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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 13 février 2007
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*** Comment éviter les prises de tête avec ceux qui font du crâne
Philippe Béchade a maille à partir avec la maréchaussée parisienne
*** De l’eau au moulin
Les agents immobiliers américains sont sous pression
*** Une théorie générale de la stupidité (2)
Sur les traces de Darwin et Newton…
—————————– (publ.)
La hausse boursière est-elle aussi solide qu’elle en a l’air ?
Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…
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Bonjour,
*** COMMENT EVITER LES PRISES DE TETE AVEC CEUX QUI FONT DU CRANE
** Que s’est il passé à Paris ou sur les autres places européennes en ce lundi 12 février ? Absolument rien qui mérite plus de trois lignes d’explication. Aucune statistique à l’horizon, aucune volatilité sur les marchés, le CAC 40 (-0,7%) a consolidé pendant plus de six heures au sein d’un étroit corridor d’une dizaine de points comme il en a pris l’habitude depuis le 1er février ; la fourchette du jour, c’était 5 650/5 660… et voilà une huitième séance consécutive s’inscrivant dans le canal de 1% d’amplitude délimité par 5 650/5 710.
Le tableau a quelque peu changé en fin de séance, avec une soudaine aggravation des pertes à partir de 15h45 et la rechute du CAC 40 jusque sur 5 625 points. La tendance haussière court terme semble avoir du plomb dans l’aile… mais pas de conclusions hâtives : rebondir au-delà des 5 665 points — après un faux signal baissier, de plus — ne constituerait pas un exploit.
Il est des périodes où gagner de l’argent — en bourse ou dans le cadre de nos activités : professionnelles — s’avère difficile. La dernière quinzaine écoulée en fait manifestement partie : il suffit alors de se montrer patient, puis surtout de ne pas chercher à forcer la main au destin.
** Mais il est arrivé à chacun d’entre nous de subir, un jour ou l’autre, un sort contraire qui s’acharne à nous faire perdre des sommes que nous pensions avoir épargnées en évitant de s’embarquer dans des spéculations hasardeuses et des débauches d’énergie mentale inutile.
Nous allons nous éloigner du strict domaine boursier durant quelques chapitres mais vous verrez que nous ne quittons pas totalement le terrain économique, ni celui — si vaste — des questions d’argent.
Une minuscule mésaventure survenue ce week-end, mais qui s’ajoute à une série assez singulière d’incidents du même acabit depuis mai 2006, m’a néanmoins "interpellé".
Comme la répétition de certaines situations semble à la longue ne plus devoir grand’chose au hasard, il convient d’en tirer certains enseignements. Il s’agit de deux ou trois petites astuces, tirées d’une expérience personnelle que je vous garantis véridique, qui vous permettront peut-être d’économiser quelques sommes d’argent qui pourraient être utilement employées par ailleurs… et de vous épargner un sentiment de légitime contrariété.
Mais avant d’étayer notre démonstration, nous recommandons à ceux de nos lecteurs qui sont allergiques à toute allégation émanant d’une seule source dont la bonne foi ne peut — au mieux — qu’être supposée, de suspendre ici la lecture de cette Chronique et de se reporter directement aux trois derniers paragraphes et à la conclusion.
Si vous êtes amateurs de "jeux de massacre" et que vous postulez que tout ce qui va vous être exposé est parfaitement authentique, passez également votre chemin car vous resterez sur votre faim : les lignes qui vont suivre se revendiquent comme un simple témoignage citoyen et j’ai veillé à ce que cet exercice ne se transforme pas en une pluie de sarcasmes contre "certaines catégories de fonctionnaires assermentés".
Je tiens à confesser qu’avant de commencer à rédiger, je suis effectivement passé en quelques heures par un stade très voisin de la révolte (qui était sous-jacente depuis quelques mois)… puis par celui de la perplexité… avant d’évoluer vers l’établissements de parallèles dont je ne vous garantit pas l’absolue pertinence mais qui, je l’espère, vous divertiront.
** Dans un souci d’équité, et afin de dépassionner par avance le débat, je voudrais commencer d’abord par remercier les gendarmes qui ont tiré mon père — victime d’un évanouissement sur une autoroute de la région rennaise en 2002 — de la carcasse de son véhicule, lequel s’était renversé sur le bas-côté, bloquant la porte côté conducteur.
