Coucher de soleil nucléaire

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 13 décembre 2006
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*** +100% en trois jours à Paris ?
… Mais si, c’est possible !

*** Coucher de soleil nucléaire
Depuis l’Australie, Dan Denning nous donne des nouvelles de l’énergie…

*** Pune-Bombay en train
L’expérience n’aura pas été de tout repos…

*** 2007 : Une nouvelle bonne année ?
Jean Chabru ne nous dit pas non…

—————————– (publ.)

Laissez le meilleur de la finance américaine faire grimper votre portefeuille !

Découvrez un marché de 21 000 milliards d’euros… dans lequel vous pouvez désormais puiser vos profits !

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Bonjour,

*** +100% EN TROIS JOURS A PARIS ?

** Si la bourse nous offre parfois des journées palpitantes, ce ne fut clairement pas le cas ce mardi 12 décembre : en clôture, le CAC 40 affichait un score de -0,01% à l’issue d’une série d’oscillations étriquées entre 5 406 et 5 432 points.

L’indice a plafonné, pour la seconde séance consécutive, sous les 5 432,5 points ; si les volumes (5,53 milliards d’euros négociés) peuvent entretenir l’illusion d’une activité soutenue, un tiers des échanges se sont matérialisés sous forme d’applications entre institutionnels. Il s’agissait le plus souvent d’opérations de type "acheté/vendu" destinées à extérioriser des plus values au sein d’une même SICAV.

Globalement, ce genre de séance constitue le scénario idéal : la performance annuelle du marché parisien a été fermement maintenue au-dessus de la fameuse barre des 15% — la norme absolue, l’alpha et l’oméga du retour sur investissement sont ainsi respectés… — et l’absence de volatilité dissuade les spéculateurs de prendre la moindre initiative susceptible de perturber les dernières opérations d’habillage de bilan de fin d’année.

Le scénario actuel apparaît peut-être idyllique, mais les chartistes ne peuvent s’empêcher de redouter des lendemains qui déchantent. Si les 5 430 points s’imposent comme une nouvelle résistance, le CAC 40 s’exposera à la constitution d’une configuration de type "tête/épaules" baissière (5 433/5 511/5 427), avec les 5 300 points en guise de ligne de cou. La moyenne mobile à 20 semaines ferait office d’ultime support oblique majeur moyen terme vers 5 250 points (récent plancher du 1er et du 4 décembre)… et ce même cas de figure s’applique également à l’Eurotop 100.

** A Wall Street, le bilan annuel s’annonce un peu moins glorieux, puisque le score se trouve réduit à +13% sur le S&P 500 et à peine +10% pour les valeurs du Nasdaq 100… Cependant, la menace que ferait planer une "tête/épaule" est inexistante, car les indices américains restent résolument ancrés dans une tendance haussière en ligne — autre appellation du mouvement ascendant qui se perpétue de façon rectiligne depuis le 18 juin dernier.

La Fed semble faire tout son possible pour conforter les marchés dans le sentiment que cette situation ne peut que perdurer. Le communiqué final publié hier soir à l’issue de son conseil de politique monétaire apparaît "équilibré" ; c’est exactement ce à quoi Wall Street s’attendait, d’où le retour à l’équilibre du Dow Jones après un fléchissement de -0,5% en fin de matinée.

Ben Bernanke juge que les dernières statistiques américaines démontrent que le taux central d’inflation demeure "élevé", tandis que la croissance devrait se poursuivre à un rythme "modéré"… mais le message auquel Wall Street se montrait le plus sensible concerne les pressions sur les prix, lesquelles devraient tendre à se réduire "naturellement" au cours des prochains mois.

** Les marchés obligataires appréciaient également ce diagnostic : le rendement des T-Bonds 2016 n’a pas tardé à se détendre sous le seuil psychologique des 4,50%… alors que les opérateurs s’étaient montrés parfaitement impassibles lors de la publication des chiffres du déficit commercial américain quelques heures plus tôt.

