Christine Lagarde : De la négligence à la libération d’un monstre

Rédigé le 20 décembre 2016 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Nos pensées se sont tournées vers cette pauvre Christine Lagarde…

La directrice générale du FMI et agent opérationnel du Deep State devait se défendre devant les tribunaux français pour « négligence » vis-à-vis de l’argent du contribuable.

Sans blague.

Les détails sont compliqués… et importent peu, de toute façon. C’est l’accusation qui est sensationnelle.

Si l’on mettait sous les verrous tous les fonctionnaires qui se sont montré négligents avec l’argent du contribuable, à Washington, les restaurants haut-de-gamme et les bars bon marché seraient déserts.

Et les prisons seraient surpeuplées. Presque tous les politiciens, responsables de services, et militaires haut-gradés seraient derrière les barreaux.

Dans cette affaire Lagarde, la somme est insignifiante : 450 millions de dollars seulement. Le Pentagone gaspille au moins ça quotidiennement.

Une enquête récente, menée par Reuters, a révélé que l’armée américaine avait « perdu » 8 500 milliards de dollars au cours de ces vingt dernières années, chose qualifiée de « gaspillage homérique ».

Voyons… Si l’on calcule bien, cela représente 1,1 milliard de dollars par JOUR.

Bon, Donald Trump est sur le coup, tout de même.

Sur Twitter, il a déjà indiqué qu’il s’opposait au dépassement des coûts prévisionnels d’Air Force One et des avions de combat F-35.

Et maintenant, il est temps de formuler un avertissement de type « trigger alert » [NDR : Dans les universités américaines, « avertissement déclencheur permettant de signaler des thèmes ou textes sensibles »] : la Chronique n’est pas un « safe space » [NDR : littéralement, « espace protégé ». Dans les universités américaines, lieux où les étudiants seraient « protégés de toutes expressions hostiles »].

Les universités peuvent peut-être s’en tirer sans remettre en question les idées stupides des étudiants et des enseignants. Bla… bla… bla… les mauvaises idées s’enchaînent. Qui le sait ? Qui s’en préoccupe ?

Mais dans le monde de l’argent, les mauvaises idées sont évaluées au prix du marché. Les idées débiles se vendent au rabais. Notamment celles dont « tout le monde sait bien » qu’elles sont correctes.

Les profits se font en pariant contre les fausses bonnes idées

On ne tire aucun profit de savoir ce que tout le monde sait, ou en croyant ce que tout le monde croit, en tout cas pas dans le monde de l’investissement. Tout le monde se précipite sur ces positions… et elles sont presque toujours incorrectes. Ce qui paye, c’est de découvrir quelque chose que les autres ignorent… ou encore qu’ils ont tort.

« Trouvez la tendance qui se fonde sur une fausse hypothèse », dit George Soros, l’un des spéculateurs ayant le plus brillamment réussi de tous les temps, « et pariez contre elle ». [NDLR : Vous avez envie d’être actif sur les marché ? Recevez gratuitement durant quatorze jours la meilleure idée de notre trader. Tout est ici.]

Vous ne trouvez pas de fausses hypothèses sans les rechercher. Et vous ne les repérez pas du tout à moins de vouloir les confronter à vos propres préjugés et désirs.

Peut-on vraiment négocier de « meilleurs accords commerciaux » ? Les allègements fiscaux « s’autofinanceront-ils » ? Quelqu’un peut-il « restituer sa grandeur à l’Amérique » ?

Et, oui, nous tournerons et retournerons ces questions, nous les triturerons et les regarderons de très près.

Nous nous intéresserons plus particulièrement à Donald J. Trump : nous essaierons de découvrir ce qu’il va faire… et ce que cela signifie… avant qu’il ne le fasse.

Pourquoi ?

Parce que jamais de toute notre existence les politiciens n’ont eu autant d’importance pour les marchés. C’est en partie parce que la politique intervient plus activement que jamais sur l’argent : en fixant les conditions commerciales et le coût du crédit, et en bousculant indirectement le cours des actions et des obligations, également.

Et n’oubliez pas les plans de redistribution de richesse de la Fed, à mille milliards de dollars, sous couvert de « gestion de l’économie ».

Diable ou Sauveur ?

Et il existe une autre raison importante, expliquant que la politique compte.

L’Etat a créé un monstre. A présent, il a peur qu’il se libère.

L’Etat veut à tout prix que ce monstre soit satisfait… bien nourri… et, surtout, qu’il reste enfermé. Lorsque ce Frankenstein de 35 000 milliards de dettes sera libéré, cela va barder.

Bon nombre de personnes pensent que M. Trump est le Sauveur qu’ils attendaient. D’autres pensent qu’il est affublé de cornes et d’une queue.

Et nous, qu’en pensons-nous ?

Nous ne le savons pas. Peut-être est-il les deux. Peut-être n’est-il ni l’un ni l’autre.

Nous plissons les yeux et scrutons. Mais attendez… Que tient-il dans sa main ?

Une clef !

Houlà !

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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