Remercier également l’agent municipal qui règle chaque matin la circulation à proximité de l’école de mon fils et assure la dépose des enfants dans des conditions de sécurité optimales.
Remercier la patrouille de police qui nous avait spontanément raccompagnés, mon épouse et moi-même, jusqu’à notre domicile un soir de juin 2005, après que notre véhicule ait été violemment percuté à l’arrière par un conducteur, épuisé par sa journée de travail, et qui avait été surpris par la panne de l’éclairage public dans la zone de l’accident.
** Par contre, nous ne remercions pas les deux gendarmes qui nous ont arrêté samedi après-midi vers 15h sur les quais de Seine — lesquels étaient pratiquement déserts — et m’ont verbalisé pour une absence totalement imaginaire de clignotant alors que je me rabattais sur la file de droite (une infraction que Dominique Perben qualifie de "minime mais qui doit également être sanctionnée", et il va tout de même m’en coûter pas moins de 90 euros !).
L’anecdote serait d’une affligeante banalité si je ne précisais pas que les deux fonctionnaires se sont absentés pendant pas moins de dix minutes pour "vérification des papiers" — j’ignorais alors totalement le motif de notre immobilisation.
Lorsqu’ils sont ressortis de leur véhicule, ce fut pour me tendre un PV pour défaut de clignotant, sans en préciser un seul instant les circonstances : je lui fit observer que j’était parfaitement certain de l’avoir actionné en me rabattant sur la file de droite. Début d’explications embarrassées : "on vous a d’abord vu effectuer un dépassement sans clignotant". Son collègue l’interrompt : "estimez-vous heureux, car on aurait pu vous verbaliser deux fois !". Archifaux — je n’avais pas déboîté puisque je circulais sur la file de gauche depuis 500 mètres. Nouvel embarras des deux fonctionnaires, qui retrouvent soudain leur assurance : "de toute façon, vous n’avez pas mis votre clignotant au moment de l’interpellation ».
Réplique stupide ma part : "mais vous m’avez initialement juste fait signe de ralentir… c’est seulement arrivé à votre hauteur que vous m’avez intimé l’ordre de me ranger à droite sur ce parking". Je venais d’épuiser bêtement son capital patience : la scène s’achève sur un classique "vous n’avez qu’à contester l’infraction (…) et maintenant circulez, sinon je rédige le second PV et vous en reprenez pour 10 minutes". Cette dernière menace a eu raison de mes velléités de protestations ! Bilan — conducteur : zéro infraction… Trésor Public : 90 euros.
** Second incident, plus choquant, survenu le 24 mai 2006, à 50 mètres des bureaux parisiens d’un proche partenaire de la Chronique Agora chez qui j’avais rendez-vous. Chevauchant ma moto à vitesse modérée, je m’engage sur la place de la Madeleine et franchit le dernier feu jalonnant mon parcours. Je le vois passer à l’orange du coin de l’œil, tandis que je suis dépassé quelques instants plus tard par une volée de scooters et de motos lancés à vive allure. Deux fonctionnaires de police, postés sur la droite de la chaussée, pointent du doigt avec autorité l’un des scooters… qui fait un crochet pour les éviter, remet les gaz et s’échappe par la gauche en direction de St. Lazare.
Les poissons les plus intéressants viennent de leur filer entre les doigts… mais ils vont ne vont pas tarder à se rattraper : je suis déjà en train de me garer lorsqu’ils m’aperçoivent et m’offrent un concert de sifflet à roulette. Je m’immobilise et pressens que "mon compte va être bon". Je suis invité à présenter sur le champ mes papiers sur un ton particulièrement hostile (excusez cette pointe de subjectivité, mais j’essaie de traduire le plus fidèlement mon "ressenti" du moment).
Je dois alors patienter pas loin de cinq minutes avant que ne tombe le verdict : non respect d’un feu rouge, excès de vitesse et conduite dangereuse. En bonus : demande de retrait de trois ou quatre points du permis de conduire.
Je suis estomaqué, bien que m’attendant au pire : ma première erreur fut effectivement de desserrer les dents pour leur lancer : "je me doutais que cela vous avait énervé, les jeunes qui vous sont passés sous le nez… je vous ai vus venir gros comme l’Arc de Triomphe" (ce furent mes paroles exactes… puisque j’avais eu tout le temps de les préparer ! Ma remarque fit mouche, car au lieu débattre de la réalité de l’infraction qu’ils me reprochaient, l’un des deux fonctionnaires passa immédiatement à la tentative d’intimidation.
