Comment le dollar et la dette ont tout changé

Rédigé le 22 février 2016 par | Defaut américain, Epargne Imprimer

▪ Nous sommes en quête de clairvoyance. Chaque fois que nous pensons avoir compris la situation… comme l’ombre d’un fantôme sur une vieille photo… elle nous échappe.

Il s’agit de la nature réelle de notre système monétaire… et ce qui ne va pas chez lui.

Aujourd’hui, nous faisons un rappel pour nos nouveaux lecteurs… et tentons de détecter la faille qui a condamné notre économie.

Commençons par une question…

▪ Qu’est-ce qui a mal tourné ? Après l’invention du moteur à explosion, les gens en Europe… puis aux Etats-Unis… se sont enrichis quasiment année après année.

Les bénéfices grimpèrent. La richesse augmenta. Puis, dans les années 70, après deux siècles, l’Occident cessa de progresser.

Pas une personne sur 1 000 ne le réalise, mais la devise américaine a changé le 15 août 1971

Il y avait plus de diplômés que jamais… plus de chercheurs… plus d’ingénieurs… plus de capitaux… plus de connaissance… plus de prix Nobel… plus de machines… plus d’usines… plus de brevets… sans compter l’invention d’Internet… Et pourtant, en tenant compte de l’inflation, l’homme américain moyen ne gagne pas plus en 2015 qu’il y a 40 ans.

Pourquoi ? Qu’est-ce qui a mal tourné ?

Personne ne le sait — mais nous avons une hypothèse.

Pas une personne sur 1 000 ne le réalise, mais la devise américaine a changé le 15 août 1971. Après cette date, même les gouvernements étrangers étaient dans l’incapacité d’échanger leurs dollars contre de l’or à taux fixe.

Le dollar avait la même apparence. Il agissait de la même manière. On pouvait encore l’utiliser pour acheter de l’alcool et des cigarettes.

Mais c’était une monnaie défectueuse. Et elle a changé l’économie mondiale tout entière de manière fondamentale… qui commence tout juste à se faire sentir.

▪ De l’argent honnête L’Ancien testament nous dit que Dieu a chassé Adam et Eve du jardin d’Eden avec ces mots : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ».

La devise n’a pas à être « forte » ou « faible », chère ou bon marché. Mais elle doit être honnête — sans quoi tout le système bascule dans le fossé

Il faut donc travailler… pour gagner de l’argent… pour ensuite acheter du pain. On peut aussi prêter cet argent. Ou l’investir.

Toute forme de devise réelle est donc une compensation — en l’échange de travail, de prise de risque, d’accumulation de connaissances et de capitaux.

L’argent, c’est de l’information. Il nous dit quelle récompense nous avons gagnée… combien coûtent les choses… combien de profit, combien de pertes, combien vaut une chose… combien nous avons épargné, combien nous avons dépensé, combien il nous faut et combien nous avons.

La devise n’a pas à être « forte » ou « faible », chère ou bon marché. Mais elle doit être honnête — sans quoi tout le système bascule dans le fossé.

Sauf que ce nouveau dollar était factice. Il mettait la charrue avant les boeufs. C’était de l’argent gagné sans avoir versé la moindre goutte de sueur. Il était basé sur le crédit — l’anticipation de travail, non du travail déjà accompli.

L’argent ne représentait plus la richesse. Il représentait désormais l’anti-richesse : la dette. L’économie cessa donc de produire de la richesse réelle.

La Fed pouvait créer de l’argent que personne ne gagnait ni n’épargnait jamais. Ce n’était plus qu’une contrefaçon.

C’est ainsi que l’effort et la récompense ont été séparés. Le travailleur devait toujours trimer. Mais c’était désormais le banquier, le joueur, le spéculateur, le prêteur, le financier, le politicien ou l’initié qui gagnait l’argent.

Et la nature de l’économie changea. Au lieu de récompenser l’économie réelle productive, elle récompensait les insiders… et le secteur financier.

Les penthouses de Manhattan et les résidences secondaires des Hamptons changèrent de propriétaires. Disparus, les rejetons des usines de Detroit et les titans du commerce new-yorkais. Partis, les gens qui avaient augmenté la richesse de la nation.

A leur place se trouvaient les brasseurs d’argent de Wall Street… ceux qui faisaient circuler la devise… la prenant aux gens qui la gagnaient pour la donner à l’industrie financière, aux prêteurs, aux initiés et au Deep State.

Ce processus est mal compris. On pense que l’avidité de l’industrie financière et la déréglementation ont causé le changement. Mais la finance a toujours été aussi avide… et la réglementation a radicalement augmenté sur la même période.

Ce n’est pas la nature humaine qui avait évolué : c’est la devise. Et cela a tout changé.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

11 commentaires pour “Comment le dollar et la dette ont tout changé”

  1. Excellent article. Concernant votre citation de la Bible, j’ajouterai que le prêt à intérêt y est formellement interdit par Dieu et pas uniquement vis-à-vis de ses frères, contrairement à la falsification évidente des docteurs Juifs du Talmud.
    Le problème de notre monde actuel c’est le prêt à intérêt, que son taux soit positif, usuraire ou… même négatif!

  2. Petite erreur de date : c’est le 15 août 1971 et non le 15 août 1975 que Nixon a décidé d’arrêter la convertibilité de devises en or.

  3. Coquille dans votre texte Bill: 15 août 1971 , non 1975

  4. Bonjour et merci pour votre vigilance. C’est corrigé

  5. Bonjour
    L’article est juste. Mais laissez de côté les conneries réligieuses. Si dieu existait on n’aurait pas besoin de croire en lui.

