Cocorico !

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La Cronique Agora
Paris, France
Lundi 23 avril 2007
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*** Dernière ligne droite
Les marchés ne semblent guère affectés par les élections…

*** Trains électriques et loterie ovarienne
Warren Buffett (oui, LE Warren Buffett !) a accordé un entretien à Addison Wiggin…

*** Voyage sans destination
Bill Bonner se demande où il va…

*** Cocorico !
Les dessous du Musée Royal de l’Afrique Centrale  

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Bonjour,

*** DERNIERE LIGNE DROITE

** Et voilà, c’est la dernière ligne droite : les débats télévisés, les petites phrases assassines, les règlements de comptes par presse interposée, la course aux voix, les "je-te-donne-mes-électeurs-si-tu-m’accordes-un-portefeuille" et le duel au sommet…

En attendant, les marchés semblent moins affectés par l’élection présidentielle que la population française. Une nouvelle preuve du fait que pour réussir en matière de bourse, rien de tel qu’un brin de schizophrénie : citoyen ordinaire le jour, investisseur la nuit ?

** Quoi qu’il en soit, la journée de vendredi a été éclatante sur les places mondiales. En l’absence de vilaines rumeurs de la part de la Fed, de statistiques économiques contrariantes et d’accidents géopolitiques majeurs, les marchés se sont concentrés sur les résultats des entreprises, meilleurs qu’espérés pour la plupart. Cela leur a permis de terminer la semaine sur des hausses souvent spectaculaires.

Notre CAC 40 national a ainsi pu s’enorgueillir d’une hausse de 1,88% qui l’a propulsé à 5 938,9 points — dans des volumes considérables : pas moins de 11,1 milliards d’euros ont circulé durant la journée de vendredi. A Londres, pendant ce temps, le Footsie grimpait de 0,87%, tandis qu’à Francfort, le DAX fonçait bille en tête, affichant +1,38% à la clôture.

Sur les marchés américains, on a prolongé la fête, dans le sillage des places européennes. Le Dow Jones en a même profité pour toucher un plus haut historique en séance, à 12 966 points. Le soufflé est un peu retombé, et le Dow a finalement terminé la séance à 12 961,98 points, soit une hausse de 1,20% sur la journée. Le Nasdaq a engrangé 0,84%, à 2 526,39, tandis que le S&P 500 fusait de 0,93%, à 1 484,35 points.

** Que pouvons-nous dire de plus, cher lecteur ? Les marchés ont décidé que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… et qui sommes-nous, finalement, pour décider qu’ils se trompent ? D’un autre côté, nous nous souvenons également qu’il ne faut pas grand’chose pour que les lumpeninvestisseurs changent d’avis. Etant donné les niveaux de volatilité et de spéculation qu’atteignent les marchés en ce moment, la dégringolade pourrait être brutale — et extrêmement douloureuse.

Si vous avez des plus-values latentes, le moment est sans doute bien choisi pour prendre vos bénéfices… ou au moins surveiller vos stops comme du lait sur le feu, pour reprendre l’expression favorite de ma collègue Simone Wapler, de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

Et puisqu’on parle de Simone, j’aimerais attirer votre attention sur un événement de taille : Vos Finances atteint ce mois-ci le joli chiffre tout rond de 100 numéros ! Histoire de célébrer dignement l’événement, un numéro exceptionnel a été élaboré : 20 pages d’analyses "sur mesure", concernant les six valeurs qui font le plus parler d’elles en ce moment parmi nos lecteurs… des conseils exclusifs de Simone Wapler sur deux minières — l’une indispensable à votre portefeuille et l’autre à éviter à tout prix… des avis sur des fonds d’investissement, des petites valeurs et des brokers… des astuces pour mieux investir…

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** Sur les marchés des changes, la bonne humeur était tout aussi perceptible : le dollar a repris un peu de terrain — sans toutefois franchir la barre des 1,36/euro. Poussé par l’euphorie boursière, le billet vert a terminé la séance de vendredi à 1,3606/euro, contre 1,3616 la veille.

Pour ce qui est de l’obligataire, une légère tension s’est faite sentir. Le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est ainsi tendu d’un point de base à 4,67%.

Enfin… discrètement… sans faire trop de bruit… le métal jaune se rapproche de la barre des 700 $. A Londres, l’once a terminé la semaine à 691,40 $ au second fixing, soit 10 $ de mieux que son cours de la veille (à 681,90 $).

** Le pétrole, de son côté, a continué de grimper. Là encore, il est question d’élections présidentielles… mais au Nigéria, cette fois. Le climat est tendu, et des incidents pourraient s’ensuivre et perturber le sacro-saint flot d’or noir. A New York, le baril de WTI a ainsi terminé la semaine à 63,38 $, contre 61,83 $ jeudi en fin de journée.

