez pas parler de ces guerres dans les journaux, même si les pays parmi les plus importants du globe y sont impliqués. En fait, il est très probable que les Etats-Unis soient impliqués en ce moment même dans au moins l’une de ces "guerres".

En effet, ces conflits ont lieu dans le cinquième domaine de la guerre : le cyberespace — le tout dernier champ de bataille après la terre, la mer, le ciel et l’espace. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire dans ces chroniques, la guerre n’est plus strictement cinétique, dans le mouvement physique. La portée maximale d’une armée ne dépend plus de la taille de son plus grand fusil — et la portée d’un navire militaire ne se mesure plus en nombre de kilomètres que ses missiles peuvent parcourir.

Dans le cinquième domaine de la guerre, des signaux invisibles vont et viennent à travers des fils et des circuits dans une tentative de glaner des informations ou de mettre hors service des systèmes clés. Les professionnels du business de la cyber-guerre font souvent référence à ces programmes comme des "computer network operations" ["opérations d’ordinateurs en réseau", ndlr.] ou CNO. Et on compte de plus en plus de "cyber-guerriers" chaque année.

▪ Nouvelles guerres et science-fiction
Les descriptions de cyber-guerres relèvent plus de la science-fiction que des annales de l’histoire militaire : les offensives se déclenchent en frappant simplement une touche de clavier. Les sentinelles sont les firewalls, les cryptages et les mots de passe. Les virus sautent par delà les lignes ennemies comme des guérilleros pour semer la confusion.

C’est une façon entièrement nouvelle de faire la guerre et on peut prédire qu’elle dominera les relations internationales dans les années à venir. En fait, l’importance de plus en plus forte de la cyber-guerre pourrait bien ébranler l’équilibre actuel des puissances militaires à travers le monde.

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Comment les responsables politiques et les généraux peuvent-ils résister ? Sans trop m’avancer, c’est ce que les militaires peuvent avoir de mieux comme guerre sans risque. Vous voulez détruire le programme d’armes secrètes d’un pays ennemi mais vous ne pouvez pénétrer dans leur espace aérien sans être détecté ? Lancez un virus au lieu d’une bombe ! Voilà le genre d’option que les responsables politiques et les militaires ont la possibilité de choisir aujourd’hui. La donne est complètement changée.

En effet, selon certains experts, les guerres du futur ne seront menées qu’avec des opérateurs de forces spéciales et des programmeurs informatiques. De mon côté, je me contenterai de parler des programmeurs informatiques — la cyber-guerre et les opportunités de profits qu’elle vous offre à vous, investisseurs.

La cyber-guerre est une industrie de 55 milliards de dollars. C’est aussi l’industrie américaine qui connaît la plus forte croissance : on prévoit qu’elle doublera au cours des 12 prochains mois. Une étude récente a qualifié la cyber-guerre de "dernière arme asymétrique" — je préfère le terme de "cinquième domaine de la guerre".

▪ Changement de donne
L’un des plus grands défis qui commence à apparaître depuis que la guerre est entrée dans le cinquième domaine est que les capacités de la cyber-guerre offrent un effet multiplicateur puissant et immédiat pour des Etats voyous.

Des pays qui auparavant présentaient une faible menace selon les standards militaires conventionnels — par exemple l’Iran — posent aujourd’hui de bien plus gros problèmes. Il y a eu un grand changement : l’Iran ne possède pas de force militaire conventionnelle adéquate pour défier directement ses ennemis de la région, l’Irak et Israël, sans parler de ses ennemis au niveau mondial comme les Etats-Unis.

L’armée iranienne conventionnelle n’entre même pas dans la liste des 10 premières armées au monde. Même si elle possède plus d’un million d’hommes sous les drapeaux et plusieurs milliers de véhicules blindés et d’avions de combat, il est peu envisageable qu’elle puisse survivre à une guerre conventionnelle. En fait, elle y a à peine réussi contre les forces de Saddam Hussein dans les années 1980, qui furent à leur tour écrasées par les forces de l’OTAN au cours de l’une des guerres les plus courtes de l’histoire moderne.

Pourtant, une récente étude sur la cyber-guerre menée par Atlantic Council, un think tank périphérique, a classé l’Iran comme une force cybermilitaire de niveau trois. Cela signifie que le pays est capable de provoquer des dégâts importants sur les réseaux civils aux Etats-Unis, si ce n’est au niveau des réseaux gouvernementaux. Quel progrès pour les capacités de cette puissance militaire de quatrième ordre à l’autre bout du monde ! Au plus fort de sa puissance, l’Iran pouvait à peine espérer couler un navire de guerre américain mais avec ses capacités croissantes dans le domaine de la cyber-guerre, soudain, la menace devient réelle.

L’anonymat qui fait de la cyber-guerre le moyen parfait pour les Etats voyous d’attaquer les Etats-Unis et ses alliés en fait également l’arme parfaite pour les pays démocratiques. Aujourd’hui, sans un mandat pour envoyer des troupes sur le terrain ou sans une autorisation de l’ONU, ils peuvent lancer des attaques préventives ou de représailles contre ces menaces. Des unes des journaux, ces attaques ne sont plus perçues que comme de simples clins d’oeil entendus.

Plus récemment, on a su que la destruction du dernier centre d’essais nucléaires iranien a été menée dans le cinquième domaine par un virus appelé Stuxnet. Cette opération a été menée conjointement par la NSA, la CIA et l’armée israélienne. C’est la première fois qu’un virus provoque des dégâts importants dans un centre militaire.

Il faut s’attendre à voir plus de ce genre d’attaques au cas où une cyber-guerre "froide" se réchaufferait.

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Byron King
Byron King
Avocat

Byron King est diplômé de l’Université de Harvard et exerce actuellement la profession d’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

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