  6. J’apprécie tous les articles de Bill Bonner, mais celui-ci, je vais l’imprimer pour le faire lire à des amis. Excellente démonstration! Après avoir récompensé pendant des siècles le travail, la richesse est engrangée maintenant par les joueurs, banquiers et autres qui manipulent de l’argent fictif, comme écrit Bill  » les brasseurs d’argent ». Merci pour la clarté de cette analyse.

  7. Si l’intérêt est prohibé par la bible. Que dit elle de l’intérêt négatif et de l’inflation? Que dit elle des impôts et autres taxes et redevances?

  8. Pour moi, il est clair que le crédit illimité équivaut à de la fausse monnaie. Hors on sait que, de tout temps, les gouvernants, qu’ils soient Rois, tyrans ou démocrates, en cas de guerre ou de crise n’ont jamais hésité à manipuler leur monnaie dans le noble but de « passer le cap »sans perdre le pouvoir. Et tant pis si le Peuple s’appauvrit ! On voit bien que c’est le cas actuellement, conséquence inéluctable des manipulations monétaires.Et comme de juste, on accuse les lampistes-financiers, ceux qu’on a chargé des « basses oeuvres ». Je me pose juste la question du Timing. Pourquoi Août 1975 ? Entre les 2 chocs pétroliers. Et quels changements socio-économiques ont pu provoquer ce besoin subit et si urgent de recourir à la fausse monnaie ? Si le but est clair, conserver le pouvoir, il a bien fallu un besoin urgent. Même si sa mise en place fut progressive au début des années 1970 … En tout cas, Bill, l’humanité vous devra beaucoup si vous parvenez à faire graver dans le marbre que des gouvernants n’ont pas le droit de manipuler la monnaie, sous quelque forme que ce soit. Car la monnaie, c’est la richesse du Peuple et tout manipulateur est un voleur !

  9. Envoie de mon phone de Ko Lanta
    Vous excuserez j’espère par avance les fautes d’orthographes car je maîtrise assez mal.
    Je suis depuis longtemps numismate et en plus collectionneur de timbres ( particulièrement de marques postales) depuis ma retraite j’ai pris un statut d’auto entrepreneur et je vends sur le site delcampe le surplus de mes trouvailles , ce qui me permet ayant une petite retraite de financer mes nouvelles acquisitions pour mes collections personnelles.
    Ce préalable pour expliquer que je suis sensible à la hausse des métaux précieux or et argent, au fil du temps mes collections avec ma résidence principale Etant mes seules richesses.
    Je suis un fervent lecteur de la chronique agora, l’économie générale m’intéressant beaucoup. Ce feuilleton qui se déroule jour après jour Etant finalement la vie.
    Actuellement bien que tout indique une catastrophe imminente, je serais plutôt contre l’idée que l’on peut se faire des marchés.
    La premiere des raisons c’est qu’au niveau politique les russes et l’Arabie Saoudite se parlent. Ils se sont rencontrés tres recement pour discuter de la baisse du pétrole pour faire relever les cours. Actuellement presque tout le monde a besoin d’un relèvement des cours. , la plupart des producteurs, et même les Chinois pour solvabiliser leurs clients et maintenir leurs exportations
    Et puis il y a le Peak Oil, bien que les nouvelles technologies permettent d’augmenter les réserves prouvées , mais au rhytme de consomation on a à peine 40 ans de consomation devant soi.
    Les sahoudiens les perseS le savent, ils savent également que de maintenir sous perfusion une population , a cour therme c’est dangereux( voir les printemps arabes)
    Au rhytme actuel de progression des produits pétroliers en Arabie Sahoudite, ce pays si il n’agit pas risque de devenir importateur et presQue sans resource, c’est pour cette raison qu’il y a un projet de construction de centrales solaires pour 100 milliards de dollars.
    Le conflit Syrien va prochainement se stopper cela aboutira probablement à une partition du pays.
    Pour ce qui est dès investissement de bon père de famille je penSe qu’e. France on a de nombreuses petites entreprises ( Start Up , je mets quand même ce therme bien que je le trouve bidon) qui sont spécialisées dans les énergies alternatives, panneaux solaires performants. Hydroliennes, éoliennes, stockage d’énergie.
    Bref contrairement aux idées reçues je pense que le prix du pétrole va remonter très rapidement au dessus de 100 dollars et que les quantités extraites baisseront volontairement, les avancées technologiques permettront dans un avenir proche à ceux qui auront l’audace d’investir de se constituer une rente

  10. Voici ce qui a changé les USA et le monde: le libre échange à tout vent qui est bon juste pour les riches. Vive les achats locaux, c’est ce qui nous sauvera!

    http://or-argent.eu/paul-craig-roberts-la-verite-glacante-sur-les-etats-unis/

    Bonne journée

    Yvon

  11. Monsieur Bill!… Vous êtes sans aucun doute une sommité en lucidité, vous osez dire sans ambages ou plutôt dénoncer ceux qui sont responsables de la situation castrophique où nous sommes, un marécage mal odorant où on risque de s’enfoncer de plus en plus. Nous sommes dans un Monde où les politiciens sont attrapés par la corruption, c’est trop facile de les corompre et être hors la loi, il suffit tout simplement de fabriquer de la fausse monnaie et avoir le statut de monnaie d’échanges et de réserve. C’est certain que vous ne pouvez pas changer le monde néanmoins vous démontrez la réalité à beaucoup qui ne sont pas encore sclérosés par les fausses idées et nous devons de vous en remercier et de vous être très réconnaissant.
    L. Conceicao

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