La Chine enflamme le marché de l’acier

Rédigé le 10 mars 2016 par | Article, Bill Bonner, Croissance, pays émergents Imprimer

Les prix du minerai de fer grimpent en flèche, ces jours-ci. De Bloomberg :

  • « Le minerai de fer a enregistré sa plus forte hausse après que les autorités chinoises ont signalé leur volonté de soutenir la croissance économique, améliorant les perspectives de la consommation d’acier chez les principaux utilisateurs et enflammant les rumeurs selon lesquelles certains investisseurs ayant parié contre le marché s’étaient fait prendre […]
  • ‘Les marchés du minerai de fer et de l’acier sont devenus fous furieux — ils n’ont plus rien à voir avec les fondamentaux et sont principalement menés par le sentiment’, a déclaré Zhao Chaoyue, analyste chez China Merchants Futures Co. à Shenzhen avant que le prix du Metal Bulletin soit publié.
  • ‘Les investisseurs s’attendent à un nouvel assouplissement monétaire de la part du gouvernement pour relancer la demande d’acier’. »

Les marchés sont devenus fous furieux parce que les autorités chinoises sont devenues folles furieuses en augmentant le crédit en quantités folles furieuses.

La « crise de Ponzi » chinoise

Voici un petit fait qui devrait couper le souffle à n’importe quel observateur sobre…

Durant les deux premiers mois de l’année, le crédit total de la Chine — y compris les prêts du système de shadow banking (c’est-à-dire des prêts accordés par des sociétés financières non régulées) — a explosé d’environ 1 000 milliards de dollars.

La dette chinoise se développe à un rythme équivalent à 5% de son PIB — par mois !

La dette chinoise se développe à un rythme équivalent à 5% de son PIB — par mois !

C’est absolument insensé !

Pourquoi le crédit augmenterait-il autant… alors même que l’économie mondiale entre dans un ralentissement ?

Pourquoi la demande de minerai de fer et d’acier grimperait-elle alors que la demande de produits finis est paresseuse et en déclin ?

Une politique monétaire folle furieuse engendre des prix fous furieux

Parce que, comme c’est écrit quelque part dans la Bible, une politique monétaire folle furieuse engendre des prix fous furieux, qui engendrent de mauvais investissements, un excès de capacité et une mauvaise allocation des ressources…

… qui engendrent des booms et des krachs, qui engendrent encore plus de politiques monétaires folles furieuses.

Déflation, le retour

Et maintenant, la Chine est en proie à une crise de Ponzi.

Plus d’un quart de sa dette ne peut être remboursée par les revenus. Elle doit être refinancée — de nouvelles dettes contractées pour rembourser les anciennes.

Plus de 50 000 milliards de yuans seront nécessaires — une gigantesque augmentation… sans accroissement correspondant de la production économique.

Que se passera-t-il ensuite ?

Comme toujours, nous n’en savons rien. Le plus probable : nous verrons des montagnes russes sur les marchés… et une baisse du yuan par rapport à d’autres grandes devises mondiales.

A mesure que le prix des importations chinoises chute, il en ira de même pour les prix des marchandises un peu partout dans le monde. Les marges des entreprises, déjà en baisse, baisseront plus encore. Les cours boursiers s’effondreront. Et le silence de la déflation s’installera sur le monde, comme un oreiller fermement appuyé contre le visage d’une riche vieille dame.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

5 commentaires pour “La Chine enflamme le marché de l’acier”

  1. quel poète !