Françoise Garteiser,
Paris

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Eric Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** TRAINS ELECTRIQUES ET LOTERIE OVARIENNE

** Warren Buffett vient de s’acheter un train ! Pas un petit train électrique à monter en kit en tête-à-tête avec son fils… mais bien un train grandeur nature — le genre qui transporte charbon et maïs de par les vastes prairies américaines.

- Berkshire Hathaway Inc., le fonds de Buffett, a dépensé plus de deux milliards de dollars pour acquérir une part de 10,9% dans la société Burlington Northern Santa Fe Corp. (BNI) — devenant ainsi le plus grand actionnaire de cette compagnie ferroviaire. Berkshire a également acheté quelques parts dans deux autres compagnies ferroviaires.

Pour lire la suite…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Argentine

*** VOYAGE SANS DESTINATION

** Se rendre à notre ranch est une aventure, que nous avons déjà décrite. Au début, tout n’est que sensations — des montagnes, des rivières, de la poussière, des ponts branlants, du brouillard, des rochers, le soleil éclatant… et une route cahoteuse en épingles à cheveux qui semble durer éternellement. Maintenant que nous l’avons prise plusieurs fois, nous commençons à voir le schéma d’ensemble.

* On quitte les terres plates et riches entourant la capitale — Salta –, et on se dirige vers l’ouest. Il faut environ une heure et demie pour atteindre le sommet du piémont andin qui se tient entre la Vallée de Calchaquies et Salta elle-même. On roule ensuite sur de hautes plaines durant une heure et demie à nouveau. On descend ensuite, traversant le désert, et l’on ne tarde pas à voir la vallée verte qui s’ouvre devant. Après trois heures de voyage environ, on atteint la première ville à l’embouchure de la vallée.

* On traverse ensuite la rivière, puis quelques collines supplémentaires, tandis qu’on gravit une autre vallée, à l’ouest. Après une heure environ, cette nouvelle vallée mène à plusieurs domaines viticoles… de là, on se dirige vers les hautes plaines… et c’est là que se trouve le ranch.

* Enfin, on atteint le ranch lui-même — cinq heures après avoir quitté l’aéroport. On sort de la voiture ; on respire profondément afin d’accumuler assez d’oxygène pour se tenir debout — il est difficile de s’habituer à l’altitude : plus de 2 700 mètres. Ensuite, on admire la majesté de l’endroit. On se trouve dans une vallée énorme et très large (il faut presque une heure pour la traverser à cheval)… flanquée de pics escarpés.

* En se retournant… au bas de la vallée où se trouvent les domaines viticoles… on ne peut voir que de grands espaces vides… avec une ligne de montagnes violettes au loin, interrompue en son centre par un sommet enneigé — le Nevada de Cachi. Là… nous sommes plus près des étoiles.

* Sommes-nous aussi plus près des dieux ?

* On a toujours imaginé que les dieux étaient dans des endroits élevés. Les Grecs mettaient leurs divinités sur le Mont Olympe. Les Incas aussi semblaient imaginer que leurs dieux aimaient l’altitude. Lorsqu’ils offraient des enfants en sacrifice, ils les mettaient sur les hauts plateaux désertiques, au nord-ouest du ranch… où ils mouraient de froid et se desséchaient… et où l’on en a découvert quelques-uns il y a des années de ça — bien conservés, durant des centaines d’années, par le climat froid et sec.

* Nous errons donc parmi ces bastions montagneux… à la recherche de quelque chose. Mais quoi ? Nous n’en sommes pas certain. Parfois, cependant, il faut simplement voyager sans destination précise. On n’arrive pas toujours là où on espérait aller… mais on termine souvent là où on devrait être.

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*** La Chronique Agora présente ***

Simone Wapler s’est lancée dans une petite revue de presse… de laquelle il ressort que nos géologues français savent chercher plus vite et moins cher que leurs homologues étrangers. Ca méritait bien un petit cocorico…

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COCORICO !
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Par Simone Wapler (*)

Ceux qui me lisent savent que je n’ai pas l’habitude de pratiquer un patriotisme outrancier. Mais là, je me gonfle d’orgueil et veux vous communiquer mon plaisir chauvin. Nous partageons, avec l’Australie et l’Afrique du Sud, l’apanage d’avoir les explorateurs miniers les plus astucieux du monde.

Ce n’est pas moi qui le dis : c’est le très respectable Wall Street Journal — et à la une, s’il vous plaît (édition américaine du 20 mars dernier).

