N’égarez pas vos Bitcoin et casquettes « Make America Great Again »

Rédigé le 2 octobre 2017 par | Bill Bonner, Bitcoin et autres cryptomonnaies, Crypto Monnaies, Guerre des monnaies, Or et Argent Imprimer

Les cryptomonnaies sont-elles une technologie bouleversante ou une nouvelle farce, comme le « trumpisme » ?

« Avez-vous conservé ce bitcoin physique que je vous ai offert ? »

Il y a deux ans, un ami nous a offert un bitcoin physique, en suggérant que nous nous intéressions aux cryptomonnaies.

« J’espère que vous ne l’avez pas perdu. C’est désormais une pièce de collection qui se vend à plus de 10 000 $ sur eBay. »

Nous avons cherché partout. Impossible de mettre la main dessus.

L’aurions-nous donné à notre petit-fils ? A-t-il fini dans la machine à laver ? L’avons-nous donné en pourboire ?

Il doit bien être quelque part. Nous allons continuer à chercher.

Le bitcoin est de retour. Selon Forbes :

« Ils sont de retour. Personne ne sait s’il s’agit des Chinois ou des Coréens, ou des Russes ou des Américains, mais d’après quelques acteurs des cryptomonnaies, il semblerait bien que les Chinois aient trouvé un nouveau moyen de revenir dans la partie. »

Au début du mois, la Chine a interdit les ICO (les levées de fonds en cryptomonnaies) et les plateformes d’échange des cryptomonnaies, ces sites qui vous permettent d’échanger la monnaie de votre pays contre des cryptomonnaies.

Aux yeux de beaucoup de monde, c’était la fin du voyage pour le bitcoin. Son cours a chuté à 3 200 $ à partir de son plus haut historique de 5 000 $. A présent, il est remonté à plus de 4 100 $.

Ce matin, le Japon – principal bénéficiaire de cette répression chinoise – a approuvé 11 plateformes d’échanges de cryptomonnaies.

L’argent a le dernier mot et il est difficile de se fâcher avec des gens qui s’enrichissent.

Notre confrère Teeka Tiwari a recommandé ce qui est devenu à présent le second actif numérique du monde, en termes de valorisation.

A l’époque, il valait 9 $. A présent, il dépasse les 300 $.

En février, il a recommandé d’investir dans l’une des start-ups chinoises les plus populaires en matière de cryptomonnaies. Elle valait 12 cents à l’époque. A présent, elle se négocie à plus de 32 $.

Voyons : si vous aviez investi 1 000 $, à présent vous auriez plus de 250 000 $.

Et puis nous avons fait le point avec notre fils Will, le partisan des cryptomonnaies au sein de la famille Bonner. Il n’y a pas longtemps, il nous a vivement recommandé de spéculer au crypto-casino avec un peu d’argent de la famille.

« Nous avons gagné 85% depuis que nous avons investi en juin », nous a-t-il indiqué. [NDLR : comment spéculer sur ces nouvelles monnaies et cette bulle en formation ? Un mathématicien diplômé de la prestigieuse université de Harvard, ancien conseiller du Trésor du gouvernement américain, vous l’explique ici…]

Une nouvelle technologie bouleversante ?

Will est plus ouvert d’esprit que nous.

Il aime les technologies… et il pense qu’elles amélioreront le futur. Personnellement, nous n’en sommes pas si sûr.

La dernière innovation technologique qui a réellement amélioré notre existence, c’est la climatisation, inventée en 1902 par un ingénieur américain, Willis Carrier.

Lorsque nous avons enfin pu nous l’offrir, en 1990, l’été est devenu bien plus agréable dans le Maryland.

La pénicilline, découverte par le scientifique écossais Alexander Fleming, en 1928, a été bien utile également : elle nous a sauvé la vie en 1954, lorsque nous avons eu la pneumonie.

Quant aux autres, elles ne nous font ni chaud ni froid.

Et les crypto-monnaies ?

En ce qui nous concerne, il s’agit encore d’une nouveauté… et, en tant que monnaies, elles n’ont pas encore fait leurs preuves. Alors nous conseillons de ne pas suivre notre exemple.

A moins d’être capable de perdre de l’argent tout en gardant le sens de l’humour.

Une nouvelle farce ?

En parlant de sens de l’humour…

Comme prévu, on dirait bien que le trumpisme pourrait se transformer en troisième force politique.

Selon le New York Times :

« Au cours d’une réunion de cinq heures ayant eu lieu le mois dernier dans le domaine de la famille Mercer, à Long Island, deux jours avant que M. Bannon ne démissionne de la Maison Blanche, Steve Banno et le dirigeant milliardaire de hedge fund, Robert Mercer, ont commencé à plancher sur l’ébauche d’un ‘parti parallèle’ permettant de faire avancer le projet de ‘l’Amérique d’Abord’ de M. Trump — même si M. Trump lui-même s’en est éloigné. […]

Bannon et les Mercer se distinguent également par des stratégies et idéologies plus pugilistiques, et sont moins unis par une idéologie politique cohésive commune que par la volonté de bouleverser l’establishment politique, et notamment l’establishment républicain. »

Lorsque le projet de réforme fiscale de la Team Trump va échouer, il faudra trouver un coupable.