  2. Tous les problèmes de notre société sont provoqués par cette confusion entretenue par les banquiers et politiques selon laquelle la monnaie aurait une valeur. Elle n’en a et n’en a jamais eu aucune, même quand elle était adossée à l’or. En tant que produit, un lingot d’or a une valeur mais en tant que monnaie, il n’en a aucune. Il n’est même pas sûr qu’il puisse vous payer un verre d’eau si vous êtes perdu dans un désert auprès d’un compagnon d’infortune doté de plusieurs gourdes et d’une mentalité d’actionnaire car ce dernier aura vite fait le calcul qu’il peut conserver toute son eau et s’emparer du lingot quand « l’épargnant » assoiffé aura rendu l’âme.
    La vraie valeur réside dans le produit ou service que la monnaie cherche à acquérir et est déterminée par la loi de l’offre et de la demande. Il n’est donc pas choquant qu’elle soit exclusivement constituée de nombres électroniques circulant de compte en compte sur les ordinateurs. Tout ce dont les hommes ont besoin pour s’échanger les richesses qu’ils produisent, c’est d’unités comptables, en nombre suffisant pour permettre les échanges de tous les biens et services, et rien de plus.
    Ce qui est choquant, en revanche, c’est que le pouvoir de création monétaire, le seul vrai pouvoir en fait, soit confié à des institutions privées alors que, dans des démocraties, il devrait appartenir à tous les citoyens. Ce qui est choquant, et relève de l’escroquerie, c’est que les banques puissent réclamer des intérêts sur des unités comptables sans valeur qui ne leur appartiennent pas puisqu’elles sont créés ex-nihilo, et ce qui est encore plus choquant et relève d’une seconde escroquerie, c’est que la monnaie nécessaire au paiement de ces intérêts ne peut être que prélevée que sur des crédits que d’autres doivent encore rembourser puisque toute la monnaie existante est une dette et est donc effacée au fur et à mesure des remboursements. En faisant elles-mêmes obstacle, par leur exigence d’intérêts, à la bonne exécution du contrat par la majorité des bénéficiaires de crédits, les banques transgressent une règle essentielle du droit commercial. Nul ne peut, en droit, invoquer sa propre turpitude à l’appui d’une demande de réparation, en l’occurrence la saisie d’une garantie.
    Il est aberrant, compte tenu de l’évolution technologique de notre époque, d’encore payer des actionnaires de banques alors qu’un simple logiciel pourrait remplir toutes les fonctions utiles d’une banque, et même plus, avantageusement et gratuitement. C’est d’autant plus stupide que ces actionnaires n’hésitent pas à remplacer les travailleurs par des machines lorsque leurs profits sont en jeu et nous indiquent donc la voie à suivre.
    Il est capital que vos lecteurs comprennent que « la charge de la dette » induit la nécessité de capter la monnaie que d’autres doivent encore rembourser et provoque une concurrence féroce entre les individus, les entreprises et les nations comme dans un jeu de chaises musicales, concurrence dont découlent tous les problèmes, drames et tragédies de notre société comme l’exclusion sociale, le chômage, la faim dans le monde, la spoliation des pays du sud, l’immigration économique, les guerres, les coups d’états, les suicides, le terrorisme, la pollution, le réchauffement climatique, les difficultés pour payer les retraites alors que les gens ont cotisé toute leur vie pour se récompenser eux-mêmes des services rendus à la société, la xénophobie et autres recherches de boucs émissaires, le travail au noir, l’évasion fiscale, mais aussi les taxes et impôts qui constituent aussi des extorsions de fonds au profit du capital, l’inflation et la déflation…
    Vous en voulez la preuve? Alors, l’espace de cinq minutes, juste le temps de donner mes ordres, donnez-moi le rôle de dictateur de l’UE, après quoi, tandis que vous les exécutez, je rentre définitivement dans l’anonymat et vous laisse juger de la différence entre le monde que je vous propose et celui dans lequel vous vivez actuellement.
    Faites programmer 5 types de logiciels différents à l’usage respectivement des habitants , des instances représentatives des citoyens, des entreprises, des associations et des bureaux, guichets et caisses des instances publiques, entreprises et associations. Le cinquième n’est qu’un simple portefeuille électronique, sans création monétaire, juste capable de recevoir et d’effectuer des versements à distance et de la main à la main.
    Les quatre premiers bénéficient d’une faculté de crédit sans intérêts dont les remboursements sont automatiquement prélevés par le logiciel. Les conditions d’accès sont les mêmes pour tous dans chaque catégorie. Le crédit est automatiquement accordé si la durée de remboursement demandée n »excède pas l’espérance de vie du citoyen ou 80 ans pour une instance publique et si le montant des mensualités pour les citoyens ou des annuités pour les instances publiques ne dépasse pas le tiers de leurs ressources. Les conditions sont encore plus souples pour les entreprises et associations mais la responsabilité est plus grande car, après six mois de défaut de remboursement, le logiciel cesse de fonctionner, ce qui se traduit par une faillite ou une liquidation.
    Ces opérations de crédit s’effectuent sur le compte à vue ou compte monnaie libre. Les trois premiers disposent aussi d’un compte monnaie solidaire qui n’a pas son équivalent dans le système actuel et dont nous reparlerons bientôt.
    Sur le compte monnaie libre, le logiciel crédite chaque personne physique d’un revenu de base mensuel inconditionnel et indexé à l’indice des prix à la consommation et en efface la partie non utilisée à la fin du mois pour maintenir une correspondance entre création monétaire et production ou consommation de richesses. Ce revenu de base varie avec les tranches d’âge : de 0 à 11 ans inclus, 12-13 ans, 14-15 ans, 16-17 ans, 18 à 59 ans inclus et 60 ans et plus. 150 €, 200 €, 300 €, 500 €, 1.500 € et 2.000 €, ce qui remplace avantageusement les allocations familiales, de chômage, de survie et de retraite que l’État n’aura plus à payer, de sorte que plus personne ne soit à la charge des autres, ce qui réduit les tensions sociales et garantit que plus personne ne soit sous le seuil de la pauvreté.