Les mots — et les gestes — sont restés gravés dans ma mémoire : "taisez-vous immédiatement (je ressentis alors une forte pression de son index sur ma poitrine) sinon j’appelle les collègues pour un alcootest, je confisque votre permis et je fais enlever votre véhicule". Et je me tus en effet… "sobrement" — bien que l’idée de le mettre au défi de détecter la moindre molécule d’alcool dans mes poumons m’ait traversé l’esprit.
Son collègue regardait la scène un peu médusé ; je m’aperçus alors que c’était un stagiaire — et c’est à ce moment que je crus commencer à comprendre la "brutalité" de tout ce qui m’arrivait. Le stagiaire, d’après certaines remarques entendues par bribes pendant la rédaction du PV, était resté trop sur la droite lors de la tentative avortée d’interpellation des véhicules fautifs, favorisant leur fuite. Son binôme lui administrait à présent une démonstration d’efficacité pour rattraper le coup… histoire peut être d’"impressionner le jeunot".
Avec un peu de recul, je me suis demandé si le policier qui jouait le rôle du méchant n’en avait pas davantage après son collègue que contre moi-même. J’ai écrit plusieurs lettres de contestation, mais faute de deux témoins (c’est la loi) pour me disculper, j’attends de passer en jugement pour une faute que je n’ai pas commise. Bilan — conducteur : zéro infraction… Préfecture : trois points de permis + l’amende, qui devrait être salée.
** Troisième incident, le lendemain même du précédent (si, si !) ! Lieu, toujours Paris mais sur le quai Louis Blériot, juste avant d’emprunter la voie expresse sur berges en direction du Trocadéro. Un des emplacements de contrôle radar préférés de la brigade routière dans le 16ème arrondissement (emplacement idéal, trois voies à sens unique, aucune intersection, vitesse limitée à 50, beaucoup de place pour procéder aux contrôle : le piège parfait !).
Sauf que j’y passe en moto tous les matins pour aller travailler depuis huit ans… et que je connais ce spot par cœur. Je modère — hypocritement, je le confesse — ma vitesse chaque fois que je circule dans cette zone. Le "contrôle surprise" est bien en place ce matin du 25 avril : je le constate d’autant plus facilement que je suis arrêté au dernier feu précédant l’accès aux voies sur berge.
Je démarre et stabilise ma vitesse à 50/55km/h ; les autres conducteurs aperçoivent également les "lunettes" au loin et ralentissent. Nous avançons à trois de front, mais je commets une erreur fatale : par excès de confiance, peut-être par défi après ma mésaventure de la veille, j’omets de me rabattre et de me "cacher" derrière un autre véhicule. Je reste dans la file de gauche, c’est-à-dire du côté où ont lieu les interpellation, et un fonctionnaire, qui avait depuis longtemps quitté sa lunette de visée laser, me désigne et me fait signe de m’arrêter.
Il s’empare de mes papiers, mais évite d’abord soigneusement de dévoiler l’infraction qui m’est reprochée et me laisse mariner plus de cinq minutes. J’eus largement le temps de gamberger et de laisser mûrir un sinistre pressentiment : l’agent n’a pas pu m’arrêter pour un excès de vitesse… il va donc m’annoncer qu’il m’a "vu" démarrer avant que le feu passe au vert… ou quelque chose de ce genre.
L’agent ressort de son estafette avec un PV à la main, et m’annonce que mon interpellation est motivée par un "grand excès de vitesse", c’est-à-dire plus de 50% au-dessus de la vitesse autorisée — ce qui pouvait me valoir un retrait immédiat du permis et l’immobilisation de ma moto.
Je m’attends alors à un score voisin de 75 km/h mais on m’annonce 83 km/h : eh oui, pour des raisons de minoration technique de 8% ou 10% par rapport à la vitesse observée, il fallait bien que je roule précisément à 83 km/h pour écoper du maximum de sanction pécuniaire et de retraits de points de permis devant un tribunal — des tribunaux ou quasiment personne n’est jamais jugé innocent et où l’intégrité des fonctionnaires rédigeant les PV n’est jamais miss en cause. Seul le vice de forme peut sauver le plaignant qui aurait l’outrecuidance de contester l’infraction.