Le déficit s’est pourtant contracté (-8,5% à 58,9 milliards de dollars en octobre, contre 64,3 milliards de dollars précédemment), mais ceci ne traduit aucune embellie structurelle du  commerce extérieur américain : le déséquilibre s’est nettement aggravé face à la Chine, pour atteindre un montant record de -24,4 milliards de dollars — soit -800 millions de dollars par jour.

Mais les Etats-Unis pourraient bientôt carburer au rythme de un milliard de déficit par jour sans que Wall Street ne s’en émeuve. Selon la plupart des experts sondés par CNBC, c’est bien le rôle assigné à la Chine que de tirer la croissance mondiale (avec l’appui de l’Inde : à eux deux, ces pays pèseront pour 40% du total) et de financer sans limite de montants et aussi longtemps que nécessaire les déficits US.

Toujours d’après les tous derniers sondages réalisés par la chaîne financière, certains stratèges actions anticipent un Dow Jones à 14 000 points à fin 2007 et un S&P 500 flirtant avec les 1 600 points — contre 1 415/1 420 actuellement.

** En France, le CAC 40 devrait, au pire, suivre le mouvement — voire le devancer, comme en 2006. Dans ces conditions, les 6 500 points sont considérés comme un objectif crédible. La Bourse de Paris ne recèle-t-elle pas par ailleurs d’ébouriffantes opportunités ? Nous pensions avoir fait le tour de toutes les bulles spéculatives, décrit par le menu tous les types d’excès boursiers, mais la sphère financière constitue un réservoir inépuisable de "grandes premières" en termes de scénarios absurdes et d’accès d’exubérance irrationnelle.

Les sources d’émerveillement sont décidément intarissables ; nous nous plongeons avec délectation dans le dossier Klémurs, introduit le 08/12 à 19 euros, et qui explosera de 30% en quelques minutes, pour atteindre 25,60 euros.

La capitalisation de cette société foncière — filiale de Klépierre à 75% — se retrouvait propulsée quasi-instantanément au-dessus des 230 millions d’euros. Pas mal pour une société qui ne réalisait avant son introduction que 230 000 euros de chiffre d’affaire (le titre se payait donc apparemment 1 000 fois le chiffre d’affaires !)… et ne détient pour l’instant que trois actifs immobiliers — deux étant localisés sur Paris et un sur Rouen — valorisés à tout juste 37 millions d’euros.

Mais nous n’avions encore rien vu : Klémurs explosera de 31% dès la reprise des cotations lundi, puis de 22% supplémentaires ce mardi, avec un débordement des 40,40 euros à la clé. Le cours du titre vient donc de prendre 110% en trois séances ; sa capitalisation atteint ainsi 317 millions d’euros, soit très précisément 10 fois la valeur de son actif immobilier et 1 700 fois ses revenus locatifs de l’année 2005 !

A l’exception de quelques dot.com introduites au coeur de l’hystérie générale au printemps 2000 (et qui ne se payaient que 150 fois — et non pas plus de 1 500 fois — leur chiffre d’affaires), nous n’avons pas le souvenir qu’une action cotée à Paris ait jamais affiché de tels multiples !

Comme vous ne croyez pas aux miracles, surtout dans un secteur aussi peu sujet aux accès de fantaisie que celui des valeurs foncières, vous commencez donc à subodorer qu’"il y a un truc".

Les investisseurs qui se ruent sur Klémurs n’ont pas complètement perdu l’esprit : la société va effectivement se substituer à sa maison mère – Klépierre — dans le cadre de l’acquisition de 128 restaurants Buffalo Grill avant la fin de l’année (plus une trentaine en option, en attente de construction, pouvant générer 4,5 millions de loyer/an d’ici 2008).

Soit ! Mais même en se basant sur une valorisation des "murs" très voisine de 300 millions d’euros (c’est le prix payé… mais serait-ce vendable dans les même conditions ?), pour un montant de loyers encaissés de 19 millions en année pleine, s’ajoutant aux 0,25 millions d’euros déjà évoqués, Klémurs affiche un PER théorique exorbitant. Il est supérieur de 30% à celui de Klépierre, qui se paye déjà 40,7 fois 2006 et 35 fois 2007… avec la sécurité que lui procure un actif immobilier diversifié : son portefeuille comporte pas moins de 250 centres commerciaux répartis sur l’ensemble du territoire français, puis en Espagne et en Italie.

