Comment débusquer de la valeur sur des marchés surévalués

Rédigé le 30 mars 2018 par | Indices, marches actions, strategies, Investissement Imprimer

La gestion indicielle ou gestion passive crée des distorsions sur les marchés actions que vous pouvez mettre à profit…

Aussi incroyable que cela paraisse, il existe un grand nombre « d’investisseurs » qui se fichent du prix de ce qu’ils achètent.

Peu leur importent les bénéfices, les dividendes ou quoi que ce soit d’autre. Ils achètent, c’est tout.

Résultat : les marchés actuels sont étranges, avec quantités d’actions adulées et surévaluées et des prix bizarres, déformés.

La preuve ?

Observons par exemple le revenu annuel de Coca-Cola et le cours de son action entre 2012 et 2017 :

Coca-Cola a gagné 31% entre 2012 et 2017 malgré une baisse de son chiffre d'affaires de 24% au cours de cette même période

En 2017, Coca-Cola a enregistré une année supplémentaire de chute de son CA. Mais l’action était encore en hausse. Donc rien n’a changé.

Une entreprise ne peut perpétuellement afficher des chiffres d’affaires et des bénéfices de plus en plus bas et voir le cours de son action continuer à grimper sans cesse. Au final, on obtient des prix absurdes.

Aujourd’hui, je vais vous apprendre qui est le groupe d’investisseurs à l’origine de cette déformation des prix… ainsi qu’une astuce peu connue pour atténuer – ou empêcher – que cette tendance trouve de l’intérêt sur le marché.

La montée en puissance des investisseurs indiciels

Des entreprises comme Coca-Cola peuvent voir le cours de leur action augmenter malgré une chute de leurs bénéfices en raison d’une pratique appelée « indexing« .

Lorsque vous placez de l’argent dans un fonds indiciel répliquant le S&P 500, ou un exchange-traded fund (ETF), ce type de fonds achète toutes les actions comprises dans l’indice dans l’exacte proportion dans laquelle elles y sont représentées.

Les fonds indiciels sont devenus très prisés, puisque les frais sont très faibles et que la plupart des fonds gérés activement n’arrivent pas à battre l’indice.

Prisé, c’est même peu dire. Vanguard Group – l’un des plus gros fournisseurs de fonds indiciels et d’ETF – gère 4 500 milliards de dollars. Oui, vous avez bien lu, il y a bien deux « 0 » après le chiffre 45.

Les 10 meilleurs fonds indiciels affichent 9 200 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Cela correspond à environ un tiers de la valeur des actions négociables dans le S&P 500. L’afflux continue.

Ces afflux créent des déformations, puisque le marché a un acheteur régulier qui envoie un tsunami d’argent vers les fonds indiciels alors qu’il existe un nombre limité de grandes actions.

Peu importe pour les investisseurs indiciels que Coca-Cola soit surévalué. Si l’entreprise se trouve dans l’indice, le fonds indiciel doit l’acheter, un point c’est tout.

Au fil des années, cela a créé des effets bizarres sur le prix de ces grosses actions.

Murray Stahl, directeur des investissements et co-fondateur de Horizon Kinetics, une société d’investissement basée à New York, a fait le travail remarquable de rassembler les preuves de ces distorsions.

Murray appelle les entreprises comme Coca-Cola des « revenue decliners. » En mars 2017, Stahl a averti que Coca-Cola était surévaluée. Il a démontré que le CA et les bénéfices avaient chuté depuis 2012. Pourtant l’action s’est vue attribuer une excellente évaluation.

« Personne ne semble s’inquiéter du fait qu’une boisson gazeuse très calorique comme Coca-Cola perde des parts de marché au profit d’alternatives plus saines, » écrivait-il.

Comment expliquer cela ?

Coca-Cola est une action très appréciée des indices. Le flux d’argent qui entre dans les fonds indiciels donne aux titres comme Coca-Cola beaucoup, beaucoup d’acheteurs automatiques. Pour moi, c’est une des raisons principales de la surévaluation.

Où trouver de la valeur aujourd’hui

Peu de gens savent comment S&P construit son indice : en fait, l’accent est mis sur la capitalisation boursière, calculée avec le flottant.

Le flottant est le nombre d’actions en circulation moins le nombre d’actions détenues par des initiés.

Par conséquent, l’indice surpondère les actions qui ne sont pas détenues en grande partie par des initiés, exemple : Western Union.

Et il sous-pondère les actions fortement détenues par des initiés, exemple : Berkshire Hathaway.

C’est là l’exact contraire de ce que ferait un investisseur intelligent.

Au lieu d’accumuler des fonds indiciels surévalués, vous devriez faire attention aux différences entre les entreprises.

Cela peut être difficile à admettre parce que les investisseurs indiciels ont très bien réussi en misant à l’aveugle sur le S&P 500. Mais ils prennent des risques qui finiront par les rattraper.

Il vaut donc mieux chercher à détenir des entreprises qui soit ne sont pas dans les grands indices, soit sont sous-pondérées en fonction de la méthode d’élaboration de cet indice. Dans le cas du S&P 500, cela signifie des actions fortement détenues par des initiés. C’est là que nous trouvons de la valeur.

D’un autre côté, il y a une offre régulière de vendeurs d’actions qui ne sont pas préférées par les indices, du fait que l’argent s’éloigne des gestionnaires actifs qui généralement détiennent de telles actions pour se diriger vers les investisseurs indiciels.

Résultat : vous pouvez trouver de la valeur dans les actions qui ne sont pas prisées par les indiciels. Aujourd’hui est un bon moment pour faire votre choix. [NDLR : Faites fructifier votre épargne en vous constituant un PEA activement géré et en suivant les conseils de notre spécialiste. Il affiche +22,2% de performance globale depuis juillet 2013. Cliquez ici.]

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Chris Mayer
Chris Mayer
Rédacteur en Chef de Capital & Crisis et Crisis Point Trader

Chris Mayer s’occupe de la lettre d’information Capital & Crisis, ainsi que du système de trading Crisis Point Trader. Ses analyses pertinentes et précises des problématiques financières ont été reprises souvent dans de nombreuses publications, et notamment dans le très réputé Grant’s Interest Rate Observer.

Un commentaire pour “Comment débusquer de la valeur sur des marchés surévalués”

  1. Etrange l’exemple de coca étant donné que la performance de l’action représente justement une sous-performance massive par rapport au marché, l’entreprise gagne plus d’argent qu’elle n’en distribue en dividendes donc il n’y a pas de raison que sa valeur n’augmente pas, et bien sur ce qui importe n’est pas la variation du chiffre d’affaires mais celle des bénéfices. Au final peut-être que le marché n’est pas si stupide que cela…sinon les gérants actifs le battraient sans difficulté, ce qui n’est pas le cas.

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