Je lui précisai alors que la vitesse qu’il m’imputait était surréaliste, et que, constatant la présence d’un radar, je n’avais jamais dépassé les 50. Sa réponse fut tout aussi surréaliste que mon dépassement de 50% : "avec votre gros cube, vous avez peut être même atteint les 100 km/h après que j’ai quitté ma lunette, puis vous avez effectivement freiné lorsque vous avez aperçu le contrôle. A ce propos, votre carte grise ne colle pas : je connais bien les bécanes, et vous vous êtes fait enregistrer pour 125 cm3 alors que votre bicylindre, c’est au moins un 400 !" Sauf que ma moto est bel et bien un 125 cm3… et qu’il lui faut au minimum 250 mètres pour atteindre les 80 km/h — vitesse que j’aurais, selon lui, dépassée au bout de moins d’une centaine de mètres.
Un de ses collègues appelé à estimer la cylindrée de ma moto — dans l’espoir de pouvoir me coller un second PV pour usage de faux papiers — confirmera que je pilotais bien un Varadero 125 cm3. Je sautai donc sur l’occasion : "expliquez à votre confrère que dépasser ne serait-ce que les 60 km/h au bout de 100 mètres est très au-delà des capacités mécaniques de ma machine".
Réponse : "ce n’est pas moi qui vous ai contrôlé, et si vous souhaitez contester (et comment !) l’infraction, vous trouverez l’adresse au dos du volet n°1. Allez-y, cela ne sert à rien de discuter, on ne peut pas annuler un PV après sa rédaction, reprenez vos papiers et circulez". J’attends toujours une réponse pour mon second recours, le premier ayant été rejeté sans la moindre référence aux arguments que je viens de vous narrer.
Bilan : zéro infraction pour le conducteur… mais potentiellement trois à quatre points de permis en moins (voire une période de retrait si le magistrat instructeur n’aime pas les fortes têtes) et une juteuse amende de plusieurs centaines d’euros pour le Trésor Public.
En l’espace de 24 heures, les 24 et 25 mai 2006, je pense avoir eu mes chances pour l’épreuve du "combiné" des deux PV les plus honteusement mensongers délivrés dans la capitale — mais je crois que le plus consternant, tant sur le fond que sur la forme, reste celui du "clignotant" à 90 euros du samedi 10 février 2006.
J’aimerais beaucoup être une petite souris pour assister au dialogue entre des agents verbalisateurs apparemment soucieux de trop bien faire et un haut gradé en civil qui se laisserait interpeller, sans dévoiler immédiatement son identité, dans des circonstances telles que décrites dans les chapitres précédents.
** Pour ma part, je m’interroge naturellement sur le montant financier de contraventions plus ou moins imaginaires que nos concitoyens doivent acquitter chaque année — une forme d’impôt sur la malchance d’avoir circulé au mauvais endroit et au mauvais moment. Cependant, je m’interroge plus encore sur le manque de moyens déployés pour verbaliser les conduites réellement dangereuses et autres incivilités au volant. Quel degré de frustration cela peut il engendrer chez certains fonctionnaires ?
D’où peut-être la tentation — lorsque le ministre de tutelle déclenche une "opération coup de poing" contre la délinquance routière, ou une semaine de tolérance zéro — de rédiger au moins une fois dans la journée ce genre de PV qui cloue les vrais énergumènes… même lorsque, par malchance, aucun chauffard digne de ce nom ne s’est présenté après une heure de présence à un point de contrôle.
La noble mission consistant à sauver des vies et à démontrer son efficacité répressive peut éventuellement justifier quelques petits excès de zèle : cela s’appelle "faire du crâne" ou "faire du bâton" dans le jargon des fonctionnaires de police.
Ce n’est naturellement qu’une supposition… et vous êtes parfaitement en droit de supposer que je joue simplement de malchance, ou que je vous ai dissimulé une attitude provocante ou arrogante lors des interpellations –suscitant une sévérité implacable –.
Détrompez-vous : je fais profil bas lors des contrôles. Plus globalement, j’ai en fait beaucoup de chance d’échapper plusieurs fois par semaine à des accidents résultant de fautes de conduites impardonnables, voire de véritables "agressions" dénoncées par les ligues contre la violence routière et les ministres des transports successifs, quelle que soit leur couleur politique.