** Même s’il est de tradition de payer très cher, pour des raisons fiscales, certaines valeurs foncières, un PER de 50 constitue une manière de record. L’envolée des cours résulte donc d’un phénomène qui nous est beaucoup plus familier puisqu’il s’agit du très classique corner : Klépierre n’a en fait introduit que 7% du capital de sa filiale — dédiée à Buffalo Grill — et "l’effet rareté" joue à plein. Voilà néanmoins une indication très précieuse sur l’appétit apparent des investisseurs pour des sociétés de type machine à cash… et le sentiment que les foncières ne présentent aucun risque.

Buffalo Grill est pourtant passé très près du dépôt de bilan au début des années 2000, suite à l’affaire, d’origine probablement calomnieuse, de la viande de vache folle importée frauduleusement d’Angleterre… sans oublier la découverte — bien réelle cette fois — de 60 kg de viande avariée dans un restaurant parisien proche de l’Opéra en 2004.

Il n’empêche : certains investisseurs "bien inspirés" viennent de doubler la mise en trois jours. S’agit-il d’un cadeau du ciel auquel n’importe quel épargnant pourrait prétendre lors de prochaines introductions… ou bien l’opération a-t-elle enrichi principalement quelques institutionnels triés sur le volet, et qui se renforçaient massivement tandis que d’autres se trouvaient tout heureux de sortir avec 30% de gains en 24 heures — et le sentiment d’avoir vendu Klémurs bien au-delà de sa valeur comptable ?  

Ceci tend à renforcer notre conviction que les meilleures affaires sont celles qui font l’objet d’un minimum de publicité… et recourent aux slogans les moins tapageurs.

Philippe Béchade,
Paris

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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** COUCHER DE SOLEIL NUCLEAIRE

** Hier soir, à St Kilda, nous marchions vers l’ouest dans un crépuscule flamboyant, en chemin pour faire quelques courses pour le dîner. Au retour, la lune s’est levée devant nous, presque aussi sombre et orangée que le soleil qui se couchait. Nous nous sommes tourné de côté, un corps céleste dans chaque main, et avons contemplé leur beauté et leur symétrie pendant quelques secondes, regardant la ville de Melbourne se profiler à nos pieds, prise entre une source de lumière nucléaire et la lune morte qui la reflète.

- Puis nous avons enlevé notre chapeau de poète et enfilé notre casquette à idées… et notre cerveau s’est mis à bouillonner. Ces 50 prochaines années, les Chinois vont brûler assez de charbon pour que tous les couchers de soleil de Melbourne ressemblent à la fin du monde. Rien que cette semaine, par exemple, le groupe Huaneng a inauguré la première centrale électrique à charbon de 1 000 mégawatts de Chine. Quelques recherches nous indiquent qu’une centrale électrique au charbon de 500 mégawatts fournit environ 3,5 milliards de kw/h d’électricité par an. Cela suffit à alimenter une ville de 140 000 personnes, et à consommer environ 1,4 million de tonnes de charbon.

- Arrêtez-vous quelques secondes, cher lecteur, et réfléchissez aux données suivantes. La grande migration des agriculteurs chinois vers les enclaves urbaines signifie qu’il faut reloger 400 millions de personnes dans des villes nouvelles ou existantes. Ces gens vivront dans des immeubles équipés de l’air conditionné ; ils travailleront dans des usines utilisant de l’électricité, mangeront dans des restaurants utilisant des appareils électriques, et achèteront des réfrigérateurs fonctionnant à l’électricité. D’où proviendra le courant ? S’il vient du charbon, la Chine devra construire pas moins de 2 857 centrales au charbon de 500 mégawatts pour répondre à la demande. Cela produirait — sans technologies plus "propres" — environ 10,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an.

- Une centrale au charbon de 500 mégawatts déverse près de 3,7 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère chaque année. Nous ne savons pas à quoi ressemble une tonne de dioxyde de carbone, ou comment on pourrait la porter sur son dos. Pas plus que nous ne savons si cela cause une augmentation de la température terrestre. Par contre, nous savons que lorsqu’on brûle du charbon, on produit également ce qu’on appelle des émissions particulaires. Dans ces émissions, on trouve du soufre, des oxydes de nitre et d’autres sous-produits aussi plaisants que le plomb, le mercure et l’arsenic.

