La croissance rabotée et à crédit

Rédigé le 31 mai 2017 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Comme vous le savez, ô lecteur patient et je vous remercie de votre fidélité, nous dénonçons sans relâche dans ces colonnes l’interventionnisme étatique.

L’ingérence de l’État dans notre vie économique prend de multiples formes :

Peut-être que le sommet de l’interventionnisme grotesque est atteint avec le réchauffement changement climatique. Des bipèdes incapables de prévoir de façon fiable la météo du lendemain prétendent « piloter le climat » à l’échelle mondiale pour les siècles à venir.

(Merci ô lecteur rageur de ne pas me bombarder de courriers électroniques incendiaires car je ne les lirai pas et c’est très mauvais pour le bilan carbone de surcharger d’électrons ou de photons inutiles les fibres de cuivre ou les fibres optiques des réseaux de télécommunication — et je ne prends même pas en compte la surchauffe de votre propre ordinateur).

Mais revenons à la finance et à notre économie.

La croissance européenne va mieux, nous dit-on. S’agit-il de la croissance d’activités enrichissantes ? On peut en douter en considérant ce graphique.

Evolution des prêts aux ménages de la Zone euro

Le créditisme renaît de ses cendres.

Le taux de croissance du crédit est de 2,4% alors que le taux de croissance de l’économie européenne n’est que de 0,5%.

Ce ne sont donc pas les investissements qui sont repartis mais seulement la consommation.

Quel mal y a-t-il à consommer à crédit, me direz-vous ? Le problème est, qu’en dehors de l’Allemagne, les Européens ont tendance à consommer plus que ce qu’ils produisent. C’est le cas de la France, de l’Italie, etc. Si vous consommez plus que ce que vous produisez, vous ne vous enrichissez pas, vous vous appauvrissez.

Si vous videz votre cave plus vite que vous ne la remplissez, vous n’aurez plus rien à boire. Les keynésiens qui pensent que la consommation enrichit ne doivent pas avoir de cave, ou vivre sur celles des autres.

Les milliers de milliards d’euros injectés par la BCE ne nous enrichissent pas, ils nous appauvrissent. Comme l’explique très bien mon collègue britannique Nick Hubble, les politiques monétaires des banques centrales conduisent à une montagne de dettes et une croissance atone. Le crédit infini et gratuit est nuisible et son prétendu pilotage nous mène à la ruine.

Pourquoi si peu de voix s’élèvent-elles pour dénoncer ce qui ne marche pas ? Bill Bonner vous donne la réponse. Il y a infiniment plus de gens qui soutiennent les interventions des gouvernements que de gens qui s’y opposent. En plus, ils ont de l’argent. Tous ceux qui vivent de rentes, qui entendent préserver de la concurrence leurs parts de marché, sont pour l’interventionnisme. Ayant des profits, ils peuvent payer des lobbyistes, des juristes, des publicités dans les médias, etc. pour obtenir une intervention favorable à leurs intérêts.

Voilà pourquoi le processus de « destruction créatrice » est entravé, pourquoi la croissance ralentit, pourquoi les « petits boulots mal payés » ou le chômage deviennent la règle. L’obsolescence est largement subventionnée mais pas la croissance.

Tout ceci ne serait pas trop grave si nous avions une monnaie honnête et que les prêts étaient adossés à de l’épargne déjà existante. Les dégâts seraient limités car les épargnants, au bout d’un moment, refuseraient de financer l’obsolescence.

Mais ce n’est pas le cas : nous avons un système monétaire malhonnête, le créditisme. La véritable épargne, le seul vrai capital, est noyé dans la création de crédit organisé par les banques centrales, le faux capital, les « liquidités » adossées à rien si ce n’est des perspectives de profits futurs en refusant l’obsolescence, en entravant l’innovation.

Le péché contre le capital, c’est de le confondre avec le crédit, de refuser de reconnaître que le « vrai capital » est l’épargne et de voler les épargnants en trichant avec les taux d’intérêt.

Pourquoi si peu de voix s’élèvent-elles ? Parce que le système est conçu pour que ceux qui reçoivent en l’échange de rien (les subventionnés) soient plus nombreux que ceux qui donnent (les contribuables).

Si vous obtenez quelque chose contre rien, vous en voudrez toujours plus, c’est humain, non ?

Pour ceux qui ne souhaitent pas se soumettre à cet état de fait, nous allons lancer la semaine prochaine notre nouveau service, Profits Réels, dont nous venons de terminer la phase de test.

Nous vous proposerons d’investir au travers des nouveaux sites de financement participatifs dans des projets d’entreprises soigneusement sélectionnés par notre équipe. Sur ce marché, votre épargne n’est pas en concurrence avec les 60 Mds€ mensuels que M. Draghi fait surgir du néant tous les mois : vous pouvez donc retrouver un rendement décent avec un ratio rendement risque favorable.

Aujourd’hui, une banque espagnole en quasi-faillite vous propose ses obligations véreuses à 4% de rendement alors que des entreprises saines, avec des clients et des marchés en expansion, vous proposent plus de 6%.

Un choix relativement aisé, non ?

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

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