Mais pour l’interpellation de quelques véritables criminels du volant, combien de centaines de milliers de PV éminemment contestables qui ternissent l’image des forces de l’ordre… mais remplissent opportunément les caisses de l’Etat ? Plus de 80% des radars fixes — qui ont généré 250 millions d’euros de recettes en 2006 — sanctionnent des excès ne dépassant pas 10% de la vitesse autorisée, sur des portions de route ne présentant aucune caractéristique dangereuse.
Les voies de recours sont pratiquement inexistantes, et les interpellations arbitraires jouissent dans les faits d’une impunité totale. Il est inutile de gaspiller son temps et son énergie mentale à contester : les chances de démontrer sa bonne foi — ce qui implique symétriquement un désaveu des personnels assermentés — sont quasi nulles.
** Pour nous qui investissons en bourse, il y a de bons jours et de mauvais jours. Perdre 90 euros ou 135 euros (voire beaucoup plus) en quelques minutes est monnaie courante, et cela ne suscite pas de sentiment de révolte. En revanche, si l’intermédiaire boursier nous impute une opération perdante liée à une erreur de saisie, nous en concevons sur le coup un certain agacement. Un simple courrier suffit généralement à ce que tout rentre dans l’ordre !
Conduire un véhicule lors d’une période "zéro tolérance" annoncée à grand renfort médiatique s’apparente finalement à une sorte de jeu qui comporte par définition — et tout comme pour l’investissement en bourse — une part d’aléas.
La seule différence — de taille — c’est qu’en cas d’opérations perdantes erronées, vous ne serez pas re-crédité par le Trésor Public… et vos points de permis ne vous seront pas restitués par la Préfecture.
Quels enseignements en tirer ? Mon propos n’est pas de stigmatiser la police ou la gendarmerie mais plutôt d’indiquer quelques astuces pour minimiser le risque intrinsèque auquel s’expose un conducteur du type "père de famille" lors de certaines périodes critiques.
Tout d’abord — c’est du simple bon sens –, ne pas commettre le moindre excès de vitesse… Si vous êtes vraiment pressé ou que ne pouvez pas rouler les yeux rivés en permanence sur votre compteur, ne jamais vous mettre en première ligne : glissez-vous derrière un véhicule plus rapide et laissez le prendre le faisceau du radar à votre place.
Rouler le moins possible aux heures creuses et/ou durant les périodes de congés scolaires : ceci augmente votre risque de constituer le seul gibier exploitable — plus l’impatience de verbaliser grandit, plus le PV sera salé, je viens d’en faire l’amère expérience).
Une fois encore, sur une portion de route quasi déserte… ne prenez pas le risque d’être visible. Restez sagement derrière un autre véhicule, même s’il roule comme un escargot.
Le respect de ces règles toutes simples auraient pu m’éviter au moins deux PV sur les trois que je vous ai relatés.
** En 28 ans de conduite, je n’ai en définitive été victime qu’à deux reprises de la mauvaise foi totale d’un fonctionnaire assermenté… et je dois peut-être au seul caprice d’un malheureux hasard d’avoir été sanctionné pour un excès de vitesse parfaitement imaginaire le lendemain même d’un PV pour le non-respect fictif d’un feu rouge !
A moins que, à moins que… mais non, je me refuse à insinuer que le risque quasi-nul de répression des abus de pouvoir et une guerre déclarée de la Mairie de Paris à l’encontre les automobilistes dans la capitale engendre depuis environ un an une "perte d’objectivité" de la part de certains personnels qui veillent avec zèle sur nos conditions de circulation.
Par contre, je peux bien vous l’avouer à présent : je déteste l’arbitraire et les pertes d’argent injustifiées (ah bon… vous l’aviez deviné dès le troisième paragraphe ?). Je crains que cela n’ait rien de très original à notre époque… mais les temps, contrairement aux cours de bourse depuis huit jours, sont peut-être en train de changer.
Nous ne voulons pas jouer les oiseaux de mauvais augure… mais ne pas se faire plumer — quel que soit le domaine d’activité humaine au sein duquel de l’argent rentre en jeu — va devenir beaucoup plus difficile. Rassurez-vous, nous continuons de veiller au grain !
PS : Certaines de mes relations que j’avais mises au courant de mes mésaventures m’ont gentiment proposé d’intervenir pour faire "sauter" ce genre de contraventions douteuses… Je n’ai pas encore donné suite, car je répugne à user de procédés que beaucoup jugent abusifs pour obtenir simplement que mon bon droit cesse d’être bafoué.
