Courrier des lecteurs

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 28 mai 2007
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*** Courrier des lecteurs
Petit florilège de vos réactions à nos récents commentaires politiques…

*** Carburant et conversations
Bill Bonner se penche sur l’air du temps…

*** Nickel : la bulle explose-t-elle enfin ?
Tous les ingrédients sont là

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Le CAC 40 frôle des sommets… idem pour les marchés américains…
Mais cette hausse est-elle aussi solide qu’elle en a l’air ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** COURRIER DES LECTEURS

 

** Le calme le plus plat règne dans nos bureaux aujourd’hui — c’est jour férié aux Publications Agora. L’occasion rêvée pour faire petite trêve, en attendant de replonger dès demain dans l’insondable océan de liquidités qui inonde les marchés de la planète. Je vous propose donc quelques extraits de vos nombreuses réactions aux récentes réflexions de Bill Bonner et de Philippe Béchade sur le résultat des élections présidentielles françaises.

L’un de nos lecteurs s’étonne d’ailleurs de notre naïveté : "je suis surpris que des personnes aussi rodées que vous aux vicissitudes de la vie tant politique que financière s’offusquent des coup bas !", nous dit-il.

Eh bien, il faut croire qu’il nous reste un peu de candeur, sous notre carapace cynique et contrarienne…

** Un autre lecteur apprécie au contraire de trouver quelques grammes d’humanité dans un monde de brutes — et propose une mesure qui nous est allée droit au cœur :

"Faisant oeuvre de service public pour l’éducation des masses dans les domaines économiques et financiers, je proposerai… d’élever la Chronique Agora au titre de service public, et d’instituer dans les écoles et à la télévision cinq minutes d’analyses de Bill Bonner et Philippe Béchade obligatoires".

Toute l’équipe de la Chronique se déclare flattée… mais indigne d’un tel honneur. Nous n’en voudrions pas, à dire vrai. Non, nous préférons végéter dans l’ombre, loin des feux de la rampe : on voit tellement mieux le spectacle depuis les coulisses que sur la scène !

"Bon d’accord", admet ensuite notre lecteur, "je ne vais pas vous enrichir personnellement parce que je suis contre l’idée de spéculation, même si je reconnais que je serais tenté de jouer de temps en temps au casino aussi… si j’en avais les moyens".

"Etant inquiet de l’état de l’économie US en tant que moteur de consommation mondiale, je me félicite d’être tombé en surfant sur votre Chronique depuis plusieurs mois, surpris que des investisseurs puissent avoir des hauts-le-coeur d’humanité, voire d’humanisme… J’apprécie aussi l’Edito Matières Premières, très instructif sur l’état du monde"…

** "Votre mail et l’article de Philippe Béchade ont retenu mon attention", annonce un troisième lecteur — lui aussi étonné que nous accordions la moindre attention à la vie politique hexagonale.

"Je suis surpris que vous ayez l’ombre d’une pensée sur un changement éventuel dans la conduite de notre pays. Il y aura pour le bon peuple afin qu’il ne soit pas trop déçu quelques améliorations superficielles, mais sur le fond, statu quo. L’homme public n’est qu’un pantin qui exécute les ordres qu’il reçoit, avec à la clef les pires ennuis s’il n’est pas docile — voire un attentat si nécessaire".

"Ce serait une révolution si seulement la moitié ou le tiers des propositions se réalisaient. Tous se sont compromis dans une affaire ou une autre, et quand ce n’est pas l’individu, on trouve le moyen de provoquer le scandale dans l’entourage proche afin de le tenir malgré tout. Et comme tout se sait, c’est d’une remarquable simplicité. Tant que l’idéal des politiques ne sera pas plus élevé nous en resterons là… et peut-être descendrons-nous encore plus bas".

Eh bien, il semblerait que nous ayons trouvé plus pessimistes que nous…

** Mais tout le monde n’apprécie pas — et il y avait quelques fausses notes dans ce concert de louanges : "Je n’ai pas apprécié les mots, les qualificatifs et les tournures employées", nous disait un autre lecteur au sujet des réflexions de Philippe Béchade.