** La semaine dernière, la Chambre des Représentants australienne a publié un rapport sur l’avenir nucléaire de l’Australie, en soulignant les avantages économiques qu’il y aurait à développer l’extraction d’uranium. Ce rapport conclut également que l’énergie nucléaire est "le seul moyen" de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour autant que nous en sachions, le débat nucléaire en Australie ne concerne pas tant l’Australie que la Chine et l’Inde.

- L’Australie, comme toutes les grandes économies occidentales, devrait développer une industrie nucléaire sûre, efficace et propre pour le jour où les hydrocarbures conventionnels comme le pétrole, le charbon et le gaz ne seront plus abondants et bon marché. Ce jour approche rapidement, s’il n’est pas déjà là. Mais il y a une autre raison essentielle pour laquelle l’Australie devrait encourager l’utilisation de l’énergie nucléaire : si la Chine et l’Inde ne prennent pas le chemin du nucléaire, le monde pourrait bientôt devenir un endroit plus sale et moins bien éclairé. Les couchers de soleil sont peut-être romantiques — mais si vous ne pouvez pas respirer, vous n’en profiterez guère.

- Ce n’est pas comme si la technologie nucléaire n’était pas déjà exploitée dans d’autres endroits du globe. On trouve 442 réacteurs nucléaires en opération sur toute la planète. Au niveau mondial, 28 réacteurs sont en construction, et 62 sont en phase de conception. Actuellement, la Chine obtient 1,6% de son énergie par le biais du nucléaire. Par comparaison, la Finlande en est à 33%, l’Allemagne 31%, la Hongrie 37%, la Corée du Sud 45% et les Etats-Unis 20%.

- Est-ce que les anciens carburants fossiles polluants peuvent nourrir le monde et la seconde révolution industrielle en Asie sans plonger la planète dans une obscurité toxique — ou déclencher des guerres de matières premières au Moyen-Orient ? Y a-t-il assez de carburant conventionnel pour alimenter la croissance ? Si ce n’est pas le cas, nous devons soit trouver une nouvelle source d’énergie, soit utiliser les énergies relativement propres que nous avons déjà. L’énergie nucléaire arrive en tête du classement.

[NDLR : Energie nucléaire contre énergies conventionnelles... effet de serre et dioxyde de carbone... développement industriel de l'Inde et de la Chine : de quoi déclencher une véritable crise mondiale -- mais également ouvrir des perspectives de gain insoupçonnées pour les investisseurs. Vous aimeriez bien en profiter ? Un peu de patience... les experts arrivent !]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Bombay

*** PUNE-BOMBAY EN TRAIN

** Nous sommes venu, nous avons vu, nous avons été quasi-vaincu.

* L’Inde est écrasante. C’est un choc. Dès que nous nous aventurons hors de notre hôtel, nous sommes suivi par des mendiants. Nous les repoussons… nous les ignorons… mais ils s’accrochent. Ils semblent gentils… pas du tout menaçants — mais ils sont irritants. On ne peut pas marcher en paix. Une petite fille nous a suivi sur plusieurs rues, sans jamais se lasser. Très mignonne ; nous l’aurions adoptée sur-le-champ, si on nous en avait donné l’occasion.

* Nous avons pris l’avion pour Pune vendredi matin. Pune, située non loin de Bombay, compte environ trois millions d’habitants. La ville est plus ouverte que Bombay, du moins ce que nous en avons vu. Mais elle est tout aussi misérable. Les gens vivent dans des huttes, des tentes, des bâtiments en ruines… et de nouveaux complexes d’appartements flambant neufs. Partout, il y a du monde… peu importe où se porte votre regard, il y a toujours gens. Que font-ils tous, que demandent-ils ? De quoi vivent-ils ?

* Mais lorsqu’on se promène dans les marchés en plein air, on trouve beaucoup de légumes appétissants.

