Au Congo : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas

Rédigé le 27 février 2017 par | Investissement, Simone Wapler Imprimer

Au Congo pour deux grosses semaines, j’ai décidé, pour une fois, de lâcher un peu la Banque centrale européenne, la Bundesbank, la crise de l’euro et la campagne électorale française…

Ce qu’on voit à Pointe-Noire ce sont les Français, les avions Air France sur le tarmac, des restes d’architecture coloniale des années 1920 à 1960, les grues du port et la voie de chemin de fer, toujours en activité mais entourée d’herbes folles et traversée en permanence par des centaines de piétons ou voitures.

Ce qu’on voit ce sont les lumières des plates-formes offshore sur la mer le soir en allant contempler le coucher du soleil depuis la plage.

On voit des maisons inachevées partout en ville. Au Congo, le crédit pour les particuliers est très peu développé. Quand on gagne de l’argent, on met son épargne dans la construction d’un toit et pas à la banque. L’avancée du chantier se fait donc au rythme de l’argent mis de côté, parpaing par parpaing, brique par brique. Parfois, de plus grands projets à colonnes grecques en béton paraissent abandonnés. Le propriétaire a fait de mauvaises affaires… On reconnaît vite les résidences des employés de Total, ou Technip, regroupés par quartiers.

Positions latentes en portefeuille au 22 février 2017

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On constate rapidement que les euros sont convoités même si le franc CFA est la monnaie qui circule. Le cours officiel est 6,56 francs CFA pour 1 € mais les Congolais vous achèteront vos euros plus chers au marché noir… Avec la baisse du prix du pétrole, le gouvernement est en mal d’argent et les banques ne sont pas dans une santé florissante. Il est imprudent d’y laisser son argent et les virements vers l’étranger prennent de plus en plus de temps. Le dimanche, les femmes sortent leurs bijoux en or pour aller à l’Eglise Notre Dame. [NDLR : Dans la nouvelle crise qui s’annonce, l’or aura un rôle à jouer et vous devriez en posséder, vous aussi. Mais savez-vous vraiment quel or vous devriez acheter ? Ne faites rien sans avoir lu ce livre…]

La vie est chère car tout ce qui est importé est lourdement taxé et la production locale est très limitée. S’il fallait un exemple supplémentaire de l’effet nuisible du protectionnisme, on peut le constater ici. Ces taxes à l’importation n’ont pas stimulé la production locale et elles freinent l’établissement de réseaux de distribution dans le pays. Dans les villes, même le poulet arrive congelé par bateau du Brésil et d’Afrique du Sud. Il n’y a que la main-d’oeuvre qui ne soit pas chère…

Sur les routes et les pistes, les voitures sont japonaises et le taxi est nécessairement une Toyota Corolla increvable peinte en bleu et blanc. Peugeot et Renault ont presque disparu.

Tout cela, c’est ce qu’on voit.

Ce qu’on ne voit pas, ce sont les Chinois. Très discrets, vous les rencontrerez peut-être au marché. Les femmes tiennent les échoppes.

Les Chinois vivent entre eux dans des lotissements qui ressemblent au village romain d’une BD d’Asterix. Ils héritent des contrats de construction de l’aéroport, des routes, et bientôt du nouveau port minéralier.

Prochainement, l’ouverture d’une mine de potasse est prévue à deux dizaines de kilomètres de Pointe Noire, sur la côte et toute proche du futur port minéralier.

Pour le moment on ne voit rien encore…

Ici, bientôt une mine de potasse, sur la gauche un nouveau port…

Ici, bientôt une mine de potasse, sur la gauche un nouveau port...

Ce qu’on voit déjà, en revanche, ce sont les villages d’accueil du futur personnel minier, villages construits par les Chinois sur des terrains appartenant à la famille très proche du président, en bordure de plantations d’eucalyptus.

Partout on voit les signes de la présence de la France – mais surtout ceux du passé — nulle part on ne voit vraiment les signes de la présence des Chinois, sauf au casino et avec quelques enseignes de restaurants. Ils vivent cantonnés entre eux.

Les prix actuels du pétrole (40 $-50 $ le baril) ne sont pas suffisants pour les pétroliers qui auraient besoin de 80 $ le baril. Total et les équipementiers tels que Technip rapatrient du personnel… Les Chinois deviendront-ils visibles ?

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Un commentaire pour “Au Congo : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas”

  1. On voit des maisons inachevées partout en ville

    probablement comme aux antilles française, la raison serait tant que ce n’est pas fini il n’y a pas de taxation à 100%

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