"A mon avis, cette suite de phrases qui semble se vouloir ‘choc’ est épidermique et caractérise tout sauf un analyste financier et boursier au-dessus de la mêlée, surtout lorsqu’elle est politique. Ou alors je n’ai pas compris l’humour et l’ironie de votre spécialiste. En tout état de cause, il n’y a pas adéquation entre lui et moi".

** Enfin — ultime fleur dans ce bouquet de réactions — un fidèle lecteur profite de l’occasion pour nous donner aussi son opinion sur les récents excès du marché de l’art :

"1. A la demande de Philippe Béchade, une contribution négative : je n’ai aucune opinion boursière sur les dernières élections en France. Les décennies précédentes ont montré que la bourse française était insensible à la couleur politique de nos gouvernants. De plus, la maison ‘France’ représentant seulement 1% de la population mondiale, il serait vain de vouloir apporter un changement sur les six milliards de bipèdes".

"2. Sur la théorie de la valeur, Bill nous a souvent parlé des 44 000 milliards de liquidités se promenant au gré des courants financiers. Et encore, il s’agit de la valeur supposée des vrais actifs. Mais qu’en est-il des autres milliers de milliards d’argent virtuel qui inondent la planète ? Quand un milliardaire en monnaie virtuelle achète un mouton écorché chez Christie’s pour quelques millions de dollars, il procède à une destruction très valable de monnaie. Je me contenterais du mouton pour faire un bon méchoui — ou peut-être d’une photocopie bien encadrée ; elle aurait peut-être la même valeur pour un gogo un peu bigleux".

"Notre grand milliardaire virtuel ne pourra pourtant jamais acheter l’amour d’une femme ni la santé de son enfant paralysé. Aussi je conseille de revenir aux valeurs éternelles et peut-être, comme penserait Elizabeth la presbytérienne, de relire le livre de Job".

Merci à tous d’avoir ainsi pris le temps de nous répondre ! Et si vous souhaitez nous faire part de vos remarques, avis, questions ou réactions sur le contenu de nos Chroniques, n’hésitez pas : l’adresse contacteznous@publications-agora.fr est là spécifiquement pour ça.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : N’oubliez pas que vous pouvez retrouver Philippe Béchade au 0899 707 009* — il vous révélera son point de vue sur la séance en cours, mais aussi sa recommandation du jour et la stratégie à adopter pour votre portefeuille.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** CARBURANT ET CONVERSATIONS

** Le journal USA Today nous annonce qu’un événement historique s’est produit. Pour la première fois depuis plus d’un quart de siècle, les Américains réduisent le nombre d’heures qu’ils passent au volant.

* Nous ne connaissons pas la cause de ce grand renversement de tendance. Les experts accusent la hausse du carburant. Apparemment, les prix à la pompe atteignent des records aux Etats-Unis — jusqu’à 3,18 $ le gallon.

* Si les conducteurs réduisent réellement leur conduite à cause des prix de l’essence, cela suggère que le consommateur s’affaiblit. Un sondage portant sur la confiance révèle que le moral des pauvres consommateurs a chuté à un plancher de huit mois. Et les problèmes de l’immobilier ne semblent pas pressés de disparaître. "La morosité s’installe sur le marché immobilier", annonçait un journal.

* Il semble que la planète soit prise dans les griffes de deux tendances majeures et contradictoires. Au sommet, l’argent n’a jamais été aussi facile à obtenir… et les riches n’ont jamais semblé si pressés de s’en séparer. L’argent change si vite de mains… et dans de tels volumes… que les marchés et les banquiers ont du mal à tenir le rythme. Les investisseurs institutionnels ont de telles sommes qu’ils ne savent plus quoi en faire.