    Le logiciel crédite aussi les instances publiques de décision d’une dotation annuelle, dont le solde est également effacé en fin d’année et dont le calcul s’effectue comme suit : PIB/hab x % des responsabilités x nombre d’habitants x index.
    Le taux de responsabilité, exprimé en décimales, exprime le pourcentage total des dépenses à charge de l’instance publique nationale, régionale ou locale. Quant à l’index, il est égal à 1 au début puis fluctuera en fonction de l’évolution des prix avec cependant une limite à 0,05% l’an pour éviter de trop fortes variations du pouvoir d’achat.
    Vous pouvez faire les calculs, cette dotation est entre quatre et six fois supérieure aux recettes publiques actuelles avec lesquelles les pouvoirs publics devaient payer les allocations dont ils sont désormais dispensés et des administrations sociale et fiscale pour calculer les sommes dues et contrôler leurs administrés.
    L’importance de cette dotation est nécessaire pour garantir l’indépendance des États européens par rapport aux marchés internationaux et à la monnaie bancaire et pour rembourser la dette de manière à revaloriser notre monnaie. D’autre part, il faut être aussi mentalement déséquilibré que nos contemporains pour admettre qu’un projet jugé d’utilité publique doive être annulé faute de moyens financiers.
    Grâce à cette dotation annuelle, les instances publiques n’auront plus le droit de lever le moindre impôt, la moindre taxe, le moindre droit d’accises, la moindre cotisation patronale ou sociale ce qui permettra à chacun de travailler pour lui-même et sa famille toute l’année et non 7 mois sur 12 pour les banques et le gouvernement ce qui augmentera la motivation au travail, la compétitivité des entreprises, le pouvoir d’achat de tous les habitants et règlera ipso facto les problèmes d’évasion fiscale et de travail au noir.
    Venons-en maintenant à ce deuxième compte, le compte « monnaie solidaire ». Il a ceci de particulier qu’il ne peut être alimenté de l’extérieur mais uniquement par création monétaire. En fait, c’est un compte d’épargne porteur d’un intérêt de 7,5% l’an sur 10 ans pour les sommes qui y sont créées.
    La création monétaire en cash sur ce compte correspond à 75% d’un don consenti en faveur d’une association sans but lucratif active dans un domaine humanitaire, social, écologique, pédagogique, culturel, sportif (amateur) ou lié à la recherche médicale désintéressée (non brevetée) ou encore à 75% d’une créance établie par la justice et abandonnée par le créancier au profit du débiteur.
    Il s’agit bien de créations de richesses justifiant une création monétaire. Il s’agit tantôt de réparer les dégâts (humanitaires, écologiques et sociaux) provoqués par le système actuel qui n’a de cesse de privatiser les bénéfices et socialiser les pertes, tantôt d’éviter des coûts futurs et aussi d’éviter les conséquences du surendettement. A propos de ce dernier point, remarquez simplement que mon système aurait évité la crise des subprimes et celle de la dette grecque.
    Ainsi, nous réorientons l’épargne de manière à ce qu’elle soit productive pour toute l’humanité. Les personnes physiques et les instances publiques ont la possibilité de donner la part non utilisée de leur revenu de base ou dotation avant leur effacement et les grandes fortunes, si elles veulent continuer à grandir, seront intégralement données à l’humanité pour réparer les dégâts qu’elles ont causés. Le taux d’intérêts offert est attrayant. Pour un don initial d’une valeur de 100 €, ce sont 154,57 € que l’on retrouve après 10 ans. Et il est sans risque !
    Ces logiciels doivent être logés dans des boîtiers avec écran de la taille des smartphones ou dans des boîtes noires avec reconnaissance digitale, optique et/ou vocale et fonctionner selon le processus de la monnaie cryptée u-coin, les transactions à distance s’effectuant par fragments cryptés , de nœuds en nœuds selon des itinéraires aléatoires sans jamais passer par un serveur central, ce qui garantit la vie privée et le secret bancaire et met l’utilisateur à l’abri de tout pouvoir. Par ailleurs le programme doit être détruit automatiquement en cas d’ouverture du boîtier.
    Ceci n’est que le résumé du livre que j’ai écrit mais dont je n’ai pas encore choisi l’éditeur mais, avec votre expérience des pratiques bancaires et boursières, je pense que vous ferez vous même les calculs et projections qui s’imposent, que vous mesurerez tout l’avantage de transformer l’UE en véritable paradis fiscal et à ne plus exposer notre monnaie à la spéculation des fonds de placement.
    Je ne vous ferai pas l’injure de vous expliquer pourquoi le revenu de base ne risque pas de créer une pénurie de travailleurs ni pourquoi la création monétaire ex-nihilo par les « banques personnelles » ne provoquera pas d’inflation mais seulement, peut-être, une réorientation des flux financiers du secteur marchand vers le non-marchand.
    Pour vos clients investisseurs, les perspectives resteront bonnes car de très nombreuses entreprises verront le jour et s’implanteront chez nous pour être plus compétitives à l’exportation. Le marché d’actions restera ouvert et le marché obligataire sera remplacé par le système monnaie solidaire.
    Enfin, le problème d’une monnaie unique pour des pays différents du point de vue de la nature et du développement de leur économie est réglé par le fait que le système Robin que je vous propose favorise la collaboration plutôt que la concurrence entre les peuples. Quand un pays est en difficulté, un autre peut lui faire un don en recourant par exemple à sa faculté de crédit sans intérêts et en récolter dix ans plus tard 54,57% d’intérêts cumulés.
    Merci pour votre attention.

  3. Genial

  4. donc si j’ai bien compris dans 5ans ils auront un déficit de …. 25.000 % hallucinant

  5. je me suis trompé c’est plutot 2500 % mais c’est quand meme terrifiant

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