* "Le gouvernement est plutôt en faveur du libre échange", expliqua notre hôte, "mais pas complètement. Il contrôle encore le prix de bon nombre de produits de base : beaucoup de gens désespérément pauvres ne peuvent pas se permettre de payer les prix du marché. Il ne fait pas de doute que la mondialisation a profité aux Indiens les plus éduqués. Mais il n’est pas certain que les pauvres s’en soient mieux tirés. Ils doivent désormais payer des prix plus élevés… et il n’y a pas beaucoup de travail pour eux".

* Bizarrement, les prix du logement et des bureaux ont grimpé, mais il y a peu d’offre disponible.

* "J’aimerais m’agrandir, mais il n’y a pas de vendeurs", nous a-t-on dit. Les promoteurs, par contre, seraient en train d’augmenter les surfaces habitables à un point tel que dans certaines villes, il y a un trop-plein de 10 à 20 ans. Que se passe-t-il ?

* "Je ne sais pas, mais on dirait que les spéculateurs ont forcé les prix à la hausse… même s’il n’y a pas vraiment tant de gens pouvant se permettre de tels tarifs. Je ferais extrêmement attention avant d’acheter quoi que ce soit ici actuellement".

** Au retour, notre vol Pune-Bombay a été annulé, nous avons donc pris le train. Nous étions placé dans un wagon qui aurait dû partir à la retraite il y a 30 ans. Les coussins étaient usés et déchirés. Bon nombre des pièces de métal étaient cassées, et réparées avec une certaine désinvolture. Nous étions en première. Il y avait deux autres classes — dont l’une ressemblait à un wagon de marchandises équipé de sièges en bois.

* Notre wagon était bondé.

* Nous sommes arrivé à notre siège — et l’avons trouvé occupé. Mais nous l’avons abandonné sans regret ; la femme qui y était assise était folle, de toute évidence. Elle marmonnait dans le vide en marathi, le dialecte local. Le couple assis à côté d’elle semblait prendre soin d’elle, et nous remercia de leur laisser la place. Plus tard, ils nous ont offert un fruit.

* En Inde, les gens parlent en général deux ou trois langues. Ils parlent la langue locale — il y a 21 langues officielles. En plus, pour tous se comprendre, ils apprennent l’hindi. Et pour terminer, la plupart des gens encouragent désormais leurs enfants à apprendre l’anglais.

* Lorsque nous sommes enfin arrivé à Bombay, trois heures plus tard, nouveau choc. Il y avait des milliers de gens vivant dans la gare… cuisinant sur les quais… accroupis, en train de dîner… dormant — non sur des bancs, mais à même le béton. Certains des dormeurs semblaient morts. Aussi maigres que les rails eux-mêmes, on aurait dit qu’ils étaient là depuis des semaines. Peut-être étaient-ils vraiment morts ; personne ne semblait s’en rendre compte.

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Comment ça, vous ne connaissez pas encore notre Banquier Central ?

Une erreur à réparer rapidement… parce qu’il aurait pu vous permettre de cumuler 269,16% de gains en 2006 !

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*** La Chronique Agora présente ***

La Chronique Agora présente : 2006 touche à sa fin dans un climat d’incertitude boursière… et tout le monde se demande ce que 2007 nous réservera. Jean Chabru, spécialiste des small caps, n’a pas de boule de cristal — mais il a tout de même quelques éléments de réponse, ci-dessous…

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2007 : UNE NOUVELLE BONNE ANNEE ? – 1ère PARTIE
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Par Jean Chabru (*)

Si l’heure n’est pas encore au bilan en cette fin d’année, je voulais commencer à évoquer les perspectives pour 2007. J’ai, à ce sujet, repéré la semaine dernière dans la presse économique une information qui méritait un éclairage complémentaire. Il s’agit d’un stratège d’une grande société de gestion britannique (Threadneedle) qui a donné son sentiment sur l’évolution potentielle des marchés l’an prochain. D’ordinaire, je ne fais pas grand cas de ce type de prévision, surtout quand il s’agit de prévision de brokers. En revanche, je lui accorde beaucoup plus de crédit lorsque c’est un grand fonds qui gère plus de 100 milliards d’euros.

