Pourquoi les politiciens détestent-ils le marché ?

Rédigé le 12 novembre 2016 par | Liberalisme Imprimer

« Le marché » est en permanence dénigré par les hommes politiques qui préfèrent vanter leurs prestations délivrées par l’intermédiaire de l’Etat. Pourtant, l’excellence ne devrait pas craindre la concurrence…

Pas un jour ne passe sans que nous entendions un politicien faire le lien entre les malheurs du monde et les excès d’une économie prétendument dérégulée. En Europe, l’idée de marché libre est particulièrement méprisée par la classe politique.

La raison de ce mépris tient à la nature même du commerce. Le marché n’est en effet ni plus ni moins qu’un réseau de coopérations volontaires. D’humbles individus tels que vous et moi qui échangeons des biens, des services et des idées.

Ce réseau se constitue de vastes associations que nous nouons par affinité et par intérêt pour satisfaire nos désirs tout en proposant des solutions aux problèmes rencontrés par nos semblables. Or quand on y réfléchit, c’est précisément ce que prétendent faire les politiciens. Ils affirment eux-aussi être indispensables à notre épanouissement.

Une concurrence féroce entre le gouvernement et le marché

Il existe donc une concurrence féroce entre le gouvernement et le marché. A ceci près que le premier se distingue du second par le fait qu’il fonctionne sur la base de la force et non du consentement supposé régir les relations civilisées.

Autrement dit, le marché est un puissant vecteur d’autonomie de la société vis-à-vis du gouvernement. Et c’est précisément cette autonomie que la classe politique redoute puisque son prestige, son pouvoir et ses privilèges dépendent de sa capacité à nous convaincre de son utilité.

Tout ceci n’est bien entendu qu’un leurre puisque la classe politique ne produit aucune richesse. Elle ne fait que consommer les biens et les services produits par le secteur marchand.

Education, santé, sécurité, protection sociale, finance, monnaie… Il n’existe pas un seul « service public » que nous ne pourrions pas produire nous-mêmes – et de manière plus compétitive – sans ce coûteux « intermédiaire » qu’est l’administration.

Encore faudrait-il que l’on puisse s’affranchir des nombreuses entraves réglementaires et fiscales pour le prouver. Mais la bureaucratie y trouverait-elle seulement un intérêt ? Pas si sûr. Que lui resterait-il autrement ?

Des exemples plus réussis que les prestations ministérielles

Des entreprises comme EasyJet ou Blablacar ont démocratisé le transport de manière plus significative que tous les ministères des transports réunis en Europe.

L’industrie du numérique a favorisé la circulation de la connaissance et de l’information, là encore, de manière beaucoup plus puissante que l’éducation nationale.

Quant aux inventeurs de la Blockchain, leurs contributions pour faciliter les échanges auront un impact plus retentissant que l’action de toutes les banques centrales réunies. [NDRL : Intéressé par les investissements dans les valeurs des nouvelles technologies ? Vous avez raison, c’est la que se trouvent encore de formidables gisements de plus-values. Comment sélectionner les valeurs les plus prometteuses ? Tout est ici.]

Il n’est donc pas difficile de constater que le marché – en dépit des nombreuses entraves qu’il endure – contribue quotidiennement à l’amélioration de notre condition.

D’autant plus qu’il le fait d’une manière beaucoup plus rapide que l’administration qui, elle, se définit essentiellement par son immobilisme et son inefficacité sauf lorsqu’il s’agit de saboter l’économie.

La classe politique n’est donc nullement indispensable pour favoriser notre prospérité. Celle-ci s’obtient au contraire par les gains de productivité générés par la division du travail, l’accumulation de capital ainsi que le progrès technique que permettent l’entrepreneuriat, l’épargne et l’investissement. La classe politique ne joue aucun rôle dans la création de richesses et ne sait faire que la ralentir par son activisme fiscal, réglementaire et monétaire.

Du point de vue du politicien classique, la méfiance vis-à-vis du marché est donc tout à fait rationnelle. Le commerce a toujours constitué un puissant contre-pouvoir au discours et à l’arbitraire des gouvernements.

Il semble en effet que le pouvoir politique s’arrête là où le marché commence. Tâchons donc de reprendre des parts de marché aux politiciens partout où cela est possible.

Mots clé : -

Ferghane Azihari
Ferghane Azihari
Coordinateur pour Students for Liberty

Ferghane Azihari est journaliste et analyste indépendant spécialisé dans les politiques publiques. Membre du réseau European students for Liberty et Young Voices, il collabore régulièrement avec divers médias et think tanks libéraux français et américains pour promouvoir une culture favorable à l’économie du marché. Ses centres d’intérêt portent plus précisément sur les politiques publiques européennes et nationales qui touchent au commerce et à la concurrence.

2 commentaires pour “Pourquoi les politiciens détestent-ils le marché ?”

  1. ENFIN UN RAPPEL OBJECTIF D UNE EVIDENCE DISSIMULEE SOUS LE TAPIS DES PROFITEURS DE L ETAT.

  2. «  » »Tout ceci n’est bien entendu qu’un leurre puisque la classe politique ne produit aucune richesse. Elle ne fait que consommer les biens et les services produits par le secteur marchand. » »

    Oui enfin, le secteur marchand ne produit pas toutes les richesses non plus, il ne fait que ponctionner les matières premières de la terre, donc premièrement le secteur marchand n’a pas la légitimité d’en prétendre la propriété. Ensuite, le secteur marchand ne fait qu’exploiter la main d’œuvre à bas coût pour transformer ces matières premières ….. Quant aux robots, ce ne sont pas les marchands qui les ont inventés, mais les ingénieurs ! Alors les marchands feraient mieux de fermer leurs grandes gueules !

Laissez un commentaire