Le Congrès, cette foire aux boniments

Rédigé le 8 septembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le corps législatif américain a été vidé de sa substance par le Deep State. Il ne reste maintenant plus rien du programme de Trump.

Alors que l’ouragan Irma se déchaîne avec les vents les plus violents jamais enregistrés, la fureur de la tempête qui éclate sur Washington s’intensifie également.

« Pour les conservateurs, l’accord conclu par Trump avec les démocrates est un cauchemar devenu réalité », publie le New York Times.

Comme prévu, l’équipe de Trump en charge de l’économie – menée par des démocrates de longue date et les ex-salariés de Goldman, Steve Mnuchin et Gary Cohn – a conclu un accord avec Nancy Pelosi et Chuck Schumer.

Le Deep State a besoin de relever le plafond de la dette presque tout de suite.

Les conservateurs, au Congrès, ont du mal à l’accepter – pas sans garantie que les dépenses et les emprunts seront maîtrisés. Alors les dealers de dette de Trump se sont tournés vers leurs alliés naturels – les démocrates – pour obtenir les votes dont ils avaient besoin.

Inutile de vous dire que Schumer, chef de l’opposition au Sénat et, Pelosi, chef de l’opposition à la Chambre, ne se sont pas embarqués là-dedans sans aucune arrière-pensée.

Ils savent où ils vont. Ils ont des compères à acheter et des zombies à protéger.

Autrement dit, ils ont leurs propres accords gagnant-perdant à conclure.

Mais un accord avec les démocrates adeptes du social-libéralisme menace la solidarité à peine cohérente au sein du parti républicain. « Et nous ? » s’interrogent les conservateurs. « On est quoi ? On compte pour du beurre ? »

Un schisme au sein des conservateurs (GOP)

S’il se produit un schisme entre l’aile traditionnelle conservatrice du GOP et la Maison-Blanche, que restera-t-il du programme de Trump ?

Sa politique étrangère de « l’Amérique d’abord » a été abandonnée. De même que tout espoir de réduire les prestations sociales.

En ce qui concerne les autres services et organismes du gouvernement fédéral, personne ne sait ce qui se passe, y compris ceux qui les dirigent.

La seule chose qui restait encore, hier matin, c’était la réforme fiscale.

Et présent, elle s’est envolée, elle aussi. Il est difficile de réaliser des réformes fiscales majeures, même avec un fort soutien du Congrès : il y a tellement d’intérêts divergents à concilier. Sans une solide discipline au sein du parti, il est impossible de créer le délicat consensus nécessaire à la réforme d’un système fiscal si complexe.

Tout cela s’étale largement dans la presse grand public. Voici, par exemple, ce qu’en dit le New York Times :

C’était le scénario que les partisans les plus conservateurs du président Trump considéraient comme leur pire cauchemar. Or mercredi, il est devenu réalité : ce négociateur, novice en politique, dont l’idéologie et la loyauté ont toujours été interchangeables, a conclu un accord avec les démocrates.Si l’accord conclu par M. Trump avec les deux leaders démocrates, le sénateur Chuck Schumer et Nancy Pelosi, de la Chambre des Représentants, pour augmenter le plafond de la dette et financer le gouvernement pendant trois mois, ne constitue pas encore le point de rupture entre le président et ses principaux soutiens de la droite dure, il pourrait plus que jamais pousser sa fragile coalition politique à se révolter ouvertement.

Et CNN :

« A présent, rien ne s’accomplira entre aujourd’hui et le 15 décembre » a déclaré un conseiller républicain, dans un e-mail adressé à CNN. « Vous croyez que les gens vont voter un budget maintenant ? »

Un empire dégénéré

Vous pouvez trouver ces informations à la télévision. Et dans les journaux.

Ici, à la Chronique, par contre, elles ne sont qu’un prélude. Notre objectif est d’établir des rapprochements plus importants.

Ce qui nous intéresse, ce n’est pas la comédie de bas étage qui se déroule chaque jour à Washington, mais ce qu’elle signifie.

Peu importe ce que pense Trump. Peu importe ce que nous pensons. Peu importe pour qui vous votez. Peu importe qu’un énorme krach soit imminent ou non. Désormais, le train de l’histoire est en marche et il ne va s’arrêter pour personne.