Je suis très réservé sur la question de l’amnistie, car elle constitue en quelque sorte une seconde couche d’arbitraire — laquelle permet dans certains cas de faire disparaître des infractions imaginaires ou des peines excessivement sévères en regard de la faute commise… et dans d’autres cas — beaucoup plus nombreux — de soustraire des "fous du volant" à une pénalité amplement méritée.
J’ai néanmoins une pensée pour ceux que 90 euros ou 135 euros en moins dans le budget mensuel plongent dans des difficultés insondables… et ces citoyens-là ont rarement dans leur relationnel une bonne âme pour faire "sauter" leurs PV.
Philippe Béchade,
Paris
NDLR : Retrouvez Philippe Béchade dès 15h45 au 0899 707 009* avec une analyse approfondie de la séance en cours — conditions boursières du moment, commentaire des principaux chiffres, suivi de notre portefeuille et recommandation du jour : vous aurez tout le nécessaire pour réagir aux conditions de marché, quelles qu’elles soient.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** DE L’EAU AU MOULIN
** Le grand moulin de la vie continue de moudre son grain… parfois extrêmement lentement, mais toujours extrêmement fin.
* Aujourd’hui, il moud les agents immobiliers et les prêteurs sub-prime. Les pauvres prêteurs doivent reprendre les hypothèques qu’ils ont accordées. Nous avons été réellement choqué. Choqué ! Imaginez… vous êtes assez gentil pour prêter aux gens… on pourrait penser qu’ils auraient l’amabilité de vous rembourser.
* Mais les emprunteurs n’ont pas d’argent. Les malheureux. Ils voudraient probablement rembourser — mais comment peuvent-ils y parvenir ?
* Et voilà que toutes leurs formules de prêts à taux variables sont réajustées — à la hausse. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1 000 milliards de dollars de prêts immobiliers passeront à des remboursements plus élevés ces 12 prochains mois. Et où sont les gentils prêteurs, actuellement ? Ils rangent leurs portefeuilles et referment leurs dossiers. Ou bien, quand ils prêtent encore, ils demandent à leurs clients leurs feuilles d’imposition !
* Que peuvent faire les propriétaires ? S’ils ne peuvent pas payer ? Et s’ils ne peuvent pas refinancer ?
* Nous n’en savons rien… mais il reste encore quelques tours au moulin. Il sera intéressant de voir qui finira écrasé… et comment.
* Actuellement, les agents immobiliers semblent sous pression. Les prix de vente n’ont pas beaucoup chuté — du moins pas dans la majeure partie des Etats-Unis. Mais les volumes de transactions ont tant diminué que les agents ont du mal à joindre les deux bouts. Apparemment, bon nombre d’entre eux envisagent de se reconvertir et de devenir serveurs, voiturier ou gestionnaire de hedge fund.
** En fait, la semaine dernière, nous avons rencontré un vieil ami. En fait, il s’agit d’un jeune homme qui a vu où se trouvait l’argent, et qui a décidé d’aller le chercher. Il a lancé sa propre affaire d’investissement — quasiment sans ressources, sans contacts, sans investisseurs, sans formation, sans rien.
* "Comment ça va ?" avons-nous voulu savoir.
* "Eh bien… petit à petit, on se débrouille. La clé, c’est de maintenir les dépenses au plus bas et d’obtenir de bons rendements. L’an dernier, mon petit fonds a obtenu un gain de 40%. Alors quand je demande aux gens d’investir de l’argent, ils sont intéressés, à présent. En plus, je ne demande aucun pourcentage du capital, juste un pourcentage sur la performance. S’ils ne gagnent rien, je ne gagne rien".
* "Et comment avez-vous fait pour obtenir cette performance de 40% l’an dernier ?"
* "Simple : j’ai investi dans des valeurs aurifères".
* Il ne fait aucun doute que les agents immobiliers doivent lorgner le secteur de la finance. Et peut-être même l’or. Le métal jaune a grimpé la semaine dernière. Idem pour le pétrole. Tout cela nous fait penser que ce qui dérange l’économie n’est pas près de s’en aller.
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Ne faites pas de trading…
FAITES DES PROFITS !
Une forme d’investissement bien spécifique permet d’accumuler rapidement et simplement les plus-values.
