Chine, Grèce : histoire de deux crises, 2ème partie

Rédigé le 23 juillet 2015 par | Croissance, pays émergents, Epargne, Inflation, dettes et récession Imprimer

La situation est plus difficile pour la Grèce que pour la Chine, dont nous parlions hier. Le referendum a révélé moins de choses qu’il n’y paraît. Le "non" l’a emporté de façon écrasante, mais la participation a été faible. L’accord sur lequel portait le vote des Grecs n’a jamais été officiellement proposé et un nouvel accord était certainement déjà dans les tuyaux. Un referendum n’a aucun impact juridiquement contraignant ; juridiquement, il n’est pas plus contraignant qu’un sondage téléphonique. Mais il a une valeur politique et il a forcé les deux parties à revenir à la table des négociations.

Le referendum n’a rien fait pour fournir des liquidités à la Grèce ou pour rouvrir les banques : au lendemain du vote, la Grèce était toujours en crise. Les deux camps avaient toujours le même intérêt à négocier une solution car ils avaient tous deux beaucoup plus à craindre d’un échec que de quelques concessions de plus. La démission surprise du ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a sans doute atténué quelques animosités personnelles et permis de reprendre les négociations plus aisément. Au final, un accord a été trouvé. Au final, la Grèce a sans doute accepté toutes les conditions qui lui ont été imposées. Au final, le référendum n’aura servi à rien. Mais cela, nous le savions.

Au final, les crises passent et laissent derrière elles la liste habituelle de gagnants et de perdants

Au final, les crises passent et laissent derrière elles la liste habituelle de gagnants et de perdants. Certains de ceux qui avaient investi dans les actions chinoises ont tout perdu, mais le marché rebondit déjà "grâce" à l’intervention de l’Etat. Certains de ceux qui ont investi dans les obligations grecques vont peut-être avoir une agréable surprise. Les gros titres vont se succéder tout le reste de l’été, mais les marchés finiront par digérer les nouvelles et passeront à autre chose.

▪ Restez attentif
Je ne veux pas dire que "tout va bien". Ce n’est pas le cas. Tout est en place pour un énorme effondrement mondial. Les mises en garde officielles sont justes. Le déclenchement ne viendra pas de choses qui sont visibles, comme les bulles boursières chinoises et le défaut sur la dette grecque, mais bien de quelque chose qu’aucun d’entre nous n’aura calculé ou prévu.

C’est l’essence même des systèmes complexes. Ce qui les caractérise, ce sont les "propriétés émergentes", c’est-à-dire un comportement systémique qui ne peut être déduit à partir d’une connaissance parfaite de toutes les composantes du système. L’évènement qui provoquera l’effondrement surgira tel un voleur dans la nuit. Et pourtant, il se produira.
           
C’est la raison pour laquelle je vous recommande de détenir une bonne part de vos avoirs en actifs tangibles tels que l’or, l’argent, le foncier et les oeuvres d’art. Vos liquidités doivent également figurer en bonne place dans les portefeuilles, par ces temps d’incertitude. Les files d’attente devant les sociétés de courtage chinoises ou devant les distributeurs de billets grecs doivent vous rappeler qu’il ne s’agit pas de protéger votre portefeuille au moment où la panique commence, mais lorsqu’il est encore temps. Alors n’attendez plus.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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