* Pendant ce temps… au bas de l’échelle… les malheureux lumpenconducteurs ne peuvent même pas se permettre de faire avancer leur véhicule jusqu’à la boutique du coin pour louer un DVD. Ils ne gagnent pas d’argent supplémentaire… tandis que leurs coûts continuent à augmenter.

* Chaque année, nous apprenons qu’une université a augmenté ses coûts d’admission. Nos assurances et notre mutuelle de santé semblent grimper tous les ans. Chaque fois que nous faisons le plein… ou que nous dînons au restaurant… nous avons une mauvaise surprise. Certes, le coût de la nourriture et du carburant est plus élevé en Europe qu’aux Etats-Unis, mais les tendances vont dans la même direction.

* Grâce à nos Chers Lecteurs, nos revenus sont suffisants pour couvrir ces dépenses, mais nous nous demandons combien de gens y parviennent. Peut-être que les dernières nouvelles concernant les habitudes automobiles des Américains nous disent quelque chose… peut-être nous disent-elles qu’ils n’y arrivent plus.

** Nous sommes revenu à pied de notre déjeuner. Londres est une excellente ville, pour marcher. On trouve généralement toujours un parc — ou au moins par un square — sur le chemin. Et depuis la South Bank, on peut maintenant longer la rivière pendant des kilomètres. Au retour, nous sommes passé de Westminster jusqu’au pont de Blackfriar’s.

* Lors de notre flânerie, nous avons vu des terrasses, des jongleurs, des violonistes, des guitaristes classiques. C’était une si belle journée — ce qui est rare, à Londres — qu’on aurait dit que tout le monde était dehors. Des couples se détendaient, assis sur les bancs bordant la Tamise. D’autres se promenaient main dans la main sous les arbres. Et près de la station de télévision ITV, de jolies femmes se tenaient sur le trottoir, prêtes pour une émission, entourées de caméramans, de techniciens et de diverses personnes bonnes à tout faire.

* Nous écoutions les conversations, au passage ; elles révélaient l’air du temps.

* "Je lui ai dit qu’il devait faire un choix. Je veux dire… pourquoi est-ce que je dois supporter ce genre de sottises ?", disait une jeune femme à son amie.

* "Anne… oui… pourriez-vous dire à Freddie qu’on est OK pour le deal", disait un jeune homme d’affaires, assis tout seul et parlant aux anges. "Le prix est OK… mais il ferait mieux de régler cette clause d’indemnité".

* "Qui peut se permettre d’acheter ?", déclarait une femme d’âge mûr, en tailleur, à un homme qui avait déboutonné son col de chemise. "Les prix qu’ils demandent à Croydon sont scandaleux. J’aurais dû acheter il y a dix ans… quand j’ai divorcé. Mais à l’époque, je n’avais pas d’argent".

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COMMENT BATTRE LES HEDGE FUNDS A LEUR PROPRE JEU !
Ce sont les nouveaux seigneurs de la finance…
Ils font et défont les cours au quotidien…
La moindre de leurs réactions peut faire changer une tendance…

… et aujourd’hui, grâce à un système exclusif, VOUS pouvez investir comme eux !

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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*** La Chronique Agora présente ***

Après de récents sommets, le cours du nickel commence à subir quelques remous : la fin est-elle proche pour le métal gris ? Isabelle Mouilleseaux nous en dit plus…

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NICKEL : LA BULLE EXPLOSE-T-ELLE ENFIN ?
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)

Depuis des mois, le nickel s’envole. Depuis mars, il est accroché à ses sommets. Le glas aurait-il sonné ?

Dérapage du nickel la semaine dernière
Une chute de 4% en quelques heures… et un retour vers les 46 200 $ la tonne (nous en étions encore à 51 000 $ il y a quelques jours à peine…), son cours le plus bas depuis sept semaines. Pourquoi ce soudain accès de faiblesse ?

Les stocks ! Ils ont augmenté de 1 500 tonnes sur le LME. Depuis ces dernières semaines, le niveau du stock de métal gris est en forte hausse. Mais là, l’ampleur du phénomène s’accélère.