Ils ne vont pas s’en attribuer la responsabilité, bien sûr. Ni parce qu’ils ont été incapables d’élaborer un plan que leur parti aurait pu soutenir totalement… ni parce qu’ils ont enfumé le public en proposant quelque chose qui ne pouvait pas passer (une réforme fiscale majeure)… ni parce qu’ils ont commis une supercherie encore plus énorme en promettant quelque chose que personne ne pourrait jamais faire (doper la croissance réelle en réduisant les impôts sans réduire également les dépenses).

Si l’Etat ne réduit pas les dépenses, une baisse d’impôt est une imposture.

Lorsque cette réforme fiscale échouera, que feront les partisans de Trump ?

Toujours prêt à donner un coup de main, nous suggérons aux trumpistes de Washington de se transpercer d’un coup d’épée, comme Caton le Jeune… ou de se faire hara kiri, comme le dernier vrai samouraï, Saigo Takamori.

Mais au contraire, ils rejetteront la faute sur les leaders républicains du Congrès.

Cela nous convient, également. La plupart des républicains de la Chambre sont des bestioles du marigot.

Quoi qu’il en ressorte, les baisses d’impôt proposées n’aideront en rien, ni la classe moyenne, ni l’économie.

Le Deep State contrôle l’Etat… et surtout, il contrôle les politiques fiscales dans le détail.

Peu importe ce que racontent les gros titres de la presse… ou les tweets du président… Le diable qui se cache dans ces détails fera en sorte que le marigot récupère davantage, plutôt que moins, de la richesse du pays.

M. Trump qualifie cette proposition fiscale de « miracle pour la classe moyenne ». Oui, il serait miraculeux qu’elle passe. Et également miraculeux – comme la transformation du plomb en or – qu’elle fasse quelque chose pour la classe moyenne.

David Stockman, notre ami et ex-conseiller budgétaire du président Reagan, a calculé qu’un ménage classique de la classe moyenne pouvait espérer une économie d’impôt annuelle de 5 $ précisément.

Avec cet argent, on doit pouvoir s’acheter une casquette « Make America Great Again », sur eBay.

Ou pas.

L’Etat… le marigot… le Deep State… et les trumpistes de Washington… pompent tous l’économie comme des sangsues.

Ils camouflent et renvoient à plus tard les dégâts provoqués par leurs réformes bidon… l’argent falsifié… les statistiques truquées et des affirmations trompeuses.

La première crise interviendra avec un krach et une dépression, et la deuxième – après un stimulus massif orchestré par les autorités – avec un déchaînement de l’inflation.

Alors ces casquettes deviendront probablement « collectors », elles aussi… et elles se vendront à 1 000 $ l’unité.

… Ce qui devrait permettre de se payer un café chez Starbucks.

Mots clé : -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

4 commentaires pour “N’égarez pas vos Bitcoin et casquettes « Make America Great Again »”

  1. Bonjour,
    pour ceux que ça intéresse j’ai fait un tutoriel pour se mettre au bitcoin sans se prendre la tête ! : didier.celse.free.fr/bitcoin/index.htm
    Astalavista

  2. Manifestement vous n’avez aucune idée de ce dont vous parlez. Vous feriez donc mieux de vous abstenir à l’avenir.

  3. Bitcoin est le premier objet numérique non duplicable.
    Vous ne voyez pas le potentiel ?
    Alors arrêtez de suite vos article et mettez vous à l’agriculture 😉

  4. Une monnaie peut-elle exister sans état ? Ou sommes nous condamné aux cycles des krachs monétaires ?

    Le bitcoin à suscité beaucoup de commentaires sur Agora. La démonstration est faite de son intérêt pour mettre à l’abri de la valeur et l’on a compris le principe de la blockchain. Pour ma part j’ai souligné un problème de transparence pour l’homme de la rue, nécessitant un tiers de confiance et n’ai pas manqué d’être contredit. Formidable.

    Maintenant je voudrai creuser sur la question d’un bitcoin « anarchiste » pouvant se passer de l’état.
    Je voudrais réfléchir si une monnaie quelqu’elle soit pouvait se passer de l’état.
    Certaines peuvent se passer d’un état car elle ont cours ailleurs. Mais là où il n’y a plus d’état, ou les périodes ou l’état s’évanouit, les monnaies bitcoin ou or ont-elles cours ?
    Eh bien il semble que non. Lorsque la force de l’état ne créé pas le périmètre de sécurité, la monnaie ne sert à rien. La force s’empare des choses sans contrepartie. Plus besoin d’intervenir de mesure de l’échange car il n’est plus nécessaire, il suffit de se servir. Deux assoiffés dans le désert ne feront pas d’échange d’or pour un verre d’eau, le plus fort boira peut être.
    Et donc voici venu l’état indispensable à la monnaie,
    L’histoire d’un bitcoin utilisé sans état ou d’un or valable là où le chaos reigne est entendue.
    Nous voilà condamné à accepter et peser sur l’état. Et il est bien possible que nous soyons condamnés aux cycles des krachs monétaires.
    Et il faudra bien une zone de sécurité pour que les bruleurs de plante des pieds ne viennent pas vous faire avouer ou vous avez mis vos bitcoins ou votre or.

Laissez un commentaire