Vous pouvez prendre la date de votre choix, mais pour nous, c’est en 1917 que les roues ont véritablement commencé à tourner.

Il y a 100 ans, exactement, les soldats américains sont arrivés en Europe, au rythme de 10 000 par jour, afin de participer à un combat qui ne les concernait pas.

C’est ce qui a marqué – avec la guerre hispano-américaine et la « Révolution de 1913 » (Réserve fédérale… impôt sur le revenu… élection des sénateurs au suffrage universel direct) – la transformation de l’ancienne République américaine en nouvel Empire américain.

Un empire, ce n’est pas la même chose qu’une république. A mesure qu’un empire se développe et prend de la maturité, tout ce qu’il contient se déforme et se dénature.

Les mots et les formes demeurent les mêmes. Ainsi que les mythes et illusions de l’ère précédente.

Les gens pensent toujours qu’il est important de voter, par exemple, même si le véritable pouvoir s’est déplacé de la multitude des électeurs vers une poignée de membre du Deep State.

Un corps législatif vidé de substance

Dans la Rome antique, le Sénat et les assemblées populaires ont gouverné pendant des centaines d’années. Ils étudiaient les problèmes solennellement et statuaient sérieusement sur les questions qui leur étaient soumises, guidant ainsi la République à travers les guerres, les famines et les rébellions.

Ensuite, après Auguste, le véritable pouvoir s’est déplacé vers l’exécutif. La république a été remplacée par un empire. Personne ne l’a admis et Auguste encore moins que les autres.

Au lieu de se faire appeler « dictateur » ou « empereur », Auguste a fait semblant de remettre le pouvoir au Sénat et s’est fait appeler « Premier Citoyen ».

Mais le changement fut implacable. Les assemblées furent progressivement dissoutes et le Sénat fut utilisé comme tampon-encreur validant toutes les idioties que les empereurs manigançaient.

De nombreux changements ont lieu aux Etats-Unis également : ils affectent le gouvernement, la société, les institutions publiques et l’économie. Aujourd’hui, nous nous concentrons uniquement sur l’un d’entre eux : l’émasculation du corps législatif.

Actuellement, nous assistons à une transformation du Congrès… qui prend une forme grotesque plus conforme à sa véritable fonction. Il ne peut débattre des questions de façon significative. Il ne peut légiférer de façon raisonnable. Il ne peut résoudre les difficultés qui se présentent à lui.

A mesure que l’empire évolue, ses affaires deviennent trop compliquées… trop vastes… trop détaillées pour que les représentants du peuple puissent les traiter. Ils ne peuvent être experts dans tous les domaines, et ils n’ont pas le temps de lire quoi que ce soit, ni même les lois qu’ils font passer.

Ainsi, le corps législatif a de moins en moins de pertinence. Les initiés – sous la houlette des Goldman et des Gendarmes – prennent la main.

La foire aux boniments

Mardi, le président Trump a lancé une grenade sur le Congrès. Pour les représentants du peuple, cela aurait dû être assez facile de la renvoyer d’un coup de batte sur la Maison Blanche.

Avec 8 000 ans d’expérience législative cumulée entre eux, les membres des deux chambres pourraient facilement élaborer une loi mettant fin au statut incertain de quelque 800 000 « Dreamers » (ces enfants entrés illégalement sur le sol américain, à qui Obama a donné le droit temporaire de résider aux Etats-Unis).

Dedans ou dehors. Ce n’est pas forcément compliqué. En quelques heures, ils auraient pu déposer un texte sur le bureau du président, pour qu’il le signe.

Au lieu de cela, ils bredouillent… se marchent sur les pieds en faisant les intéressants… et marmonnent des commentaires incohérents et hors de propos. Ensuite, tout cela leur explose à la tête.

L’époque où le Congrès pouvait étudier avec sagesse toute question législative importante, est révolue depuis longtemps.

Le Congrès est devenu à peine plus qu’une « grande gueule » d’envergure nationale… une foire aux boniments remplie de clowns et d’escrocs, tous animés par un seul véritable objectif : se faire réélire.

Désormais, ce n’est qu’une question de temps.

Combien de temps va-t-il s’écouler avant qu’un Caligula américain nomme son cheval ambassadeur aux Nations-Unies… ou qu’il transforme la Maison Blanche en maison close ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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