Un stock au plus haut depuis juillet 2006
C’est un fait. Jamais les réserves de nickel disponibles n’ont été aussi élevées depuis juillet dernier. Il y a toutefois une différence de taille : à l’époque, le nickel à trois mois cotait 22 000 $ la tonne, et non 46 200 $ !

Je vois dans vos yeux le doute s’immiscer… Et vous avez raison de vous inquiéter, car le stock n’est qu’un des multiples facteurs qui sont actuellement en train de pousser le nickel à la baisse.

Un violent "effet ciseau" précipitera-t-il le nickel de son piédestal ?
Je prends mon plus beau pinceau et vous dépeins le tableau : l’offre de nickel explose (or les stocks sont déjà au plus haut !). De son côté, la demande de nickel va plonger car :
- partout, on commence à parler de surproduction d’inox ;
- les aciéristes substituent de plus en plus d’autres métaux au nickel pour produire l’inox ;
- pire, ils remplacent le nickel par du pig iron.

Ces tendances s’amorcent très clairement, alors même que le cours du nickel plane à des niveaux surréalistes.

A votre avis, que va-t-il se passer ?
Probablement ce que je répète inlassablement depuis mars déjà. Le nickel va se retourner. Et je sens que l’échéance se rapproche. Mais entrons dans le détail…

Côté offre : la production de nickel s’envole
A ces niveaux de prix, il est normal que les producteurs de nickel se mettent à creuser frénétiquement pour extraire le nickel du sol. Les marges sont tellement alléchantes…

Malheureusement, il va être difficile de freiner cette production rapidement. A l’image du Titanic, il y a un effet d’inertie gigantesque. Voyez donc les mines de Ravensthorpe et de Goro. La première doit être — enfin ! — opérationnelle en 2008 et la seconde est plus qu’impatiente d’entrer en production dès 2009 !

Etant donné le temps et l’argent qu’il faut pour lancer une mine, inutile de vous dire que les dernières venues sur le créneau vont produire, quoi qu’il arrive… quitte à amplifier davantage encore un marché qui pourrait très rapidement devenir excédentaire. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Côté demande : on crie à la surproduction !
Et pourtant, les producteurs d’acier inoxydable, le fameux "inox" (qui consomme 65% de la production de nickel) crient de plus en plus à la surproduction — Outokumpu et les Chinois en tête ; Arcelor Mittal l’a bien vu aussi…

En 2006, la Chine a augmenté sa production d’inox de 68%, passant ainsi n°1 devant le Japon. Même au niveau mondial, la production d’inox a bondi de 17%, et on devrait battre de nouveaux records en 2007.

Les producteurs d’inox se lancent dans l’inox sans nickel
Gros effet de substitution en ligne de mire. En effet, étant donné le coût du nickel, les producteurs commencent à remplacer le nickel par le chrome et le manganèse dans la fabrication du nickel. C’est ce que l’on appelle les aciers ferritiques.

Baosteel, le premier aciériste chinois, a fortement développé ce type d’inox, et grâce à cette substitution, il a fortement augmenté ses profits au dernier trimestre. Si on développe des inox sans nickel… sachant que c’est l’essentiel de son débouché… vous voyez le problème.

Sans compter un dernier gros danger pour le nickel…

Le pig iron
Les producteurs chinois se tournent vers le pig iron nickel, une sorte de substitut au vrai nickel beaucoup plus pur, et qui est produit en Indonésie et aux Philippines notamment.

Le traitement de ce pig iron, extrêmement toxique pour l’environnement, se fait dans les vieux laminoirs usés chinois. En effet, le traitement du pig iron détruit les laminoirs tant il est nocif !

Je résume : stocks en hausse, offre en hausse, demande en baisse, effet de substitution et de remplacement — tous les ingrédients sont là. Je persiste et signe : le nickel va se retourner…

Meilleures salutations,

Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora

(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d’être le plus grand boom du 21ème siècle… Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L’Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider… et n’oubliez pas : c’est entièrement GRATUIT !

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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