Nos audacieux explorateurs se sont-ils frottés à des terres vierges, à des climats hostiles, ont-ils combattu d’épouvantables bêtes sauvages, ont-ils pioché à des profondeurs réputées inaccessibles ? Non, justement. Ils ont su éviter toutes ces vicissitudes pour trouver plus vite et en dépensant moins d’argent ce que tous leurs concurrents recherchent. Ils explorent le sous-sol du Musée Royal de l’Afrique Centrale, situé dans une banlieue de Bruxelles.

Cobalt et uranium à Bruxelles
Ce vestige du colonialisme possède en effet des archives extrêmement précieuses. Des cartes précises et des échantillons de roches y sont minutieusement conservés dans son sous-sol. Tout est parfaitement bien documenté par nos amis belges : relevés topographiques, échantillons géologiques, photographies, croquis couvrant la période 1885-1960 et le Congo.

Des ingénieurs civils cherchaient alors des nappes phréatiques, ou du cuivre, ou de l’étain, ou de l’or, ou des choses intéressantes pour l’époque. Mais si au passage, ils tombaient sur quelques bizarreries comme du cobalt ou de l’uranium, ils le consignaient. Une des fiertés du département géologie du musée est d’exposer un bloc d’uranium tiré du gisement qui a fourni la matière fissile des bombes nucléaires américaines qui mirent fin à la seconde Guerre Mondiale.

Des archives qui valent de l’or
Ce qui explique la présence des Français d’Areva. En fait, il est bien plus facile de prospecter en sachant où l’on va, plutôt qu’à l’aventure. Un billet pour Bruxelles et quelques géologues munis d’appareils d’analyse non destructive ne sont rien au regard de coûteuses expéditions. L’idéal pour débroussailler le sujet, en somme.

La recrudescence de visiteurs au Musée Royal de l’Afrique Centrale souligne la pression qui existe actuellement pour trouver rapidement de nouvelles sources de matières premières. De poussiéreuses archives délaissées se transforment désormais en mine d’or.

L’or encore méprisé
Je poursuis sur ma revue de presse et aborde un autre sujet : la perception du métal jaune par les media dans le monde. Ses récentes performances sont largement minimisées sur tous les continents.

Voici un petit florilège de citations traduites au vol :

Vendredi 13 avril, MarketWatch (US)
"L’or a clôturé en hausse de 10,20 $ à New York, proche de son plus haut de l’année. Mais la semaine avait vu le métal jaune rester inerte face à ses facteurs haussiers traditionnels : un dollar affaibli, des métaux en hausse, des facteurs politiques et économiques variés"… Résumé : l’or ne monte pas autant que ce qu’il devrait

Mardi 17 avril, TheStreet.com (US)
"On prête à la Fed l’intention de contenir l’inflation à 2% par an. Tout chiffre inférieur va probablement refroidir la demande d’or que certains investisseurs achètent pour contrebalancer l’érosion due à la montée des prix à la consommation." Résumé : des crétins achètent de l’or à des fins financières

Mercredi 18 avril Reuters (Tokyo)
"L’or a légèrement monté hier… mais le marché est dans un état d’esprit de prise de bénéfices à l’approche du niveau des 700 $." Résumé : l’or monte, mais ça ne devrait pas durer.

Seuil psychologique et seuil intellectuel
Oui, l’or hésite et la barre des 700 $ l’once constitue un seuil psychologique. Seuil psychologique et émotion sont d’ailleurs les deux ressorts des meilleures tragédies écrites par M. le Marché. Pour éviter de se trouver emporter par ses tragédies, mieux vaut avoir recours au seuil intellectuel : il met l’or au dessus de 1 600 $ l’once (pic de 1980 corrigé de l’inflation).

Aucun des fondamentaux qui ont propulsé l’or (parti à moins de 300 $ en 2001) n’a changé. La hausse reste sournoise et n’est pas encore perçue comme ce qu’elle est réellement : la manifestation d’une inflation encore absorbée par les entreprises, encore peu visible par les consommateurs, et non compensée par des taux d’intérêt décents.

Le seuil psychologique ne sera pas 700 $. Il sera bien au-dessus. N’oublions pas : plus la hausse de l’or sera douce, plus le sommet sera élevé. A 700 $, l’or reste une matière première comme une autre. A 1 600 $, il témoignera d’une émission monétaire inconsidérée.

Cette émission de papier-monnaie n’est d’ailleurs pas le monopole des USA et arrêtons de nous gargariser (ou gémir) de l’euro fort. L’euro est moins faible que le dollar, c’est tout.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche aussi sur les ressources naturelles dans L’Edito Matières Premières

[NDLR : Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d'être le plus grand boom du 21ème siècle... Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L'Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider... et n'oubliez pas : c'est entièrement GRATUIT !]

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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