Force est de constater que le tableau dressé par le stratège de ce fonds paraît plutôt optimiste. Le message peut se résumer ainsi : 2007 sera peut-être une année de moindre progression pour les actions que 2006, mais sera un excellent millésime quand même. Le scénario défendu par le fonds britannique est optimiste pour l’an prochain, anticipant une croissance supérieure à 10% pour les grands indices européens. Alors que les places mondiales ont enchaîné les records ces dernières semaines, que le CAC 40 flirte avec les 5 500 points et le CAC mid&small 90 avec les 7 600 points (proche du plus haut historique de mai 2006), les marchés ont encore du potentiel de progression dans les prochains mois. Parmi les principaux facteurs de soutien : le vaste mouvement de fusions-acquisitions et la trésorerie des entreprises, qui est encore très importante.

Augmentation de 5% à 10% des profits
Cette consolidation des activités en Europe est d’ailleurs l’une des raisons qui conduit Threadneedle à surpondérer légèrement l’Europe devant les Etats-Unis. Autre point mis en avant par le fonds : le fait que le cycle n’est pas fini. Par ailleurs, compte tenu d’un marché du travail moins tendu et de l’entrée de nouveaux pays membres dans l’Union Européenne, il y a moins de pressions sur les coûts salariaux.

D’autant que les actions européennes présentent des valorisations très attractives (avec un ratio cours sur bénéfices de l’ordre de 14 pour 2007) alors que les marges des entreprises restent élevées. Certes, la croissance des profits devrait être moins importante, mais ils devraient continuer d’augmenter d’environ 5% à 10% en Europe en 2007. Et comme vous le savez, les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain. En outre, la confiance revient, comme en témoigne la reprise, ces dernières semaines, des achats de titres étrangers.

La hausse engendre la hausse
Quant à l’environnement macroéconomique, Threadneedle met en avant une relative stabilité en 2007 par rapport à 2005. L’équipe de recherche de la banque britannique table sur une progression de 2% du PIB en Europe l’an prochain (après 2,4% en 2006 et 1,5% en 2005), de 2,75% aux Etats-Unis (après respectivement 3,4% et 3,5%) et de 9% en Asie (après 10% et 9,9%). La forte demande et l’industrialisation de l’Asie ne va pas se terminer dans le moyen terme. Et les entreprises européennes, de plus en plus internationalisées et exposées à l’Asie, vont en bénéficier en premier lieu. Le thème des dépenses d’investissement des entreprises sera majeur en 2007. Et il faut se concentrer sur les clients des sociétés, pour choisir celles qui s’adressent à des clients en forte croissance.

Les pistes de réflexion évoquées par ce grand fonds me semblent relever avant tout du bon sens. Surtout, il est important de souligner que si un fonds comme celui-là, qui brasse beaucoup d’argent, est positif sur l’évolution à court terme des marchés, il va continuer à être actif, continuer sa collecte auprès de clients institutionnels, réinvestir ses profits : la hausse engendre la hausse grâce à l’afflux des capitaux.

En ce qui concerne nos très chères valeurs moyennes, les signaux apparaissent tout aussi bien orientés. Les risques de correction semblent s’éloigner alors que les opérations de fusions et acquisitions devraient tirer les valorisations vers le haut. Moins directement exposée aux fluctuations du dollar, la bonne conjoncture interne à l’Europe, et plus particulièrement en Allemagne, devrait jouer le rôle de locomotive pour la croissance de l’ensemble du Continent.

Il y a encore quelques mois, l’incertitude avait emporté les marchés dans une spirale baissière sur fond de surchauffe de l’économie US et de risque inflationniste. La perspective d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine semblant se confirmer, et un discours de la Fed plus axé sur un statu quo monétaire (à court terme au moins) sont autant d’éléments qui ont été pris favorablement.

Meilleures salutations,

Jean Chabru
Pour la Chronique Agora

(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Stratégie Small Caps, une lettre d’information consacrée uniquement aux petites valeurs. S’appuyant sur l’une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Sa dernière trouvaille pourrait d’ailleurs faire parler d’elle… Pour plus de détails

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