Elle a déjà permis d’engranger 155% de gains cumulés en à peine deux mois… n’attendez plus pour en profiter ?
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*** La Chronique Agora présente ***
Bill Bonner tente de monter sur les épaules de Darwin et Newton… et aborde le thème principal de sa nouvelle théorie sur l’investissement et l’intelligence — ou l’absence d’intelligence.
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UNE THEORIE GENERALE DE LA STUPIDITE — 2ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Tous les grands penseurs se tiennent sur les épaules des géants qui les ont précédés. Nous ne prétendons pas nous tenir sur les épaules de Darwin ni sur celles de Newton, mais nous pensons leur avoir au moins marché sur les pieds.
Selon une des lois de Newton, la gravité — et bon nombre d’autres choses — diminue du carré de la distance à partir de sa source. En un éclair, nous avons réalisé que cela s’applique également aux bons conseils d’investissements. Plus on s’éloigne des faits, moins on sait ce qui se passe réellement.
Nous avons déjà décrit ce phénomène :
Lorsqu’une personne émet trop de reconnaissances de dettes, les prêteurs sont vite au courant, et ils refusent de traiter avec lui. Lorsqu’une banque émet trop de billets, la rumeur se répand. Les déposants deviennent nerveux. Ils retirent leur argent… et la banque fait faillite. Cela se passait sans arrêt, avant que les banques centrales ne pigent les finesses du secteur bancaire.
De même, lorsqu’un pays dépense plus qu’il ne peut se le permettre, les gens qui détiennent la devise du pays commencent à mal dormir. Ils vendent la devise pour passer à d’autres instruments financiers, ou à l’or. Les taux d’intérêt grimpent… la devise chute. En douceur ou dans la douleur, le problème se résorbe lui-même.
Mais nous vivons dans un monde de devises mondialisées, dénaturées, basées sur la confiance. Les Etats-Unis émettent des dollars, qui sont une forme de reconnaissance de dette. Personne ne sait exactement combien vaut un dollar… mais cela n’empêche pas d’autres banques centrales d’essayer de suivre le rythme. Elles émettent plus de devises aussi. Ensuite, les as de la finance du monde entier émettent leur propre crédit — des reconnaissances sur les reconnaissances — soutenu par des dettes, elles-mêmes soutenues par des dettes, elles-mêmes soutenues par encore plus de dettes. Et à présent, le pauvre investisseur — professionnel ou amateur — est à des années-lumière des faits ; il ne sait pas quoi en penser. Les Etats-Unis peuvent-ils faire faillite, se demande-t-il ? Si oui, comment se fait-il qu’ils n’aient pas déjà lâché prise ? Personne d’entre nous n’en a la moindre idée. Nous ne savons pas combien de dollars se trouvent sur terre… quand ils en partiront… ou combien chacun d’entre eux devrait valoir.
Des fortunes entières sont mises en danger. Des paris valant plusieurs milliards de dollars sont engagés. Des milliers de milliards de billets verts flottent sur une mer de liquidité. Et personne ne sait vraiment ce qui vaut quoi… ou quand cela pourrait cesser de valoir quoi que ce soit.
Comment est-ce possible ?
Et là, nous nous tournons vers Darwin et la table familiale pour un peu d’aide.
"Il serait logique que certains groupes soient plus intelligents que d’autres", a déclaré notre épouse. "Des environnements différents peuvent poser des défis différents. Les environnements difficiles peuvent exiger plus d’intelligence, pour survivre. Au fil du temps, les membres les moins futés du groupe sont éliminés. Il devrait en résulter une intelligence plus élevée pour le groupe tout entier".
Nous n’avons pas remarqué que les gens vivant dans des endroits où le climat est particulièrement misérable soient extraordinairement brillants. Ni les Eskimos, les Indiens de la Terre de Feu ou les highlanders écossais ne gagnent régulièrement des championnats d’échec ou des prix Nobel. Mais l’idée était intrigante. Une plus grande intelligence semble être un avantage. On pourrait donc penser que les animaux, où qu’ils soient, seraient devenus plus intelligents au cours du temps. Mais où se trouve le cochon avec un Q.I. de plus de 140 ? Où est le perroquet capable de décliner un verbe latin ? Ou une baleine pouvant écrire des sonnets ?
Nous en continuerons la quête dès demain…
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes
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